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Rock Werchter 2005 : jeudi 30 juin

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Cette année encore, le festival Rock Werchter affichait complet. Plus de 280 000 spectateurs se sont donc pressés devant les portes du plus grand événement du genre en Belgique. Herman Schueremans, l'instigateur de ce rendez-vous annuel, peut se frotter les mains: les placards 'soldout' deviennent coutumiers de ses immenses portails. Certains noms de l'affiche aussi…

Jeudi 30 juin 2005

Chaque année, c'est la même rengaine: "Rock Werchter est devenu trop imposant, écrasant et impitoyable pour nos portefeuilles". Peut-être. N'empêche, cette année encore, c'est le même constat: nous sommes parmi les premiers à déballer nos maisons en tissus et courir à toutes jambes le kilomètre symbolique qui nous sépare des portes du bonheur: l'entrée du Rock Werchter 2005. Une fois passé de l'autre côté des immenses clôtures publicitaires, le premier (et pas le dernier) choix cornélien de la journée se pose: The Bravery ou Saul Williams ? Dans notre petite caboche, ce duel psychologique vire à l'avantage du poète Saul Williams. Le magicien noir inaugure les spotlights de la Pyramid Marquee en compagnie d'un dj arborant une belle coupe afro sur la tête. De son côté, Saul Williams a laissé tomber ses rastas pour une tignasse commode et sans fioriture, un peu à l'image de son set. Ici, rien n'est laissé au hasard. Saul déverse son discours en calquant ses mots sur des beats syncopés. Tel un prêcheur fou, il harangue la foule massée à ses pieds. Le roi du 'spoken words' exige une justice nouvelle, exhorte un fifrelin d'harmonie entre les peuples et semble se faire comprendre. Les applaudissements nourris témoignent de l'attention de son auditoire. Le début du concert demeure incantatoire. Puis, Saul Williams lâche "Black Stacey", hymne libérateur et engagé. Le pied du micro serré entre les doigts, il poursuit sa lutte, sa prophétie. Improbable croisement entre Martin Luther King et Malcolm X, cette insatiable panthère noire se met définitivement le public en poche le temps d'une superbe "List Of Demands". Cette sommation dansante marque le triomphe de l'artiste en territoire européen. La performance de Saul Williams s'achève prématurément dans l'allégeance de "Our Father". Le besoin urgent de rafraîchir les mécaniques se fait alors sentir. A Werchter, la rasade de bière vaut son pesant d'or mais elle s'avère nécessaire pour éviter toute fringale dans la terrible ascension qui nous mène vers le haut de l'affiche.

L'étape suivante nous conduit ainsi devant la Main Stage. Les connaisseurs le savent: ils ont un rendez-vous urgent avec l'histoire. Car ce n'est un mystère pour personne, les apparitions de New Order se font rares, très rares. Pour sa part, la Belgique n'avait plus connu de concert de New Order depuis 1985. Dix longues années de supplices balayées en ce jour de grâce. Il est 19h20, le quatuor investit les lieux. Sans la moindre hésitation, Bernard Summer gratte ses cordes et laisse s'échapper le fabuleux riff de "Crystal". A la basse, tel un vieux pirate abandonné par son équipage en pleine mer, Peter Hook vague d'un côté à l'autre de la scène. Dans la fosse, les gens sautillent gaiement et applaudissent chaudement cette impeccable entrée en matière. Heureux de l'accueil, Bernard Summer tente une bouffonnerie anglo-saxonne incompréhensible et repart de plus belle. Derrière ses claviers, Phill Cunningham paraît extrêmement concentré alors que la batterie de Stephen Morris ralentit quelque peu le tempo sur "Regret" et "Love Vigilantes". Curieusement, c'est "Krafty", leur nouveau single, qui relance la machine de guerre. Les spectateurs chantent à l'unisson, frappent dans les mains et entreprennent des danses saugrenues, folles et déstructurées. C'est le moment choisit par New Order pour vénérer le passé post-punk qui lui pend toujours autour du cou. Car depuis le suicide de Ian Curtis en 1980, le mythe Joy Division transpire encore. L'interprétation de "Transmission" amorce le voyage dans le temps. Il est somptueux, nostalgique à souhait. De nombreux fans sont aux anges. New Order le sent et en profite pour placer une frêle compo du dernier album, "Waiting For The Siren's Call". Quelques titres plus tard, c'est l'événement attendu par de nombreux festivaliers qui résonne sur la plaine de Werchter: "Love Will Tear Us Apart", deuxième hommage aux galaxies dépressives de Joy Division. Le titre recueille sans mal la bénédiction populaire qu'il mérite. Mais le meilleur est à venir. Puisque l'apothéose de ce concert repose incontestablement sur les quelques notes synthétiques du tubesque "Blue Monday" qui clôture de main de maître le come-back de New Order.

Pas de temps à perdre. Roisin Murphy, l'égérie de Moloko, s'épanouit en solo sous la Pyramid Marquee. Accoutrée de longs gants et d'un cotillon scintillant, la belle ne dénaturerait guère dans le décor du Moulin Rouge de Baz Luhrman. Régalant les aficionados de Moloko de son irréprochable jeu de scène, Roisin Murphy séduit et conquit un public nouveau. Mêlant son répertoire traditionnel de jazz et de funk, la dame danse et se déhanche, s'abaisse, se relève et se balance. Insaisissable, indomptable, Roisin Murphy dispose d'une voix puissante et d'un charisme à couper le souffle. Des chansons de la trempe de "Ruby Blue" conduisent notre charmante accompagnatrice vers les marches d'une gloire amplement justifiée en ce premier jour de festival.

A l'autre bout du site, les écrans géants projettent une nouvelle aventure de Snoop Dogg: histoire de cul, de drogues et de coups de flingue. Sur ce, le grand black débarque, substances illicites à sa gauche, micro profilé à sa droite. Il regarde une main puis l'autre, hésite et opte finalement pour la gauche. Aspiration maximale, expiration. Le Snoop s'éclipse sous un nuage de fumée. Face à lui, c'est du délire. La température ambiante vient d'augmenter d'une vingtaine de degrés: le public est chaud, chaud, chaud. Le chaman du sexe descend fièrement de la Côte Ouest et s'exalte. 'What's my fucking name?' interpelle le gourou du phallus. "SNOOP DOGG !!!", réplique le harem. Là-dessus, pas de doute: l'assistance connaît son patronyme. Ce type est une star, véritable étendard du gansta rap américain. Adulé ou détesté, force est de reconnaître que l'homme détient une certaine aura et un évident sex-appeal. Pendant près d'une heure, Snoop Dogg tient son public en haleine, enchaîne ses tubes en or qui brille: "Lodi Dodi", "The Next Episode", "Who Am I (What's My Name) ?" ou le bouillonnant "Drop It Like It's Hot". Malgré les sombres nuages qui planent au-dessus des têtes, chacun est bien heureux de trouver une place dans ce gigantesque baisodrome champêtre. En fait, "Signs", le duo ramolli en compagnie du sample de Justin Timberlake, restera le seul point blanc de l'époustouflante exhibition livrée par ce nouvel empereur de la culture Noire américaine.

La nuit recouvre la plaine depuis quelques temps déjà. Pourtant, dans le ciel, les coups de tonnerre se multiplient et viennent illuminer les lieux. Les premières gouttes font leur apparition. De plus en plus grosses, elles transforment rapidement toute surface praticable en une aire marécageuse ondoyante. C'est Woodstock en plein Brabant flamand. Ici et là, des festivaliers délurés plongent dans des marres aux canards improvisées, piscine précaire pour public délétère. Peu importe, le show se poursuit. D'ailleurs, l'orage n'effraie pas Tom Rowlands et Ed Simons, la paire acidulée des Chemical Brothers. Le duo branché de Manchester s'empare de la Main Stage et démarre son set en force: "Hey Boy Hey Girl" pour l'ouverture de la danse (aquatique). Abrités sous les devantures des baraques à frites surpeuplées en ces temps pluvieux, les indécis se jettent à l'eau pour la grande carmagnole électronique du jeudi soir. L'instant est hallucinatoire, irréel et puissant. Les clubbers ignorent la pluie et rebondissent en chœur dans la gadoue. Cette fois, c'est une certitude: les absents ont toujours tort. Car même si les Chemical Brothers semblent disposer d'un abonnement éternel pour le Rock Werchter, il fallait vraiment être couillon pour manquer ce concert-là ! Comme pour donner raison aux irréductibles gogo-dancers, "Galvanize" anéantit soudainement cette pluie incessante. Les frères chimiques auraient-ils appuyé sur le bouton? Ce détail n'est pas raconté dans la chanson mais la légende retiendra certainement la coïncidence. Pour le reste, "Believe" est une implacable bobinette électronique, taillée pour les foules. Les Chemical le savent et ne se privent pas de répandre la bonne nouvelle. Et en parlant de bonne nouvelle: 'les Chemical Brothers seront à l'affiche du Rock Werchter 2006'. Alors, info ou intox ?

 

Informations supplémentaires

  • Date: 30-06-2005
  • Festival Name: Werchter
  • Festival City: Wercheter
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