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Ils nont pas voulu garder le silence

crit par Didier Deroissart - jeudi, 16 novembre 2017
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Jambinai
ABClub
Bruxelles
16-11-2017

Jambinai (잠비나이 en coréen) est une formation de post rock issue, non pas du Soleil Levant (Japon), mais du Matin Calme (Corée du Sud). Sa spécificité, c’est de conjuguer instrumentation contemporaine et folklorique (taepyongso, haegeum, geomungo, jungju, piri, etc.) Suivant la bio, cette formation est considérée comme la plus novatrice sur la scène sud-coréenne, car elle est parvenue à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, passé et présent. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk metal, d'électro et de tradition indigène.

L’ABClub est comble. Tous les musicos sont assis. En tailleur, Eun Young Sim pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Sur l’estrade, l’instrument est assez imposant et quand l’artiste l’empoigne violement, elle fait corps avec celui-ci. Elle joue également du xylophone. Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Elle est assise sur son siège, son instrument placé sur les genoux. Mais le personnage central est certainement Ilwoo Lee. Il trône au milieu des planches. Derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), il joue du piri (flûte en bambou) et de la guitare (à sept cordes), parfois les deux en même temps, mais également du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Il est le seul à s’exprimer en anglais. Il reste imperturbablement rivé sur sa chaise ; ce qui ne l’empêche pas de se démener comme un beau diable. Derrière lui, Yu ByeongKoo, également assis, se consacre à la basse. Bandana lui enserrant le crâne, Choi JaeHyuk, le drummer, campe derrière Eun Young Sim.

Une formation de métal, en position assise, ce n’est pas courant. L’éclairage est discret. Un faisceau de couleur blanche se focalise sur chaque artiste. De quoi rendre l’ambiance mystérieuse, voire mystique. Les phases d’explosions sonores et d’accalmies mélodiques s’enchaînent à merveille. L’observation des instruments traditionnels coréens en plein live est fascinant, l’éclairage collant parfaitement à l’ambiance. Celui qui connaît déjà la démarche artistique visée par Jambinai n’est pas surpris par la présence d’instruments atypiques en Europe, mais communs en Asie.

Des cymbales sonores ouvrent « Deus Benedicat Tibi », un morceau de 10’ qui entame le set tout en douceur et permet déjà à chaque instrument traditionnel de s’exprimer à tour de rôle.  Eun Young frotte délicatement les cordes de son geomungo à l’aide d’un archet. Bomi tapote délicatement les lames métalliques d’un glockenspiel, en se servant d’un bâton. Ilwoo empoigne son piri qui propage des sonorités stridentes. Eun saisit une baguette en bambou et fait cracher les cordes de son geomungo, alors que Bomi pose son haegeum sur ses genoux. Et lorsque le drumming entre dans la danse, la compo s’envole dans le métal. Le collectif embraie par « The Mountain ». Le light show est alors de couleur rouge. Ilwoo se lève et extirpe des sonorités discordantes de son taepyongso (trompette), avant que la section rythmique ne reprenne la direction de opérations, au sein d’un climat franchement noisy. Un climat qui va carrément virer au métal sur « Echo Of Creation », même si les sonorités du geomungo entretiennent le fil mélancolique. Issu du deuxième elpee, « Time Of Extinction » est le tube du band. Il est joué depuis très longtemps. Brèves, les parties vocales sont assurées par les filles, alors que –et c’est neuf– Ilwoo prête sa voix aux expérimentations… quand même préparées. S’étalant sur plus de 6’, « They Keep Silence » véhicule un message politique fort et dénonce les défaillances et la responsabilité de l’appareil gouvernemental sud-coréen lors du naufrage tragique du Sewol, en 2014. Les moments plus calmes sont envoûtants, comme une respiration avant que la musique ne monte en puissance, alors que telles des ritournelles, les mélodies s’incrustent dans les têtes et les coeurs. « Connection » opère un retour au calme, comme en début de concert et termine le show. La boucle est bouclée. Le morceau terminé, les musicos partent sur la pointe des pieds et emportent leurs précieux instruments.

Des applaudissements nourris rappellent les artistes. Ilwoo remercie le public, en anglais, bien sûr. Il signale qu’un show, ne doit pas aller au-delà de 60 minutes. Jambinai va quand même accorder deux derniers titres en rappel. Mais pas « Grace Kelly », qui n’y figure apparemment plus…  

(Organisation : Ancienne Belgique)



 
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