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Dour Festival 2005 : jeudi 14 juillet

Écrit par Sébastien Leclercq et Bernard Dagnies

Pour couvrir entièrement la 17ème édition du festival du festival de Dour (NDR : la 14ème en ce qui me concerne), il aurait fallu se couper en quatre. Même à trois ! Une manifestation dont le succès est manifestement croissant, puisqu'en arrivant vers 19 heures ce jeudi soir, les bouchons commençaient à se former pour accéder aux parkings ; et on annonçait déjà plus de 25.000 personnes (pulvérisant ainsi tous les records de fréquentation pour un jeudi !), alors que 7.000 campeurs avaient déjà planté leurs installations la veille. 200 groupes étalés sur 6 scènes et 4 jours : il sera de nouveau délicat de tout voir. Par exemple, il faudrait être présent dès 15h30 vendredi pour apprécier Tahiti 80 ou Lofofora, et rester éveillé jusque 3h du mat' pour ne pas rater les revenants de Neon Judgement ! Et dès ce jeudi, certains choix s'avèrent cornéliens : il fallait choisir entre le rock électro noisy/pop des M83, pointés à 19h45 (NDR : ils avaient effectué naguère un passage remarqué sur la Plaine de la machine à feu) et les autres Français qui montent : Luke, programmés à 20 heures. (SL)

Une chaleur torride et moite plombait déjà le Marquee lorsque les Nashville Pussy montent sur les planches. Et face à leur déferlante de rock'n roll, le public en est ressorti comme s'il venait de séjourner dans un sauna. Chez les Nashville Pussy on en a autant pour les yeux que pour les oreilles. Pour les yeux à cause des deux filles. Pantalons de cuir moulants. Poitrine généreuse bien mise en évidence dans son soutien noir échancré pour la guitariste. Body très court pour la bassiste. A côté d'elles, le chanteur/guitariste Blaine Cartwright passe pour un vétéran. Pourtant, c'est bien le mari de Ruyter Suys, la préposée à la six cordes solo. Et c'est elle qui assume l'essentiel du spectacle. D'abord, parce que sur sa râpe électrique, elle sait y faire. En véritable osmose avec son instrument, elle se contorsionne, virevolte, s'agenouille, secoue sa longue crinière blonde et bouclée dans tous les sens et termine même le set en montant sur un des pylônes du chapiteau. Pour y briser ses cordes sur l'armature. Et si le reste du groupe manifeste moins d'excentricité, il reste au diapason. Mais qu'est ce qui peut agiter ainsi ce quatuor basé à Atlanta ? Tout simplement leur rock sudiste. Un rock empreint de sexe, d'humour et d'énergie. Un rock pour lequel les Nashville Pussy donnent tout ce qu'ils ont dans les tripes. Et puis prennent congé de l'assistance, tout en nage (NDR : et nous aussi !).  

Isis, c'est le groupe d'Aaron Turner, le boss du label très alternatif Hydrahead (NDR : Converge, Pelican, vous connaissez ?). Une formation issue de Boston responsable d'une forme de post rock aux accents très métalliques. Et il faut reconnaître que dans le style, elle (NDR : la formation !) ne se débrouille pas trop mal. Pourtant, les fans de la première heure leur reprochent d'être devenus trop accessibles. De commencer à s'adresser à un public plus large. Personnellement, j'estime que leur musique est simplement devenue plus mélodique. Tout au long de leur set on a l'impression qu'Isis développe des paysages soniques, impressionnistes, paysages traversés tour à tour par la tempête, la dissonance, l'harmonie, les hurlements (NDR : extra-terrestres ?), le gothisme, l'ambient, la frénésie, la quiétude, et j'en passe. Avec une vibration sombre et parfois apocalyptique. Incluant même imperceptiblement changements de tons et de rythmes. Au centre de la scène Aaron arrache les notes de ses six cordes ; avec une telle ferveur que parfois, on a l'impression qu'elles sont occupées de pleurer…

B.D.

Arrivé trop tard pour contempler (NDR : il n'existe pas d'autres termes pour qualifier sa plastique) la guitariste des Nashville Pussy, que j'avais eu l'occasion de voir à 3 reprises (Bernard vous en parle toutefois ci-dessus), une petite mise en jambes s'imposait chez le duo franco-finlandais The Penelopes. L'atmosphère électro-punk créée par ces derniers embrase le public entassé sous le grand chapiteau central baptisé 'Dance hall', qui mérite déjà bien son nom vu les nombreux spectateurs qui emboîtent le pas. Déchaîné derrière sa boîte à rythmes (NDR : il a un look rappelant Robert Palmer !) le claviériste balance une déferlante de rythmes énergétiques, hérités en ligne droite de la new wave du début des eighties. Un scénario qui sied parfaitement au chanteur black, qui n'est pas sans rappeler un certain Maxim MC de Prodigy.

Autre chapiteau, autre style, la 'Popbitch tent' accueillait dans une ambiance tour à tour planante et énergique, les M83, dont la prestation allait confirmer les échos unanimement élogieux de leur dernier passage à Dour. Sur disque, les Français ne sont pas des plus abordables ni même des plus faciles à écouter : peu de paroles, morceaux tirés en longueur sur leurs albums « Dead cities, red seas and lost ghost s» et le plus récent « Before the dawn heals us ». A la fois sûrs d'eux mais en même temps sympas et décontractés, ils livrent un show net et sans bavure, qui n'est pas sans rappeler les groupes de la grande époque noisy comme Swervedriver, My Bloody Valentine ou Slowdive. Laissant quand même transparaître en filigrane, des affinités avec un certain Yo La Tengo. Tour à tout intimistes ou électriques, les compos de M83 nous entraînent crescendo dans un flux sonore torrentueux, propice aux passions les plus déchaînées. Le chanteur abandonne son synthé en plein milieu de certains morceaux pour empoigner sa guitare et balancer une flopée de riffs qui font monter l'ambiance. Le public applaudit à tout rompre et contribue à créer un climat propice à l'osmose parfaite : M83 est sans conteste la première grande claque de ce festival. Les absents qui ont préféré Luke ont eu tort !

Effectivement, un petit passage vers la grande scène plonge le festivalier dans un tout autre contexte. Un public plus ado est venu pour Luke, qui complétait l'affiche de Dour après une annulation. Bien que démarrant en force, le concert s'essouffle rapidement. Il faut dire que si leur discographie (NDR : « La vie presque » et « La tête en arrière ») reste agréable à l'écoute, à l'inverse des M83 elle n'est pas encore suffisamment étoffée pour tenir l'heure de prestation qui lui est attribuée. Et quand le leader Thomas Boulard parle d''Une reprise d'un groupe sans lequel nous ne serions pas là', on pense immédiatement à Noir Désir, tant les similitudes avec les Bordelais sont criardes. Raté ! C'est dans le répertoire de la Mano Negra que Luke va puiser un « Pas assez de toi » ; pas trop massacré heureusement, mais suffisamment éloigné de la version originale. Une prestation sans éclat qui ne restera pas dans les annales du festival.

Il est déjà 21h30 et on aurait aimé applaudir Hollywood P$$$ Stars qui, à l'instar des autres artistes belges à l'affiche, récolteront un franc succès. Les HPS n'ont vraiment pas oublié leur premier passage à Dour, et ils n'hésitent pas y faire allusion, on les verra sans doute encore avec plaisir une autre fois car comme bien d'autres groupes, ils semblent fidèles à l'esprit du Dour Festival. Une autre fois car le chapiteau 'Marquee' est trop étroit pour accueillir une foule de fans impressionnante. Et malgré l'heure avancée, il fait toujours aussi étouffant à l'intérieur. Après quelques titres nous déclarons donc forfait pour le reste de la soirée, histoire de garder ses forces pour les jours à venir qui promettent d'être chargés….

S.L

Informations supplémentaires

  • Date: 14-07-2005
  • Festival Name: Dour
  • Festival City: Dour
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