Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

K2 Tags

Didier Deroissart

Didier Deroissart

vendredi, 22 février 2019 11:15

Démoniaque !

Plus de 20 ans que The Experimental Tropic Blues Band roule sa bosse. Ce power trio liégeois se produisait au Magasin 4, ce vendredi 22 février.

Dr Voice devait assurer le supporting act. La maman du drummer vient de décéder. Elle collaborait activement au projet ; ce qui explique pourquoi la formation a déclaré forfait.

La salle est bien remplie lorsque Jérôme Vandewattyne, le réalisateur du long mtrage (1h27’) « Spit'N'Split » pour La Film Fabrique, vient présenter ce petit chef-d’œuvre à la belge, primé dans quelques festivals prestigieux, un peu partout en Europe. La Film Fabrique est une structure qui crée, développe et produit des clips vidéo, des fictions et des documentaires. Composée d'une équipe pluridisciplinaire, LFF défend une vision alternative de l'audiovisuel en Belgique.

Ce faux-documentaire, Jérôme l’a tourné en suivant le band pendant 2 ans, armé de son appareil photo Panasonic Lumix GH2 et son objectif de caméra de surveillance. Pour Jeremy Alonzi, Vandewattyne est quelqu'un qui aborde le cinéma comme on aborde la musique. Des scènes de fiction se sont glissées dans le docu devenu très vite film, au cours duquel Bouli Lamers apparait même à la fin. Et c’est TETBB qui en a composé la B.O., aussi déjantée que le scenario.

Place ensuite au combo. Dirty Coq, Boogie Snake et Devil D’inferno vont nous livrer un set particulièrement nerveux de 60 minutes. Jérémy nous a confié que c’est la seule date pour cette année. En outre, que le band a fait le tour du rock garage. Donc que le prochain elpee sera totalement différent. Mais que les musicos doivent encore écrire les compos.

Le garage/punk/boogie/rock de The Experimental Tropic Blues Band est aussi crasseux et incontrôlable que jamais. Et puis, il incite toujours à se déhancher. Le combo va puiser, ce soir, largement dans le dernier opus. La frappe de David, sur ses fûts est sauvage et métronomique. C’est lui qui donne le tempo. Comme d’habitude, Jérémy dévore littéralement son micro et quand il pousse des gémissements ou éructe ses paroles, on imagine qu’ils ou elles émanent des entrailles de l’enfer. Perpétuel agité, Jean-Jacques ne tient pas en place et arpente le podium dans tous le sens. Il harangue constamment la foule dans le seul but de la faire réagir. Et dans la fosse, plutôt compacte, elle répond favorablement à son invitation. Tout au long de « Sushi », il souffle dans son harmonica comme un possédé asthmatique. Démoniaque ! Et puis, c’est devenu un rituel, il se lance dans la foule, après avoir abandonné son instrument pour se laisser porter à bout de bras. Les mains balaient alors son corps qui lâche alors des bruits aussi insolites qu’inattendus. Le set s’achève par le déjanté et frénétique « Keep This Love ». Jérémy n’en a pas profité pour exhiber ses bijoux de famille, lors de ce set. Il les a laissés dans son tiroir. En rappel, le trio va encore nous réserver « Jealous Rock », « Mexico Dream Blues », et « Garbage Man », un titre qui ne devait pas figurer dans la setlist.

Setlist : “Straight To The Top“, “Twose Dicks”, “Nothing To Prove“, “Express Yourself“, “We Ird“, “Baby Bamboo”, “I Went Down”, “Power Of The Fist”, “Disobey”, “Sushi”, “I Dig You”, “Keep This Love”.

Rappel : “Jealous Rock”, “Mexico Dream Blues”, “Garbage Man”.

(Organisation : Magasin 4)

samedi, 02 mars 2019 15:38

La grâce de Maverick Sabre

Maverick Sabre avait mis le feu à l’Ancienne Belgique en première partie de Jorja Smith, en octobre dernier. Dans la foulée, il a publié son second single sur toile, fin décembre 2018, (100 000 vues sur You Tube). Intitulé « Her Grace » (feat. Chronixx), il fait suite à un autre single, baptisé « Drifting », qui baigne que sein d’une ambiance cinématographique, un morceau riche en émotions.

Ce nouveau single prélude la sortie du nouvel opus de Maverick, prévue pour le 22 mars. Son titre ? « When I Wake Up ».

Pour découvrir le nouveau single, c’est ici 

https://www.mavericksabre.com/

 

Originaire de Londres, Jonathan Jeremiah est auteur, compositeur et interprète. C’est aussi un chanteur dont la voix soul évoque celle de Burt Bacharach. Il joue de la guitare depuis ses 5 ans. Excellent musicien et poète, il s’inscrit dans la grande tradition soul tout en revendiquant l’héritage de la musique folk anglaise. Trois ans après avoir gravé « Oh Desire », il a publié son troisième opus. Un LP très groovy et dansant. Intitulé « Good day », il a été enregistré au Kong studio de Ray Davies ; et lors des sessions, il a reçu le concours de Ben Trigg, un des nombreux membres de The Heritage Orchestra, afin de réaliser les arrangements.

Le supporting act est assuré par Ruben Samama, un Batave que votre serviteur avait découvert derrière une contrebasse, au service de Gabriel Rios. A l’époque, il se consacrait également aux chœurs. Son approche unique sur son instrument, il la doit aux formations qu’il a suivies, tant au Conservatoire Royal de La Haye qu’à la Manhattan School of Music de New York, véritable berceau du jazz. Outre ses travaux de production avec, entre autres, Gabriel Rios, Jonathan Jeremiah et Jungran Cho, Ruben a composé de nombreuses B.O. cinématographiques, et a remporté, notamment, le ‘Deloitte Jazz Award’, en 2010. Après avoir publié deux elpees bien ancrés dans le jazz, il a décidé, ce soir, de se produire sous un profil davantage folk. Jonathan vient présenter l’artiste qui va simplement chanter un récital empreint de sérénité, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique. Après avoir interprété une chanson consacrée aux filles, deux midinettes anversoises engagent un dialogue avec Rubben au sujet de donzelles rencontrées lors des concerts. Très discret, Rubben répond qu’il n’y a qu’une seule femme dans sa vie et met un terme à la conversation. Il continue alors son set qui vire alors progressivement à l’americana…

Place ensuite à Jonathan Jeremiah. Avant qu’il ne monte sur le podium, ses musicos s’installent. Soit une section de cordes féminine réunissant deux violonistes et une violoncelliste, également préposées aux backing vocaux, un bassiste, un guitariste et un drummer à la longue chevelure blonde. C’est lui qui, le plus souvent, après avoir échangé un furtif regard avec Jeremiah, donne le signal de départ d’un morceau. Passé l’intro de « Hurt no more », exécutée par les cordes, Jonathan débarque à son tour. Il va se consacrer à la gratte semi acoustique (NDR : une Gibson) ou se réserver le piano à queue (NDR : un Yamaha de couleur noire). La ligne de basse, à la limite de la rupture, claque. Directement, la musique plonge dans la soul old school, une soul soulignée par des chœurs atmosphériques aux accents afro-américains. Ruben se dirige vers son piano pour attaquer « Mountain ». Ses musicos se mettent à siffler et pris au jeu, les spectateurs les imitent.  Sur un léger filet de sèche, Jonathan chante de sa voix de crooner, la ballade « Lost », avant de retourner derrière les ivoires pour interpréter le très profond « The Stars Are Out ». Enrichi généreusement de cordes, « Rosario » baigne dans le trip hop, un morceau au cours duquel Ruben revient épauler Jeremiah, de sa gratte semi-acoustique. Dépassant allègrement les 7 minutes, Deadweight » est une pure merveille. Cordes (violons, violoncelles, et guitare électrique) nous entrainent au cœur d’un tourbillon psychédélique. Un grand moment ! « The Birds » est hanté par Nick Drake. La voix de Lady Linn, invitée ce soir, et les chœurs des choristes soutiennent celle de Jeremiah tout au long d’« Afraid To Lose ». Et si le set s’achève par « Good Day », le rappel va nous réserver deux classiques, « Wild Fire » et « Hapiness ».

Setlist : « Hurt No More », « Mountain », « Lost », « The Stars Are Out », « Rosario », « Deadweight », « How Half-Heartedly We Behave », « The Birds », « No-One », « Gold Dust », « Foot Track Magic », « Shimmerlove », « Afraid To Lose (avec en guest Lady Linn) », « U-Bahn (It's Not Too Late For Us) », « Good Day ».

Rappel : « Wild Fire », « Hapiness ».

(Organisation : Botanique)

Originaire de Bath, en Angleterre, Tears For Fears est un duo réunissant Roland Orzabal et Curt Smith. Fondé en 1981, il est né en plein mouvement new wave. De 1983 à 1993, il a rencontré un énorme succès, accumulant toute une série de hits devenus emblématiques comme « Shout », « Everybody Wants To Rule the World » ou « Sowing The Seeds Of Love ». Et si après cette période faste il a connu un creux, il a quand même vendu, au cours de sa carrière, plus de 30 millions d’albums.  

TFF avait baptisé sa tournée européenne ‘Rule The World’. Une suite à son périple triomphal accompli en 2017, à travers le monde, dont le point d’orgue a été atteint lors d’un concert grandiose, accordé à Rio, face à 350 000 spectateurs. Ce tour du globe sert également de titre à son nouvel album, paru en novembre dernier, le premier depuis quatorze ans, une sorte de ‘Greatest hits’ enrichi de deux inédits, « I Love You But I’M Lost » et « Stay », que l’on espérait entendre ce soir. La tournée avait cependant été reportée en 2019, suite à des problèmes de santé rencontrés par d’un des deux membres du band.

Quelques mois après avoir décroché un énorme tube, grâce à « Stargazing », une chanson composée par Kygo, Justin Jesso est de retour. Après une tournée au cours de laquelle le Dj norvégien l‘avait emmené. De la même trempe, « My Body » (NDR : voir le clip ici) est à la fois dansant et tout aussi efficace.

Et c’est par ce morceau électro/pop qu’il entame son set. Justin siège derrière les ivoires, lors de la cover du « Make You Feel My Love » de Dylan, et sa voix est vraiment bouleversante. Multi-instrumentiste, il est aussi à l’aise au piano qu’à la guitare. Le show s’achève par l’inévitable « Stargazing ». Souvent les chanteurs ou chanteuses engagées par les Djs ne font pas long feu. Et bien, il faut croire que pour une fois, Justin Jesso sera l’exception qui confirme la règle… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « My Body », « One Good Reason », « Stitch 'em Up », « I Will », « Make You Feel My Love » (cover Bob Dylan), « Let It Be Me », « Getting Closer », « Stargazing ».

Quand les lumières s’éteignent, votre serviteur ne sait plus si on est en 2019 ou en 1985. Et pour cause, le 13 avril 1990, il assistait au concert de Tears For Fears, à Forest National. 27 ans déjà !

Pendant la version samplée de Lorde, les musicos s’installent. Un claviériste (synthé, Hammond), un drummer et la choriste Carina Round. Alors qu’elle entame le refrain, Smith débarque et salue la foule. Puis Orzabal. Le premier se charge de la basse, le second, de la guitare. De nombreuses barres de lumières projettent alors leurs étoiles. Et lorsque le set s’ouvre par « Everybody Wants To Rule The World », on se rappelle que, début des eighties, ces beaux adolescents romantiques étaient très susceptibles de faire chavirer les cœurs… Rien n’a changé : sauf que Curt Smith et Roland Orzabal, les deux âmes de Tears For Fears, ont 57 ans et leur public, pas loin… Des lumières bleues et jaunes inondent les premiers rangs. Le public est déjà debout et les smartphones s’illuminent. Des vidéos défilent sur un immense écran placé au-dessus des artistes. La setlist recèle 15 morceaux dont 12 sont issus des 3 premiers elpees, tous des hits planétaires. Puissants et énergiques, « Sowing The Seeds The Love », « Woman In Chains » et « Head Over Heels » sont parfaitement restitués et repris en chœur par les fans. En ‘live’, les versions sont même meilleures que originales. « Mad World » est à la fois tendu et intense. L’adaptation de « Change » est modernisée et vitaminée. Frémissant, « Suffer The Children » met en exergue un superbe duo avec Carina Round. Ce n’est pas Oleta Adams, mais plutôt soul, sa voix évoque celle de Beth Heart, et notamment tout au long de « Suffer The Children » et « Woman In Chains ». Plutôt paisible, la cover du « Creep » de Radiohead a de quoi étonner.  Pendant 75’, votre serviteur a eu l’impression de remonter le temps, peut-être à bord de la DeLorean DMC-12 du professeur Emmett Brown… Et en rappel, la troupe nous a réservé un « Shout » magistral, ponctuant un show, en tous points parfait… (pour les photos, c'est )

Setlist : « Everybody Wants To Rule The World », « Secret World », « Sowing The Seeds Of Love », « Pale Shelter », « Break It Down Again », « Advice For The Young At Heart », « Creep » (Radiohead cover), « Change », « Mad World », « Memories Fade », « Suffer The Children », « Woman In Chains », « Badman's Song », « Head Over Heels, Broken ».

Rappel : « Shout ». 

(Organisation : Greenhouse Talent)

dimanche, 24 février 2019 10:29

Halehan vire au bleu…

De son véritable nom Alexandre Lambrecht, Halehan adresse un clin d’œil au grand Miles Davis, en gravant « Kind Of Blue ». Chargé de groove, électro, ce morceau devait poser de nouvelles bases pour la suite de son aventure, qui avait commencé dans un style davantage folk… Il avait même été qualifié de ‘nouvelle pépite folk’, par un magazine français.

C'est chez Anderson Paak, James Blake, Bon Iver et Frank Ocean qu'il puise maintenant son inspiration. Le Bruxellois opère aujourd'hui à un virage à 180° qui risque de surprendre ses fans de la première heure.

De père flamand et de mère francophone, le jeune artiste a enregistré ce titre sur un 24 pistes à bande avant qu’il ne soit mixé en analogique. Votre serviteur l’avait découvert, en première partie d’Asgeir, dans le cadre des Nuis Botanique, en 2017…

Le clip est disponible ici

 

 

dimanche, 24 février 2019 10:26

Wild Shelter est toujours vivant…

En 2013, Alexandre et Adrien Waeyenbergh décident de monter Wild Shelter. Après avoir accordé quelques concerts, le duo prend conseil auprès de Gordon Delacroix, le leader du groupe Recorders, et décide d’enregistrer un premier Ep, « All Is Bright », au Rec’n'Roll Studio, sous la houlette de Charles De Schutter. Et dans la foulée, la fratrie sort son premier album, un éponyme.

En avril 2019, le tandem publiera un nouvel Ep. Il s’intitulera « Alchemy ». En attendant, il nous propose un extrait de ce disque, « Alive », un single puissant au cours duquel, il mélange subtilement rock brut et production électronique.

Pour la vidéo, c’est ici 

https://www.facebook.com/wildshelter

https://www.wild-shelter.com/

 

 

The Inspector Cluzo est un duo réunissant le guitariste Laurent Lacrouts et le drummer/chanteur Philippe Jourdain. La moitié de l’année, le tandem part en tournée mondiale. L’autre, ces gentlemen farmers élèvent des oies et des canards, de manière traditionnelle. Pour fabriquer des rillettes, du foie gras et du confit, qu’ils vendent directement du producteur au consommateur ; et notamment au merchandising (NDR : en deux temps trois mouvements, tout était écoulé !) Ils comptent même planter du riz sur leurs terres. Une terre enracinée dans le cœur, alors qu’ils ont le rock dans la peau. Leur ferme labellisée ‘Lou Casse’ est plantée au milieu d’un domaine de 10 hectares, à Eyres-Moncube (NDR : c’est dans les Landes, en Gascogne), et constitue leur gagne-pain. Et leur musique, ils la veulent aussi naturelle et artisanale. Ils sont fiers de s’autoproduire sans aucune contrainte. Fort de 10 ans d’existence, ils ont visité plus de 60 pays pour y accorder plus de 1 200 concerts, et comptent des milliers de fans dans le monde entier (Japon, Chine, States, Amérique du Sud). Votre serviteur les suit à la trace depuis leurs débuts, en assistant, chaque fois qu’ils se produisent en Belgique, à leurs shows. Car de spectacle il y a, la fin d’un set s’achevant même le plus souvent par le démantèlement du kit de batterie et la projection des cymbales dans la foule… Ils viennent de remplir à La Cigale à Paris et s’apprêtent à entamer une grosse tournée aux States en compagnie de The Clutch. Leur sixième album, « We The People Of The Soil », est paru l’an dernier. Il a été enregistré à Nashville sous la houlette du fameux Vance Powell, qui est venu frapper à leur porte après les avoir vu en live. Ce dernier est également pressenti pour produire le prochain long playing.

La Rotonde est pleine à craquer lorsque le tandem grimpe sur les planches. Ils saluent l’auditoire comme on le fait chez eux, puis s’installent. Le concert s’ouvre par une marche militaire pré-enregistrée. Et pour rester dans le ton, l’intro est balayée de cacardements ou de cancanements. Incisives, les cordes de gratte décapent déjà. Suivant un rituel, Laurent, imposant et charismatique, clame dans le micro : ‘Ici pas de samples, de bandes enregistrées, de putains d'ordinateurs, de set-list, que du spontané avec seulement une putain de batterie, une putain de guitare et pas de basse car la basse, ça ne sert à rien bordel’. Le public participe à l’ambiance, bien maîtrisée, cependant, par le duo. Funk/blues, « A Man Oustanding In His Field », une chanson dédiée à leur voisin agriculteur, Alain Laborde, libère un fameux groove. C’est le titre qui ouvre le bal. L’histoire prend tout doucement forme. La frappe de Mathieu sur ses fûts est à la fois efficace, sauvage et tribale. Légèrement désaccordée, la guitare met rapidement le souk, dans l’auditoire. La voix de Laurent monte dans les tours et grimpe dans les aigus (NDR : à cet instant, on ne peut s’empêcher de penser à Jeff Buckley) ou descend dans les graves, avec une facilité déconcertante. « Little Girl And The Whistling Train » nous entraîne à travers les grandes plaines de l’Ouest. Et Lorsque Laurent sifflote, on ne peut s’empêcher de penser à Sergio Leone.

Les joueurs de de leur équipe de rugby préférée ne sont pas déplacés pour participer à l’interprétation de « I'm A Japanese Mountain ». Mais la version est excellente. Au fil du set, les influences de la paire remontent à la surface. Elles sont puisées, manifestement dans l’histoire du rock de la fin des sixties, du début des seventies et des nineties. Soit dans le psychédélisme (Jimi Hendrix), le hard rock (Led Zeppelin, Black Sabbath) et le grunge (Nirvana, Pearl Jam). Mais également dans le funk, le blues et le gospel…  

Laurent nous signale que ce soir, on est une famille et on est unis. Il affiche un beau sourire en observant ses fans plus âgés –et ils sont nombreux– s'éclater comme des gosses (NDR : il voue un grand respect aux anciens). Ils remercient leur petite équipe, se disent fiers de leur parcours et d'en être arrivé là en restant totalement indépendants. Bref, son discours est toujours aussi pertinent et efficace…

 On n’est pas au bout de nos surprises, Car il est temps, pour Mathieu, de monter sur son kit de batterie et de déhancher son petit cul. L’ambiance monte encore d’un cran. On rigole bien mais surtout, on prend son pied lors du show de ces rockeurs fermiers.

En 75 minutes de temps le duo est parvenu à mettre les spectateurs sur les rotules. Partout où The Inspector Cluzo passe, le public trépasse…

(Organisation : Botanique)

Ce soir, le Botanique accueille deux formations néo-orléanaises, en l’occurrence Tank and the Bangas et en supporting act, Sweet Crude. Et l’Orangerie est comble pour assister à ces concerts censés plonger l’auditoire au sein d’une ambiance festive. Car lorsqu’on évoque la Nouvelle-Orléans, on pense immédiatement au Mardi Gras, au dixieland, à la zydeco et au cajun. Mais si le premier groupe est plus proche des racines, le second pimente son jazz –que l’on a également baptisé le ‘bouce’, à la N-O– d’une multitude de d’épices sonores.

Sweet Crude est un sextuor responsable de deux elpees à ce jour, en l’occurrence « Super Vilaine », en 2014 et « Créatures » en 2017. Drivé par Sam Craft (violon/chant) et Alexis Marceaux (chant, percus, synthé), il implique également un claviériste, un bassiste, un drummer/percussionniste et un préposé aux cuivres. Pas de guitariste au sein du line up. Soucieux de laisser transparaître ses racines cajuns dans sa musique, le combo mêle le français et l’anglais dans une grande majorité de ses textes, communiquant une coloration locale aux compos, même s’ils ne sont pas toujours très cohérents.

Morceau d’ouverture, « Parlez-Nous à Boire » est déjà explosif et passionné. Difficile de ne pas remuer lors de cette parade drum pop franglish. Faut dire que les compos sont particulièrement percussives et dynamiques ; ainsi, il arrive que quatre des six interprètes jouent de la batterie en même temps. De quoi remuer les tripes. Charismatiques, Sam Craft et Alexis Marceaux sont les véritables moteurs du band. Le premier possède une voix plus discrète mais atmosphérique et ses interventions au violon sont magiques. Celle de la seconde est puissante et sa présence scénique enivrante. Faut dire qu’elle a la danse dans la peau. Mais africaine, un peu comme Joséphine Baker, bien sûr, sans la ceinture de bananes. Parfois, elle me fait même penser à Merill Garbus de Tune-Yards. Enfin, leurs harmonies sont aussi rythmées que joyeuses.

Elle attaque a cappella « Mon Esprit », avant que les autres musicos la rejoignent ; un moment au cours duquel la fête a pris brièvement la pause. Et le show de s’achever par l’étincelant « On Est Paré ». Pour une première sur le sol belge, il faut reconnaître que le concert, d’une durée de 40’, a parfaitement chauffé l’ambiance…

Setlist : « Parlez-Nous à Boire », « One in the Hand », « Déballez », « Laces », « Mon Esprit », « Rougarou », « Porkupine », « Fingers Guns », « Logo », « On Est Paré ».

Les membres de Tank and the Bangas se sont rencontrés dans un bar à open mic (scène ouverte), le ‘Liberation House’, à la Nouvelle-Orléans. La formation a remporté le légendaire concours NPR Music Tiny Desk (principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis), l’année dernière, aux States. Sa musique ? Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro. Elle s’était déjà produite, en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop et à Couleur Café.

Tarriona Tank Bell en est la chanteuse principale. Bien en chair, elle focalise tous les regards, une sorte de chef d’orchestre dont la voix est capable d’osciller du rap à la voix enfantine en transitant par le discours évangélique. Celle d’Angelika ‘Jelly’ Joseph, qui l’épaule, passe aisément des graves aux aigus. Le line up est complété par un drummer, et deux préposés aux synthés, dont l’un se consacre également à la flûte et à la trompette, ainsi que Jonathan Johnson, un fameux musicien qui joue d’une basse à 5 cordes. Ses impros en ‘slap tap’, tout au long de « Quick », sont magistrales. Et son solo sur la reprise du « Descends » d'Anderson. Paak est d’une rare prouesse technique.   

Au bord des larmes, Tank s’épanche. Elle révèle sa déchirure vécue en se séparant d’un homme qu'elle aimait, au milieu de « Oh Heart », une jolie chanson minimaliste dont la finale soul est particulièrement riche. Ses paroles exprimées lors de ces improvisations sont toujours bien choisies et témoignent de son talent de puriste du langage. « Human » est chargé de sonorités jazzyfiantes. Au cours de la seule compo lente, « The Bradys », les musicos contemplent la fosse, qui a alors sorti les smartphones pour immortaliser l’instant.

Tanks est en perpétuel mouvement et touche des mains. Elle est particulièrement à l’aise sur les planches, alors que sa collègue est plutôt statique. Et comme le son était excellent, permettant d’entendre distinctement chaque instrument (NDR : bravo l’ingé-son !), tout en incitant la foule à se déhancher grâce aux grooves irrésistibles, imprévisibles, rafraîchissants et énergiques, on ne peut qu’espérer revoir rapidement la troupe nous dispenser un nouveau concert de la même trempe…

Setlist : « Crazy », « Levitate », « Quick », « Descends » (Anderson Paak), « Big Bad Wolf », « Rhythm Of Life », «Boxes And Squares », «Roses » (Outkast cover), « The Brady's », « Smells Like Teen Spirit » (Cover Nirvana)

(Organisation : Botanique)

Ce soir, l’Ancienne Belgique est comble pour accueillir un ovni du rap game, Kekra (NDR : kekra signifie crack en verlan). Fan de grime, un style de musique né à Londres, le Français est aussi un des rappeurs les plus prolifiques dans sa catégorie. En outre, il apparait en avance sur son temps, tourne ses clips à Tokyo, Miami, en Belgique ou au Togo, tout en conservant l’anonymat autour de son identité. Après le succès de la trilogie « Vréel », l’artiste est revenu sur le devant de la scène rap francophone en avril 2O18, préludant l’album « Land » par le titre « 10 balles ».

La majorité de la foule ne dépasse pas la trentaine. Dj Captain Nemo s’installe devant la table avec 15 minutes de retard. Deux platines ‘Pioneer’ y sont posées, sur lesquelles il va s’acharner tout en sautillant derrière son pupitre. Aucun contact entre le dj et le public, et c’est vraiment dommage. Pendant son set, il se place un masque de protection respiratoire en papier sur le nez, mais de couleur kaki. Puis à 21h15, Kekra débarque de l’arrière du podium en compagnie d’un second MC. Encagoulés, chaussés d’énormes lunettes noires, ils tiennent leurs micros en main. Le public se masque également de la même manière et se rapproche de plus en plus de l’estrade. La situation devient de plus en plus tendue et suffocante, en avant-scène ; aussi votre serviteur préfère battre en retraite. Kekra salue ses fans à la manière des Japonais (NDR : il a déclaré que le Japon était son peuple de cœur). C'est par « Gros », l'un des morceaux phares de son avant-dernier projet « Vréel 3 », que l'artiste attaque le set en douceur, entouré de ses proches et content de retrouver ses franjitos, appellation qu'il donne à ses aficionados. Entre ses fameux gimmicks et autres bruitages dont lui seul a le secret, il lâche un petit ‘On s'en bat les c**illes’, avant d'enchaîner par l'énervé « Poches Pleines » et de rendre le public dingue. Il n'hésite d'ailleurs pas à s’autoriser quelques pas de danse. Evidemment, la setlist va nous réserver plusieurs titres de son dernier elpee, dont l’inévitable single « 10 Balles ». Malheureusement, on ne comprend pas trop bien les paroles de ses chansons. M’enfin, est-ce important, vu qu’elles non ni queue ni tête, servant surtout à mettre une ambiance de feu. D’ailleurs dans la fosse les spectateurs jumpent et font la fête. Une ambiance de folie qui va durer près de 60 minutes, sans faiblir. Et pas évident de rester en place. D’ailleurs, lorsque votre serviteur quitte la salle, l’ambiance est à son apothéose. Le Kekra ne se produira probablement plus très longtemps au sein des clubs ; il faudra donc s’attendre à ce qu’il soit programmé dans les plus grandes, mais aussi lors des festivals…

(Organisation Ancienne Belgique)

dimanche, 10 février 2019 15:47

Les Filles au bord de RIVE…

Après « Fauve », le duo bruxellois RIVE nous propose son single « Filles », deuxième extrait de son premier album « Narcose », dont la sortie est prévue pour ce 1er mars 2019. Fondé en 2015 par Juliette Bossé (chant, guitares) et Kévin Mahé (batterie, claviers), RIVE a été lauréat du Franc'off organisé par les Francofolies de Spa et a remporté une douzaine de prix dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’ initié par le Conseil de la Musique de la Fédération Bruxelles-Wallonie. Très attaché à son identité visuelle, RIVE collabore avec le collectif Temple Caché pour ses vidéos et son artwork. Leur clip « Justice » a été sélectionné et primé dans plus d’une dizaine de festivals internationaux. « Narcose » a été enregistré par RIVE au Rare Sound Studio, à Bruxelles, avec la complicité de Rémy Lebbos (Atome, Vismets, Nicolas Michaux).

La troisième vague féministe voit le jour. Dans cette nouvelle pièce, « Filles », Juliette continue d’aborder les thématiques liées à l’égalité femmes-hommes, déjà présentes sur le premier Ep du groupe « Vermillon ». Après les deux premières vagues féministes, celles du début du XIXème et des années 70, « Filles » évoque le réveil du mouvement. Depuis quelques années, « les consciences s’éveillent » à nouveau, la clameur des filles exaltées résonne un peu partout dans le monde.

Sur une rythmique percussive qui renvoie aux marches des femmes, les paroles des couplets consituent un clin d’oeil adressé à l’hymne du MLF et aux écrits de Benoite Groult, alors que le refrain sonne comme un cri d’espoir. 

Le clip, es disponible ici 

Concerts :

28/02/2019 - Marche-en-Famenne, BE - Maison de la Culture (Support Clara Luciani)

02/03/2019 - Mons, BE - Le Manège (Support Clara Luciani)

14/03/2019 - Bruxelles, BE - Botanique – Rotonde

03/07/2019 - Lautrec, FR - Café Plùm (Pause Guitare)

04/07/2019 - Albi, FR - Festival Pause Guitare

21/07/2019 - Spa, BE - Francofolies

~~~ d'autres dates bientôt annoncées ~~~

https://www.facebook.com/rivemusique/

Page 5 sur 74