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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Depuis plus d’une décennie, le chanteur enchaîne les succès, chacune de ses tournées crée l’événement.

Le 8 novembre 2018, il démarrait l’écriture de son album… Il a fini par poser 2887 mots sur le papier.

Douze chansons sont nées. Aujourd’hui, fin de l’enregistrement studio. Christophe Maé sortira cet automne son nouvel LP, « La Vie d’artiste » et remontera sur scène en France et en Belgique en 2020. Ce prochain show ambitieux et généreux nous réserve de nombreuses surprises !

Son nouveau single, « Les gens »,  est dans les bacs depuis le 4 septembre. Il est en écoute ici

lundi, 09 septembre 2019 09:38

Un disque choral très intéressant …

Ex-programmateur chez Nova, Emile Omar est le fondateur de Roseaux. Pour compléter le line up, il a fait appel à Clément Petit (violoncelle) et Alex Finkin (multi-instrumentiste).

Le premier opus était porté par la voix d’Aloe Blacc. Pour ce deuxième volet, « Roseaux II », les trois producteurs ont sollicité plusieurs artistes en fonction de la texture de leurs voix.

Une palette vocale diversifiée, qui va du feeling ‘à l’ancienne’ de Ben l’Oncle Soul aux intonations vaporeuses d’Anna Majidson (Haute), de la pureté minérale d’Olle Nyman à la mélancolie tropicale de Blick Bassy, du grain sensuel de Melissa Laveaux à la spiritualité d’Aloe Blacc.

« I’m going home », ft. Ben l’Oncle Soul est à découvrir ici 

lundi, 09 septembre 2019 09:36

Sa « Lagune » est un vrai bijou !

François Bijou est de retour. La rentrée va donc être colorée !

L'artiste liégeois, jamais à l'abri d'une douce et saine extravagance, sort en effet son premier opus en ce début septembre.

Après les circonvolutions acrobatiques en tenue fluo du premier single « Mains Baladeuses », puis la montée en apesanteur opérée en « Héliport », il est de retour avec un troisième single intitulé « Lagunes » doublé d'un nouveau clip tout aussi psychédélique que les précédents. 

Une nouvelle démonstration de son univers artistique volontairement en marge qu'il a compilé dans un premier Ep.

Découvrez cet univers ici 

Ibrahim Maalouf dévoile un peu plus de son onzième album S3NS, sorti le 27 septembre dernier. Entouré de quinze musiciens, Ibrahim rend sur ce disque hommage à la culture latine et à la musique afro-cubaine… en mode Maalouf !

De Lhasa, à Raul Paz, en passant par Tito Puentes ou Omar Sosa, Ibrahim Maalouf a déjà collaboré à de nombreuses reprises au cours de sa carrière avec des artistes sud-américains.

Ni vraiment jazz, pas exactement pop, et quelquefois rock, Ibrahim Malouf invite le public à partager sa musique métissée, et toujours aussi inclassable.

Sur cet elpee, on entend des cuivres chauffés à blanc, des percussions énergiques et une rythmique taillée dans le roc. Les sessions ont impliqué de nombreux invités : d'abord trois pianistes majeurs de la nouvelle génération cubaine de jazz : Harold Lopez Nussa, Alfredo Rodriguez et Roberto Fonseca, mais également le saxophoniste Irving Acao et la violoniste Yilian Cañizares.

Après « Happy Face », découvrez « Una Rosa Blanca » ici, un extrait du nouvel opus d'Ibrahim Maalouf.

samedi, 24 août 2019 10:52

Les Solidarités : samedi 24 août 2019

La chaleur persiste et signe. Pire que la veille ! Pour preuve, les pompiers arrosent vaillamment les dizaines de milliers de personnes qui ne se sont pas laissé décourager par cette météo décidément bien rieuse. Cette journée est sold out. Il faut pousser des coudes pour faire le moindre pas. Vu l’offre si alléchante, pas étonnant que les festivaliers se soient donnés rendez-vous en masse à la lueur de l’été pour y découvrir une affiche de choix…

En guise d’encas, Juicy, un patronyme derrière lequel se cache Julie Rens et Sacha Vok.

Les gonzesses n’ont pas encore trente balais qu’elles rentrent déjà dans le palmarès restreint des Belges qui s’illustrent en France. Leurs reprises déjantées de tubes hip hop des années 90 aux paroles misogynes, à l’instar du « Work it » de Missy Elliott ou encore du « Partition » de Beyoncé, ont pesé lourd dans la balance, épousant ainsi la même courbe de popularité que Damso ou encore Romeo Elvis. Léger dans le ton, mais profond dans le fond, les compos abordent des sujets comme le sexisme ou encore les agressions sexuelles et s’enracinent dans un style hybride entre rap et r&b…

Le théâtre de Verdure offre un panoramique exceptionnel. L’endroit est idéal pour y faire des (re)découvertes. Sur le coup de 17h15, Claire Laffut débarque.

Originaire de Moustier-sur-Sambre (entre Namur et Charleroi), la jeune fille connaît un succès croissant depuis la sortie d’un premier Ep, paru en automne 2018. Multifacettes, l’artiste pousse non seulement des vocalises, mais se consacre aussi à la peinture, la mode, le mannequinât ou encore la création de bijoux de peau éphémères. Et la liste n’est pas exhaustive. Un personnage tout en douceur dont la fragilité est perceptible dans les paroles. Le maître mot des compos sera l’amour. Pas toujours celui que l’on rêve et que l’on idolâtre. Parfois, celui qui blesse et rend morose. Mais pas que ! Elle porte un regard amusé dans le rétroviseur de la vie à travers notamment « Gare du Nord », chanson écrite à l’époque où son père disait qu’elle y finirait pute à la si ses résultats scolaires n’étaient pas suffisants… Charmant ! Si pour d’aucuns, les mots peuvent être le reflet d’une réalité atroce, elle s’exerce avec un naturel désopilant pour s’en servir comme source d’inspiration. Bref, elle dispose du talent nécessaire pour tourner un mélodrame en dérision. Ses influences sont multiples, son style parfois coloré et percussif (« Mojo ») ou même rythmé et sauvage (« Vérité »).

Le chapiteau de la FGTB (un endroit féministe paraît-il), accueille Célénasophia, un duo né de la fusion entre deux prénoms.

Elles accusent une bonne demi-heure de retard, leur matos s’est perdu dans les coulisses du festival. Une première ! En 2015, elles gravent un premier Ep baptisé « A l’Aventure » ; ce qui leur permet d’écumer les premières grosses scènes en Belgique (Botanique, Francofolies de Spa, BSF, ...) et à l'étranger (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire). Soutenues par un drummer, les sœurs à la ville comme à la scène, commencent leur tour de chant par « On s’en souviendra plus », une chanson qui communique le ton à un étrange concert, dont les textes semblent tiraillés entre la plume d’un Gaëtan Roussel et celle de Saez à la rage faussement contenue. Issues de Chapelle-lez-Herlaimont, elles proposent un folk rageur tout en dressant un regard contemplatif, exhaustif et ciselé sur la vie. La préposée au chant possède un grain de voix proche de celui de Cœur de Pirate. Sa sœur, plus timorée et distante semble constamment s’effacer pour mieux s’auto-protéger. Armée d’une gratte électrique, cette dernière produit un léger voile sonore le temps de quelques chansons lorsqu’elles ne s’acharne pas sur ses backing vocaux plutôt inaudibles. L’univers du duo est nettement plus urbain qu’à ses débuts. Franchir un cap et s’affranchir davantage constitue là le pas du signe d’une maturité grandissante. De « Seul Hôtel », évoquant la solitude à « Je te vengerai », morceau écrit en hommage à la madré, les frangines se retrouvent là où elles ont commencé en faisant fi de la popularité qui les guette dorénavant et s’extériorisent des sentiments néfastes. L’ingé son fait de son mieux dans un environnement difficile : le set rencontre quelques problèmes techniques ; et puis l’écoute est rendue difficile à cause du brouhaha ambient. Pourtant contrarié par ces difficultés, CélénaSophia s’en tire(nt) joyeusement dans cette noce biblique.

Histoire de s’aérer les poumons, direction la main stage (NDR : c’est à l’extérieur !) pour Caballero & JeanJass. Les gaillards qui ont pratiquement terminé leur prestation ne font décidément pas toujours dans la prose philosophique. Et c’est un euphémisme ! Ils se sont offerts le luxe de faire venir une voiture sur la scène (un décor ??) histoire d’agrémenter leur nouvelle tournée. Le temps de cerner les nouveaux porte-drapeaux de la scène hip-hop belge, que « Bruxelles arrive » sonne le glas. Une manière de visiter la capitale tout en restant chez soi.

Au théâtre de Verdure, la surprise du jour viendra de Jeanne Added, une compositrice et interprète française. Un patronyme qui s’inspire de ses origines algériennes et plus précisément de son grand-père, ‘Hadded’. De formation musicale classique (NDR : elle a suivi le cours de violoncelle), elle s’oriente ensuite vers le jazz, mais ne commence à envisager un projet personnel qu’à l’approche de la quarantaine. Elle entre alors activement dans l’univers de la musique et décide de se forger un nom dans le milieu. Blonde platine et de petite taille, son côté androgyne (sa marque de fabrique) renvoie inévitablement à Annie Lennox. Après un premier Ep en 2011, c’est « Be Sensational » quatre ans plus tard qui va la révéler au grand public. Un album de l’ordre de la nécessité dira-t-elle. C’est dans la langue de Shakespeare qu’elle se sent le mieux pour interpréter ses chansons. « Radiate », son dernier opus en date a été doublement récompensé aux Victoires de la musique 2019 dans les catégories ‘Artiste féminine’ et ‘Album rock’. Accompagnée par deux préposées au clavier électronique et un batteur, son électro pop rafraîchissante et positive fait vraiment du bien à l’image de la Rémoise d’origine qui nous réserve un set au cours duquel elle affirme son talent pour les mélodies fortes et les sonorités harmonieuses. « Mutate » propulse des ondes vocales basses et voilées à la Björk vers les sommets de la Citadelle. Alors « Look at them ». Si l’ensemble des compos embrasse un côté pop atmosphérique, Jeanne ne peut s’empêcher de cacher son petit côté rock lorsqu’elle s’empare de sa basse tout en y laissant entrevoir son rapport aux autres et au monde qui l’entoure. Bref, le succès de cette jeune femme à l’avenir prometteur est manifestement sur une courbe ascendante.

A l’esplanade, c’est Angèle Van Laeken qui clôturera ce festival dans le chef de votre serviteur.

Fille du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot (fondateurs du duo pop-rock-électro Monsieur et Madame), mais aussi frangine d’une figure bien connue dans le milieu du rap (Roméo Elvis), son ascension a été fulgurante. Elle n’a pourtant commis qu’un seul album, à ce jour. Et son « Brol », gravé en octobre 2018, est en effet certifié triple disque de platine et s’est écoulé à plus de 300 000 exemplaires, six mois après sa sortie. A l’issue d’une très brève intro, armée d’une (fausse) mitraillette en main, elle se lance dans une incantatoire dénonciation jubilatoire, son esprit espiègle stigmatisant les réseaux sociaux, bien qu’elle se considère comme une reine du crime.

Une ribambelle de danseurs l’accompagne histoire de marier au mieux ses propos enchanteurs. Sans crier gare, elle expose « La loi de Murphy », un premier single publié fin 2017, un morceau qui lui a permis de poser les jalons de son futur succès et montré qu’elle n’était pas juste la ‘fille de’ ou ‘la sœur de’, mais une artiste à part entière. Engagée, féministe et féminine, son « Balance ton quoi » se réfère au sexisme dénoncé par le mouvement ‘BalanceTonPorc’. Elle l’entame au piano avant que la foule ne reprenne le refrain en chœur comme dans une communion solennelle. La prestation d’Angèle ressemble davantage à une forme de ‘best of’ incluant notamment des titres largement diffusés sur les ondes radiophoniques comme « Je veux tes yeux », « Flemme » ou encore « Flou ». Quoiqu’il en soit, ses compos font mouche. Angèle démontre ainsi que son avenir est prometteur et qu’en outre, aujourd’hui, elle est devenue une artiste à part entière au même titre que son frangin qui s’invite insidieusement et de manière virtuelle sur les écrans géants, de quoi « Tout oublier ».

Une heure et demie de show visuel mêlant musique, danse (NDR : la troupe s’investit et accomplit une prestation irréprochable) et projections, mais aussi textes bien ciselés aux thématiques contemporaines. Bref, le talent, c'est une histoire de famille chez les Van Laeken…

Il est temps pour votre serviteur de quitter cette citadelle, lieu féerique dominant des paysages tout en couleur, qui témoigne de plus de mille ans d'histoire. Une première pour votre serviteur, mais assurément pas une dernière !

(Organisation : les Solidarités)

Pour cette septième édition des Solidarités, les organisateurs ont étalé les festivités sur trois jours, empruntant, au passage, la formule adoptée l’année dernière. Une exception qui confirme la règle : en lieu et place de l’Agora des Solidarités et des débats, le vendredi fait la part belle aux groupes ou artistes confirmés.

Une des particularités de cette manifestation est de combiner sur un même site, culture (dont bien sûr la musique), cinéma et théâtre…

Le soleil s’est dévoilé à la grande surprise de tous, forçant les plus téméraires à prendre quelques mesures de prévention comme le port du chapeau, de la casquette, des lunettes de soleil et le recours à la crème solaire.

Tout est pensé pour se sentir bien et profiter pleinement des spectacles. Comme cette ‘Cité des enfants’ pour que les bambins puissent s’adonner aux activités ludiques pendant que papa et maman s’en mettent plein les portugaises. Ou encore un ‘Urban Village’, un espace ‘Rencontres’ et une tyrolienne. Sans oublier la grande roue qui trône fièrement au milieu de l’esplanade.

Orchestrées par la mutualité Solidaris, ces festivités, dont la vocation première est familiale, constituent une exemplarité en la matière. Elles souffrent néanmoins de la période choisie pour son déroulement, car fin août, la plupart des artistes qui s’y produisent, l’ont déjà souvent été aux quatre coins du pays. Si pour certains, cette situation n’est qu’un détail dans l’histoire, les festivaliers les plus fidèles digèrent plus difficilement ce bis repetita…

L’accès au site est lui aussi singulier. Des dénivelés importants incitent le lambda à emprunter des navettes de bus qui circulent à intervalles réguliers. Pas une obligation, sauf si le but est d’atteindre l’entrée du festival la langue pendue.

Bien que les hostilités proprement dites ne commencent qu’à partir de 18 heures, votre serviteur a eu la bonne idée de s’y prendre suffisamment tôt. Il a quand même fallu s’armer de patience pour atteindre sa destination avant de recevoir son précieux sésame. Plus de deux heures entre la sortie de l’autoroute et le parking de délestage, vu les embouteillages !

Passé les traditionnels contrôles, Fabienne Demal commence son tour de chant sur la main stage. Son nom ne vous dit rien ? Normal ! Plus connue sous le pseudo Axelle Red, la chanteuse belge ne semble pas trop captiver un auditoire davantage occupé à bavarder et se désaltérer. Présente dans le paysage audiovisuel depuis une bonne vingtaine d’années, celle qui a accompagné Mister Renaud le temps d’une magnifique chanson, est certainement l’une des artistes les plus prolifique de sa génération. Vêtue d’une tunique bleue, l’ambassadrice du ‘Fonds des nations unies pour l’enfance’ livre une jolie prestation teintée de pop, en y ajoutant cette pointe de soul ou de blues lorsque c’est nécessaire. Alors que le socle de la mélodie se pose à merveille sur celui de la poésie, elle livre malheureusement un show sans grande surprise. C’est propre et gentillet, mais sans plus.

Armée d’une batterie de tubes séculaires comme « Sensualité » ou « Puisque c’est toi », la jolie rousse, malgré une proposition musicale, certes fort intéressante et authentique, manque cruellement d’authenticité, d’énergie et de créativité. Vraiment dommage pour un set dont on attendait beaucoup.

Behind The Pines constitue sans doute la découverte la plus improbable de ce festival. Constituée en 2017, la formation a déjà bien bourlingué : de nombreuses invitations dans différents festivals et des récompenses à n’en plus finir ! Un Ep intitulé « Secret » fraîchement sorti en mai de cette année, véritable carton médiatique et populaire, lui a permis de se produire aux côtés de Hooverphonic, Puggy, Typh Barrow, Mustii ou encore Birdpen. Etablir une comparaison alors que le propre d’un band est justement de se démarquer n’est pas chose aisée. Les puristes admettront que le grain de voix d’Andrea Battisti, lorsqu’il est poussé dans ses retranchements, rappelle à s’y méprendre celui de Caleb Followill. Lorsque ce n’est pas la chanson elle-même et ses contretemps à la guitare, « Blue sun » évoque Kings of Leon voire le mythique Stereophonics, groupe de rock britannique drivé par Kelly Jones. Pétillant et vivifiant comme un glaçon dans une boisson rafraîchissante en été, son pop/rock, un peu convenu, il faut l’avouer, trace cependant des lignes mélodiques ravageuses, ce qui le rend fort accessible et apprécié des aficionados. Atmosphérique, « What do we choose » résume à lui seul toute la rage et la ténacité d’un groupe qui pourrait, à la surprise générale poser les jalons d’un succès qui dépasserait celui de ses pairs…

Le concert de Gaëtan Roussel sera traduit en langage des signes. Un travail remarquable qui a nécessité six mois de préparation en étude des textes. Après une brève intro, le chauve grimpe sur l’estrade et entame son set par « Eolienne », un extrait de l’elpee « Orpailleur », apportant en même temps une légère brise rafraîchissante bienvenue qui se prolonge immédiatement par « Dis-moi encore que tu m’aimes », nous rappelant déjà toute l’étendue de son talent de compositeur. Roussel, c’est d’abord une voix remarquable, éraillée, qui titille vos tympans, sans les effrayer. Une richesse absolue dans la recherche d’émotion. C’est une plume également. Unique, incisive, touchante, légère et accrocheuse. Autant de qualificatifs qui procurent à l’ensemble de ses chansons une beauté simple, mais tellement sincère. Influencé par la musique anglo-saxonne, c’est pourtant dans la langue de Voltaire qu’il dispense ci et là ses incantations jubilatoires. Gaëtan Roussel est parvenu à exploiter le succès engendré par Louise Attaque, pour se forger une carrière solo décomplexée et d’une grande liberté. Racontant perspicacement le quotidien et ses faiblesses, l'ancien frontman de L.A. livre un set d’une puissance inouïe et emmène la foule dans un mouvement tourbillonnant, grâce à sa pléiade de tubes tellement inclassables, comme « Ne tombe pas », qu’inoubliables, à l’instar de ce duo échangé avec Vanessa Paradis dont il fera par ailleurs des éloges (« Tu me manques (pourtant tu es là) ». Tout est dans la nuance, la subtilité et l’intensité. Sans en faire des tonnes, l’artiste aux multiples facettes parvient à fédérer simplement, en injectant cette dose d’humanité qui lui est propre.

Bref, de Louise Attaque (« Ton invitation », « Léa ») à sa carrière solo (« J’entends des voix », « Inside Outside » et son refrain entêtant ‘Help Myself’ ou encore « Hope »), l’homme au grand cœur brasse avec conviction, réalisme et passion un florilège de chansons destinées à procurer un plaisir immense...

Pascal Obispo est le dernier à se produire ce soir. Trop peu pour votre serviteur ! A défaut d’Obispo, ce sera direction le bistrot. Rien de tel après cette période caniculaire.

Demain est un autre jour…

(Organisation : Les Solidarités)

Axelle Red + Behind The Pines + Gaëtan Roussel + Pascal Obispo

jeudi, 15 août 2019 16:59

Park Rock 2019 : jeudi 15 août

De nouveau-né, le Park Rock est aujourd’hui devenu un bel adolescent de seize ans. Alors, en guise de cadeau, les organisateurs ont misé sur une pléiade de covers bands tentant de réincarner Iron Maiden, Guns N' Roses, Led Zeppelin, Motörhead et Thin Lizzy, mais également des artistes pluralistes émergents ou confirmés.

On ne peut pas dire que le public se soit pressé au portillon, en ce jeudi du 15 août, pourtant jour férié. Une affiche trop éclectique ? La pluie venue jouer les troubles fêtes ? C’est vraiment dommage !

C’est à la suite des prestations de Fitz, Stand for et Dr Voy que votre serviteur débarque sur la plaine du parc de Baudour, un endroit superbement boisé et verduré.

Une seule scène trône au milieu du site. Des jeux pour enfants ont été dispersés afin de laisser papa et maman s’en foutre plein les portugaises sans avoir le fiston sur le paletot. Fûté quand même !

Les personnages en jupons noirs qui se produisent à ce moment-là ne sont pas des gonzesses, mais Les Black Tartans. Gros bras, tatouages, et poils sur le menton, constituent grosso modo le profil type de ces musicos.

Des habitués des lieux, puisqu’ils avaient déjà été programmés, lors d’une précédente édition. Un changement dans le line-up a été opéré en 2017. Une première pour le batteur, aujourd’hui, qui semble avoir focalisé la dizaine de paires d’yeux sur sa personne...

Les BT sont à la musique, ce que Maïté est à la cuisine, un savoureux mélange de punk rock mélodique épicé par des instruments traditionnels celtiques. Vous secouez le tout et vous obtenez un punk rock explosif et particulièrement remuant, histoire de réveiller la vitalité des plus réceptifs...

Quitte à rester dans le bruit, autant y aller à ‘donf’ en compagnie des métalleux de Bukowski. Ils nous viennent d’outre-Quiévrain. De Paris exactement. Le patronyme se réfère, bien évidemment, à Henry Charles Bukowski, romancier et poète américain.

Survolté, le combo livre un rock aux accents stoner mais également hardcore. La fougue démentielle manifestée tout au long de « Brother forever » ne draine hélas que quelques courageux, le temps d’un pogo sans précédent…

A charge de Z-Band de calmer quelque peu les esprits.

Fondé en 2015, il réunit le drummer Jerry ‘Jay’ Delmotte, le guitariste Morgan ‘Dweez’ Tuizir, le bassiste Michel Vrydag et le chanteur Matthieu Van Dyck.

Le combo est venu défendre son second opus, « Apocaliquids », tombé dans les bacs depuis quelques mois déjà, un disque qui succède à « No Loose Behavior », essai qui avait été propulsé dans le top 50 belge.

Camouflé par un ersatz de bonnet sur la tête surmonté de cornes estampillées ACDC, le guitariste s’en donne à cœur joie. Quant au bassiste, ses cheveux longs et ses yeux complètement révulsés en disent long sur son degré d’implication dans le set.

Déjà à l’affiche, lui aussi, il y trois ans, le groupe puise ses influences majeures au sein des 90’s, aussi bien dans le rock, le funk que le métal, Alice in Chains, Audioslave, Incubus et Extreme, en tête. Et « Yyyy’Id » en est une belle illustration. Cependant, il est également apte à torcher des compos plus douces mais sulfureuses, comme « Do Need Love ».

Autre style et autre ambiance pour Blond, responsable d’un electro/rock survitaminé. Mais la faim commence à tenailler l’estomac de votre serviteur depuis quelque temps déjà. Il est donc urgent de se remplir la bedaine et de se désaltérer au sein de l’espace VIP, situé derrière la grande scène.

La pénombre s’invite doucement pour LYS. Logique lorsqu’on sait que la programmation accuse environ trente minutes de retard.

Quatuor breton, LYS jouit maintenant d’une authentique crédibilité outre-Manche. Un premier long playing remarquable lui a permis de se produire en Europe, et notamment à Londres, mais également aux Etats-Unis, au travers de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York, en 2013, ainsi qu’en Chine au MIDI de Shanghaï et Beijing, en 2014.

Cerise sur le gâteau, le dernier LP en date a bénéficié du concours du fameux producteur anglais Paul Corkett (The Cure, Björk, Nick Cave, Radiohead, Fiction Plane, Placebo…) ainsi que de Craig Walker (Archive, The Avener).

Repéré par une grande marque de vêtements qui a sorti une ligne à son nom (‘LYS by IKKS’) en 2012, il a profité de cette opportunité pour se produire en showcase dans les magasins de cette enseigne ; ce qui lui a valu d’élargir encore un peu plus sa cote de popularité.

Le line up a beaucoup changé depuis ses débuts. La préposée à la basse, qui attirait autrefois tous les regards, est désormais remplacée par (la charmante) Manon. Brunette et toute menue, c’est la troisième à se consacrer au plus long manche, depuis la constitution du groupe, en 2008. Que les fans se rassurent, après 2013, les musiciens sont… plus ou moins les mêmes…

Autant y aller tout de go, c’est essentiellement Steve Hewitt (ex-batteur emblématique de Placebo), derrière les fûts, qui polarise la curiosité des spectateurs. On dirait, à s’y méprendre, un cousin de Biolay !

Les premiers riffs de « Redbud » baignent au sein d’un climat festif et communicatif ; une musique plus rock et plus mature que sur le précédent opus.

La capacité à concocter des hymnes pop/rock bien ‘british’ est confirmée par « One Day », dont la ligne mélodique est proche de celle tracée par Placebo. Et si LYS en devenait le digne successeur ?

Très loin des premières répétitions dans ce vieil hangar breton, les compos interprétées dans la langue de Shakespeare sont biberonnées au rock alternatif, aussi bien issu des années 80 que contemporain, et se distinguent par leur rythme obsédant (« Look in your ass », « Last night ») ou ses mélodies très pop (« Falling Apart », « The mistake »).

Armé de sa gratte électrique, Anthony communique à l’ensemble une couleur particulière et chaude, tout en cherchant à créer une certaine intemporalité dans les sons et les arrangements, comme chez les valeurs confirmées insulaires auxquelles ils se réfère…

Un set trop court qui s’achève par « In my mind », premier jet prometteur du leader, Nicolas, qui venait tout juste, sans le savoir, de hisser le drapeau tout en haut du mât.

Au tour de Romain Humeau et sa clique de poindre le bout du nez. Il y a enfin du peuple ! A vue de nez, il doit y avoir 2 ou 3.000 personnes à tout casser. Pas assez, pour un band de cette envergure. Mais, n’est-ce pas suffisant finalement ? Ne vaut-il pas mieux jouer devant une poignée de passionnés que face à 150 000 pèlerins dont les trois quarts sont bourrés ? La messe est dite !

« Stupor machine », le dernier elpee d’Eiffel –dont le patronyme est inspiré d’un titre (« Alec Eiffel ») qui figure sur l’album « Trompe le monde » des Pixies– est paru en avril dernier. Il a quand même fallu attendre 7 longues années avant qu’il ne se décide à enregistrer son septième opus. Une longue absence qui a alimenté bien des rumeurs, dont celle de l’arrêt définitif de l’aventure du band.

Durant tout ce temps, Humeau ne s’est pas assis sur ses lauriers, gravant trois albums, malheureusement moins médiatisés, son nom restant sans doute associé à celui de l’ensemble.

Son leader charismatique porte une marinière complètement démodée, tandis que sa comparse à la ville et à la scène, Estelle, arbore une chevelure en forme de poulpe. C’est la préposée à la basse.

Bien entendu, la formation est venue défendre son dernier LP.

L’électrique « T’as tout, tu profites de rien » donne le ton d’une prestation qui restera dans les mémoires. Un jeu où guitare survoltée et basse puissante viennent épouser à merveille une rythmique tonitruante sur une ligne mélodique soignée et des lyrics pour le moins engagés. Y en a dans le pantalon !

« Il pleut » (doux euphémisme), incarne à lui seul le talent d’écriture de Romain, digne de la bonne chanson française. Espérons toutefois qu’au vu des nombreux nuages sombres qui menacent, il ne transforme pas l’eau en « Cascade ».

Caractérisé par son sifflotement à la Micheline Dax, « À tout moment la rue » entraîne l’auditoire dans une sorte de ‘(chasse) Spleen’ pour le moins déroutante. Les puristes se souviendront que Bertrand Cantat assurait les chœurs dans la version studio.

Chez de nombreux artistes émergents, les chansons se construisent, en grande partie, en fonction des arrangements. Chez Eiffel, le renouvellement ou la modernité ne passe pas par l’outil mais par la manière dont on s’en sert. Le tubesque « Chocho » en est la preuve la plus éloquente.

La formation évoque tour à tour des thématiques fortes et incisives. Quel est le propre de l’artiste aujourd’hui ? Conscientiser, bousculer ou simplement divertir ?

Que ce soit par les sonorités acides et les textes surréalistes de « À tout moment », « Abricotine », « Le Quart d'heure des ahuris » ou encore « Stupor Machine », une compo qui décrit notre mode de vie tout en peignant en sombre notre avenir, le combo continue à entretenir la flamme chez les fidèles aficionados…  

Aucun doute, Eiffel et son poète maudit, entre passion et idéologie, est fin prêt pour grimper sur le haut de la tour.

Les Fatals Picards ont la délicate charge de clôturer cette édition. Fondé en 2000, ces joyeux lurons mêlent humour au second degré et engagement, en se servant d’une multitude de genres musicaux, oscillant de la chanson française au punk, en passant par le rock.

Un genre qui passe mal chez votre serviteur. Il préfère prendre ses jambes à son cou plutôt que s’infliger cette (mauvaise) plaisanterie.

Bref, un festival qui n’aura certainement pas brillé ni la présence du soleil, ni par celle de sa programmation trop légère et disparate, malgré quelques moments forts, s’achevant fatalement (ou tristement selon) par un candidat à l’Eurovision de 2007…

(Organisation : Park Rock)

Fitz + Stand for + Dr. Voy + Black Tartans + Bukowski + Z-Band + Blond + Lys & Steve Hewitt + Eiffel + Les Fatals Picards

samedi, 17 août 2019 14:54

Renan Luce

Si pour certains, rupture amoureuse rime avec tristesse et désespoir, pour d’autres, elle constitue le premier pas d’une résurgence.

Renan Luce a choisi cette seconde option. Son aventure déchue avec Lolita Séchan, après sept ans de mariage, lui aura été au moins bénéfique sur le plan artistique.

Pourtant absent depuis quelque temps, il était parvenu à nous faire sautiller grâce à des titres plein d’entrain et de bonne humeur, notamment sur un premier album intitulé « Repenti », duquel « La Lettre » a été expédiée manu militari dans les charts radiophoniques.

Le Parisien met en mots l’entrebâillement d’une porte ouverte sur un quatrième exercice éponyme très intimiste.

Une mise à nu dans les propos sur fond de sincérité musicale richement intéressante, digne des plus grands tauliers de la chanson française comme Aznavour et Brel.

Onze chansons introspectives où Luce laisse mûrir ses pensées sur papier à travers une orchestration symphonique, un vieux rêve qu’il a enfin pu réaliser !

Un synoptique de textes poignants : "On s'habitue à tout", « Le vent fou », par lesquels le jeune homme évoque son histoire entre bois, vents, cordes et percussions accentuant la crédibilité du phrasé. De la douleur il y est question, certes, mais pas que ! Le disque se veut positif. De l’espoir d’une reconstruction pour soi « A bientôt, renouveau », à celui de sa fille Héloïse pour qui il a composé « Berlin », après un voyage dans la ville allemande.

Une chose est certaine, lorsqu’il troque sa guitare pour le piano, Renan Luce dévoile et se dévoile sans pareil par le biais d’accents musicaux finement dispersés ici et là comme pour poser des balises et montrer le chemin aux couples qui se reconnaîtront dans ces histoires.

Et si comme le laisse fantasmer la plage titulaire « Au début », l’histoire se répétait ?

samedi, 17 août 2019 14:45

Les plus belles années d’une vie

Lelouch et Calogero s’étaient rencontrés sur le tournage du clip "Fondamental", traduit de l’album à succès, "Liberté chérie".

La magie opère et le premier propose au second de participer à la réalisation de la bande originale du film ‘Les plus belles années d'une vie’ (la suite de ‘Un homme et une femme’) en compagnie du regretté Francis Lai, compositeur et musicien français, spécialiste de musiques de films, de génériques et de chansons, tragiquement disparu le 7 novembre 2018.

Quatre compos sont déclinées en différentes versions (chantées ou acoustiques) dont l’excellent "Le moulin de la galette". Pour le reste, le disque n’a pas grand intérêt en soi si ce n’est de susciter un tantinet de curiosité.

Notons tout de même que le chanteur s’offre un duo plutôt réussi avec Nicole Croisille sur un titre éponyme. Celle qui accuse maintenant 82 piges éveille autant d’émoi sur cette composition de Didier Barbelivien que lorsqu’elle avait participé à l’habillage musical du premier volet, il y a maintenant 53 ans déjà.

Dans tous les cas, cet opus aura au moins permis à l’interprète du séculaire « En apesanteur » de s’approprier un nouveau terrain de chasse.

Et si la musique de films devenait clairement son nouveau fer de lance ?

Les jours se suivent et… décidemment, se ressemblent beaucoup à Ronquières… A la différence près que le soleil s’est invité. Shorts et t-shirts ont remisé au placard, pantalons et gilets.

A peine commencé, le festival se la joue déjà ‘star’ et déroule son tapis… vert (enfin, ce qu’il reste d’herbe) pour accueillir le peuple venu en masse se rincer les portugaises...

L’échafaudage mis en place pour étançonner le plan incliné n’a pas bougé ; de quoi rassurer les inquiets ! Il continue néanmoins de causer bien des tracas lors des déplacements entre les scènes, faut-il le répéter…

Le line up du jour est très riche. Eclectique aussi ! Du rock, du rap, de la pop, de la chanson française, du connu et du très connu. De quoi satisfaire le plus de mélomanes possibles.

Grandgeorge (et c’est un euphémisme) achève son set lorsque votre serviteur débarque enfin sur le site. 

Cet ancien ingénieur a préféré conserver sa gratte plutôt que son costume/cravate pour embrasser une nouvelle carrière.

C’est surtout « So Logical » qui lui a permis de se tailler un nom dans le milieu, se forgeant ainsi une véritable crédibilité.

Il s’était produit, ici en 2015, se rappelle-t-il, avant d’entamer un « So fine » qui démontre déjà toute sa capacité à torcher des mélodies imparables que ce soit au sein d’un univers acoustique ou contemporain.

Une black bien en chair assure le backing vocal soulignant impeccablement des sonorités pop et afro, tandis que Xavier Bouillon au clavier (qui militait notamment chez Lemon Straw), communique cette petite touche électro à l’ensemble...

Bref, une prestation chargée de bonne humeur communicative…

RO X Konoba prend le relais. Deux jeunes gaillards qui ne doivent pas avoir plus d’une vingtaine d’années, à tout casser !

Originaire de Wavre, Raphael Esterhazy est à l’origine du projet. Suite à une collaboration avec Olivier Rugi (le compositeur et producteur R.O), initiée en 2015 sur « On our Kness », et une aventure partagée lors du Sziget Festival, à Budapest, en 2017, les deux artistes décident de poursuivre cette coopération et publient « 10 », un elpee recelant (comme s’il était évident de le dire) dix chansons, dans dix pays différents, pendant une période de dix mois, Projet réalisé grâce à la générosité de la sphère internet. Merci qui ?

Le voyage commence par la Géorgie, ancienne république soviétique riche en villages caucasiens et plages qui bordent la mer Noire, à mi-chemin entre l'Europe et l'Asie. Un pays qu’il invite à visiter et que reflète « Till we get there », une ballade empreinte de nostalgie…

La paire d’as s’envole ensuite vers les Pays-Bas pour composer « I need you with me », un morceau à la fois rafraichissant et dansant.

En guise d’escale, la cover du « Rockstar » de Post Malone est bien difficile à distinguer, si ce n’est en prêtant une oreille plus qu’attentive. On est très loin de l’univers du rappeur et réalisateur artistique originaire de Dallas…

Ensuite, direction vers est l’Asie de l’Est, quelque part entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Pour un « I could be » sautillant, une compo particulièrement énergique. Besoin d’aide pour résoudre l’énigme ? Il s’agit du Japon bien sûr !

Bref, de la France à l’Australie, en passant par la Pologne et la Roumanie, le périple R.O et Konoba ressemble à une carte postale qui permet à l’auditoire de rêver les yeux ouverts…

En quittant ses invités, il se murmure que le clip de leur nouvelle chanson sera filmé dans l’enceinte du festival pas plus tard qu’en fin de journée. Mais motus et bouche cousue, les murs ont des oreilles…

Cheveux hirsutes, un petit bonhomme déboule à tribord : Adam Naas. Un Parisien qui s’est révélé en 2016, grâce à son titre « Fading Away ».

Malgré son côté rebelle, se cache un personnage sensible et touchant. Sa maîtrise de la voix, aussi bien dans les aigus que les graves est impressionnante.

Malheureusement ses frasques verbales ne plaisent pas nécessairement au plus grand nombre et surtout aux oreilles chastes. Pourquoi privilégier les propos salaces quand on a suffisamment de talent pour se faire remarquer ?

En tout cas, votre serviteur n’attend pas la réponse à la question posée : ‘Qui aime le cul ici parce qu’elle –en parlant de la jeune musicienne plantée derrière lui– ‘mane’ du cul tous les jours’…

Et si ces propos n’étaient que le pendant d’un traité philosophique ?

Pourtant souffrante (elle aurait chopé une gastro), Clara Luciani a réussi le pari de rester sur (la) les planche(s) (NDR : désolé pour le mauvais jeu de mots !)

Elle est manifestement heureuse de retrouver le sol belge. En s’adressant à leurs citoyens, elle déclare que sont les meilleurs, devant une foule en délire.

Après une tournée de plus de deux ans et au moins cent dates au compteur, Clara semble avoir envie de se livrer totalement et de profiter du moment présent, comme s’il s’agissait à la fois de la première et de la dernière de son périple...

Lorsqu’elle se met « Nue », la chanteuse dévoile (une partie seulement) de son intimité hors des projecteurs. Inutile de préciser que seuls les hommes prennent leur pied (mais pas leurs jambes à leur cou !)

Quelque part entre chanson française, rock sophistiqué et pop mélancolique, la Marseillaise d’origine n’improvise pas ; elle bouscule les conventions et défend ses idéaux en signant le combat d’une femme qui peine à trouver sa (juste) place, dans une société qui privilégie l’inégalité des sexes…

Sa voix grave et chaude est souvent comparée à la regrettée Nico (NDR : une véritable icône du rock qui assurait les vocaux sur le premier elpee du Velvet Underground) ou à Françoise Hardy, une identité vocale devenue aisément reconnaissable…

L’univers qui la hante surprend et nous offre une belle palette de sentiments, tantôt graveleux, tantôt atmosphériques. Avec ceux qu’elle admet bien vouloir partager le temps d’un soir avant que sa vulnérabilité ne la rattrape insidieusement comme conjuré par un sort indélébile.

« La dernière fois », limité au piano/voix souligne une courbe particulièrement déchirante, cette chanson s’immisçant dans une (de ses) rupture(s) amoureuse(s).

Direction « La baie », une reprise de « The Bay » de la clique à Joseph Mount (Metronomy). Un véritable travail de réappropriation artistique.

Elle martèle imparablement le refrain de « Grenade », une compo qui s’impose désormais comme un hymne révolutionnaire féministe par excellence. Une manière explosive de s’étendre et surprendre.

En filigrane de cette prestation, on discerne le combat d’une femme dans un monde encore dominé par les hommes à travers des textes incisifs et sexués qui, s’ils parviennent à émouvoir, voyager et danser, suscitent la réflexion sur l’égalité hommes/femmes.

Biberonné par Brel, Brassens ou encore Barbara, Eddy de Pretto a depuis le début ce pouvoir extraordinaire d’utiliser les mots pour fédérer et inviter l’auditeur à s’interroger sur le monde et toutes les vicissitudes de la vie.

L’espace scénique est très épuré. Comme l’individu ! Seul élément envahissant, une batterie, bien achalandée. Les fûts et les cymbales foisonnent...

Casquette vissée sur le crâne, Eddy entame son tour de chant par « Kid », titre qui fustige la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par le conservatisme sociétal. Le public connaît par cœur ce titre multi radiodiffusé.

Après s’est rendu quasi-coupable d’assurer sa dernière de l’été, « Jimmy » s’invite dans une playlist aléatoire sur « Ramdom » pour embrayer par « Mamère », une manière pour lui de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein : ‘Si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ souligne-t-il avec regret.

Si cette bande son, ressemblant davantage à un ‘best of’, ravit le plus grand nombre, elle frustre les plus exigeants qui regrettent la trop grande prévisibilité du show.

Alors que d’habitude, son ‘smart’, objet de toutes les convoitises, ne le quitte jamais, il semble s’y être désintéressé ce dimanche. Signe des temps qui changent ou est-ce dû à la distance tout simplement trop importante qui me sépare du podium ?

Quoiqu’il en soit, sa « Fête de Trop », sorte de quatrième de couverture, exorcise muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés. Si cette recette n’est pas à mettre entre les mains de n’importe qui, elle reste néanmoins taillée pour le live !

Bigflo et Oli commencent mal. Un problème technique s’est malencontreusement invité.

En attendant, les spectateurs peuvent contempler un plateau bien assorti. Au centre, un bâtiment couleurs pastel laisse apparaître deux grandes portes au-dessus desquelles est mentionné l'inscription ‘La vie de rêve’, un titre tiré de leur dernier opus.

Après dix bonnes minutes, émergent sur deux écrans géants latéraux, plusieurs personnalités, sur fond de conseils et de moralité. Que du beau monde ! De Jamel Debbouze à Will Smith, en passant par Michel Drucker et… Didier Deschamps. Moment choisi par la fosse pour copieusement huer le personnage pendant de nombreuses secondes, manifestement furieuse de ses choix tactiques, lors de la dernière coupe du monde de football...

Les lascars ont acquis une certaine célébrité chez nous en devenant jurés dans une célèbre émission de télé crochet.

Ils sont heureux de (re)venir en Belgique. Alors que les avis divergent pour connaître quelle est la meilleure ville belge, l’hymne improvisé ‘Quand on vient en Belgique, tout est magique’, vient semer le doute quant aux lieux les plus accueillants. Liège, Namur ou Bruxelles ? Mons se positionne en outsider. 

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », tornade musicale, devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence...

Fumigènes et feux de Bengale éclatent dès les premières notes de « Nous aussi 2 », mettant en lumière un show qui visiblement sera grandiose.

Tandis qu’« Alors alors » confirme ô combien, loin des clichés du genre, le discours du combo est authentique, « Bienvenue chez moi » éloigne les frangins du prisme critique et de la provocation à tout prix.

De la famille, il en sera évidemment question tout au long de ce « Papa », qui symbolise chez eux la loi, l'ordre, le guide, le pôle complémentaire à la fonction maternelle, mais surtout celui qui a toujours été là malgré tout, son pilier... C’est alors que des images de leur passé défilent retraçant l’échelle du temps d’une courte, mais intense vie.

Ersatz d’essai philosophique « Plus tard », leur ouvrira les yeux sur le monde qui les entoure en se plongeant dans l’enfance. C’est un truisme, mais le futur, n’est-ce pas ce qui est à venir ? Et l’avenir, qu’est-ce donc, sinon ce qui se produira ? C’est tellement évident !

« Sur la lune » dévoile une autre facette de leur personnalité, plus fragile, sous forme de bilan à la lueur de plusieurs dizaines de milliers de smartphones.

Après s’être exercés à battre le record du monde de rapidité dans le rap, « Dommage » rappelle combien il est important de réaliser ses rêves : ‘Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets’.

Et si les deux avaient enfin découvert le secret de « La vie de rêve » ?

A 22 heures, la pénombre s’est invitée aux côtés de Hooverphonic.

Le duo formé par Alex Callier et Raymond Geerts a donc déniché une nouvelle chanteuse. Elle s’appelle Luka Cruysberghs. Elle a remporté la version flamande de The Voice.

Celle qui pourrait être leur fille (leur petite fille ??), apparaît toute menue. Timide, elle succède à Noémie Wolfs, qui s’est barrée en 2015. Ce n’est pas la première fois que le tandem rencontre ce problème. Mais comment garder un navire à flots lorsqu’on change si souvent de figure de proue ? Faudrait peut-être demander à Esther Lybeert, Liesje Sadonius, Kyoko Baertsoen ou encore Geike Arnaert…

« 2 Wicky » ouvre les hostilités. Imprimé à contretemps, le drumming est assuré par un batteur plutôt grassouillet. Morceau sympa, mais un peu mou du genou pour une entrée en matière…

Luka est en retrait et éprouve des difficultés à appréhender les milliers d’yeux jetés sur elle, telle une proie…

Ce n’est qu’à partir d’« Eden » (NDR : non, non, pas Hazard !) et son mode down tempo que la donzelle exploitera au mieux son potentiel vocal.

Passant d’une cape noire à une jolie robe rouge sexy, « Vinegar&salt » démontre toute la faculté d’adaptation chez ce petit bout de femme.

Pas question de querelle linguistique ou politique chez Hooverphonic. Issu du Nord de la Begique, il se porte volontiers porte-drapeau d’un pays tout entier, peu importe la langue dans laquelle on s’exprime. Un peu ‘bateau’, certes, mais qui fait mouche auprès des festivaliers.

Les refrains entêtants de « Hiding in a song » et « Mad About You » alimentent des excellentes compos qui et mettent en exergue le degré d’exigence des fondateurs.

Les langues de Voltaire et de Shakespeare s’opposent ensuite lors d’un superbe « Badaboum » aux relents électro pop.

Enfin, quoi de mieux pour terminer un show par « Amalfi », pour Hooverphonic ? Un titre composé par Alex Callier pour sa femme en hommage à la Commune du même nom située dans la province de Salerne, dans la région de Campanie, en Italie.

Le clou du spectacle se joue à tribord ! Dire que dans quelques heures, il n’y aura plus âme qui vive. Tout ce beau monde sera rentré sagement chez lui, des rêves et de jolis souvenirs en tête…

A 23 heures pétantes, Zazie apparaît sous un rideau tantôt rouge, tantôt bleu. Les lights se chargeant d’en changer régulièrement…

Elle est en quelque sorte une habituée des lieux. Elle était déjà à l’affiche, il y a trois ans déjà…

L’ambiance est électrique. La chanteuse se démène pour faire vivre sa passion aux quelques 48 000 festivaliers qui se sont pressés pour entendre celle qui a eu le cul posé le fauteuil rouge de ‘The Voice’ version française.

Grande et élancée, la belle n’a pas pris une ride. Ses compos virevoltent, frétillent et percutent…

Le son est plutôt rock et brut. Parfois un zeste d’électro communique un sentiment de mélancolie douce. La setlist alterne entre anciens succès et nouvelles chansons. De quoi clouer le bec aux critiques les plus acerbes qui affirment que son écriture n’est plus aussi irréprochable et qu’elle aurait perdu de sa qualité au fil du temps.

Même s’il fait bien admettre que la courbe de sa carrière est irrégulière, ces allégations sont bien évidemment fausses…

Preuve en est qu’après plus de 25 années de parcours riche en succès et plus de trois millions d’albums vendus, Isabelle Marie-Anne de Truchis de Varennes parvient encore à surprendre et à se tailler une place de choix dans un univers où les jeunes ont pourtant les dents longues…

La chanteuse a quand même la bonne idée de ne pas négliger les standards de son répertoire, à l’instar de « Rue de la Paix », pour chauffer l’ambiance au sein d’un public de plus en plus enthousiaste.

Sa voix éraillée s’étend sur des kilomètres lorsqu’elle interprète « Nos âmes sont » issu de « Essenciel », un titre qui lui vaut de s’extirper d’une zone de confort relative.

Incisif plus que jamais, « J’étais là », dénonce les travers de la société actuelle...

Ses textes reflètent une expérience vécue et posent un regard introspectif pour s’enrichir d’un vent libérateur de créativité, sans emprunter une prose exagérément égoïste.

Le spectacle est populaire, mais parfaitement huilé, efficace et nerveux. Pas de doute, Isa est une vraie baroudeuse dans le domaine.

Grâce à une grande maîtrise dans la voix, la bourgeoise s’embourgeoise et s’imprègne d’une culture continue, simple et chaleureuse. Humaine, « Zen » et sans « Larsen ».

Une artiste parfois excessive dans ses propos, mais qui mérite vraiment que l’on s’y intéresse…

Il est près de minuit déjà. La fin du concert est annoncée à minuit trente. Dilemme cruel. Rester ou partir ? Ou comment faire le choix entre la raison et la passion…

La première option sera celle qui sera retenue. Non mais, se glisser dans son lit à deux heures du mat’ et se lever 4 heures plus tard, vous y parvenez, vous ? Moi pas !

Le festival de Ronquières aura tenu toutes ses promettes. Une organisation de qualité, familiale et à taille humaine.

Et si demain, ces superlatifs disparaissaient ?

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Ronquières Festival)

Circus Cafe + Ykons + Novastar + Grandgeorge + Ro X Konoba + Adam Nass + Clara Luciani + Eddy de Pretto + Eagle-Eye Cherry + Bigflo&Oli + Hooverphonic + Zazie + Daddy K

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