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Live Long day

crit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 29 aot 2012
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Willie McBlind
Blues/Roots
Freenote / Frank Roszak Productions

Willie McBlind n'est pas le nom d'un artiste mais bien le patronyme d’un blues band, un quartet qui réunit la chanteuse Meredith ‘Babe’ Borden, le guitariste Jon Catler, le bassiste Mat Fieldes et le drummer Lorne Watson. Ces musiciens souhaitent faire revivre les légendes du Delta blues primaire ; celui de Charley Patton, Blind Willie Johnson ou encore Fred McDowell, tout en adoptant leurs propres arrangements. Et le résultat est plutôt original. Ces New-Yorkais puisent des tonalités intermédiaires dans la gamme musicale classique pour dispenser ce qu'ils appellent du ‘blues harmonique’. Le spécialiste de ces expérimentations ? Le gratteur Catler. Il n’hésite ainsi pas à se servir des techniques à 64 tonalités ou plus modestement à 12 tonalités. En outre, la voix de Babe relève facilement le défi, puisqu'elle s'étend sur trois octaves!

La formation comptait déjà deux opus à son actif, "Find my way back home" publié en 2007 et "Bad thing", en 2009. Pour enregistrer ce troisième essai, elle a choisi un thème : le train. Un elpee qui recèle neuf compositions personnelles et une seule reprise.

Le chef de gare annonce l’arrivée du convoi. "Sittin' in the train station" est imprimé sur un rythme vif. La voix de Babe est secondée par celle de Catler. La guitare nous interpelle. Le son est singulier, légèrement déjanté mais entièrement sous contrôle. "Living long day" embraie sur un mid tempo. Les deux voix dominent à  nouveau le sujet ; mais dès qu’elles libèrent un espace, les cordes se mettent à cracher le feu! "Anywhere" est une excellente composition. La combinaison des vocaux me rappellent les prémices du Jefferson Airplane ; en outre les cordes affichent une créativité acide digne de Jorma Kaukonen. Blues presque classiques, "Slow moving train" et "One thing" se distinguent par la performance vocale de Babe qui couvre les fameux trois octaves. "Mighty long time" nous entraîne dans un voyage psychédélique, un blues qui circule à une cadence hypnotique. "Down the road" est un country blues classique. Une seule cover, la lecture toute personnelle du "Love in vain" de Robert Johnson. Boogie (NDR : of course !), "Boogie train" conjugue impeccablement cordes électriques et acoustiques ; et lorsqu’elles se mettent à délirer, on est totalement conquis. "The train that never came" clôt le long playing est une compo de 13’ qui s’ouvre sous une forme surannée, avant de glisser vers un très long interlude consacré à la musique contemporaine. De quoi étonner, mais aussi peut-être décourager le mélomane lambda.

Cet album dépasse largement le cadre du blues. Primitif, il est ouvert à des tas de styles différents, comme le rock, le jazz (Coltrane ?), le psychédélisme et la musique indienne. Une œuvre complexe, étonnante, à écouter et à réécouter, mais bien sûr aussi, un groupe à suivre…

 





 
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