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    La face cachée de Grandgeorge… Un collectif, au sein duquel milite Grandgeorge, s’était isolé pour composer ensemble, pendant trois semaines. Un projet baptisé B-Side Expérience.…

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Akim Serar

Akim Serar

samedi, 29 août 2020 16:04

Bury The Moon

Alors que la tournée promotionnelle devrait reprendre dans quelques jours (en passant non loin de chez vous), penchons-nous sur le troisième album de notre barde Islandais.

Ainsi, « Bury The Moon » commence par une échappée belle, si l’on en croit les dires de son auteur. Fuyant les turpitudes de Reykjavík pour s’isoler au milieu de nulle part, occupant la maison de vacances d’un ami au milieu de terres fabuleuses bordées de fjords et de montagnes majestueuses, Ásgeir a donc pris soin de se recentrer sur lui-même.

Se redécouvrir et être à l’écoute de soi. Méthode en adéquation avec la finesse de la musique qu’il nous propose depuis ses débuts. Seulement armé d’une guitare et d’un piano, il s’en est donc allé braver ses tourments intérieurs, guidé spirituellement par un père, poète de 76 ans, omniprésent tout au long de cet opus de facture classieuse et mélancolique. Une collaboration plus qu’une filiation, puisque les textes sont comme toujours, écrits de concert.

En résulte des chansons gracieuses où les harmoniques s’entrelacent et les rythmiques se tiennent suspendues à des fils de soie, délicatement ourlés par la voix si particulière de ce jeune homme timide.

Un retour aux sources de l’inspiration, mais qui ne signifie pas l’abandon de toute modernité.

Car comme d’habitude, Ásgeir Trausti distille des sonorités digitales qui viennent épouser l’organique de sa musique.

Véritable voyage intérieur ouvert aux perspectives extérieures, cet opus résonne de façon différente selon l’humeur de son auditeur, mais jamais ne risque de le brusquer.

Entre nostalgie (« Youth » en est la quintessence) et suavité, les chansons se succèdent en véhiculant leurs accents pop et leurs arythmies singulières.

Pourtant, au-delà de cet aspect ronflant, les compositions ne sonnent jamais de façon mièvre. Au contraire, il existe toujours un élan magistral pour soulever l’intérêt. Ici une envolée de cuivres (« Pictures »), là un parterre de chœurs (« Overlay »).

Et l’on devine la somme de travail de ce stakhanoviste acharné, les heures passées à étudier la musique pour en extraire l’essence de ses propres sentiments.

Un travail d’orfèvre qui, bien mieux que sur « Afterglow », le précédent LP paru en 2017, rend justice aux visions oniriques de son auteur.

Ce disque devrait donc assoir le succès d’Ásgeir, et ce malgré des circonstances peu propices à l’invasion du monde.

Un comble pour un descendant des Vikings !

samedi, 29 août 2020 15:58

No Treasure But Hope

Et si ce dernier album en date était le plus beau, le plus abouti, le plus simplement magnifique enfant de la discographie de Tindersticks ?

Introduit par un piano dernièrement acquis par Stuart Staples et installé dans un studio où le groupe s’est retrouvé pour enregistrer live en cinq jours, ce nouveau joyau d’une carrière qui n’en manque pas, « No Treasure But Hope » écrit la bande son idéale pour ces moments de vie baignés de nostalgie mais tournés vers l’avenir.

« For The Beauty », titre éclaireur en ces terres brumeuses traversées de pans de lumières salvateurs, déploie son orchestration avec grâce et majesté mais sans grandiloquence ; exactement ce que le groupe fait le mieux depuis ses débuts, en 1991.

Une retenue qui lui sied bien, une modestie qui lui colle à la peau.

Flirtant avec la perfection à plus d’une reprise, berçant et chérissant nos sens sans flagornerie (« Pinky In the Day Light »), libérant la suavité de nos pensées paresseuses (« Take Care In Your Dreams ») ou générant un motif hypnotique dans lequel quelques cordes viennent se faire l’écho de quelques fantômes dissimulés dans le fond de nos mémoires (« See My Girls »), ce nouvel opus d’un des groupes majeurs de la scène musicale apporte la preuve que le temps n’a pas d’emprise sur le génie.

Ponctué d’arrangements somptueux, l’album est conduit comme un navire par la voix de son leader, égrainant les mots tels des balises, évitant les écueils et accostant sur des terres chargées de promesses, aussi belles que vaines.

Reflet d’un plaisir retrouvé bien que jamais perdu, celui de jouer ensemble, au diapason de ses sensations, Tindersticks nous offre donc non pas un éphémère présent, mais l’immortalité de l’espoir.

Poignant !

samedi, 29 août 2020 15:54

Juillet

Si la perfection pop indie n’existe pas, elle a souvent été approchée, tel l’astre solaire. Et si beaucoup s’y sont brûlés les ailes, d’autres encore l’ont côtoyée avec succès.

Longtemps considérés comme les parents pauvres de cette conquête, les seconds couteaux ou les Poulidor du genre, incarnés par les groupes français, ont par essence toujours semblé marquer le pas sur leurs voisins d’outre-Manche et leurs cousins d’Amérique. Bien sûr, on dénombre quelques joyaux qu’on ne citera pas ici, car tout est question d’appréciation ; mais force est de constater qu’en terme de succès international, l’injustice a souvent frappé nos amis d’outre-Quiévrain.

Et si En Attendant Ana parvenait à vaincre le signe Indie ?

Aujourd’hui que les frontières se sont effacées, le combat semble obsolète. Et pourtant, si couronne il y avait à décrocher, ce disque pourrait ravir tous les lauriers.

Truffé de pépites, de mélodies imparables, emmené par la voix haut perchée de sa chanteuse, ce deuxième album confirme tout le bien que l’on pensait déjà de la formation, en poussant le curseur un cran plus haut.

Maîtrisé et irrésistible de candeur juvénile, « Juillet », dont le titre est sans aucun doute la trouvaille la moins originale, rappelle le meilleur d’un certain shoegaze et d’une subtile dream pop, soit une époque dorée pour un genre qui toujours a cherché à se renouveler.

Et qui pourrait bien avoir trouvé ici son second souffle…

samedi, 29 août 2020 15:49

Mercy

Repéré en 2010 grâce à l’album « Immaculada », un brûlot qui lui avait ouvert les portes du label Sacred Bones, le quatuor de Brooklyn ne cesse de se réinventer, de surprendre, voire de complètement déstabiliser son auditoire.

Elpee bien propre sur lui, ce « Mercy » démarre par une ballade qui d’emblée plante le décor. Classique et élégante cette chanson séduit par ses harmonies et agace par ses évidences.

Mais « Waiting In Dirty Water » emprunte alors directement une autre voie, conduite par un gimmick répétitif dessiné conjointement par des sonorités de guitare et d’orgue, échappées des années 70.

Dix minutes plus tard, après avoir tiré en longueur, secoué par des montées psyché saturées ou apaisé plus loin par des nappes d’Hammond sous LSD, le titre entrevoit alors un final aux portes de la perception, lors d’un decrescendo grisant...

La force de cet album procède sans aucun doute du songwriting et d’un line-up stabilisé depuis quelques temps. Et ces faiblesses dans l’audace de ce groupe à essayer tout ce qui lui chante. En témoigne ce « Children All Over The World » baigné de chorus et outrageusement maquillé comme un camion volé sur une aire d’autoroute dans les années 80. Mais le plus surprenant c’est que l’ensemble tient parfaitement la route. Et si le bruit des débuts fait souvent place à l’écriture, les fulgurances de quelques soli de guitares rappellent les débuts sans concession.

Tantôt calme, tantôt extatique, la musique de The Men explore les genres, s’approprie les codes tout en assurant sa propre originalité.

Une vraie réussite, telle une insulte gracieuse jetée à la face du monde.

samedi, 22 août 2020 18:39

Erratics & unconformities

Derrière ce patronyme énigmatique et déjà maladif, se cache un musicien anglais anticonformiste, visionnaire et sans doute génialement dérangé.

Et qui n’a pas peur de bousculer le mélomane, comme tend à l’indiquer la plage d’ouverture de son premier opus qui s’étire sur 17 minutes intrigantes, angoissantes et claustrophobes.

« Vacca Wall » (du nom d’un chemin bordé de pierres mystérieuses dans le Yorkshire) tisse d’emblée une toile épaisse dans laquelle l’oreille vient se coller pour ne plus se détacher de cet objet à la fois beau et intriguant.

Évidemment, vous l’aurez compris, l’album n’offre pas de transe destinée à se trémousser sur les plages d’Ibiza, à moins d’un fameux bad trip sous acide.

Zébré d’éclairs blafards comme les néons d’une autoroute fantôme, les compositions sont délayées dans une texture sombre et épaisse comme le goudron.

À certains moments, « Erratics & Unconformities » sonne comme la berceuse d’un délire d’Alejandro Jodorowsky dans un monde réduit au silence par les machines.

Ici les paysages d’une Angleterre industrielle s’étendent à perte de vue et le ciel plombé se reflète sur des flaques d’huile qui maculent chaque rue, chaque campagne, chaque espoir.

Et quand Craven Faults s’abandonne à la méditation, c’est pour dessiner en pointillés des parallèles qui jamais ne se rejoindront (« Hangingstones », « Signal Post »).

Certes, le propos peut paraître opaque, mais il est le reflet de sensations, de ressentis, d’ébauches d’images et de visions incertaines nourries par six titres magistraux traversés de sons analogiques, digitaux et même récoltés ci et là lors d’énigmatiques trajets entre ville endormie et activités industrielles.

Un road trip exceptionnel alimenté par les photos y afférentes que vous trouverez sur le site de l’artiste ici

De toutes façons, si certains films n’existent que dans votre imagination, Craven Fault se chargera de les mettre en musique…

dimanche, 07 juin 2020 18:52

Lost Girls

Il aura fallu près de trois années pour que Natasha Khan revienne au-devant de la scène en publiant son cinquième opus.

Un opus semi-conceptuel narrant les errances d’un personnage fictif nommé Nikki Pink qui évolue dans un imaginaire cinématique très 80’s.

Ce qui pourrait, à tort, paraître prétentieux, voir ennuyeux. Certes, l’album nécessite une approche attentive et concentrée pour en saisir toutes les subtiles nuances, mais une écoute distraite en révèle déjà le potentiel.

Devenue totalement indépendante, l’artiste aux commandes dirige notre écoute par le biais de sonorités synthétiques froides et sombres et prend possession de son propre univers qu’elle nous renvoie en miroir.

À l’auditeur d’alors plonger et se laisser conter.

Prolifique malgré un relatif hiatus médiatique, l’Américaine, longtemps comparée à Kate Bush, laisse libre cours à ses visions, s’émancipe de toutes obligation contractuelle et délivre son album le plus mûr et le plus abouti.

Les dernières notes de « Mountain », dernier titre de l’œuvre, se font d’ailleurs écho de la majesté qui émane de ce beau et grand disque appelé à être, non pas un classique, mais sobrement une pièce majeure dans la discographie d’une artiste hors norme.

Hors des sentiers battus, Bat For Lashes trace le sillon de ces femmes fortes qui écrivent l’histoire à leur manière.

dimanche, 07 juin 2020 18:49

Eugenia

Rien n’est droit. Tout est oblique. Distordu, sale, foutraque et pourtant, l’ensemble tient miraculeusement debout. Car chez ce trio nantais, la règle est de transgresser allègrement. Violenter la mélodie pour qu’elle se révèle sous son jour le plus outragé, caresser la dissonance jusqu’à la faire vibrer au diapason, marteler jusqu’à l’épuisement, s’époumoner jusqu’à l’extinction, désosser, plier, coller, recoller, absoudre, cracher, juguler, calmer, régurgiter, déglutir, et au final fondre le tout dans un moule aux jointures imparfaites pour mieux laisser s’écouler le fiel et la sueur.

« Eugenia », second opus du groupe, tient en onze titres ravageurs et surtout ravagés.

Frénétique succession de riffs sous adrénaline que l’on s’injectera en intra-veineuse pour doper un moral en berne ou insuffler quelques grammes de couleurs opiacées dans une journée morose, le tout servi dans un emballage pop tâché de cambouis. Cet album affiche un seul credo : jouir de tout et maintenant, sans plus attendre, et de préférence les yeux fermés, mais les oreilles grandes ouvertes.

Allez-y, c’est de la bonne, faites-vous plaisir !

dimanche, 07 juin 2020 18:44

Berling Berlin (EP)

Formule simple mais efficace, Berling Berlin opère le grand écart entre Montevideo et Paris, à l’instar du quatrième titre de cet elpee.

Et si son chanteur uruguayen, jongle aisément entre ces différentes cultures, c’est sans aucun doute le charme subtil d’une certaine britpop qui a fait naître sa vocation.

Un chant débonnaire à la Damon Albarn qui se marie volontiers à des mélodies accrocheuses que Franz Ferdinand ne renierait certainement pas.

Côté gratte, les sonorités lorgnent franchement davantage du côté de Manchester que de la porte de Brandebourg, puisant même une influence chez A Certain Ratio, ce qui procure un côté singulier à ce charmant projet.

C’est entraînant, dansant, léger et très agréable.

Reste à transformer l’essai au prochain botté…

samedi, 14 mars 2020 10:20

Crest

Inutile de jeter le trouble en précisant d’emblée de quelle formation contestée et contestataire sont issus deux des membres de Kreda, tant les 4 compositions de « Crest » sont personnelles, frondeuses et ne nécessitent aucunement un lien de parenté, qui du reste, fausserait, dans le cas présent, le prisme de la perception.

Voyez plutôt en cette formation anglo-slovène l’association maligne de talents curieux aux ambitions ouvertes sur différents types d’expression alliant musique expérimentale et installations visuelles. Si l'elpee dont il est question ici, ne propose pas, par la force des choses, d’embrasser les différents aspects de sa vision artistique, il s’agit néanmoins d’une excellente introduction à son univers.

Élément central de cette escapade aventureuse, la voix de Mina Spiler, atome autour duquel viennent tournoyer les deux électrons libres que sont Matevz Kolenc et Alastair McNeil, collaborateur de Roisin Murphy.

C’est donc cet élément vocal qui fabrique la matière d’un univers sombre et passionnant, recelant ses parts de lumière et d’espoir.

Des vocalises qui sombrent au cœur des ténèbres pour s’élever ensuite vers des cimes étoilées en l’espace d’un instant. Emmenant dans leurs sillages un voile de mystère troublant, telle une nébuleuse en mouvement.

Se faisant, les rythmiques et autres sonorités binaires qui jonchent le chemin sur lequel nos oreilles charmées ne tardent pas à se fondre, ne sont pas en reste. Car toute l’inventivité des compositions se révèlent en miroir, justes répliques aux accents et intonations de Milna Spiler.

Plus loin, la ballade onirique se prolonge, accentuant toujours l’intriguant voyage en ces terres balayées de mystère.

Mais si la musique s’adresse directement à l’intellect, elle ne laisse pas pour autant le cœur en friche. Dressant la cartographie de ses terres en peignant le portrait d’une humanité en recherche d’elle-même, « Emotional Tides » résume à lui seul la démarche du groupe.

Voyage au long des canaux vénitiens, il revisite l’histoire par le prisme des émotions humaines.

À l’instar de sa musique, le trio opère de façon anarchique ; s’imprégnant d’abord de la matière visuelle d’Atej Tutta, réalisateur et vidéaste vénitien avant de régurgiter des sons. Un concept qui laisse libre cours à une filmographie toute personnelle dont l’auditeur est libre de s’en accaparer les motifs pour en remodeler les contours.

Bref, une musique dont la genèse est l’image et qui génère un flux d’autres images, propre à chacun.

Il serait pertinent de découvrir Kreda et de s’immerger totalement dans cet ensemble, à l’embouchure de leur créativité, mais en toute vérité, les panoramiques offerts à notre imagination se suffisent déjà à eux-mêmes.

Une association de talents et de visions pertinentes, menant à un projet binaire excitant du début à la fin, sensiblement éloigné du berceau industriel du groupe dont sont issus la moitié de ses membres.

samedi, 14 mars 2020 10:03

The Ballad Of Jean-Sébastien Killa

Ne pas confondre Mama Killa et Mama Killa. L’un est belge, l’autre français, bordelais plus précisément ; et le premier groupe cité revendique un droit de paternité sur le patronyme. Néanmoins, il faut admettre que l’amalgame s’établit naturellement.

Une fois passé cette identification, probable obstacle à la compréhension du projet, penchons-nous sur le sujet.

Car l’univers au sein duquel nous entraîne ce Mama Killa ne manque pas de personnalité.

Nonobstant son approche brouillonne, la formation révèle des aptitudes intéressantes.

Décliné en seize titres inégaux, ce généreux long playing sert de complément à un projet visuel et scriptural relatant les méfaits causés par une poupée maléfique.

Il s’agit donc d’un concept album, exercice périlleux, parsemé de pièges au sein desquels des tas d’artistes sont trop souvent tombés.

Trop d’idées ? Trop d’envies mal canalisées ? Un désir de trop bien faire ? Probablement. Mais aussi une production hyperléchée et des soli superflus.

Ecrasant, cet opéra Rock peine à décoller, mais propose lors de ses meilleurs moments quelques ambiances héritées d’influences majeures et notoires (Killing Joke, Goblin ou encore Queens of The Stone Age, entre autres)

En résulte une musique sombre, angoissante, dont les envolées épiques véhiculent des accents à la noirceur d’encre.

Surchargé, l’opus déborde d’énergie, mais mal dispensée, elle nuit à la concentration du mélomane...

Se référant au cinéma fantastique (on soulignera évidemment le rapprochement avec la bande son de ‘Suspiria’ version 1977), « The Ballad of Jean-Sébastien Killa » relate la narration chronologique d’un récit horrifique.

L’album s’achève par « Ulysses », comme un navire s’échoue sur une île déserte après un voyage mouvementé.

Mais qui après réparation, pourrait reprendre la mer afin de découvrir de nouveaux horizons…

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