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Michel Serry

Michel Serry

mercredi, 09 mars 2011 18:52

Bringing The War Home (Ep)

Fat Mike, le leader de NoFX et taulier du label Fat Wreck Chords présente ici le nouveau poulain de son écurie d’Iroquois. Cobra Skulls est un trio punk mélodique américain, basé à Reno dans le Nevada. Formé en 2005, le combo compte déjà trois albums ainsi qu’une pléthore d’Eps et de singles à son actif. « Bringing The War Home » constitue sa première sortie pour Fat Wreck. Cet Ep cinq titres, produit par Fat Mike en personne, ne dure en tout et pour tout que douze minutes ; ce qui est bien suffisant pour nous permettre de conclure à l’impersonnalité de ces keupons. Cobra Skulls est, en effet, l’un de ces groupes punk/pop rock mélodiques standardisés comme on en rencontre aux quatre coins de l’Amérique. Il est vraiment difficile de le différencier des autres formations du style (qui encombrent le catalogue de Fat Wreck). Les textes politisés dénonçant xénophobie et politique d’immigration américaine auraient pu faire leur effet dans le contexte d’un punk rock plus couillu. Déclamés sur de jolies mélodies punk/pop, ils n’effraient pas plus que les aboiements d’un roquet à sa mémère. Les interventions jouissives d’une section de cuivres sur « Doomsday Parade » auraient pu apporter une certaine originalité à la musique des Cobra Skulls, si leur utilisation avait été étendue aux autres titres. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Les amateurs apprécieront probablement la cover de « Give You Nothing » de Bad Religion.

A écouter si vous appréciez Teenage Bottlerocket, Against Me! et les autres combos punk rock mainstream qui font partie du fond de commerce de Fat Wreck Chords.

 

mercredi, 02 mars 2011 19:08

Herscher (Ep)

Avant de débuter cette chronique, il est impératif de remercier Herscher qui nous a transmis cet Ep cinq titres en format vinyle 33 tours. En ces temps de disette promotionnelle où les chroniqueurs doivent souvent se contenter d’horribles ‘digipromos’ (NDR : des albums promotionnels, téléchargeables par la presse, constitués de fichiers mp3, pdf et jpg) pour faire leur boulot, j’ai vraiment eu chaud au cœur en recevant une telle pièce de collection.

Bien sûr, votre serviteur a dû, afin d’être capable de s’en mettre plein les oreilles, exhumer du caveau familial la vielle platine qui n’avait plus tourné sur son axe depuis 1989. Du coup, petite frayeur passagère au moment de poser l’aiguille diamantée sur le noir sillon de la plaque : et si la mécanique était rouillée ou la courroie brisée ? Mais non, pas de souci, cette platine, c’est de la production d’avant-grunge, du costaud, du solide, bref : de la qualité.

Herscher est un duo basse/batterie instrumental formé à Clermont Ferrand au début de l’année 2010. Cette configuration minimaliste est, il faut bien l’avouer, plutôt surprenante pour un groupe qui pratique une musique aussi ‘heavy’. Il n’est pas vraiment aisé de coller une étiquette sur ce rock instrumental lourdingue, dans lequel la batterie down tempo s’associe à une basse distordue et saturée au maximum pour faire oublier l’absence de guitares. Psychédélique ? Stoner ? Doom ? Drone ? Noise ? Un peu tout cela à la fois, en fait. Le tempo pachydermique se réfère évidemment au Black Sabbath des seventies, les variations minimales et le son ‘bourdonnant’ de la basse évoquent quant à eux le drone doom de Sunn O))). Il n’est évidemment pas question ici de démonstrations de technique instrumentale, mais plutôt de création d’atmosphères sonores.

Une curiosité à découvrir si vous aimez les atmosphères lourdes et les ambiances noisy.

 

mercredi, 02 mars 2011 19:01

The World As We Love It

Avez-vous déjà entendu parler de Pushking ? Je vous rassure, moi non plus ! Ce combo hard rock mélodique basé à Saint-Pétersbourg semble pourtant jouir du statut de groupe culte au Pays des Soviets. De tournées intensives en albums à succès (NDR : une quinzaine environ), le quintet règne en maître sur le rock russe, depuis 1994. Bien que les territoires de Fédération de Russie soient plutôt vastes, Pushking semble s’y sentir un peu à l’étroit et projette de se faire un nom sur la scène internationale.

Pour arriver à ses fins, le groupe s’est attaqué à la réalisation d’un rêve qui le turlupine depuis quelques années : réenregistrer quelques uns de ses plus gros succès en compagnie des plus grandes stars du hard rock occidental. Si l’idée peut paraît excellente au premier abord, elle est surtout risquée…  

Inviter sur ses titres, des chanteurs à la voix aussi unique et reconnaissable qu’Alice Cooper, Billy Gibbons (ZZ Top), Glen Hughes (ex-Deep Puple, Trapeze), Joe Lynn Turner (ex-Rainbow, Deep Purple, Yngwie Malmsteen), Graham Bonnet (ex-Rainbow, MSG), Udo Dirkschneider (UDO, ex-Accept), Paul Stanley (Kiss) ou Dan McCafferty (Nazareth) est une arme à double tranchant. Si lire de tels noms imprimés sur la pochette de son album constitue un atout commercial évident, Pushking semble ne pas avoir compris que ses compositions étaient noyées par la très forte personnalité de ses invités. Prenons pour exemple le superbe « Troubled Love » qui, interprété par Alice Cooper, ressemble à un titre… d’Alice Cooper. Idem pour « Tonight », une jolie ballade qui aurait pu figurer sur n’importe quel album solo de Glen Hughes ou encore pour « Nature’s Child », un titre musclé qui mériterait probablement sa place sur l’une des tueries d’UDO.

« The World As We Love It » est partagé en dix-neuf plages : hard rock mélodique, heavy rock ou ballades, tous les titres sont de très grande qualité. Le problème, c’est qu’on a l’impression de faire face, non pas à un groupe unique, mais plutôt à une suite de tubes rock’n’roll compilés pour servir de bande originale à un blockbuster américain. Difficile, dans ces conditions, de se forger une idée sur le style ou la personnalité de Pushking. Il aurait probablement été plus judicieux que le combo russe se présente chez nous sous son vrai visage, plutôt que comme un groupe de musiciens accompagnant une brochette de superstars.

Un coup dans l’eau donc pour Pushking, mais l’occasion pour nous de profiter une nouvelle fois des superbes voix de quelques uns de nos héros favoris.

A toutes fins utiles, je vous livre la liste des chanteurs et guitaristes invités sur « The World As We Love It » :

Paul Stanley - Chant
Billy F. Gibbons - Chant, Guitare
Alice Cooper - Chant
Steve Vai - Guitare
Glenn Hughes - Chant
Jorn Lande - Chant
Joe Bonamassa - Guitare
Steve Stevens - Guitare
Nuno Bettencourt - Guitare
John Lawton - Chant
Keri Kelli - Guitare
Jeff Scott Soto - Chant
Eric Martin - Chant
Steve Lukather - Guitare
Matt Filippini - Guitare
Dan McCafferty - Chant
Graham Bonnet - Chant
Joe Lynn Turner - Chant
Udo Dirkschneider - Chant
Stevie Salas - Guitare

Personne n’osait espérer le retour de Psychotic Waltz. Le groupe culte de la scène prog métal de San Diego nous a laissé quinze ans sans nouvelles ; ce qui est, avouons-le,  un brin longuet pour une pause carrière (NDR : « Bleeding », son dernier album en date est sorti en 1996). D’autant que son leader, l’énigmatique Buddy Lackey (Alias Devon Graves), qui semble être tout à fait heureux au sein de Deadsoul Tribe, vient de publier un superbe album en compagnie d’un tout nouveau projet appelé The Shadow Theory.

Pourtant, c’est officiel : la ‘Valse Psychotique’ est bien de retour. Les membres du groupe ont repris contact en 2010 et sont actuellement en pleine répétition de la tournée européenne qui passera chez nous, le 27 février 2011 au Hof Ter Lo (Trix) d’Anvers. Psychotic Waltz participe en effet au ‘Power Of Metal Tour’ qui emmène Nevermore, Symphony X, Mercenary et Thaurorod sur les routes du Vieux Continent.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule : le label Century Media annonce la sortie imminente d’un box (édition limitée à 500 exemplaires) reprenant une réédition au format vinyle des quatre albums studio du groupe  (« A Social Grace » (1990), « Into the Everflow » (1992), « Mosquito » (1994) et « Bleeding » (1996)) ainsi que ses deux premières démos (« Aslan » (1986) et « Psychotic Waltz » (1988)). Ce box sera normalement en vente au stand merchandising du groupe lors du ‘Power Of Metal Tour’. Les albums « A Social Grace », « Into The Everflow » et « Bleeding » seront aussi pressés en version vinyle colorés et vendus individuellement.

Psychotic Waltz aurait aussi l’intention de s’attaquer à la composition de nouveaux titres, et n’exclut pas la possibilité d’enregistrer un nouvel album avec son line-up d’origine.

mercredi, 02 février 2011 22:08

V

Le 14 janvier 2004, Terje Bakken, alias Valfar se dirige à pied vers la cabane isolée que possède sa famille dans le village de Fagereggi (Norvège). L’imprudent promeneur n’atteindra jamais sa destination. Coincé toute la nuit en pleine tempête de neige, il succombe aux attaques du terrible hiver norvégien. Ce fait divers tragique aurait probablement été oublié depuis longtemps s’il n’avait pas été à l’origine de l’épilogue de la saga de Windir. Car, avec Valfar disparaissait le membre fondateur, le vocaliste et l’accordéoniste de ce fabuleux groupe folk/viking métal norvégien.

Peu enclins à continuer l’aventure sans leur leader historique, les autres membres du groupe dissolvent Windir. Trois d’entre eux fondent alors Vreid (NDR : colère en norvégien). Les deux premiers opus « Kraft » (2004) et « Pitch Black Brigade » (2006) recèlent encore quelques réminiscences des atmosphères païennes caractéristiques de Windir. Elles sont toutefois associées à la brutalité du ‘true norvegian black metal’ ainsi qu’à un groove plus typiquement trash métal. Les lyrics sont chantés en norvégien ou en anglais et traitent de sujets historiques. Le troisième album « I Krieg » est publié en 2007. Les paroles sont cette fois inspirées de poèmes écris en 1946 par un membre de la résistance norvégienne appelé Gunnar Reiss-Andersen. Ce thème de la résistance norvégienne (NDR : celui de la seconde guerre mondiale) est à nouveau abordé dans l’album « Milorg » de 2009. Le style de Vreid s’éloigne peu à peu de celui de Windir. Les épopées nordiques hivernales font désormais place à un black métal guerrier et rageur. Vreid y inclut cependant des influences aussi variées que le trash, le progressif et le rock seventies. « Milorg » devient le plus gros succès commercial du groupe.

Entièrement produit par le bassiste Jarle ‘Hváll’ Kvåle, « V » s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Avec une surprise de taille tout de même : alors que son line-up n’avait jamais changé depuis sa formation en 2004, Vreid introduit ici un nouveau six-cordistes. Nouveau, mais pas inconnu puisqu’il s’agit de Stian ‘Strom’ Bakketeig, un autre ex-Windir. En 2011, Vreid est donc composé à cent pour cent d’anciens membres de Windir.

En bon quatre-cordistes, Hváll ne s’est pas oublié dans le mix. Sa basse percutante, apporte une dynamique maximale aux compositions les plus violentes. Mais ce qui frappe le plus à l’écoute de ce cinquième opus des Norvégiens, c’est la diversité de styles quasi fourmillante que dégagent les guitares, les riffs trash énormes, les breaks acoustiques, les accélérations typiquement black extrêmes, le groove seventies, les cassures progressives, et surtout, les soli superbes inspirés par le métal classique des années quatre-vingt. Les vocaux de Sture, écorchés à souhait rappellent l’appartenance du groupe à la scène extrême norvégienne. Ils sont, à de rares occasions, soutenus par un chant clair tout à fait adéquat.

Plus que les genres, Vreid mélange ici les époques. Les années 70, 80 et 90 sont réconciliées sur un disque au son puissant et moderne. Un boulot superbe ! Valfar, là haut, est probablement fier de ses amis.

 

mercredi, 02 février 2011 22:02

Second Coming

Pour leur retour discographique, les Bruxellois de 15 Reasons ont choisi un titre on-ne-peut-plus approprié : « Second Coming ». Presque quatre ans se sont écoulés depuis la sortie d’« Equilibrium », paru en 2007 ; et il était grand temps que le groupe nous mette au parfum quant à son évolution musicale. D’autant que, depuis la sortie de la première rondelle, son line-up avait subi des changements assez importants. Les deux survivants de la formation originale (Val Granson le guitariste et Fred Werner le batteur) présentent donc ici leurs nouvelles recrues : le bassiste Nicholas Brynin et le vocaliste Gunther Uytterhoeven.

Première constatation : le quatuor a énormément gagné en maturité. L’expérience de la scène semble lui avoir été profitable. Un acquis engrangé par les membres du groupe, au fil des concerts (NDR : ils se sont produits notamment au Graspop Metal Meeting et au Dour Festival), mais à travers différents projets. Contrairement au premier opus qui semblait vouloir coller à la mode du néo-métal, on sent ici une volonté manifeste d’emprunter une voie plus personnelle, exempte d’intégration à une scène bien précise. Les onze titres réunis sur « Second Coming » se déclinent en un rock/métal alternatif posé et hautement accrocheur. Bien sûr, les sources d’inspiration du groupe sont toujours ancrées dans la musique des années 90 et du début du millénaire. 15 Reasons cite d’ailleurs volontiers Stone Sour, Alice In Chains et Soundgarden parmi ses influences principales. Mais le groupe avoue aussi une passion pour le trash de Metallica et Channel Zero. Il le prouve d’ailleurs en osant réintroduire dans sa musique l’ennemi juré du rock/métal moderne : le solo de guitare. On savait Val Granson adepte de la formule depuis sa participation à l’excellent album de Road To Consciousness (NDR : un projet métal ‘gothico-symphonique à chanteuse’ réunissant des musiciens belges et étrangers dont le premier album éponyme est sorti au tout début de cette année). Il confirme tout le bien que l’on pensait de lui en posant quelques furieuses descentes de manche. Soutenu par son nouvel alter-ego à quatre cordes, Fred Werner s’autorise des rythmiques solides et parfois aventureuses. Gunther Uytterhoeven, qui possède un organe écorché assez singulier, est aussi à l’aise sur les titres les plus heavy, que lors des power ballades.

Les moments forts de l’album sont sans conteste « The Second Coming », caractérisé par son refrain entêtant aisément mémorisable, « Burn Out », dont le superbe solo est tapissé sur fond de percussions ainsi que le super puissant « Someone To Blame », plage clôturant la plaque.

L’enregistrement de la musique a été réalisée au studio Molière, en compagnie de l’ingénieur du son Erin Renwart. Les vocaux ont été mis en boîte chez Xavier Carrion (ex-Channel Zero) au studio Jonathas. Le Cd a été mixé au studio Ear We Go, par Francois Dediste.

En évitant le piège de la redite, 15 Reasons passe à la vitesse supérieure et risque fort de s’ouvrir à un public plus conséquent, composé aussi bien d’amateurs néo-métal que de rock, de hard rock, de grunge et peut-être même de hardcore.

 

mercredi, 02 février 2011 22:01

The Octopus

A l’instar de ses compatriotes de Marillion, le trio rock alternatif britannique Amplifier a choisi de se passer du soutien financier du ‘music business’. Aucun contrat ne le lie plus désormais à un label. Il a donc le contrôle total sur tout ce qui touche de près ou de loin à sa création. Sans personne pour leur imposer de limites, Sel Balamir (guitare et chant), Neil Mahony (basse) et Matt Brobin (batterie) ont disposé de toute la liberté nécessaire à la réalisation de « The Octopus », un double album conceptuel ambitieux qui est, sans doute possible, l’un des points culminants de leur carrière.

Né à Manchester dans le courant de l’année 1999, Amplifier a sorti un premier opus éponyme chez Music For Nations, en 2004. Son second, « Insider » a été publié en 2006 par le label allemand SPV. Pas vraiment lié à une scène particulaire, le groupe a tourné en compagnie de formations assez  différentes telles que les  Deftones, Opeth ou Porcupine Tree. Le nouvel elpee, dont la composition a été mise en chantier dès 2007, est désormais disponible à la vente sur son site officiel (http://www.amplifiertheband.com/merchandise.php )

Ceux et celles qui, interpellés par l’association des mots ‘rock’ et ‘Manchester’, espèrent trouver ici un palliatif à leur manque d’Oasis peuvent passer leur chemin. On n’aborde pas  le chef-d’œuvre d’Amplifier comme la ‘britpop’ insipide des frères Gallagher. « The Octopus »  est un pavé musical intense s’étendant sur plus de deux heures. Une pièce conceptuelle découpée en seize plages, dont le contenu appelle immanquablement à la réflexion. Amplifier jette ici une idée effrayante : ‘Et si quelque chose avait pris le contrôle’ ? Une chose  immonde, aussi proche de vous que votre propre peau et dont vous n’avez même pas conscience…

Ce n’est pas un hasard si les trois Britanniques ont mis plusieurs années pour écrire, enregistrer et produire ce nouvel essai. La musique y est variée, complexe, voire même schizophrénique par moment. Pourtant, elle se révèle parfois étonnamment accessible. « The Octopus » semble constituer le point de convergence de plusieurs styles. On découvre au fil des écoutes des bribes imbriquées de rock alternatif, de rock progressif, de hard rock et de heavy métal. Un peu comme si le groupe s’était imprégné de la musique de Muse, Porcupine Tree, Tool, Oceansize, Radiohead, Marillion (période Hogart), Black Sabbath et Led Zeppelin, avant de s’attaquer à ses propres compositions. 

L’intro « The Runner » installe l’ambiance paranoïaque de la plaque. Des bruits de pas rapides et un fond sonore oppressant tiennent en haleine. On attend une déflagration sonore. Cependant, le déluge de décibels n’arrive pas tout de suite. C’est la voix sublime de Sel Balamir, combinée à un piano grandiloquent, qui plante le décor sur un « Minion's Song » intimiste. La déflagration vient plus tard sur « Interglacial Spell ». Distorsion maximale et ligne de basse monstrueuse pour introduire un titre dont le tempo rappelle le « Kashmir » de Led Zeppelin. Sur « The Wave », le trio s’arrange pour sonner comme s’il était un quintet en construisant un mur de guitares heavy impénétrable. Vient ensuite l’étonnant « Octopus » et ses neuf minutes hypnotiques, atmosphériques, … magiques.

Il faudrait plusieurs pages pour décrire ici toutes les circonvolutions et toutes les tournures qu’empruntent les compositions. Métalliques, acoustiques, brutales, planantes, organiques, synthétiques. Chaque titre est une aventure et un pas vers la perfection. Amplifier est probablement l’une des meilleures choses qui soit arrivée à l’Angleterre depuis bien longtemps. Ne passez pas à côté de cette œuvre.

« The Octopus » est disponible au format double Cd ou triple LP (NDR : pour ceux et celles d’entre vous  qui adhèrent au retour du grand vinyle noir). Une édition limitée à cinq cent exemplaires de la version Cd contient, quant à elle, un livret de 70 pages détaillant, à la manière d’un roman, le concept caché derrière cet énigmatique « Octopus ». Chaque exemplaire de cette édition limitée sera dédicacé par les membres du groupe. Avis aux collectionneurs.

mercredi, 26 janvier 2011 18:41

Mercy & Misery

‘Bien sûr que cet album est génial, sinon, je ne l’aurais pas fait’. Ces propos attribués à Waldemar Sorychta (NDR : responsable de quelques pièces d’orfèvrerie du début des années 90 et notamment de certains des meilleurs albums de Tiamat, Samaël, The Gathering, Moonspell et Sentenced) sont mentionnés sur la bio du combo allemand The Very End. Ils en disent long sur l’admiration que le producteur/musicien polonais porte à son nouveau poulain. (NDR : ou alors sur son égo démesuré).

Nous sommes cependant un peu plus mitigé quant à l’avenir radieux prédit au quintet germanique par quelques célèbres admirateurs. Car, outre Sorychta, chacun semble y aller de son petit commentaire : ‘Chansons géniales, excellents musiciens’ balance Dan Swanö (Edge of Sanity), ‘le meilleur groupe métal à venir d’Allemagne depuis longtemps’ dit Nick Barker (Lock Up, Ex-Cradle Of Filth, Ex-Dimmu Borgir). ‘Génial, je suis impressionné’, renchérit Tom Angelripper (Sodom). Ouais. Bof ! Ne vous méprenez pas. The Very End est un excellent groupe et « Mercy & Misery », son second opus est un bon album. Cependant, devant de tels éloges, nous étions peut-être en droit de nous attendre à quelque chose d’un peu plus original que ce mélange –bien exécuté, mais pas vraiment inédit– de trash moderne, de mélodeath et de métal classique.

Car il faut bien l’avouer : ce cocktail de chant hurlé hardcore, de growls mélodeath et de chant clair mélodique a cessé d’être original depuis que des centaines de groupes métalcore s’en sont emparé. Le son des guitares et de la section rythmique est absolument massif. Accordons-ce mérite au grand Waldemar. Le Polonais n’a rien perdu de son sens de la production béton.

Si, à titre personnel, nous avons apprécié les soli de guitares ‘très eighties’ signés par René Bogdanski et Volker Rummel, nous n’avons pas été subjugués par les performances vocales de Björn Goosses sur la cover d’« Immigrant Song » de Led Zeppelin. Ses ‘yeah hi yeah’ sont forcément beaucoup moins impressionnants que les ‘ah hi haaaaaa’ de l’inégalable Robert Plant’. Au rayon ‘reprises’, signalons aussi celle du « Maniac » de Michael Sambello (B.O. du film Flashdance), sympathique, mais pas vraiment originale non plus, puisque les Grecs de Firewind et les Français de Carnival In Coal avaient déjà tenté l’expérience avant eux.

Malgré des qualités indéniables, « Mercy & Misery » ne nous a pas vraiment convaincus. La prochaine fois, peut-être.

 

mercredi, 26 janvier 2011 18:33

Go-Go Boots

Ce disque est probablement un chef-d’œuvre. Cependant, mes capacités intellectuelles limitées de hard rocker quadragénaire ne me permettent pas de l’apprécier à sa juste valeur.

Petit résumé pour ceux et celles qui, comme votre serviteur, sont restés jusque-là dans l’ignorance de l’existence des Drive-By Truckers, Ce groupe country/alternatif/rock sudiste a été fondé en 1996 à Athens en Géorgie au sud-est des Etats-Unis. Il est actuellement composé de six membres : Mike Cooley (guitare, chant et basse), Patterson Hood (guitare, chant et basse), John Neff  (chant et pedal steel guitar), Brad Morgan (batterie), Shonna Tucker (basse, chant et guitare) et Jay Gonzalez (claviers et chant). « Go-Go Boots » constitue son onzième elpee.

Patterson Hood, le ‘frontman’ du groupe décrit son nouvel opus comme le plus varié qu’il ait jamais enregistré. N’ayant jamais eu l’occasion d’écouter les dix réalisations précédentes, je suis bien obligé de lui faire confiance. D’autant que le chanteur n’a manifestement pas menti. « Go-Go Boots » est, en effet, un album très varié qui passe du lumineux à l’imbuvable en quatorze titres.

Lumineux tout d’abord puisque le groupe propose une collection de titres superbes, dans une palette musicale allant du blues le plus transcendant (« Go-Go Boots », « Mercy Buckets ») à un rock sudiste que je qualifierais de ‘light’ (« Ray's Automatic Weapon », « Used To Be A Cop ») en passant par de jolies ballades soul (« Everybody Needs Love », « Dancin’ Ricky », « The Fireplace Poker »).

Imbuvable ensuite puisque les Drive-By Truckers ont le très mauvais goût de nous infliger quelques titres purement country (« The Weakest Man», « Cartoon Gold », « Pulaski ») qui gâchent carrément la plaque (NDR : ce qui est évidemment un avis personnel motivé par cette tare à laquelle je faisais allusion dans le premier paragraphe de cette chronique).

Si vous aimez le rock, le blues et la soul et que la country ne vous rebute pas ce disque est fait pour vous.

 

mercredi, 26 janvier 2011 18:30

Sungrazer

La pochette au design typé ‘psyché seventies’. L’allusion au label ‘Elektrohasch’ dans l’intitulé. Avouez que vous n’avez pas cliqué sur le lien de cette chronique par hasard ! Vous êtes accro au stoner et même un peu ‘accro’ au rock psychédélique. Vous avez probablement senti qu’il y avait ici quelque chose à vous mettre dans l’oreille. Et bien, on peut dire que vous avez du flair. Sungrazer deale du lourd, du fumé, du psychédélique, de l’hallucinogène. Et du bon, en plus !

Ce trio néerlandais, formé au début de l’année 2009, démontre à sa manière qu’une bonne idée, même vieille de quarante ans, est toujours une bonne idée. Et le rock psychédélique, caractérisé par ses constructions rythmiques hypnotiques, ses longues improvisations tortueuses, ses guitares distordues et ses mélodies planantes, c’était vraiment une bonne idée. Une idée tellement bonne qu’elle avait déjà été reprise dans les années 90 par des formations telles que Monster Magnet ou Kyuss. Ces derniers, en apportant un petit côté plus ‘costaud’ au rock psychédélique, avaient jeté les bases du Stoner Rock.

Sungrazer, à son tour, reprend le flambeau. Il emprunte au psychédélisme et au stoner tout ce qui peut lui permet de nous faire atteindre le nirvana du rock. Mais les influences ne sont pas tout. Il faut encore savoir les utiliser de manière adéquate. Pas de problème chez Sungrazer. Les trois musiciens connaissent le sujet et sont en complète osmose. Ils semblent même se fondre au sein d’une entité unique lorsqu’il s’agit de distiller de longues jams planantes. La basse de Sander Haagmans, distordue au maximum de ses capacités, érige un mur sonore sur lequel viennent se greffer les élucubrations hallucinées de la guitare et des pédales d’effets de Rutger Smeets. Hans Mulders lui, insuffle aux compositions le rythme hypnotique de ses percussions. Sur l’instrumental « Intermezzo », le saxophone de Conny Schneider (NDR : qui accompagne parfois le groupe sur scène) opère une apparition aussi lumineuse qu’envoûtante.

Quarante minutes, c’est finalement un peu court pour pouvoir s’imprégner pleinement de l’ambiance hallucinogène de ce premier opus éponyme. D’après son site internet, Sungrazer serait déjà occupé à préparer une seconde rondelle fumante. Nous l’attendons impatiemment.

 

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