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Michel Serry

Michel Serry

mercredi, 26 janvier 2011 18:26

The Vertigo Chronicles

Envoyer ses pucelles bouter l’Anglais hors de France, ce n’est plus trop à la mode. Et surtout, c’est un peu anti-européen. La ville d’Orléans a donc dû se résigner à trouver d’autres occupations à ses jeunes concitoyens. Et, si l’on ne peut plus désormais guerroyer avec l’Anglois, on peut toujours essayer de le battre sur des terrains où il excelle : le Punk et le Hardcore. On le sait déjà, les keupons orléanais de Burning Heads s’y emploient depuis 1988. Ils ont même créé leur propre label (NDR : Opposite Prod.) afin de recruter d’autres guerriers iroquois (ou pas) pour mener à bien leur croisade. 

En 1995, les Gravity Slaves, quatre énervés originaires, eux aussi, de la région d’Orléans  répondent à l’appel. Le punk n’est plus désormais une spécialité outre-Manche, ni même outre-Atlantique. Le keupon, c’est français Monsieur ! En quinze ans d’existence, les Gravity Slaves multiplient les attaques. Quelques démos en forme de pétard mouillé permettent quand même au combo d’affiner sa technique. En 2000, le premier pain de plastique s’appelle « Choice ». La déflagration s’entend sur plus de 150 dates de concerts. Rien de tel que l’expérience du combat. C’est sur le front que le groupe prend de la bouteille : « Come Down », sa bombe ‘emo’ explose en 2004. Elle est suivie d’un missile punk rock appelé « Dust » en 2006. Celui-ci détruit tout sur son passage. Depuis, plus de nouvelles. Le groupe était il perdu ? Disparu au combat ? Prisonnier derrière les lignes ennemies ? Que nenni ! Il préparait tout simplement sa bombe atomique.

« The Vertigo Chronicles » est le disque qui va bouter le sourire hors de la face de certains prétentieux punks anglais et américains. Et oui les mecs, il y a moyen de faire du punk sans pour autant pomper la recette éculée que nous resservent depuis des lustres tous les Green Day, Good Charlotte et autres Blink 182. Cette fois-ci, Messieurs les Anglais, ce sont des bouffeurs de grenouilles qui tirent les premiers. Armés de quatorze ogives stockées dans les soutes de son ‘Vertigo Chronicles’, Gravity Slaves ne craint personne.

Au diable l’association contre nature entre la pop et le punk ! Il n’y a pas ici de refrains accrocheurs pour adolescentes pré-pubères en mal de rock’n’roll. Parfois à la limite du hardcore sur « Mosey », « Rocky TV Show » ou « Homeless » par exemple, le punk des Gravity Slaves fricote souvent avec le rock alternatif (« Toxic », « Vertigo »). Le riff de  « Bloodywood », quant à lui, aurait pu sortir de la guitare de Tom Morello à la grande époque de Rage Against The Machine. Tout en restant punk dans l’âme, Gravity Slaves varie les styles et les ambiances. Une seule chose semble être constante : le son, énorme de la basse de Dude.

Jeanne d’Arc is Not Dead !

 

Un bon conseil : n’achetez pas ce Dvd si vous n’êtes pas prêts à prendre votre pied ! Imaginez l’inimaginable : revoir Ronnie James Dio sur scène !

Le jeudi 20 juillet 2009, Heaven & Hell prenait d’assaut la scène principale de Wacken Open Air. Personne ne se doutait à l’époque que cette apparition du quartet infernal au célèbre festival allemand serait la dernière performance filmée du plus grand chanteur métal de tous les temps.

Il est probablement inutile de vous rappeler (NDR : mais je le fais quand même, par plaisir) qu’Heaven & Hell était la réincarnation de l’un des line-up classiques de Black Sabbath. Celui qui, en 1981, avait mis en boite le classique « Mob Rules » (NDR : Contrairement à ce que l’on pourrait croire, étant donné le patronyme du groupe, ce line-up n’était pas à l’origine de l’album « Heaven & Hell » de 1980 puisque Bill Ward, le batteur historique de Sabbath y militait encore).

Heaven & Hell réunissait donc Tony Iommi à la guitare, Terry ‘Geezer’ Butler à la basse, Vinny Appice à la batterie et Ronald James Padavona alias Ronnie James Dio au chant. Ce line-up, qui s’était séparé en 1982, peu après la sortie du mythique « Live Evil », s’était brièvement reformé dix ans plus tard pour enregistrer l’excellent « Dehumanizer ». Cet album, mésestimé à l’époque de sa sortie, avait été suivi d’une tournée promotionnelle. Cette dernière était passée par chez nous, dans un Forest National à peine rempli (NDR : souvenir humide…) Peu après, la mythique association s’était de nouveau séparée en mauvais termes, suite à un désaccord concernant un concert en première partie d’Ozzy Osbourne.

Vient alors l’ère ‘Heaven & Hell’. Tony, Ronnie, Terry et Vinny se réunissent une nouvelle fois en 2006 à la demande du label Rhino qui projette la sortie d’une compilation intitulée « Black Sabbath – The Dio Years ». Le label désire proposer au public quelques inédits pour rendre l’objet intéressant. A la surprise générale, l’enregistrement est réalisé sans la moindre difficulté. Beaucoup d’eau a passé sous les ponts en quatorze années. Les vieilles rancœurs sont remisées au placard et l’enthousiasme est au rendez-vous. Le quatuor décide de remonter sur scène. Mais plus sous le nom de Black Sabbath. Le titre ‘Heaven And Hell’ fait l’unanimité. C’est lui qui est choisi comme nouveau patronyme. Le quatuor fait un retour triomphant aux USA. Sa performance au Radio City Hall de New York est filmée. Elle fera l’objet d’un Dvd et d’un Cd live. Le groupe ne s’est jamais senti aussi uni. Peu à peu, l’envie de concocter un nouvel album fait son chemin. L’enregistrement de « The Devil You Know » démarre en 2008. L’album sort en avril 2009. Les réactions du public et de la presse dépassent toutes les espérances du groupe qui s’empresse de partir en tournée promotionnelle. Celle-ci passe chez nous, au Graspop et bien sur en l’Allemagne, au Wacken Open Air. Quelques mois plus tard à peine, on diagnostique un cancer de l’estomac à Ronnie.

Ronald James Padavona, est né le 10 juillet 1942 à Portsmouth dans le New Hampshire (États-Unis). Il s’est éteint le dimanche 16 mai 2010 à l’âge de 67 ans. Ronnie James Dio, lui, ne mourra jamais.

Nous sommes donc le jeudi 20 juillet 2009 et Heaven & Hell prend d’assaut la scène principale du Wacken. Deux Américains (Ronnie et Vinny) et deux Anglais (Tony et Terry) réunis pour défendre leur nouvel album. La foule immense, composée uniquement de métalleux, (c’est le Wacken, ne l’oublions pas) est entièrement dévouée à leur cause. Elle rugit comme un seul homme dès les premières notes de « E5150 » et crie sa joie quand Tony Iommi pose les premiers accords de « Mob Rules ». Qui, plus que l’inventeur du riff métallique, aurait plus sa place que lui au Wacken ? Dio, peut-être, le plus grand chanteur métal de la terre et l’inventeur du célèbre signe des ‘cornes’ du diable qui, aujourd’hui encore réunit bien des fans de métal ? Le public du Wacken est conscient d’avoir la chance de voir en chair et en os, deux véritables dieux vivants du métal. Heaven & Hell égrène ses classiques. Dio est impérial sur « Children Of The Sea ». A 67 ans, il n’a rien perdu de sa voix ni de son incroyable présence. Heaven & Hell choisit aussi de donner une seconde chance à « Dehumanizer » en interprétant deux de ses titres « I » et « Time Machine ». Le nouvel elpee, lui aussi, est bien représenté. Trois plages en sont extraites : « Bible Black », « Fear » et « Follow The Tears » et il faut avouer qu’elles passent admirablement le cap de la scène. « Falling Off The Edge Of The World » reste l’un des morceaux favoris de votre serviteur. La version proposée ici est carrément sublime. Même chose d’ailleurs pour ce « Die Young » introduit par un solo superbe de Tony Iommi et ce véritable incontournable du métal qu’est « Heaven & Hell ». Après avoir fait patienter le Wacken quelques minutes, Dio tout sourire introduit, en rappel un « Country Girl » écourté enchaîné à un « Neon Knights » des familles. Sublime conclusion d’un concert sublime.

En bonus du Dvd, un journaliste donne la parole à chacun des quatre musiciens qui viennent s’expliquer, sans langue de bois, sur la carrière du groupe et sur les raisons de ses différentes ruptures. En final, Iommi, Appice et Butler, visiblement émus, rendent un dernier hommage à leur ami et compagnon de scène disparu.

Horns Up Mr Dio. We Miss You !

mercredi, 26 janvier 2011 18:24

Old Highs & New Lows

Ce n’est pas que je n’aime pas Hellbound Glory. Non. A vrai dire, ils me laissent absolument indifférent. Pourquoi? Parce que je ne suis pas américain. Parce qu’il y a longtemps que je n’ai plus envie de jouer au cow-boy et parce que je ne conduis pas de camion.

Hellbound Glory est un groupe country/bluegrass originaire de la ville de Reno, dans le Nevada. Et ces quatre cow-boys ont beau passer pour des ‘outlaws’ dans leur pays d’origine (NDR : leurs lyrics pas vraiment ‘politiquement corrects’ ne sont pas avares de ‘fuck’ et de sujets qui requièrent probablement un avis parental), pour le commun des Européens, Hellbound Glory, ce n’est pas du rock, enfin pas plus que Dolly Parton ou Emylou Harris. Pourtant dans leur bio, les Américains avouent être influencés par le rockabilly. On n’en retrouve malheureusement aucune trace sur leur second album, « Old Highs & New Lows ».

L’année dernière j’avais pourtant passé un très bon moment en écoutant l’album « Killer Grass » d’Hayseed Dixie et ses reprises country/hillbilly hilarantes de Black Sabbath, Queen, Allman Brothers Band et bien d’autres. L’écoute d’« Old Highs & New Low » constitue donc un véritable calvaire pour mes oreilles réfractaires à tout ce qui s’approche de près ou de loin au générique de la série « L’homme qui tombe à pic ».

Si les disques de Hank Williams Senior, Johnny Cash, Waylon Jennings, David Allen Coe, Merle Haggard et Willie Nelson ornent les rayons de votre cédéthèque, nous ne sommes probablement pas amis. Cependant, il y a de fortes chances pour que la musique d’Hellbound Glory vous fasse frémir le stetson et vous donne envie de chevaucher un pur-sang à travers les étendues sauvages du Far-West.

Howdy !

mercredi, 26 janvier 2011 18:00

Television City Cream

Screeching Weasel est un groupe punk rock originaire des faubourgs de Chicago. Un ensemble formé en 1986 par Ben Weasel et John Jughead, deux ados fascinés par les Ramones. Des années plus tard, les ‘Belettes Hurlantes’ fascinent à leur tour une ribambelle de keupons en herbe. Et notamment Green Day et Blink 182 qui les citent comme l’une de leurs influences principales.

Screeching Weasel connaît une carrière en dents de scie, ponctuée de multiples séparations/reformations ainsi que d’un nombre incalculable de changements de personnel. La dernière réunion date de 2009. Pour la première fois depuis ses débuts, Weasel n’est plus accompagné de Jughead. Apparemment, un désaccord a éclaté au sein du line up…

Le label Fat Wreck Chords propose ici une version remixée et remastérisée de l’album « Television City Cream », paru originellement en 1999. Cinq titres bonus ont été ajoutés aux quinze qui figuraient sur la plaque originale, portant ainsi sa durée totale à 36’40 minutes.

Dans ses meilleurs moments, Screeching Weasel évoque un remake très acceptable des excellents Ramones (« Dummy Up », « Video »). Sur les compositions les plus pop punk (« Dirty Needles », « My Own World », « Punk Rock Explained »), nous n’avons aucun mal à déceler ce que Green Day, par exemple, lui a emprunté. Quelques plages plus violentes (« We Are Generation X », « Plastic Bag », « I don’t Give A Fuck », Only A Test) pourraient probablement intéresser les amateurs de hardcore mélodique).

Sans être la révélation du siècle, « Television City Cream » est un bon elpee qui interpellera autant les amateurs de punk rock mélodique les plus anciens que les amateurs de punk pop de la nouvelle génération. A découvrir ou à redécouvrir.

mercredi, 19 janvier 2011 22:40

Play For Keeps

Selon une étude réalisée sur un sujet mâle caucasien quarantenaire, « Play For Keeps », la nouvelle pastille argentée issue des laboratoires Astrolites pourrait révolutionner le monde de la médecine. Utilisée à des fins thérapeutiques, elle pourrait, en effet, réduire le stress et combattre l’anxiété.

Résumé du déroulement de l’étude :

Le sujet (NDR : que par respect du secret médical nous désignerons par les initiales ‘MS’), est placé dans une situation de stress intense : un embouteillage de rentrée, direction la capitale. Deux heures d’anxiété, coincé entre une blonde se poudrant le nez face au rétroviseur d’une Golf couleur vert caca d’oie, au lieu d’avancer en même temps que les autres, et un poids-lourd aussi nauséabond qu’imposant. Le genre de situation qui d’ordinaire cause chez MS une forte irritation, une poussée d’urticaire, un retour du psoriasis, une furieuse envie d’écraser le klaxon et une propension déraisonnable à inviter ses voisins de file à ‘aller se faire titiller le fondement par un partenaire du même sexe’.

En lieu et place des habituelles ‘info-trafic’ et autres ‘nouvelles de notre Belgique en voie de scission’, il a été demandé au sujet d’insérer dans son lecteur Cd le nouvel album d’Astrolites.

L’effet est immédiat. Le sujet se détend, essuie le filet de bave ruisselante du bord de ses lèvres, troque le rictus satanique qui déformait son visage mal rasé pour un sourire sympathique et jovial. Le broyage du klaxon est délaissé au profit d’un léger tapotement du volant. Quant à l’habituel ‘Va te faire enc… ‘ il est remplacé par un joli ‘ouap dou ouap’. Le calme et la sérénité sont revenus. MS se surprend même à laisser le passage à un chauffard, le plaignant au passage de ne pas bénéficier de l’efficace traitement musical des Astrolites.  Seule pointe de stress, à la fin du treizième titre, entre la dernière note de « Nothing Last Forever » et le moment où il faut ré-appuyer sur la touche ‘play’ du lecteur pour reprendre une seconde dose du traitement

Astrolites n’est pas un laboratoire pharmaceutique. C’est un trio suédois pratiquant le ‘High-Speed Rockabilly’. Un style musical dont il se targue de détenir le brevet et aurait pour ingrédients (si l’on en croit la notice) une bonne dose de rockabilly, de swing, de be-bop, de surf rock et même quelques milligrammes de punk. Le sujet de l’étude, quant à lui, y a reconnu l’euphorisant rockabilly des Stray Cats (« Rock n Roll Star », « Don’t be shy »), le rock’n’roll classieux du King (« Chop Top », les guitares lead cinglantes de Chuck Berry (« I’m Coming Home », « Here I Am »), le rock’n’roll décapant de Buddy Holly (« Devil Woman », « Go Rebel Go »), le surf rock instrumental des Shadows (« Astrolito », « Camtwister ») et le punk rock fédérateur des Clash (« Smiley »). 

Conclusions

Malgré un retard plus qu’important, MS est arrivé au boulot le sourire aux lèvres. Aux reproches de son employeur, il s’est contenté de répondre : ‘ouap dou ouap’

Si les résultats de l’étude sont confirmés, les Astrolites pourraient être élevés au rang de bienfaiteurs de l’humanité. L’achat de « Play For Keeps » serait même remboursé par la sécurité sociale !

 

mercredi, 19 janvier 2011 22:37

Dick Reverse

Brokken Roses est le side-project de Pierre ‘Pit Samprass’, le chanteur/guitariste du combo français Burning Heads. L’aventure Brokken Roses démarre lorsque le keupon orléanais se découvre une passion commune pour le stoner rock avec Nico du groupe punk-noise Gravity Slaves. L’envie de riffs plombés démange les deux six-cordistes. Ils recrutent Dude, un autre Gravity Slave pour titiller les quatre dernières cordes disponibles et Lolux (Brigitte Pop, Art.64) pour mener tout le monde à la baguette. Quelques mois suffisent au quatuor pour mettre en boîte une galette grasse et fumante inspirée par Fu Manchu, Kyuss et Queens Of The Stone Age.

Passons rapidement sur le titre de la plaque et son jeu de mots franco-anglais à deux balles. Pas sûr qu’il puisse être compris hors de France (ou de Belgique francophone). Contrairement à l’humour, la musique elle ne connait pas de frontières linguistiques. Et de ce point de vue, « Dick Reverse » pourrait probablement donner la banane aux fans de stoner du monde entier.

Du stoner donc, inspiré de Kyuss, de Fu Manchu et des QOTSA. C’est la bio qui le dit. Inspiré d’accord, mais certainement pas copié ! Car ces ‘Roses Brisées d’Orléans’ poussent le vice jusqu'à interpréter le stoner à leur propre manière, en y incorporant des éléments tout à fait inédits. Comme ce « Ain't Got Love », par exemple, dont le style évoque aussi bien le désert rock de Kyuss que le swing délirant dont abusait David Lee Roth sur ses reprises de « Just a Gigolo » ou « That’s Life ». D’autre titres (« Do You Really Love », « Life Can Be Good », « Brokken Been », …), par contre, incorporent une bonne ration d’énergie punk à la lourdeur psychédélique de leur stoner. Le blues, aussi, opère quelques incursions bienvenues sur « Brain In a Box » ou « The Devil », par exemple. Plutôt atypique aussi cette surprenante reprise du « Kids In America » de Kim Wilde qui n’a vraiment aucun mal à détrôner la navrante version originale.

« Dick Riverse » est un album original et inspiré. Presque un OVNI dans ce style musical qui a parfois un peu tendance à se mordre la queue. Dommage que les Brokken Roses n’aient pas été aussi inspirés pour choisir un titre adéquat à leur chef-d’œuvre.

 

mercredi, 19 janvier 2011 22:34

One In A Zoo

Derrière l’intriguant patronyme Cellophane Suckers se cache un groupe rock allemand, originaire de la région de Cologne. Le quintet est actif depuis 1993 et publie son sixième album, « One In A Zoo », sur le label High Noon Records (NDR : distribué chez nous par Sonic RendezVous.)

Cellophane Suckers est typiquement le genre de combo qu’il faut avoir vu en concert pour en apprécier pleinement la musique. On sent très bien l’énorme potentiel scénique qui ce cache sous ces titres rock énergiques, mais parfois un peu convenus.

Sur disque, la musique des Suckers évoque beaucoup (un peu trop) le rock’n’roll des Rolling Stones (NDR : dont ils reprennent d’ailleurs le morceau « Jivin’ Sister Fanny »). Certains titres, toutefois, se lancent dans des incursions musclées sur les territoires du punk et du garage rock. On pense alors aux Norvégiens de Turbonegro et même parfois même aux Suédois d’Hellacopters. Quelques interventions d’un orgue apportent, de temps à autre, un très agréable côté vintage aux compositions.

Au final, en faisant abstraction de certaines influences un peu trop envahissantes, on passe un très bon moment à l’écoute de « One In A Zoo ».

‘It’s Only Rock’n’Roll, but I like it’, comme disaient les Stones.

mercredi, 19 janvier 2011 22:29

Go Prime Time. Honey !

L’album « Smokerings » du combo danois Fuzz Manta figurait en très bonne place dans le top 10 des albums préférés de l’année 2009 de votre serviteur. Le charme psychédélique de Lene Kjær Hvillum, la vocaliste, n’y était probablement pas étranger. Impossible de résister à cette voix chaude et puissante évoquant le spectre d’une certaine Janis Joplin. Ce qui ne gâche rien, la voix en question se mariait à la perfection à des compositions solides mélangeant doom métal, stoner rock et hard rock seventies.

Lene Kjær Hvillum est un personnage à plusieurs visages. Hippie enfumée chez Fuzz Manta, la jolie tatouée défend aussi les couleurs du ‘garage rock au féminin’ au sein d’un quatuor déjanté baptisé Cherry Overdrive. Le combo, formé à Copenhague en 2003, publie son second elpee, « Go Prime Time. Honey ! », sur le label suédois Heptown Records.

Bien que le style musical évolue à cent lieues de du métal ‘Peace & Love’ de Fuzz Manta, la voix de la belle fait toujours vaciller mon cœur de rocker. Chez Cherry Overdrive, Lene cumule les fonctions de vocaliste et de guitariste rythmique. Soutenue par trois autres sirènes (Cecilia Cresso à la guitare lead, Karen Gudiksen à la basse et Maria Juntunen à la batterie), elle dispense un garage rock gentillet inspiré par le rock’n’roll psychédélique des sixties et par les premiers ébats du punk.

Malgré quelques guitares un peu grasses, le rock des quatre Danoises est un peu trop propre pour mériter pleinement l’appellation ‘garage’. Quelques titres sympathiques (« Shut ‘Em Up ! », « Little Lady » et « Black Beetles ») sont enrichis d’une touche d’orgue qui accentue encore l’effet ‘sixties’. Les chœurs féminins dégagent parfois une atmosphère un peu trop ‘easy listening’ qui, à la longue, a tendance à tuer l’énergie de la plaque. On retrouve malgré tout quelques titres décapants tels que « Count On Me », « M.A.R.I.O. » ou « Sold Out ».

« Go Prime Time. Honey ! » aurait probablement été transcendant s’il avait été un peu plus ‘sale’. Certaines musiques n’ont pas besoin d’une production trop léchée. Un disque sympathique cependant.

mercredi, 19 janvier 2011 22:19

Soundtrack From The Motion Picture

Les Los Disidentes Del Sucio Motel ressemblent à une bande de joyeux drilles. Ces Strasbourgeois, passionnés de Stoner Rock, auraient pourtant très bien pu se contenter de faire comme tout le monde : former un groupe et jouer la musique qu’ils aiment. Trop simple et trop léger probablement pour ces rockers pur jus qui, non content de jouer du lourd de chez lourd, métamorphosent carrément leur quintet en un concept cinématographique. Chacun des musiciens se livre à fond dans son rôle de dangereux desperado de série B américaine : Francky Maverick (guitare-chant) a abandonné le commerce des glaces pour se lancer dans celui de la drogue. Billy Maverick (batterie) est un dangereux exhibitionniste récidiviste. Bobby Maverick (basse/chant) est recherché pour violence sur barman. Johnny Maverick (guitare), quant à lui, risque l’enfermement pour trouble de l’ordre public, outrage à agent, coups et blessures sur officier de police. Reste Sonny Mc Cormick (clavier-chant), le seul membre de la bande à ne pas faire partie de la famille Maverick. Il est recherché pour homicide.

Comme son nom l’indique, « Soundtrack From The Motion Picture » est la bande son d’un film (imaginaire) relatant les aventures de la fratrie Maverick. Ces derniers sont probablement le gang familial le plus dangereux qu’ait connu l’Amérique depuis les frères Duke –de la série « Sheriff fais moi peur ! »– et les frères Gecko –interprétés par Quentin Tarentino et George Clooney dans « Une Nuit en Enfer » (« From Dusk Till Dawn »)– le film culte de Robert Rodriguez.

Saluons, en passant, la quasi-perfection du suivi du concept. De l’artwork du Cd au site web du groupe, tout est si bien torché que l’on y croit sans peine. La pochette pourrait servir d’affiche pour un long métrage de Tarentino. Quant au look des musiciens, on a rarement fait plus bad boy redneck !

Faute, probablement de disposer des moyens nécessaires pour proposer un véritable chef-d’œuvre du septième art, LDDSL propose par le biais des goodies de son site internet (http://www.lddsm.com/?page_id=161), un roman-photo hilarant qui vous plonge carrément dans l’ambiance en nous enfermant aux côtés de Johnny Maverick, dans sa cellule de la prison fédérale de Santa Fé.  

Et la musique alors ? Et bien pareil : la quasi-perfection. Du pur bonheur pour les esgourdes de tout ‘stone’ rocker normalement constitué. Une rythmique aussi lourde qu’un ‘monstertruck’, un son de guitare plus gras qu’un hamburger de restoroute et un chant plus rugueux que le bitume de la route 66. Los Disidentes Del Sucio Motel synthétisent sur leur ‘soundtrack’ la musique huileuse et plombée de Kyuss, des Eagles Of Death Metal, des Queens Of The Stone Age, de Fu Manchu de Karma To Burn et même de Clutch (NDR : grâce au clavier assassin de Sony). Quelques ‘guests stars’ figurent au générique de ce Road Movie sonique et notamment l’excellent Andreas Bergstonn, du combo stoner suédois Deville, sur le titre « From 66 to 51 ».

La crème de la crème du stoner français, avec en prime, un chapeau de cow-boy !

C’est malin. J’ai envie de voir le film maintenant !

 

mercredi, 19 janvier 2011 22:04

Solve Et Coagula

Il faut bien avouer que dans la sphère ‘métal’, certaines choses ne se déroulent pas toujours comme ailleurs. Ainsi, il pourrait paraître surprenant aux yeux de certains qu’un label s’évertue à vanter les mérites de son poulain en clamant que sa musique est anti-mélodique et pro-cacophonique. C’est pourtant ce que colporte Southern Lord Records dans son introduction consacrée au groupe italien The Secret. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, dans ce cas-ci, c’est un compliment.

The Secret, il est vrai, n’évolue pas dans des styles particulièrement réputés pour faire dans la dentelle. Le black métal primaire n’est pas destiné aux sensibles de la feuille de chou. Quant au hardcore/grindcore, il plait très rarement aux mélomanes. Alors, si un quatuor se met en tête de mélanger les deux genres, on peut difficilement lui demander d’être autre-chose qu’anti-mélodique ou pro-cacophonique.

Ce gargouillement de haine, de noirceur et de négativité est issu de l’intestin putréfié de la ville Trieste (NDR : au nord de l’Italie, à proximité de la frontière Slovène). « Solve Et Coagula » constitue le troisième méfait sonique des Triestins. « Luce » (2003) et « Disintoxication » (2008) ont été publiés par le défunt label Goodfellow Records. Southern Lord, qui a pris la relève, semble bien décidé à dévoiler ce ‘Secret’ au grand jour. Il n’a donc pas hésité à envoyer les bruyants Italiens peaufiner leur mur sonore chez Kurt Ballou (Converge) au Godcity Studio de Salem (Maryland/USA).

Et le résultat nous est proposé sous ce « Solve Et Coagula ». Douze titres intenses (34 minutes chrono) combinant le black primaire de Darkthrone au hardcore chaotique de Converge. L’atmosphère doom apocalyptique de « Cross Builder » semble avoir été placée en ouverture pour préparer l’auditeur au maelstrom sonique qui va suivre. Une demi-heure de vociférations haineuses jetées sur un mur de guitares salement compactes et ponctuées de blast beat rageurs.

« Solve Et Coagula » n’est disque à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Certains secrets doivent le rester…

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