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Pukkelpop 2004 : jeudi 19 août

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Pour sa 19ème édition, le Pukkelpop a aisément confirmé son statut de meilleur festival rock de notre plat pays, grâce à son affiche pléthorique (plus de 150 groupes !) combinant valeurs sûres de l'alternatif (The White Stripes, Franz Ferdinand, The Streets, Blonde Redhead,…), stars nationales sur le retour (dEUS, Soulwax) et furieuses machines à danser (Chemical Brothers, Mylo, Scissor Sisters, Miss Kittin, Freestylers,…). 125.000 personnes ne peuvent pas se tromper… Et même si le temps n'était pas spécialement au beau fixe, pendant trois jours ne comptait finalement qu'une seule et même chose : la musique. Revue des meilleurs concerts, en toute partialité.

Jeudi 19 Aout

Il est 15h00, et l'on est bien content d'être enfin sur le site… Il faut souligner en effet les problèmes d'organisation liés à la gratuité du camping (passage obligatoire aux caisses à l'entrée du festival pour se procurer le précieux bracelet qui permettra d'enfin planter sa tente : au total, presque 2h00 à tourner en rond, alors que d'habitude il n'y a aucun souci. Conclusion : système à revoir). Pour vite nous faire oublier ce bordel intégral, rien de tel que le « surfabilly » des furieux Fifty Foot Combo : une demi-heure de déconnade à la « Misirlou », avec en bonus des danseuses topless se versant du lait sur la poitrine. On a vu pire entrée en matière…

Mais déjà sonne l'heure des choix cornéliens : Peaches et son « clit rock » chaud comme la braise, le folk-rock doux amer de Cass McCombs ou le rock électro-new wave de la nouvelle sensation british Grand National ? Va pour la hype : Grand National, au Dance Hall… Qui pour cette édition n'est pas du côté de la Main Stage, mais perdu au fin fond du site, là où d'habitude se trouvait le deuxième camping. Le Dance Hall et la Boiler Room ainsi décentrés par rapport aux cinq autres scènes (exception : la Wablief-stage, chapiteau à la programmation world et sud-africaine, en partenariat avec le festival Oppikoppi du Cap), c'est toute l'électro parquée dans un seul endroit. Certains parleront d'un festival dans le festival… Au pire de la 'ghettoisation' d'un genre, qui pourtant ramène le plus de peuple… et propose des concerts et des DJ-sets en général synonymes d'ambiance survoltée et bon enfant. 'C'est là que ça se passe' donc, avec pour commencer Grand National, combo anglais déjà remarqué sur la compile « Channel 2 » de l'excellent label Output, et dont les références ne manquent pas de titiller nos tympans de fashion victims mélomanes : en vrac les Stone Roses, PIL et… Police. « Cherry Tree » est déjà un tube : on attend d'écouter l'album, pour voir si Grand National n'est pas qu'un groupe baudruche. Bon concert, parfait pour débuter la journée en douceur tout en s'échauffant pour la suite.

La suite était réservée au punk-rock braillard des Distillers, qu'on apprécie surtout parce que Brody Dalle, la chanteuse, nous rappelle Courtney Love (ses frasques, ses cicatrices, cette voix). A part ça, rien de bien ahurissant : c'est vulgaire et grossier, bref c'est comme du Hole en moins pop, shooté aux stéroïdes.

Passons et revenons au Dance Hall, où se produisait le duo teuton Alter Ego, dont le tube « Rocker » enflamme les dance-floors de nos clubs depuis maintenant quelques semaines (cfr review Dour). « Rocker » est sans doute un des tubes de l'été, tout comme « Drop The Pressure » de Mylo et « Push Up » des Freestylers (eux aussi à l'affiche) : une déflagration post-Mr. Oizo d'une efficacité redoutable, à fredonner même sous la douche. Autant dire qu'on attendait Roman Flügel et Jörn Eling Wuttke de pied ferme, et on n'était pas les seuls : sous un Dance Hall bien rempli, les deux Allemands eurent pourtant bien du mal à faire péter l'ambiance. En cause leur science du climax en décalage total avec les attentes du public. On espérait de grosses montées d'adrénaline avant l'explosion salvatrice habituelle : on a juste eu droit à de longues constructions laborieuses, sans gros poumtchaks et bras en l'air… Bref, le moment que tout le monde attendait c'était « Rocker », rallongé d'au moins cinq minutes pour l'occasion : comme prévu grosse ambiance, et puis basta. L'important, surtout en festival, c'est que tout le monde soit content, sans se prendre la tête ni espérer la lune.

En programmant tous ces artistes, le Pukkelpop (comme Dour) permet chaque année de faire des découvertes. Exemple : Amy Winehouse, une nouvelle diva du jazz vocal qui devrait bientôt rencontrer le même succès que Norah Jones (du moins c'est tout ce qu'on lui souhaite). Entourée de musiciens hors pair biberonnés à la note bleue et aux catalogues de Stax et Motown, la jeune Londonienne aura captivé l'audience grâce à son timbre suave et sexy : une grande dame en devenir, dont les inflexions vocales renvoient aussi bien aux roucoulades sensibles de Billie Holiday qu'au flow mutin du hip hop et de la soul. Un mélange des genres plaisant pour les oreilles… et les yeux (aaah, cette minijupe !). 

Tube de l'été, deuxième, en compagnie des Freestylers : « Push Up », c'est de la bombe, un mix incendiaire de feulements à la Prince et de rythmiques funky. Le genre d'hymne sexy parfait pour les boums sur la plage, avec plein de pépettes, des Mojito et le soleil qui à l'horizon plonge ses rayons dans la mer écarlate. Pourtant, les Freestylers n'ont jamais vraiment fait dans la dentelle (traduction : du breakbeat salace et bourin, qu'on croyait mort depuis la fin du big beat, bref la moitié des nineties). N'empêche qu'en festival, ça le fait : on danse, et c'est la seule chose qui compte. Un DJ, un batteur, un guitariste, un MC et une chanteuse : les ingrédients parfaits pour une grosse bamboula, même si ici ça rime avec « ragga ». « Raw as Fuck » est le titre du troisième album des Freestylers : tout un programme, qui aura suffi aux Anglais pour retourner le Dance Hall. « Get A Life », « The Slammer » et bien sûr « Push Up » auront mis tout le monde d'accord : c'était couillon mais pêchu, en rien surprenant mais simplement festif… Ce qui, en y réfléchissant, n'est déjà pas si mal.

Quand il n'y a par contre ni ambiance, ni surprise, ni échange, ni nouveauté, ni originalité : c'est un peu triste. Urge Overkill résume donc bien ce qu'il y a de pire en musique : leur rock rétrograde et poussif, joué en pilotage automatique, n'aura plu qu'aux nostalgiques de la chose grunge (et encore !). Même « Girl, You'll Be A Woman Soon », leur seul tube (merci Pulp Fiction), n'aura pas sauvé ce concert du désastre. Zéro pointé, et vive Canned Heat.

Heureusement, juste après il y avait les Scissor Sisters pour nous remonter le moral. Qu'on aime ou pas leur électro-disco kitsch et gay, leur allure de Village People 'queer as folk', leurs ballades à mi-chemin entre le « Goodbye Yellow Brick Road » d'Elton John et le « Saturday Night ever » des Bee Gees, il faut avouer que ces New-yorkais savent y faire question pétage de plombs. Connus des clubbers depuis que le magasin Colette a compilé leur cover du « Comfortably Numb » de Pink Floyd, les Scissor Sisters sont l'une des sensations de l'année, et de vraies bêtes de scène. Jake Shears et Ana Matronic se partagent le chant tel un couple bi en pleine montée d'ecstasy : ça brame et ça roucoule, dans l'allégresse la plus totale. L'un des meilleurs concerts du festival, et la preuve par cinq (Del Marquis à la guitare, Babyddady à la basse et aux synthés, Paddy Boom aux fûts) qu'en fait il ne s'agit pas forcément d'un truc à la mode, parce que quoi qu'il arrive les Scissor Sisters, une fois sur scène, assurent un maximum. « Take Your Mama » en ouverture, puis « Tits On The Radio », « Laura », Mary »,… Même Peaches (forcément) aura montré le bout de son nez en toute fin de concert, aussi contente que nous d'assister là à l'un des live les plus délirants de la journée.

Les super-groupes, en général, n'ont rien de bien super : il s'agit souvent d'arnaque marketing qui n'ont pour seul but de permettre à certaines vieilles gloires du rock de payer leurs factures. « Contraband », le premier album des Velvet Revolver (alias Matt Sorum, Slash et Duff McKagan, ex-Guns N' Roses, ainsi que Scott Weiland, ex-Stone Temple Pilots), n'est pourtant pas si mal… Et puis voir de vraies rock stars, en chair et en os, c'est toujours excitant. Des types qui auraient déjà dû mourir dix fois, parce qu'ils vivent à fond le rock'n'roll, parce qu'ils l'ont dans les veines, sans aucune tricherie. Scott Weiland, cinquante kilos de nerfs, revenu de tout (on ne compte plus ses cures de désintox), en impose parce qu'on sent chez lui que la vie, depuis longtemps, est carbonisée à ses deux bouts. Quant aux trois autres c'est la même chose, d'autant qu'ils étaient les musiciens d'un certain groupe de heavy metal aujourd'hui légendaire. N'en déplaise à certains, à cinq (il y a l'autre guitariste, pas connu) ils nous auront mis une sacrée claque. Trois reprises des STP, « It's So Easy » des Guns, et l'essentiel de « Contraband » : en clair des soli monstrueux, ce chant caverneux, ces poses, ces regards, ces tatouages, bref du rock'n'roll qui tue, point barre. Et quel plaisir de revoir Slash tricotant sa guitare (la même !) comme à la grande époque, et Duff la cigarette au bec, ressemblant de plus en plus à un Bowie rongé par la coke. « What ever happened to my rock'n'roll ? » : il est ici, et il a encore de beaux restes.

Après tel déluge hormonal, Kelis se devait de calmer nos ardeurs : rétention, évacuation – le geste qui sauve et soulage. Pas gagné d'avance, cela dit : durant la première moitié du concert, l'Américaine, aussi sexy soit-elle, n'aura pas réussi à captiver nos hanches. Son faiblard, rythmiques un peu molles : jusqu'à « Caught Out Here », rien de très emballant. Puis la machine, enfin, prit l'allure d'un bolide, aux courbes généreuses et bien lustrées, ronronnant dans chaque virage telle une jeune chatte en chaleur. Et hop ! C'est la chemise qui vole, dévoilant sous nos yeux ébahis une svelte poitrine à peine dissimulée derrière un soutif macaron (le con). « Trick Me », « Milkshake » : dans l'évacuation soudaine, nos yeux se dilatent, notre bonheur éclate. Ouuuuiii ! C'est le moment d'une clope, et d'aller faire pipi…

Juste avant le concert des Zutons, dont le court répertoire (un album, « Who Killed The Zutons ? ») ressemble tout dit à du Coral en plus joyeux. Tout de blancs vêtus tels des savants fous perdus dans la steppe limbourgeoise, ces natifs de Liverpool mélangent allègrement la northern soul, Dexys Midnight Runners, Devo et James Brown, bref savent de quoi est fait un bon beat, un vrai. « Don't Ever Be », « Long Time Coming », « Pressure Point »,… Sympathique et sautillant, mais pas non plus démentiel. A revoir très bientôt au Botanique, dans de meilleures conditions.

A l'heure d'un premier best of en forme de mise au point, Groove Armada s'impose comme un des groupes les plus mésestimés de la sphère électro-dance anglo-saxonne. Ce soir, Tom Findlay et Andy Cato, secondés par un groupe live et les deux chanteurs Valerie M et MC MAD, auront pourtant livré un concert en tous points réussi. Une ambiance détendue et frivole qui changeait de l'hystérie habituelle du Dance Hall, et puis de bons morceaux, surtout ceux de « Lovebox », leur dernier album en date… Sans oublier les hits (« I See You Baby », « Superstylin' »), bref un concert savoureux, chill out à la bonne heure…

Juste avant la déferlante Faithless, ses hymnes pompiers et ses messages de paix, la preuve qu'avec deux doigts et beaucoup d'humanité, on peut faire sauter en l'air des dizaines de milliers de personnes comme une seule (« We Come 1 »). La musique, une religion (« God is a DJ ») ? Alors amen, et à demain, pour un nouveau jour de grand messe pop-rock-électro-rap.

 

On les a ratés (et c'est bien dommage) : Dead Combo, Peaches, Skinnyman, Cass McCombs, Delays, Kaizers Orchestra, DAAU, The Killers, Phoenix, Ash, Feist, Dandy Warhols, Everlast.

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 19-08-2004
  • Festival Name: Pukkelpop
  • Festival Place: Kiewit
  • Festival City: Hasselt
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