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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

samedi, 02 mars 2019 17:29

Narcose

Derrière RIVE, se cachent Juliette & Kévin. Amis dans la vie, ils sont unis par un lien quasi-ombilical entre complicité et complémentarité artistique.

Elle incarne le côté ouaté de la formation. Une voix chaude et sensuelle qui procure à l’ensemble quelque chose de très mélodieux. Lui apporte la subtilité un brin tribale avec cette rythmique précise qui devient vite entêtante.

Leur histoire pourrait s’inspirer d’un conte de fées. Formé en 2015, le combo remporte douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ l’année suivante. Le premier Ep « Vermillon », paru en 2017, est salué par la critique.

Si les compos éléctro/pop fleurissent au sein du paysage musical comme les jonquilles fleurissent au soleil, « Narcose », premier elpee, parvient à se démarquer brillamment de la masse. Il est particulièrement réussi.

Fait plutôt rare, l’univers sulfureux, singulier et enchanteur, puissant, émouvant et attachant, emmène celui qui prête une oreille attentive vers de grands espaces de liberté orgasmiques. D’une belle subtilité, les sonorités se chargent d’émotion à chaque écoute.

L’expression graphique ensuite. Le clip de « Vogue » comptabilise plus de 115 000 vues sur la plate-forme Vimeo et a créé la surprise dans différents festivals internationaux. « Justice » connaîtra un sort identique. Sans oublier l’artwork qui subjugue…

L’équipe du Temple Caché s’est d’ailleurs à nouveau penchée sur « Fauve », premier single, tout aussi léché dans l’esthétique, pour lequel la technique de la 3D a été utilisée afin de plonger le téléspectateur dans les années 80 à travers cette histoire iconoclaste d’un couple d’humanoïdes, survivant de l'apocalypse, qui tente de s'aimer à tout prix.

Les compositions sont limpides et plutôt simples dans la structure couplet/refrain, ce qui n’en fait pas pour autant un terrain critiquable. Ce qui les différencie vraiment de leur homologue, c’est l’absence de simplisme ; là où certains se seraient contentés d’une zone de confort, le combo bruxellois s’approprie des chansons qui vont crescendo pour maintenir la pression et finissent par exploser joyeusement à la tronche façon arc-en-ciel, à l’instar du titre maître.

A l’instar de « Filles », les thématiques féministes (parfois un peu poussives, mais on leur pardonnera) se réfèrent évidemment à cette nouvelle vague de protestation des femmes qui gronde en ce moment, lorsqu’elles n’évoquent pas la nostalgie de l’adolescence parti en « Croisades » ou encore l’amour éternel « Infini ».

La lettre comme toujours est ciselée pour mieux narrer tantôt le quotidien de tout un chacun, tantôt un imaginaire aux accents surréalistes conférant à cet opus un pouvoir surnaturel qui emmène naturellement l’auditeur vers des cieux infinis.

Le grain vocal de miss Bossé est contemplatif, doux et sucré. Il salive de tendresse, de douceur, de réconfort et s’émancipe de toute forme de mélancolie. Le jeu très subtil de son comparse épouse ces courbes immaculées de mystères et apporte une brise fraîche qui sent bon l’été tout proche.

Superbe !

dimanche, 24 février 2019 10:53

Elémentaire mon cher Watson !

Repérée en concert au printemps 2018 par Sanit Mils Records, BLEU REINE s’est révélé, pour la première fois sur internet, grâce à une reprise franco-allemande de Kraftwerk.

Quelques partages YouTube plus tard, la guitariste et chanteuse Léa Lotz sort un peu plus de l’ombre et dévoile le titre original « Les Yeux fermés », hommage romantico-folk au Cabinet du Dr Caligari (R. Wiene).

Ce single accompagné d’un clip tourné entièrement en analogique plante le décor du premier EP de BLEU REINE « Élémentaire » : personnages ambigus, équilibre fragile entre obscurité et lumière, choix de la langue française pour dessiner les contours de cet univers étrangement familier.

A mesure des concerts (Cimetière du Père-Lachaise, Le Motel, Les Trois Baudets, La Dame de Canton), BLEU REINE prend forme au contact de son public parisien.

Seule en guitare-voix, maîtresse de cérémonie invitant ses musiciens fétiches pour créer des formats (de moins en moins) éphémères et (de plus en plus) électriques, l’artiste de 27 ans défend ses chansons et maintient le cap d’une musique folk de tradition franco-britannique, teintée de grunge, traversée par la fièvre.

Introspectif, corrosif, émaillé à la fois de douceur mélancolique et de violence sourde, ce disque est fait pour être appréhendé comme un Polaroïd sonore : il offre une matière riche mais aussi brute que possible, offrant les indices clés de 27 ans de vie en 27 minutes.

Un extrait ici

 

 

dimanche, 24 février 2019 10:51

Aucun doute, Marianne fédère !

Du swing à l’électro, en passant par la samba et le jazz manouche, Marianne Feder ne souhaite pas se laisser enfermer dans des petits tiroirs dorés où la chanson ne serait qu’une histoire de style.

Avec « L’hiver des poètes », elle revient avec un troisième album pétillant, à la fois poétique et urbain, où les textes raffinés glissent subtilement sur des compositions personnelles, mais aussi sur les belles mélodies du grand guitariste de jazz Romane (Thomas Dutronc, Jil Caplan, le Trio Rosenberg…) avec qui elle a co-écrit en partie ce nouvel opus.

On retrouve également sur cet LP son ami de toujours Alexis HK pour un nouveau duo intimiste « L’amour est une danse », ainsi que l’accordéoniste Michel Macias ou encore le chanteur de jazz Yves Carini.

La réalisation à la fois nerveuse et fine de SOAP, artiste électro associé au collectif Chinese Man, communique à ses chansons une modernité et des sonorités proches des musiques actuelles.

Avec une question qui habillera tout le processus de création musicale : ‘Où est la place pour la poésie dans cette société actuelle survoltée, sans arrêt mouvante, où nous n’avons plus le temps de ressentir ni de contempler la beauté profonde du monde ?’

Sortie de l’album « L’hiver des poètes » le 17 mai 2019, distribué par Modulor

Un extrait ici afin de vous plonger dans l’univers de Feder.

 

dimanche, 24 février 2019 10:50

Le « V » vous pour Thomas Brenneck !

L’influent groupe instrumental du producteur et guitariste Thomas Brenneck (Charles Bradley, Amy Winehouse) revient avec un cinquième album qui risque de faire des ravages, plus de 4 ans après avoir publié « Burnt Offering ».

Si l’on retrouve les contours afro-soul et les rythmiques éthiopiennes propres à sa recette psychédélique, ce nouvel effort s'annonce comme le plus rock de sa discographie.  

D’après Tom Brenneck, « V » est la représentation la plus fidèle de ce qu’est le Budos Band.

Une partie de ce mélange harmonieux résulte de la phase de mixage de l’album, moment salutaire pour les deux cerveaux de la House of Soul, Brenneck et Roth (aka Bosco Mann), après les récentes tragédies vécues par le label new-yorkais (les disparitions de Charles Bradley et Sharon Jones).

Ce cinquième enregistrement marque une période de transition pour les Budos : Brenneck et Tankel ont tous deux déménagé en Californie après la sortie de « Burnt Offering », les obligeant à repenser leur manière de travailler, le reste du groupe étant resté à New-York.

Après son départ vers la côte Ouest, Tom Brenneck n’a pas masqué son inquiétude quant à l’avenir du groupe, la distance ayant été un véritable obstacle à la création. Il est aujourd’hui plus que jamais fier de la naissance de ce cinquième elpee, venant dissiper toutes ses craintes.

Depuis ses débuts à Staten Island, deux décennies se sont écoulées ; des performances live réputées sur quatre continents. Et un son plus que jamais inclassable qui navigue entre Afrobeat, Éthio-jazz, Proto-metal et Afro-soul… 

Un extrait est disponible ici

 

Au lendemain de sa récompense aux Victoires de la musique pour ‘La chanson originale de l’année’ grâce au titre « Je me dis que toi aussi », Boulevard des airs dévoile son troisième single, « Allez reste », un titre au cours duquel, Vianney vient chanter en duo. Vivre le moment présent, retenir le temps, les odeurs, les images et les heures de bonheur.

A travers cette chanson, le groupe aborde le thème de la mémoire, des souvenirs qu'on fabrique, de ceux qu'on veut garder, et de ceux qui s'envolent.

Irrémédiablement, avec le temps et parfois la maladie, la mémoire, surprenante, précise, souvent feignante et sélective se rappelle de choses étranges et un beau jour tout se mélange.

Ce jour-là, bienveillant, on implore encore un peu sa tête, allez reste, allez reste encore un peu. Et de sourire, aux souvenirs.

Pour le clip, c’est ici

https://www.youtube.com/watch?v=kkOPeQXcV4Y

 

dimanche, 24 février 2019 10:33

Pourquoi priver Framix des rayons du soleil ?

Un an à peine après avoir gravé son single Stronger, le musicien touche-à-tout Framix est de retour avec deux singles pleins d’énergie et un clip qui s’envole : « Deprived of the Rays Of the Sun » !

Accompagné de deux chanteuses gospel : Ivy et Kris, Framix décline une fois de plus son univers en le poussant vers un americana bien personnel, une musique country rurale et vivifiante enregistrée à l’ancienne et avec beaucoup de soin.

Comme d’habitude, Framix nous livre un clip DIY où pour la circonstance, une voiture de rêve s’envole - forme d’échappatoire au blues du narrateur, à la réalité du quotidien.

« Deprived of the Rays of the Sun », qui se traduit par ‘privé des rayons du soleil’, peut illustrer le jeu de cache-cache de la lumière qui parfois nous illumine et parfois nous oublie.

Framix assume son grand écart entre le sud des Etats-Unis où l’artiste a plongé ses racines et une France d’inspiration yé-yé.

Le second titre « Je m’en Fiche » est une revendication plus sociale où le chanteur clame en musique sa volonté viscérale d’éviter les masses en empruntant les chemins de traverse.

Lassé de l'hiver et en manque de soleil ? Il est temps de s'envoler avec Framix et son clip fait maison de "Deprived of the Rays of The Sun".

Pour découvrir le clip de "Deprived of the Rays of the Sun", c’est ici

 

 

 

dimanche, 24 février 2019 10:31

Epsylon, toujours plus haut…

« Astronaute », c’est le titre du 5ème album studio d’Epsylon.

C’est aussi la marche d’une force tranquille pour une carrière exemplaire sans esclandre ni tapage.

Un nouvel opus qui confirme le statut d’artisan de ce groupe respecté du rock celtique où il a trouvé une place singulière et unique.

Depuis 12 ans déjà, il progresse inexorablement vers les étoiles, sans avoir peur des remises en cause, avec de nouveaux musiciens, de nouveaux défis, une inspiration et une maîtrise du son toujours renouvelées.

« Astronaute », un nouvel album pour viser toujours plus juste et toujours plus haut.

Pour visionner le clip « C’est plus le paradis » feat. Melismell, c’est ici

 

 

vendredi, 22 février 2019 17:58

Chant libre

Ces véritables activistes de la chanson française comptent, en moyenne, plus de vingt années de carrière musicale. Ce qui n’a pas empêché Guizmo (Tryo), Gari (Massilia Sound System), Mourad (La Rue Ketanou), Danielito (Tryo), Gerome, Erwann et Fred (Le Pied de la Pompe), Alee, DJ Ordoeuvre, Max (Le P'tit son) et Syrano de participer au projet Collectif 13, dont le deuxième elpee propose quinze titres qui décoiffent…

« Chant libre » est une ode à la joie et au bonheur de vivre ensemble avec en point de mire l’autodérision sur fond de modernité !

Mais si les compos sont parfois puissantes et incisives (« Trumperie ») ou aussi légères et drôles, elles s’éloignent des pamphlets philosophiques ; pas besoin d’ailleurs de prêter une oreille nécessairement très attentive pour cerner le sens des chansons. Tout au plus, sait-on que l’humain reste au centre des débats (« Collègues », « Mon frère »).

Globalement le prisme d’action niche essentiellement au sein d’une narration contemplative de la société et de ses travers contemporains (« Réseaux »). Le ton est vindicatif à souhait et décrit toute la complexité de l’Homo sapiens.

Depuis le dansant « Collègues » à la ballade faussement sautillante « Il arrive », en passant par le reggae cuivré « Rien à foutre » et un « Last black Friday » découpé dans des guitares cinglantes, les compositions bénéficient, dans leur ensemble, d’une belle palette de sons et d’arrangements colorés…

Si ce disque ne doit pas être perçu comme celui que l’on retiendra nécessairement une fois l’été passé, il doit tout de même s’écouter pleinement et souffler le chaud jusqu’à enflammer !

dimanche, 17 février 2019 11:28

Une forme d’onirisme difficile à décrire…

Située sur la rivière de la Dendre, la ville de Lessines est principalement connue pour avoir vu naître le célèbre peintre surréaliste René Magritte, à la fin du XIXème siècle.

Naturel donc d’y ériger un centre culturel dédié à sa gloire ! Un lieu hautement symbolique au sein duquel de nombreux artistes s’y sont d’ailleurs produits.

En ce dimanche de février, c’est Jasper Steverlinck qui s’y colle. Son nom est évidemment associé à celui d’Arid, formation belge qui a connu la gloire, notamment après avoir gravé l’excellentissime « Little Things of Venom ».

Le groupe a suspendu son aventure, dès 2012, en partie à cause de ce succès. Il semblerait d’ailleurs que cette parenthèse se soit définitivement fermée…

Deux ans plus tard, il publie un album de reprises. Intitulé « Songs of Innocence », il est accueilli favorablement tant par la critique que par le public, dans la partie néerlandophone du pays. Un disque sur lequel figure la version truculente du « Life on mars » de Bowie…

La salle est de taille moyenne. Et c’est tant mieux. Elle permet d’être en contact direct avec la scène. Ce sentiment de proximité exalte.

Plutôt douce et feutrée, la musicalité et l’univers de porcelaine façonné par celui dont la voix haute perchée est gracieusement comparée à Jeff Buckley ou encore Freddie Mercury (NDR : il réfute cependant cette dernière affirmation) et se prête donc favorablement à l’environnement.

Il est venu défendre les couleurs de « Night Prayer », un disque exclusivement concentré sur l'écriture, dans sa forme la plus pure et la plus directe, procurant à l’ensemble un tissu mélancolique intemporel et voluptueux grâce à sa technique d’enregistrement live.

Le rendu émotionnel libéré par les compos transcende.

Pourtant, au-delà de la pression et des doutes, il a failli ne jamais voir le jour pour des différents qui l’ont opposé à sa direction artistique, au grand dam de son entourage professionnel il va sans dire.

Dimanche oblige, le concert est avancé à 18 heures. Le parterre est complet. Il s’agit de la deuxième date consécutive, la première ayant été décrétée sold out fort rapidement. Le public est plutôt mature, constitué essentiellement de quinquas masculins et néerlandophones.

A l’heure dite, sous un rideau de lumières tamisées, Jasper pose délicatement ses doigts sur les touches d’ivoire pour entamer en piano-voix un « Sad reminders » sur un ton aussi chaleureux que les rayons de soleil printaniers qui frappent à nos portes depuis quelques jours.

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; une lumière d’une chaude fausse blancheur met en exergue ses principaux acteurs sans aucun autre artifice.

C’est à la gratte électrique et accompagné d’un pianiste qu’il chantonne un « So far away from me » du feu de Dieu qui dévoile encore une facette inattendue de son répertoire. C’est joliment interprété.

Les doigts glissent agilement sur le manche plus qu’ils ne s’agitent. Les mélomanes se sentent soudainement petits face à son talent.

Il faudra attendre « Our love got lost » pour voir apparaître les cordes (trois violons et un violoncelle) qui procurent à l’ensemble une texture sonore moelleuse et sucrée mettant davantage de relief à une prestation qui ne laisse pas pourtant indifférent dans sa version minimaliste.

Steverlinck est heureux d’annoncer que « Colour me blind », est joué en primeur. Peut-être s’agit-il d’un test grandeur nature... Nul ne le saura !

Quoiqu’il en soit, le public semble apprécier. Les yeux pétillent de bonheur. Les rares couples se rapprochent, se blottissent et de doux baisers s’échangent intimement dans la pénombre artificielle.

Cette musique fait un bien fou ! Elle s’élance vers de grands espaces de liberté sans s’essouffler. Elle ranime de vieux feux sacrés et s’élance brusquement vers une forme d’onirisme difficile à décrire…

Après un « That’s not how dreams are made » particulièrement émouvant, le singer s’attaque de front à « One thing I can’t erase » qui pourrait, selon lui, faire l’objet d’une matière première pour un prochain disque. 

Plutôt réussi, ce single s’inscrit parfaitement dans la lignée de sa culture. De quoi faire saliver les plus envieux.

Pourtant d’une qualité exceptionnelle, le show restera quelque peu subversif, le Gantois d’origine s’essayant certes dans une zone de confort qui lui va comme un gant, mais qui étreinte un chouïa sa qualité sur la durée.

Quoiqu’il en soit, les spectateurs observent, retiennent leur souffle, contemplent le temps qui passe et goûtent cet élixir d’exception dont le flot traverse sans crier gare les âges et les générations.

S’exprimant dans un français correct (mais parfois un peu hésitant), l’homme n’oubliera pas de parsemer son set de réflexions teintées d’un humour décapant, arrachant ci et là quand même quelques petits sourires timides au sein de l’auditoire.

Le set s’achève (forcément) par un « Night prayer » criant de vérité pour rebondir à peine deux minutes plus tard en guise de rappel par une reprise d’« Ice queen » du groupe néerlandais de métal symphonique Within Temptation. Pas étonnant quand on sait que les charmes de sa chanteuse, Sharon den Adel, n’ont pas laissé indifférent notre hôte d’un soir… Mais ne le dites pas, les murs ont des oreilles paraît-il !

Les cordes s’effacent ensuite doucement comme elles sont apparues après un « Open your heart » ouaté dans un écrin de beauté.

Le pianiste emboîtera le pas par « Fall in light », avant de laisser la place au maître des lieux, seul aux commandes, pour interpréter un magistral « On this day ».

Une heure trente durant laquelle Jasper Steverlinck a pu nous faire oublier le regretté Arid… ce qui constitue en soit déjà un miracle…

(Organisation CC René Magritte)

mercredi, 30 janvier 2019 11:09

Chimie vivante

Féloche ? Cet artiste vous est complètement inconnu ? Pourtant tout bébé déjà, il prêtait sa voix au gimmick ‘boom tschak’, le générique de ‘La Grande Famille’ sur Canal Plus.

Au-delà de cette parenthèse infantile, initiée du reste par feu son paternel et compositeur Hugues Le Bars, surtout connu pour ses collaborations avec Béjart, Félix, à l’état civil, connaît un succès d’estime en 2010 suite à son passage aux Francos et au titre évolutionnaire « Darwin avait raison » issu de « La Vie cajun ».

Entre électro (« Crocodiles ») et accents populaires (« Combien y a-t-il ? »), « Chimie vivante » s’avère particulièrement varié.

D’emblée, ce troisième elpee disque divise autant qu’il pose question. Un concept qui mêle thématiques telles que l’enfance, la mémoire ou encore la passion de vivre ; mais traitées sous une angulaire fantasque et jubilatoire, il peut a priori paraître original et mérite que l’on s’y attarde.

La prise de risques est osée et tellement rare dans le métier qu’il faut l’encourager et l’applaudir des deux mains. Malheureusement si l’objectif final se veut burlesque au sens noble du terme, il finit par devenir presque absurde et ridicule. Au fond, n’est pas saltimbanque qui veut !

Faussement drôles, les compositions tiennent plus à l’affabulation qu’à l’espièglerie et manquent cruellement d’éléments constructifs : pas de relief et aucune âme à l’instar de la plage d’ouverture « Le Miroir », dont la narration au ras des pâquerettes s’étiole maladroitement dès les premières notes...

Paru chez Silbo Records, label qu'il a créé pour l'occasion, le format contient objectivement une bonne dose d’implication, de la passion, de la compassion (« Capucine »), de l’investissement, de l’amour et une bonne dose d’originalité (de la mandoline mêlée à d’autre sonorités, par exemple), mais s’enfonce au cœur de domaines gentiment saugrenus comme dans « P’tite tête » dominé par le rap. Ce sont des qualités indéniables !

Là où le bât blesse, c’est le manque cruel d’humanité qui s’en dégage. L’auteur semble s’amuser plus qu’il n’amuse et l’écoute devient d’une passivité rapidement malsaine et malodorante. Car oui, n’en déplaise aux puristes, ça pue l’ennui !
Résultat, sa chimie n’a vraiment rien de vivante et serait plutôt soporifère…

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