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Béber

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samedi, 19 septembre 2020 12:06

Snapshot of a beginner

Deux ans après avoir gravé l’excellent « I’m Bad Now », le quatuor canadien nous propose son quatrième opus. Pour la réalisation, la formation a confié la mise en forme à deux pointures de l’indie-rock ; en l’occurrence Jonathan Low (The War on Drugs, Strand of Oaks) et James Elkington (Steve Gunn).

Les textes de Nigel Chapman, critiques sociologiques, sont interprétés d’un ton déclamatoire par Chapman. C’est le seul fil rouge de cet LP. Les plages sont parfaitement soutenues par des guitares tour à tour slide, énergiques ou plus harmonieuses. Le tempo fluctue suivant les pistes, oscillant, par exemple du paisible « Fool Thinking Ways » au plus rapide « If You Were in Prison ». Jamais, on ne s’ennuie à l’écoute de « Snapshot of a Beginenr ». Et les mélodies se révèlent au fil des écoutes.

L’indie-folk/rock du groupe d’Halifax n’a jamais paru aussi incisif. A l’instar des excellents « Even Though I Can’t Read Your Mind » et « Mark Zuckerberg », titres qui lorgnent parfois vers Neil Young, War on Drugs ou encore Wilco.

Nap Eyes vient de franchir un palier supplémentaire dans son parcours. En espérant que cette progression puisse lui permette d’accéder à la reconnaissance… qu’il mérite amplement…

samedi, 19 septembre 2020 11:54

Heliopause

Originaire de Berlin, Anne Müller a suivi un cursus dans le domaine de la musique classique, principalement au violoncelle. Outre sa contribution aux orchestres symphoniques, l’Allemande a multiplié les collaborations auprès d’artistes issues de l’indie-folk/rock telles qu’Agnes Obel ou Angel Olsen. La multi-instrumentiste a également participé aux projets de précurseurs de la musique néo-classique comme Nils Frahm et Olafur Arnalds. C’est certainement à leur contact qu’elle a eu l’envie de tenter le sien en solo. Son premier opus est d’ailleurs paru sur le label Erased Tapes (Nils Frahm, Arnalds, Lubomyr Melnyk, …)

« Heliopause » constitue son premier elpee. Elle y contrôle tout de A à Z. De la composition à l’interprétation en passant par la production. Cette musicienne chevronnée se consacre au piano et (bien sûr) au violoncelle. Mais pour structurer son univers sonore, elle se sert de nappes qu’elle superpose à l’aide d’une loop machine.

Minimaliste, « Being Anne » ouvre le long playing. « Solo ? Repeat ! » embraie, une plage au cours de laquelle les lignes de violoncelle se chevauchent. Ce n’est qu’à partir du troisième morceau que les mélodies font leur apparition.

« Heliopause » nécessite une écoute attentive afin d’en appréhender la subtilité de la texture. Anne Müller mérite, en tout cas, de figurer dans le catalogue riche et diversifié de l’écurie Erased Tapes… 

mardi, 08 septembre 2020 18:02

Atlanta Millionaires Club

Faye Webster a grandi à Atlanta, au sein d’une famille bercée par la musique folk. Agée aujourd’hui de 21 printemps, l’artiste a depuis assisté à une émulation de la scène rap et RnB, incarnée notamment par Young Thugs et Future.

C’est d’abord dans le rap qu’elle se lance en solo. En 2017, elle publie alors un premier elpee chez Awful, un label réunissant des rappeurs issus d’Atlanta. Ce qui lui permet de recevoir le concours du collectif, et tout particulièrement Father, qui vient poser sa voix sur « Flowers ».

Partagé en 10 pistes, « Atlanta Millionaires Club » constitue donc son deuxième album, une œuvre parue sur le label Secretly Canadian (Whitney, Damien Jurado, Alex Cameron, …)

Si son univers sonore baigne basiquement dans le country/folk, il intègre, à l’instar de « Pigeon », également de la soul et du jazz. Une formule originale au cours de laquelle rythmes langoureux et groovy sont parfaitement orchestrés, alors que lapsteel, basse, sax et synthés soulignent parfaitement la douce voix de Fayer.

A travers l’audacieux « Atlanta Millionaires Club », Faye Webster s’est forgée une identité bien personnelle tout en affichant une grande maturité, malgré son jeune âge. En outre, elle est parvenue à dépoussiérer voire à moderniser la musique folk. Une artiste à suivre de très près, en espérant que son concert préalablement prévu au Botanique en juin soit reprogrammé au plus vite…

samedi, 29 août 2020 16:01

Bonny Light Horseman

Eric D.Johnson, Anaïs Mitchell et Josh Kaufman. Ces trois noms ne vous disent certainement pas grand-chose. Pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, Bonny Light Horseman est considéré comme un ‘supergroupe’. Il est vrai qu’en cherchant un peu on se rend compte que les musiciens ont un sacré background. E. Johnson est le leader de la formation indie-folk Fruit Bats. Il a notamment collaboré avec The Shins, Vetiver ou encore Califone. J. Kaufman a participé à des sessions d’enregistrement pour Josh Ritter, The National et War on Drugs. Enfin, A. Mitchell est une songwritrice de folk/country dont le nom est parfois cité aux côtés de Bob Dylan, Leonard Cohen ou Gillian Welch (rien que ça !!!).

C’est à l’occasion d’une invitation lancée, au sein d’une résidence d’artistes, à Berlin, par Justin Vernon (Bon Iver) et d’Aaron Dressner (The National), que les trois musiciens décident de travailler ensemble. C’est d’ailleurs sur leur label 37d03d que cet album est paru. Outre l’un des frangins Dressner et Justin Vernon, Lisa Hannigan et Kate Stables au banjo (This Is The Kit) figurent également parmi les nombreux invités.

Sans surprise, cet elpee baigne dans le folk et la country. Un disque réunissant essentiellement des reprises de classiques du style, de morceaux qui figurent dans le répertoire de Fruit Bats et de titres méconnus. Et si à premier abord, cette musique semble simple, lorsqu’on s’y attarde, on se rend compte qu’elle est bien plus complexe et subtile qu’on ne pouvait l’imaginer. Mais ce qui séduit le plus, ce sont les splendides harmonies vocales et la voix vibrante d’Anaïs Mitchell. Et le titre maître éponyme, « The Roving » ou encore « Bright Morning Star » chanté a cappella, en compagnie de Justin Vernon, en sont les plus belles illustrations.

Dans l’univers du folk, cet opus est certainement un des meilleurs de l’année 2020. Espérons que le projet perdure et que le trio nous réserve encore des compos de cette qualité…

samedi, 29 août 2020 15:43

The cell

Avant de débuter sa carrière solo, David Allred pouvait se prévaloir d’une petite expérience comme musicien de studio et ingénieur du son. Il faut pourtant attendre 2015, avant qu’il n’enregistre ses premiers albums sous son propre nom. En parallèle, le natif de Portland (aujourd’hui installé en Californie) multiplie les collaborations diverses.

Un an après avoir gravé son dernier elpee, « The Transition », le multi-instrumentiste nous propose un Ep sept titres. Intitulé « The Cell » David y assure quasiment l’intégralité de l’instrumentation. Il a cependant et simplement reçu le concours d’un de ses compatriotes, compagnon de label, Peter Broderick (que l’on a déjà croisé aux côtés de Nils Frahms et Efterklang). Sur ce dernier opus, Allred alterne ballades au piano (« The Cell », « Nature’s Course ») et morceaux instrumentaux. Les ambiances sont atmosphériques, froides et évoquent les grands espaces. S’il fallait déterminer la nationalité du musicien, sans avoir pris connaissance de la bio, on opterait davantage pour l’Islande que pour les USA. Une plage comme « Full Moon » aurait, par exemple, pu figurer sur la bande originale du ‘Grand bleu’ ou de la ‘Marche de l’Empereur’. Et tout au long du lyrique « Lexington Hills », accompagné de Broderick, un beau crescendo à grand renfort de cordes finit par s’imposer…

Un dépaysement garanti grâce à ce survol des grands espaces… 

samedi, 22 août 2020 18:32

Yesterday is gone

Dana Gavanski est l’une des dernières signatures de l’excellent label londonien Full Time Hobby, une écurie au sein de laquelle militent, notamment, Timber Timbre, Micah P.Hinson, Tunng ou encore Jacco Gardner. D’origine serbo-canadienne, cette jeune songwritrice est née parmi une famille d’artistes. Et pour cause, son père est actif dans l’univers de l’industrie du cinéma et sa mère est peintre. Dana a longtemps hésité entre le cinéma et la musique, avant d’opter finalement pour ce dernier art. Elle a sorti un premier Ep en 2019 ; ce qui lui a permis de d’accomplir plusieurs tournées et d’assurer le supporting act, notamment de Damien Jurado.

A l’instar de son Ep, pour enregistrer son premier elpee, elle a reçu le concours de Mike Lindsay, une des têtes pensantes de Tunng. Dana cite des influences qui oscillent de King Crimson à Vashti Bunyan en passant par ses contemporaines Cate Le Bon et Aldous Harding.

Tout au long des dix morceaux qui figurent sur « Yesterday is Gone », elle parvient à communiquer ses émotions, grâce à une voix empreinte d’une grande sensibilité. Bien que basiquement acoustique, son expression sonore incorpore des sonorités électroniques et des instruments organiques. Et manifestement, la présence de Mike Lindsay y est pour quelque chose. Le psyché/folk de Dana Gavanski est donc riche ; et s’il mérite une attention particulière, il est nécessaire de s’y attarder voire d’y consacrer plusieurs écoutes afin de saisir la finesse des mélodies et la richesse de l’instrumentation.

Une petite découverte à suivre de près, dans le futur…. 

mercredi, 12 août 2020 17:23

Countless Branches

En 1969, Bill Fay grave son premier elpee. Il est éponyme. Il publie son deuxième opus, l’année suivante, « Time of the Last Persecution », deux disques qui passent totalement inaperçus. En 2004, le label anglais Wooden Hill exhume une série de maquettes enregistrées entre 1966 et 1970, sur un LP intitulé « From the Bottom of an Old Grandfather Clock ». Mais ce n’est qu’en 2009, grâce à la sortie de l’excellent « Life is people », que le songwriter est enfin reconnu pour son talent. Cette œuvre est double. Le premier disque est une compile réunissant d’ancien titres, le deuxième propose de nouvelles compos, enregistrées par le Londonien au sein de son propre studio ‘at home’…

Agé aujourd’hui de 76 ans, Bill est considéré comme un artiste de référence, au même titre que Léonard Cohen, Bob Dylan ou Ray Davies. Et lorsqu’on prend la peine d’écouter son œuvre, on comprend mieux pourquoi. Fay a un don unique pour torcher des ballades à vous flanquer des frissons partout…

« Countless Branches » constitue son tout nouvel opus. Bonne idée, l’Anglais a abandonné les autoportraits qui habillaient les pochettes de ces albums précédents. Une nouvelle fois, Bill Fay y démontre l’étendue de son talent d’écriture. A travers 10 morceaux dispensés en une petite demi-heure, il va droit au but et ne s’attarde jamais à masquer ses mélodies sous des tonnes d’arrangements. Sur la majorité des titres, sa voix, sa guitare et/ou son piano suffit à vous enchanter. Baignant au sein d’un climat empreint de mélancolie douce, ce long playing nous réserve, en outre, des titres imparables tels que « Your Little Face », « Times Going Somewhere » ou « Filled With Wonder Once Again ».

Touché par la grâce et la maturité, Bill Fay mérite manifestement cette reconnaissance, qu’il a si longtemps attendue…

mercredi, 12 août 2020 17:21

3 South & Banana

3 South & Banana, c’est le projet d’Aurélien Bernard, un Français exilé à Berlin. Producteur, compositeur et interprète, il a milité chez Vadoinmessico, formation qui a ensuite opté pour le patronyme Cairobi. Il nous propose son premier elpee. Et il est éponyme.

Découpé en 11 pistes, cet opus baigne au sein d’une pop teintée de psyché aux ondes positives. Seuls « Bâtons Mêlés » et « Avec Le Cœur » sont interprétés dans la langue de Molière. Et ils lorgnent manifestement vers François and the Atlas Mountains. Des compatriotes ! Les autres le sont dans celle de Shakespeare. Mais s’il fallait tracer un parallèle entre 3 South & Banana et un autre artiste hexagonal, on penserait plutôt à Orval Carlos Sibelius. Tout comme ce dernier, l’exilé berlinois est responsable de morceaux colorés, chantés sur un ton faussement nonchalant. Outre les instruments basiques, Aurélien tire également parti de sonorités insolites, probablement nés de la magie des synthés ; ce qui communique à son expression sonore un léger côté foutraque comme on aime…

Bref, non seulement le premier essai de 3 South & Banana est réussi, mais on vous invite à le découvrir. A défaut de city trip avorté pour cause de covid-19, optez plutôt pour ce trip psychédélique.

mercredi, 12 août 2020 17:19

Watch This Liquid Pour Itself

C’est en 2018 que Kaya Wilkins, aka Okay Kaya, se révélait suite à la sortie d’un premier album intitulé « Both ». La jeune Norvégienne exilée à Brooklyn est depuis parvenue à se forger un nom et a notamment eu l’occasion de collaborer avec le très prisé King Krule.

« Watch This Liquid Pour Itself » constitue le second album de la songwritrice scandinave, mais le premier paru sur label Jagjaguwar (Angel Olsen, Bon Iver, Sharon Von Etten…) Fondamentalement folk, sa musique intègre des éléments électroniques. Suivant les morceaux ils sont plus ou moins palpables. Parfois l’expression sonore vire à la dream pop, à l’instar « Helseven », qu’elle chante dans sa langue natale. Ou au trip hop, comme tout au long de « Popcorn Heart » et de « Stonethrow ». Mais en général, les rythmiques électroniques minimalistes alimentent des tempos langoureux destinés à souligner des accords de gratte acoustique et/ou une voix douce et paisible.

Bref, le second elpee de la New-yorkaise invite tout mélomane à passer une soirée agréable au coin du feu, dans un climat empreint de sérénité… quoique vu la canicule…

mercredi, 22 juillet 2020 09:47

Dream Hunting in the Valley of the In-Between

C’est avec un immense plaisir que l’on retrouve Man Man, sept ans après la parution de son dernier opus, "On Oni Pond”. Sa pop foutraque et loufoque nous avait fortement manqués.

La bande originaire de Philadelphie est donc de retour et vient de graver “Dream Hunting in the Valley of the In-Between”. Et autant le dire, rien de tel qu’un album de ce type en cette période pour le moins morose. La musique de Man Man est toujours aussi insaisissable. La voix éraillée de Ryan Kattner (alias Honus Honus) et le xylophone sont toujours aussi reconnaissables. Les Américains se plaisent à casser les codes. Ils parviennent à déstructurer leurs morceaux tout en préservant le sens de leurs mélodies. Sur ce dernier essai, ils n’ont pas lésiné sur les moyens et ont intégré une multitude d’instruments à la fête. Des classiques (guitare, basse, batterie, claviers, etc.), des moins conventionnels (ukulélé et marimba, notamment), mais surtout une section de cuivres. Aussi, outre la pop baroque qu’on leur connaissait, sur ce dernier LP, le groupe va pêcher ses influences sur d’autres continents et s’amuse à les incorporer à sa folie organisée. On pense notamment au plus latino “Inner Iggy”, au country “The Prettiest Song in the World” ou à l’oriental “Animal Attraction”.

“Dream Hunting in the Valley of the Valley” est une véritable bouffée d’air frais. Un album riche, déstabilisant, captivant qui mérite clairement le détour. Croisons les doigts afin de pouvoir admirer les performances scéniques de cette formation atypique. 

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