Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

LaSemo 2018 : dimanche 8 juillet

Écrit par

Nous sommes déjà à l’aube de cette fin de onzième édition du LaSemo.

Organisé au cœur d’Enghien, ville francophone à facilités, ce festival est parvenu au fil des années à se frayer un chemin parmi les grands et à se créer une vraie singularité.

La population est clairement différente d’autres événements de ce type. Ici, pas de crêtes colorées, le people ne scande pas ‘Lasseeemmmmoooooooo’ à tue-tête et les gobelets ne sont pas jetés au sol, mais dans les nombreuses poubelles qui font partie intégrante du décor.

Signe des temps, les fouilles corporelles ont cédé le relais à un contrôle plus léger. Le caractère anxiogène des attentats, s’il n’a pas disparu, a laissé place à plus de quiétude.

Il fait chaud. Même très chaud. Presque caniculaire. La sueur perle sur les fronts. Les casquettes et lunettes de soleil sont vivement conseillées.

L’affiche est intéressante. Plus relevée que la veille, grâce notamment à la présence d’Ozark Henry.

Lorsque votre serviteur débarque sur le site, le Gustave Band Brass pousse la chansonnette. Malheureusement, c’est presque la fin de son concert.

Ces gaillards sont tous pratiquement issus de la Faculté d’Agro de Gembloux.

Ils sont bien une dizaine de dingos sur la ‘Scène de la Tour’. Tantôt cuivré, tantôt cordé, leur bazar percute à l'unisson entre reprises endiablées et compos déjantées.

Ils auraient aimé jouer trois heures durant (nous aussi !), mais les contingences liées au temps rendent ce souhait impossible.

Direction maintenant la ‘Guiguette’. MortalCombat s’y produit. Oui, vous avez bien lu ! L’orthographe est quelque peu différente de celle du célèbre jeu né au cours des années 90.

Il est quinze heures. L’endroit est propice à un bel ombrage et une brise légère vient adoucir les fronts luisants.

Le claviériste sortant de BRNS ainsi que sa comparse et compagne à la ville, Sarah, accusent une bonne dizaine de minutes de retard. La faute à un câble USB défectueux. Victor a dû mener tambour battant une quête chez une voisine (ça ne s’invente pas !) pour se procurer le précieux graal…

Posée sur une toile légère et fibreuse, la musicalité du binôme sexué navigue entre douceur, nonchalance, vague à l’âme et pop sulfureuse, finement épicée.

Mortalcombat revisite la pop française en y ajoutant de la modernité à l’aide d’envolées synthétiques. Si cet idiome permet d’insuffler davantage de subtilité dans le texte et le chant, il est plus difficilement exportable que l’anglais.

Les comparses n’ont que faire de cet aspect purement marketing.

Lorsqu’on choisit de chanter dans la langue de Molière, il est souvent aussi difficile de trouver un compromis entre les sons, les harmonies et les textes. Or, à l’écoute des chansons l’équilibre est atteint, grâce ces loops qui viennent enrichir l’expression sonore…

Le grain de voix éthéré et l’attitude scénique mollassonne de la vocaliste provoque la somnolence d’un auditoire plus enclin à siester qu’à remuer le popotin.

Pourtant, quatre garçonnets âgés d’à peine dix ans se prennent au jeu et livrent une chorégraphie digne de Kamel Ouali sur un titre up tempo baptisé « Tu prends l’air ».

C’est vraiment dommage parce qu’il ne s’agit pas que de simples mots posés ci et là maladroitement au gré d’un imaginaire narratif, mais d’une comptine aux accents surréalistes dotée d’un pouvoir surnaturel qui emmène son auditoire vers une forme d’onirisme auquel il est difficile de résister.

Le résultat procure une musicalité dont la vague émotionnelle sans précédent est susceptible de suspendre le temps. A l’instar de « Beau et décadent », premier clip (voir ici) tourné par le band dans le quartier bruxellois de Saint-Gilles, où ils vivent, et qui met en scène la donzelle à la recherche de l’homme idéal.

Malgré les efforts surhumains du couple, le public reste assez frileux et semble ne pas se presser au portillon.

Peut-être qu’une prestation de ce genre aurait eu davantage d’impact au sein d’un endroit un peu plus intimiste afin de cerner toutes les nuances d’un exercice de style aux couleurs chatoyantes.

Avant de terminer une prestation suffisamment longue que pour cerner toute l’étendue de cet univers électro/pop, Cesar se plante devant le micro et prend les rennes le temps d’une chanson, plutôt réussie…

A moins de quarante-huit heures d’une demi-finale de foot qui risque de faire du bruit (Belgique-France), ils proposent cependant de partir en « Vacances en France »…

Quelques instants plus tard, un autre artiste lui emboîte le pas. Il s’agit de Lou B, rendu populaire par « We are the world – Belgian red devils » concocté pour les diables à la suite… d’un poisson d’avril du padré.

Il est également apparu lors des émissions télévisées ‘Cap48’ et ‘La France a un incroyable talent’.

C’est un jeune homme. Frêle et timide qui se présente. A peine vingt balais. Il est porteur du syndrome de Morsier qui lui confère une malformation congénitale du cerveau.

Né aveugle, sans odorat et atteint d’une légère déficience mentale, il chante et joue du piano en autodidacte depuis l’âge de 6 ans.

Son talent est dans ses oreilles. Et il est absolu. Il est capable de jouer une musique dès les premières notes d’écoute.

Son père est à ses côtés, caché dans l’encoignure de la scène. Le gamin doit se sentir rassuré.

L’estrade est inondée de soleil. Il tape sur la tête du gaillard qui semble perturbé. Une femme du public s’affranchit et lui porte secours en lui refilant sa casquette. Elle ne semble pas y tenir. Votre serviteur apprendra qu’elle appartient à son ex-mari.

Il porte un T-shirt d’‘Amnesty International’ ; tout le monde est égal balance t-il.

Ses doigts frappent les ivoires de son clavier avec une telle dextérité et conviction, tout en balançant mécaniquement son corps d’avant en arrière, qu’il ferait retourner Amadeus Mozart dans sa tombe. Incroyable !

Sa sphère est large puisqu’elle oscille de compos touchantes down tempo, lorsqu’il se dévoile aux yeux des autres, à des complaintes slamées ou rappées (« J’vous kiffe ») ou encore jazzy (« Comme ça »).

Sa voix n’est pas toujours juste, mais cette carence n’impacte, au final, pas beaucoup la qualité du show.

La foule s’est déplacée en masse. L’hémicycle n’a peut-être jamais eu autant de succès durant le festival.

Son humour est flinguant (« Mes gros mots »). Promis, dire à quelqu’un ‘mon petit connard’, n’est pas une insulte !

Grosse surprise donc pour un jeune homme qui a, là, toute sa légitimité en tant qu’artiste…

Direction le château pour le set de Mes souliers sont rouges. Une petite demi-heure seulement ! Un showcase intimiste auquel quelques convives ont le privilège d’assister.

Cette formation est née en 1991 et a vécu quelques parenthèses. A l’origine branchée sur la musique traditionnelle française et plus particulièrement normande, elle s’est ensuite orientée vers la variété hexagonale.

Le line up actuel réunit l’imposant François Boros (mandoline, guitare, podorythmie et percussions), Deny Lefrançois (contrebasse, guitare, percussions), Simon Leterrier (accordéon, banjo, guitare, podorythmie), Jacky Beaucé (Uilleann pipes, flûte irlandaise, whistles, violon) et Efflam Labeyrie (guitare DADGAD, banjolélé). Ils se partagent tous le chant, mais à des degrés divers.

Leurs baluchons contiennent des biscuits fabriqués artisanalement. Les aficionados les dévorent. Autant dire qu’ils ne n’ont pas fait long feu !

Evidemment, les godasses sont… d’un rouge pétant. A l’exception d’un des musicos qui a préféré conserver ses sandales gallo-romaines. Pour être reconnaissable parmi ses semblables, il a quand même enfilé une vareuse couleur sang. Sympa la solidarité !

L’un d’entre eux prend place sur un tabouret placé sur une grande planche de bois bien épaisse. Il l’utilisera pour tapoter du pied se muant en un claquement de cil, en percussionniste chevronné.

Après une longue introduction, le tour de chant débute par « Sur l'eau sur la rivière » où on apprend que Colin possède une poule qui pond des œufs tous les matins. On est content pour lui…

Le tout ne sera qu’une parabole de chansons à la fois drôles et intransigeantes. Les rires foisonnent…

Le second degré est de mise à l’instar de cette compo pour le moins originale où les messieurs regardent leur conjointe coquinement du coin de l’œil en clamant haut et fort qu’il est plaisant d’avoir ‘une turlutte avant de passer au lit histoire de passer une bonne nuit’. Après tout, y a pas de mal à se faire du bien !

Ou encore que « Derrière chez nous, y a un étang », où ‘trois beaux canards s'y vont baignant’.

Polyvalents, les musiciens font la part belle à quelques instruments anciens, comme cet ersatz de cornemuse normande qui procure davantage de rondeur à une prestation riche en émotion.

La musicalité sent les côtes maritimes et affiche des aspects très divers. Les voix masculines et graves se marient à merveille.

Avant de prendre congé de l’auditoire, ils exécutent une polyphonie vocale grave et solennelle. Trois minutes trente de bonheur !

Ozark Henry se produit sur la scène du château maintenant. Auteur-compositeur-interprète belge, Piet Hendrik Florent Goddaer, à l’état-civil, apparaît vêtu de noir. Son visage est rasé de près ! 

Son corps filiforme fait pas mal d’envieux. Pour l’occasion, il a retiré ses godasses (NDLR : ses Goddaer ?) Ses comparses arborent tous des chemises de couleur jais. Rien à voir avec les adhérents à la milice du régime fasciste de Benito Mussolini. Enfin, on l’espère…

Le batteur ressemble étrangement à Thierry Becaro, l’animateur de Motus sur France2.

Le tracklist fait la part belle, bien évidemment, aux titres les plus récents comme « A dream never stop », « I’m your sacrifice » mais surtout à une flopée de refrains populaires ancrés dans la mémoire collective tels que « Godspeed » précédé d’une longue intro au clavier ou encore « Out of this world » et « Word up »…

Sa voix est cristalline et prend toute sa dimension tout au long de la cover de « We can be heroes », interprété en hommage à un artiste trop tôt disparu, David Bowie.

Le drummer et le guitariste s’échangent énormément de regards complices tout au long du set.

Les six cordes électriques sont fougueuses, hargneuses sur les titres plus péchus. Le drumming est à la fois efficace et métronomique. Les musiciens semblent prendre beaucoup de plaisir à vivre ce concert…

Piet parle peu durant le show. Il laisse la musique transmettre le message. Ce qui n’est pas plus mal en fin de compte…

Rien à redire ! Ozark Henry a, comme d'habitude, mis le public dans sa poche…

Avant de rebrousser chemin, il serait judicieux d’opérer un petit détour par le Cabaret Coquin qui réserve un voyage initiatique dans l’univers du burlesque et de la sensualité. Après tout, Popol est le seul à ne pas avoir pris de plaisir aujourd’hui…

Peggy Lee Cooper, travesti poilu à la galoche, accompagné(e) au piano par Ben Bruyninx, dévoile sa plus belle écurie durant une heure de spectacle.

Au menu, de belles femmes s’entrelaçant et des poitrines généreuses nues sous un chapiteau complètement sold out.

Mais, chutttt… s’agissant d’une animation pour adultes, le lecteur de Musiczine devra laisser libre cours à son imagination débordante pour en connaître l’épilogue…

Après tout, suffisait d’y aller !

(Organisation : LaSemo)

Voir aussi notre section photos ici

Informations supplémentaires

  • Date: 08-07-2018
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d'Enghien
  • Festival City: Enghien
Lu 566 fois
FaLang translation system by Faboba