² MusicZine - Actualit� musicale - Un spectacle mmorable

1982

Liima
Pop/Rock
City Slang / Konkurrent
Comment rebondir ...Lire la suite...

Rdition du premier album dAllez Allez

Après être remonté sur scène, Allez ...Lire la suite...

Un spectacle mmorable

crit par Stphane Reignier - samedi, 10 mars 2018
Image
Big Flo & Oli
Palais 12
Bruxelles
10-03-2018

Ce samedi 10 mars, Big Flo et Oli débarquaient sur le sol belge (NDR : et ce n’est pas une première), afin d’y présenter ce qui reste un des meilleurs albums de l’année 2017, dans la catégorie hip-hop/rap, « La Vraie Vie ».
Les Toulousains font escale au Palais 12. La capacité maximale de cette salle, située sur le site du Heysel, est de 15 000 places. Elle constitue un des plus importants lieux de spectacles de la capitale européenne, après Forest National (7 400) et après le stade Roi Baudouin (50 000).
Votre serviteur a découvert ce tandem, dans le cadre du festival de Ronquières, en 2017. Une jolie surprise ! Les gamins avaient épaté la galerie, par ailleurs très hétéroclite, en ciselant des mots pour les traduire en textes ravageurs, sans être rageurs, à la manière de grands chanteurs de ce monde !
Ils puisent leurs sources à travers le quotidien. Le leur et celui des proches. Ils construisent un monde, sans être moralisateur à outrance.
Florian José (Big Flo) et Olivio Laurentino Ordonez (Oli), à l’état civil, ont très tôt voué une passion immodérée pour la musique. Nés d’un père chanteur de salsa, ils commencent à rapper sur un titre de Sully Selfi, « J’voulais », dès l’âge de 6 ans.
Ils recevront, dès l’enfance une solide formation musicale. Olivio étudie la trompette et Florian la batterie, au conservatoire de Toulouse.
Assez vite, ils se taillent une place de choix dans le milieu. Intitulé « La Cour des grands », le premier elpee est certifié disque d'or en 2015 alors qu’ils n’affichent respectivement que 22 et 19 printemps.
En janvier 2018, le duo est nominé dans deux catégories des Victoires de la Musique, ‘Album de musiques urbaines’ et ‘Chanson originale’, grâce au titre « Dommage ».

Le supporting act est assuré par Daddy K, DJ bien connu dans les milieux branchés de la nuit. Censé chauffer l’auditoire, son set d’une bonne demi-heure va complètement manquer sa cible : il est tiré en longueur. Trop, c’est trop !

Lorsque les premiers (vrais) sons envahissent l’arène, il est quasi 20 heures 30. Des écrans géants sont disposés de part et d’autre de la main stage, elle-même cachée par de grands rideaux.

Inutile de dire que la salle bruxelloise est pleine à craquer. Le public est plutôt jeune. Faut dire qu’on touche à un genre musical que seuls les moins de vingt ans peuvent connaître.

En se basant sur le principe de la ‘Draw my life’, les compères s’amusent à brosser en images animées le parcours (parfois tumultueux) de leur vie avant de laisser tomber le tissu sur un décor constitué de deux tours placées aux extrémités de l’estrade, le tout auréolé d’une jolie couleur rosée, style provençale.

Le show commence alors par la plage titulaire du nouvel LP « La vraie vie », qui raconte la pression ressentie lors de son écriture. Il tacle au passage Orelsan : ‘Dans ce milieu j'ai été très déçu, j'te l'dis tout d'suite, Comme la fois où Orelsan nous a refusé l'feat, Pourtant il sait combien on l'aime, Allez, sans rancune, mais un peu quand même’

Les frangins prennent un plaisir fou à s’exhiber devant un parterre plus qu’enthousiaste alors qu’ils se rappellent avec humour qu’il y a encore quelque temps, à Liège, le public se comptait sur les doigts d’une seule main.

Accompagnés par un violoncelliste/bassiste, un pianiste/guitariste et un DJ, les acolytes continuent leur tour de chant en alternant morceaux récents, comme « La vie normale », et plus anciens, dont « Gangsta », un de leurs premiers vrais tubes.

La « Salope » rend hommage à toutes celles qui exercent le plus vieux métier du monde.

Le show est truffé d’humour et d’autodérision. Les (fausses) injures fusent de toutes parts. Le shifumi –jeu effectué à l’aide des mains au cours duquel les deux joueurs choisissent simultanément un des trois coups possibles en le symbolisant de la paluche, par pierre, feuille ou ciseaux– constitue le point d’orgue. Big Flo en ressort vainqueur par KO.

Et histoire de rendre un peu plus dramatique encore cette battle verbale, les deux lascars ont enfilé un peignoir déniché aux friches.

Autre belle surprise, lorsque sur les premières notes de « Papa », le padré himself grimpe d’un pas décidé les planches, bonnet vissé sur la tête, afin d’accompagner les fistons sous un tonnerre d’applaudissements. Et c’est les yeux embués d’émotion, que le sexagénaire vide les lieux, toujours autant étonné par tant de complaisance.

Le combo prend ensuite place autour d’une table ronde, histoire de se poser un peu. Les musiciens viennent les rejoindre. Un serveur débarque plateau en main et leur sert ce qui semble être du jus de fruit. Les plaisanteries tombent comme pommes à l’automne. Le temps s’arrête quelques minutes. La respiration haletante manifestée depuis le début s’estompe peu à peu, avant de redevenir à la quasi-normale.

Mais, de courte durée, cette parenthèse s’achève par un « Jump » totalement déhanché où le binôme s’acharne à transformer le peuple en marionnette collective, l’invitant à exécuter quelques pas à droite, à gauche, devant et derrière avant se s’accroupir et de se relever à maintes reprises. Autant dire que les lombaires des quinquas s’en souviendront !

Le concert touche doucement à sa fin. Dans une ambiance feutrée, Big Flo se couche sur un banc pour interpréter un magnifique « Autre part », inspiré de sa propre histoire et de son envie d’en finir avec la vie.

Wawad, ami de longue date et champion de beatbox, monte sur les planches,  à son tour. Son talent est certes impressionnant, mais cette prestation s’éternise à nouveau et le parterre finit par se lasser. Dommage !

Un spectateur est ensuite choisi par les artistes afin de pousser la chansonnette sur la partie la plus rapide de « Ca va trop vite » et s’en sort presque aussi aisément que les géniteurs. En échange de quoi, il pourra s’approvisionner aux frais de la princesse auprès du stand merchandising… ce qui lui fait une belle jambe !

Déjà deux heures environ que le concert a débuté avant que ne retentisse « Dommage», dont le refrain est repris en chœur par les spectateurs.

En guise d’apothéose, Bigflo et Oli traversent la fosse, escortés de molosses (NDR : ça rime !) afin de rejoindre une plateforme sise de l’autre côté de la salle.

Des ballons géants sont jetés dans la foule ; ce qui crée une ambiance digne de la cour de récréation. Une bombe de confettis explose et met un terme à une prestation qui restera à jamais gravée dans les tympans de ceux qui ont eu la bonne idée de venir ce soir…

Les autres ont définitivement manqué un spectacle qu’on pourra, sans aucun doute, qualifier de mémorable…

Setlist

1) La vraie vie
2) La vie normale
3) Gangsta
4) Comme d’hab
5) Freestyle du dico
6) Nous aussi
7) Salope
8) Papa (ft. Notre père Fabian)
9) Trop tard
10) Clash
11) Autre part
12) Sac à dos
13) Ca va trop vite
14) Je suis
15) Dommage
16) Personne
17) Alors alors

 

 



 
MusicZine - Actualit� musicale © 2018
ASBL Inaudible 2, rue Raoul Van Spitael 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement