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Cas de Conscience (archive)

Écrit par Laurent Moonens
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Publier un article consacré à Michel Sardou n’est pas dans les habitudes de Musiczine. Surtout un compte-rendu de concert (NDR : oui, il est exact que des chroniques de disques ont été consacrées à Obispo, Haliday, Clerc ou même Adamo). D’autant plus que ce texte nous a été transmis par un lecteur. Assidu, mais ce n’est pas suffisant. Un papier bien écrit, mais ce ne l’est pas davantage. Et si cette prestation mettait un point final à la carrière du chanteur, ce n’était pas une raison pour faire des exceptions. Alors pourquoi le publier ? Ben par esprit de contradiction et pour susciter le débat (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Parce qu’en parlant de Michel Sardou, on peut en profiter pour dénoncer à nouveau ce vase clos au sein duquel se pavanent les stars de la variété en France et dont les médias généralistes outre-Quiévrain ainsi que les magazines ‘people’ font les choux gras. Suffit de penser aux émissions de Michel Drucker pour savoir de qui on parle. Cet animateur avait même poussé le bouchon en imposant sa vision du monde musical en Belgique lors d’une émission spéciale ‘Champs Elysées’. Pourtant, aussi bien en France qu’en Belgique, il existe d’autres artistes que ces stars de variétés séniles ou posthumes. En fait, les valeurs montantes (de la chanson française, par exemple) n’ont guère voix au chapitre dans les médias à grande audience. Ou alors à des heures très tardives. On préfère en fabriquer d’autres. Impersonnelles. A la Star Academy, par exemple. Serait-ce dû à un manque d’esprit critique de nouvelle génération de mélomanes ? J’en doute. Parce qu’elle taxe d’intégriste celle qui dénonce ou dénonçait ce système. Mais un flashback n’est pas superflu pour mieux comprendre ce point de vue.

Mai 68 a aussi engendré une révolution artistique et musicale. Le rock et la chanson française à texte ont traduit le ras-le-bol des jeunes face à l’establishment. Et inconsciemment, ils visaient déjà ce même cercle fermé. Au sein duquel on avait déjà essayé de trouver la parade en inventant le mouvement ‘yéyé’. Simplement, le public jeune et curieux s’est rendu compte que la muse de ces derniers était puisée chez les anglo-saxons. Suffisait d’écouter les bonnes radios. Les premières stations pirates, par exemple. London, Caroline, etc. (NDR : évidemment, les autorités se sont empressées de faire cesser leurs activités). C’est l’époque à laquelle les jeunes branchés vomissaient Claude François, Sheila et bien d’autres du style. Difficile dès lors pour celles et ceux qui ont vécu intensément cette époque rebelle, de voir revenir en force les mêmes fantômes. Qui n’ont jamais réussi qu’à faire le vide autour d’eux. N’acceptant finalement celles et ceux qui pensaient (gagnaient ?) comme eux. Mais l’ivraie n’a jamais été totalement éradiquée et a fini par repousser… Aussi, au fil du temps, le rock est devenu plus pop. Et la pop moins rock. La chanson française est devenue plus proche des variétés et les variétés plus proches de la chanson française. Tout est même devenu recyclable. Sans la moindre exception. Les radios libres sont devenues moins libres (NDR : quand recommence-t-ton la révolution des ondes ?) On a jeté des paillettes et remis le play-back au goût du jour. Même chez les Anglo-saxons. Et on en a presque oublié la nature première d’un artiste : la création. Car dans ce monde moderne guidé par le néo-libéralisme (NDR : certains préfèrent dire néo-capitalisme), la vente a pris le pas sur la création. Subir sans réagir face au néo-establishment, c’est refuser de penser ou de s’ouvrir. Et dans cet esprit, si Musiczine ne souhaite pas passer pour un webzine intégriste, il a la volonté de s’accrocher à un principe de base : l’indépendance de rédaction et le souci de vous faire découvrir de nouveaux artistes. D’essayer de donner un avis (im)pertinent et critique sur leur création ou leurs prestations ‘live’. C’est d’ailleurs le meilleur service qu’on puisse leur rendre. Pour les autres, et en particulier les protégés de Michel Drucker, il existe suffisamment de plateformes sur le web ou autres médias pour vous en parler en long et en large. Et quand il n’y en a plus, pas de problème, il y en a encore… (Bernard Dagnies. Rédacteur en chef)

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Il y a quarante ans que Michel Sardou déchaîne haines et aversions par delà la presse et les forums d'internautes ; moins souvent d'ailleurs pour son œuvre musicale que pour des ‘opinions politiques’ que du reste l'interprète des « Bals populaires » semble lui-même ne pas toujours partager. Le « Live au Zenith 2007 » (qui clôt définitivement sa carrière de chanteur, selon son propre aveu) est donc l'occasion de rappeler à ceux qui voudront l'entendre que Michel Sardou chante, et chante bien.

« Live au Zenith 2007 » est aussi très étonnant, pour un tour de chant d'adieu. Si l'on aurait pu s'attendre à la présence de « La Maladie d'amour », « Musulmanes », « En chantant », « Etre une femme » ou du célébrissimme « France » qui aurait irrité en son temps le général de Gaulle, c'est dans un medley qu'il en entonnera quelques couplets a capella, en compagnie du public, surpris. Au contraire, en interprétant une nouvelle version de « Je ne suis pas mort, je dors » –qui n'aurait pas déplu à François Mitterrand dont c'était la chanson préférée– Michel Sardou donne le ton. Le concert sera ‘2007’ dans les réarrangements des anciennes chansons, comme dans le choix abondant de titres extraits de ses deux derniers opus.

La soirée s'ouvre par « Allons danser » dont le côté crispant du texte est très vite dissipé par Michel Sardou qui prend, dès la seconde chanson, « Du Plaisir » à retrouver des textes qui ne seront dès lors presque plus ‘engagés’. Le surprenant « Concorde » s'achève gravement avant que ne lui succèdent quelques chansons plus tenaces parmi lesquelles « J'accuse » ou « Les jours avec et les jours sans ». Touchant quand il se souvient des « Yeux de son père », il rappelle au passage que si « 1965 » et « Parce que c'était lui, parce que c'était moi » sont moins connues que « Le rire du sergent », elles n'en sont pas moins réussies. Après le medley-anciennes chansons, la voix de « Maman » Sardou surgit et introduit habilement la reprise d' « Aujourd'hui peut-être » qui fait un écho digne à son regret de n'avoir pas ‘deviné sa vie dans les yeux de son père’, regret chanté quelques minutes plus tôt. Le concert prend alors une tournure définitivement ‘2007’ lorsque Monsieur Sardou entonne, visiblement fier, son « évangile » (selon Robert): un slam version Sardou. Quand il chante que ‘seuls les chagrins restent à leur place, avec leurs sales gueules, dans la glace’, on doit lui reconnaître qu'il excelle dans l'exercice. On sent alors venir la fin du concert lorsque résonne un « On est plantés » justement interprété, suivi par « Espérer » qui évite à l'ambiance lourde de persister. « Loin », « Les lacs du Connemara », « Valentine Day » et « La dernière danse » occupent alors leurs justes places, avant que Sardou ne vienne s'installer quelques instants au piano pour chanter le dernier titre de la soirée, « Cette chanson-là n'en est pas une ». « Salut » précédé par un court remerciement du chanteur pour la fidélité de son dévoué public, se rajoutera à la track-list lors des dernières dates de la tournée, confirmant la volonté de son interprète de revenir ‘dans un autre costume, dans un autre emploi’.

En bref, nous avons passé une excellente soirée. Chansons bien agencées, track-list pour le moins audacieuse, technique millimétrée et un Michel Sardou très agréable. Rien à dire si ce n'est merci, et bravo!

Informations supplémentaires

  • Band Name: Michel Sardou
  • Date: 03-05-2007
  • Concert Place: Zénith
  • Concert City: Paris
Lu 644 fois
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