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    La rédemption de DIIV … « Deceiver », c’est le titre du nouvel elpee de DIIV, un album qui paraîtra chez Captured Tracks, ce 4 octobre 2019.…

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Sébastien Leclercq

Sébastien Leclercq

mardi, 06 août 2019 16:20

Lokerse feesten 2019 : mardi 6 août

Le festival de Lokeren souffle déjà, cette année, ses 45 bougies. Pendant 10 jours, cette petite ville de 40 000 habitants, située entre Gand et Saint-Nicolas, est envahie d’aficionados de musiques actuelles, en tout genre. Après la soirée métal du dimanche, place au ‘Punk day’, ce mardi 6 août.

Dès 19 heures, une figure emblématique de ce mouvement ouvre les hostilités : Marky Ramone’s Blitzkrieg. Dernier survivant du célèbre band new-yorkais Ramones –si on ne tient pas compte de Richie qui l’a remplacé à la batterie, entre 1983 et 1988– Marky, outre son groupe fétiche, possède une longue carrière derrière lui. Après avoir siégé derrière les fûts chez Dust, il a rejoint The Voidoids en 1977 et The Electric Chairs en 1978. Après la dissolution des Ramones en 1996, il a aussi sévi comme batteur chez Misfits, se produisant nommant dans le cadre du festival de Dour, en 2004. Avant de participer également à différents collectifs comme Marky Ramone and the Intruders ou celui qui nous concerne ce soir. Après une courte intro vintage (« Park avenue beat », le thème de Perry Mason), le band déboule sur les planches. A tout seigneur tout honneur, Marky s’avance en premier et scande au micro sa célèbre devise ‘Hey ho let’s go’, que le public reprend plusieurs fois en chœur.  ‘Yeah, it sounds great’ se réjouit-il avant d’aller s’installer derrière la batterie, place qu’il ne quittera plus durant les 45 minutes de show. Et ce ne sont pas moins de 21 titres qui vont défiler tambour battant et sans le moindre temps mort. « Rockaway Beach », « Sheena is a punk rocker », « Beat on the brat », « Gimme gimme shock treatment » ou encore « I wanna be edated » sont autant d’hypercuts décochés par le band et appuyés par l’ancien guitariste de Bad religion, Greg Hetson…

Autre légende du punk, The Damned s’empare ensuite de la Main stage. Formé dans la banlieue de Londres à la grande époque (1976), il a aussi surfé sur la vague gothique et new-wave, au cours des eighties. Derrière le leader Dave Vanian, et ses allures de vampire, le line-up de ce band n’a cessé de changer. A la guitare, le Captain Sensible (NDR : déjà vu au W-festival en 2018) ou encore Monty Oxymoron aux claviers sont les musicos les plus fidèles. C’est aussi sur l’intro d’une vielle série TV (‘The avengers’) que la formation débarque sur le podium. « Love song » rappelle immédiatement qu’elle a classé pas mal de singles dans les charts UK. En moins de 2’, le très punk « Machine Gun Etiquette » nous réserve une véritable déferlante de riffs ; une formule qu’on retrouvera, un peu plus tard, lors de la reprise du MC5, « Looking at you ». Autre single, « New rose » est toujours aussi fringant. Tout comme « Neat neat neat », moment choisi par le chevelu Monty pour s’emballer et se lancer dans une chorégraphie fort hasardeuse, à l’avant de la scène. En finale, le combo va adresser un petit clin d’œil à la Belgique, en adaptant le « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand, dans une version plus proche d’Elton Motello que de Roger Marie François Jouret. Un an plus tôt, Captain Sensible avait aussi exécuté la même cover, en fin de parcours…

Votre serviteur avait déjà zappé le concert d’Heideroosjes, il y a quelques semaines, lors du festival Rock Zottegem. Bien qu’il ait signé chez Epitaph, le punk/rock de ces Bataves m’a toujours paru un peu bourrin, tout comme leur attitude sur scène. Même s’ils semblent plaire aux fans du Nord du pays, une migration vers la Red Bull Music Room s’impose, d’autant plus qu’elle est indoor et que quelques averses commencent à s’abattre violemment sur la place.

Sponsorisée, elle est marquée par les couleurs éblouissantes –bleu et rouge– de la marque de cette boisson énergisante. En tout cas, la programmation y est intéressante et nous réserve des talents wallons, liégeois très précisément, comme It it Anita et Cocaine Piss. Un autre exemple de l’ouverture d’esprit affichée, en matière de culture, de l’autre côté de la frontière linguistique. Pas sûr que nos festivals wallons prendraient, eux, le risque de programmer des artistes flamands, préférant plutôt se limiter aux cover bands. Bref, c’est un plaisir de revoir It it Anita, dont le shoegaze/noise/math rock très efficace, navigue quelque part entre Fugazi, 65daysofstatic et A place to bury strangers. Et d’assister à l’hystérie que son set déclenche chez nos voisins. Il faut dire que littéralement déchaînés, les musicos se dépensent sans compter. Le point d’orgue su show sera atteint lorsque le chanteur s’invite au milieu de la foule. Suivi ensuite par le batteur, torse nu et dégoulinant de sueur, qui emporte avec lui ses cymbales…   

Dans la foulée, Cocaine Piss, embraie et va entretenir la flamme. Sa musique est inclassable, la chanteuse hurle toujours autant alors que le guitariste surfe aussi bien sur le rock garage que le punk survitaminé. Et la prestation est accueillie tout aussi favorablement, malgré des morceaux qui frisent la saturation…

Est-il encore utile de présenter NOFX ? Originaire de Los Angeles, il s’est formé en 1983 et a signé une bonne dizaine d’albums sur le label Fat Wreck Chords. Il devra cependant attendre le boom indie de 1994 pour connaître un succès plus populaire, grâce à « Punk in drublic » (NDR : mythique, cet elpee date déjà de 25 ans ; ce qui ne nous rajeunit pas !) Sur les planches, les musicos sont encore bien déjantés. Fat Mike, le leader, est vêtu d’une robe. Coiffé de ses fameuses dreadlocks, Eric Melvin se charge de la guitare rythmique. Après la courte intro « Time Warp », le set embraie par « Dinosaurs Will Die » et « Les Champs-Elysées », deux morceaux bien barrés. El Hefe souffle dans sa trompette, alors que Fat Mike fait de son mieux pour aligner quelques paroles en français. Erik Sandin lance chacun des titres à la batterie, après de longs discours. Pendant « Bob », une chanson caractérisée par son refrain ‘15 years’, le band s’étonne des 45 années d’existence du festival : ’Woawww 45 years, this festival is older than we are !’ Dans la fosse, les pogos ne cesseront tout au long d’un set, propice à la bonne humeur. Car pour avoir la chance de les croiser ensuite en backstage, on peut vous assurer qu’ils sont en permanence dans l’énergie et la grosse déconnade. 

Un crochet par la Red Bull Music Room était souhaitable pour SONS, mais l’entrée est saturée de monde, et vu la chaleur étouffante qui y règne, ce n’est sans doute pas une bonne idée de vouloir y accéder à tout prix. Mais le succès de ce groupe belge n’est pas tellement étonnant, quand on sait qu’il a décroché un prix attribué par Studio Brussel, et que son premier opus fraichement sorti, « Family dinner », s’avère très prometteur.

Il est déjà minuit quand Offspring grimpe sur l’estrade. Elle est un peu loin la grande époque des 90’s où le groupe trônait en tête d’affiche, à Werchter. D’ailleurs en 2018, c’est tout en bas de de celle-là, en ouverture et à partir de 12h30, qu’il était programmé dans le cadre du Pinkpop. Dexter Holland semble avoir pris vingt kilos depuis, et rame toujours autant au chant, même s’il semble s’être amélioré (NDR : à moins que ce ne soit grâce à la technologie autotune ?). En tout cas, il peut s’appuyer sur Kevin Wasserman qui continue à se démener comme un beau diable, sur sa gratte. « Americana », « All I Want » et le tubesque « Come Out and Play », en ouverture, plantent le décor. Avant d’introduire un nouveau titre, « It won’t get better ». Le solo au piano concédé sur « Gone away » accorde à la foule un bref répit ; mais on se demande pourquoi le band trimbale ce piano en tournée, alors qu’il ne sert que pour un seul titre. En fin de set, Fat Mike qui ne s’est toujours pas changé, vient prêter sa voix à « The kids aren't alright ». Avant un rappel assez bref : « You're gonna go far, kid » et le hit « Self esteem ». Un show sans grande surprise mais finalement pas décevant non plus. D’ailleurs les quadras semblaient ravis, à son issue…

(Voir aussi note section photos ici)

(Organisation : Lokerse feesten)

Marky Ramone’s Blitzkrieg + The Damned + Heideroosjes + It It Anita + Cocaine Piss + NOFX + SONS + Offspring

samedi, 06 juillet 2019 16:08

Rock Zottegem 2019 : vendredi 5 Juillet

Le festival de Zottegem mérite de conserver son épithète Rock. En effet, de nombreux autres festivals, comme celui des Ardentes (NDR : qui se déroule ce même week-end), ne programment quasiment plus que des artistes rap, r’n’b, ou des djs, englobés dans la musique dite ‘urbaine’. Mais heureusement pour les fans de guitares, l’affiche de ce soir va nous régaler. Et particulièrement lors du show de Midnight Oil, une formation australienne qui se produit rarement en Belgique…

Alors que le festival n’est situé qu’à 40 km de son point de départ, votre serviteur va connaître un parcours plutôt difficile. Faut dire que Bruxelles accueille le Tour de France et rencontre, aujourd’hui, de multiples incidents techniques, dans les tunnels de son ring. Faudra donc s’armer de patience, en espérant ne pas trop louper de concerts…

En débarquant, l’accueil est toujours aussi familier, bon-enfant, sympathique et personnalisé. Des caractéristiques à souligner…

Flogging Molly va rapidement rendre le sourire et l’énergie nécessaires, après cette étape laborieuse. Le septuor californien connaît la recette depuis vingt ans pour enflammer les grandes salles et festivals. Et il ne l’a pas perdue. Raison pour laquelle, sans doute, son show accordé à l’Ancienne Belgique, en janvier dernier, était sold out. Son punk-rock celtique aux racines irlandaises navigue quelque part à la croisée des chemins de Dropkick Murphys, Pogues et Dubliners, dont il reprend le fameux « Seven drunken nights ». Très vite le single « Drunken Lullabies » déclenche des pogos sur une bonne quinzaine de rangs, face au podium. Et quelques slams embraient ; ce qui complique le travail des photographes et de la sécurité en front stage. Dave King a l’art de mettre son public en poche. Rouquin, il distribue des bières ou complimente des fans pour leurs t-shirts, et notamment l’un d’entre eux qui arbore l’effigie de Bad Religion et un autre de Johnny Cash. Son épouse, Bridget Regan, se charge du violon ou de l’emblématique tin whistle. Chaque sonorité émise par cette flûte irlandaise vous incite à taper du pied, et tout particulièrement lors de la ballade « If I Ever Leave This World Alive ». On est rapidement plongés au sein d’une ambiance de grand pub ou de fest noz bretonne ; attaqué tambour battant, « Seven Deadly Sins », constituant le point d’orgue du set. Bien sûr, la prestation concède quelques moments plus faibles, notamment lorsque le bassiste décide de se consacrer au micro ; ce qui ne nuit pas pour autant à l’ambiance générale. On épinglera encore le light show ; et tout particulièrement lorsque les faisceaux lumineux de couleur verte se focalisent sur la foule occupée de danser, accentuant cette impression d’être plongé au sein d’une fête irlandaise. 

Il y a autant de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur du chapiteau recouvrant la scène principale. Il faut dire que le soleil est généreux. Une marque de vodka qui sponsorise le festival a planté un château gonflable où jeunes, et moins jeunes, peuvent se défier.

Une petite scène est réservée aux Djs, une estrade sur laquelle va notamment se produire le Gantois Maxim Lany, qui s’est illustré en publiant l’album « Renaissance », paru sur le label Armada. Cependant, on est loin de l’atmosphère jeune et déjantée qui sévit au sein des festivals dit ‘branchés’…

A peine le temps de se rafraîchir, et Midnight Oil entame son show. Faut dire qu’entre deux artistes ou groupes, il ne faut que 20 minutes d’attente. Les fans du band aussie attendent ce moment depuis longtemps. Il faut d’ailleurs remonter à 1988, au Vooruit, et 1990, à Torhout/Werchter, pour trouver trace de sa présence en Belgique. En 1993, il participait encore à un mini-festival, au stade Grimonprez-Jooris, à Lille. Au cours des dernières années, il a de nouveau opéré quelques escales, en France, mais rien pour le pays des moules/frites. ‘It has been so long time’ clame Peter Garrett, à plusieurs reprises, pendant le concert. Qui commence en force par “Dead Heart ». La foule scande l’intro en chœur. Rob Hirst imprime énergiquement le tempo (NDR : il sera d’ailleurs soutenu tout au long du set) sur ses fûts. Peter s’avance lentement vers le micro. Du haut de ses 1m93, il est toujours aussi charismatique. Sa voix et son énergie sont demeurées intactes, malgré ses 66 balais. Les compositions non plus n’ont pas pris une ride, chaque musicien y participant activement, le saxophoniste apportant, en outre, une petite touche jazzyfiante. Des messages citoyens sont affichés sur un calicot en fond de scène, mais écrits en petits caractères, ils ne sont guère lisibles. On regrettera d’ailleurs le peu de déclarations émises par le leader, pourtant réputé pour son engagement politique. Il va simplement se contenter de lancer une petite pique à l’égard des USA sur « Blue sky mine », mais également rendre un hommage aux aborigènes (qu’il a défendu à travers les lyrics des morceaux de son album, « Diesel and dust »), avant d’aborder son tube « Beds are burning », dont le public reprend en chœur le ‘How do we sleep while our beds are burning ?’ du refrain, à haute voix. Un hymne australien inoxydable ! En fin de parcours le band nous livre encore un très punk « Forgotten years », avant de vider les lieux sous l’ovation générale de l’auditoire...

Setlist : « The Dead Heart », « Redneck Wonderland »,« King of the Mountain », « Truganini », « Blue Sky Mine », « Whoah » ,« My Country », « Short Memory », « Kosciusko », « Only the Strong», « Put Down That Weapon », « Beds Are Burning », « Forgotten Years »

Formation batave, Heideroosjes jouit d’une certaine notoriété au Nord du pays. Mais son punk un peu bourrin ne recueille pas les faveurs de votre serviteur.

Au cours de la nuit, le come-back (encore un) de Limp Bizkit avait vraiment de quoi réjouir la galerie. Mais en privilégiant les covers, alors qu’il compte sept elpee dans sa discographie, il a manqué sa cible. En outre, la fatigue commence à ronger les organismes. Et en rejoignant ses pénates, votre serviteur se ménage quelque peu pour le lendemain…

(Organisation : Rock Zottegem)

Flogging Molly + Maxim Lany + Midnight Oil + Heideroosjes + Lim Bizkit

Pour les photos, c'est ici

C’est déjà la huitième soirée des Nuits. Si le chapiteau n’est qu’à moitié rempli pour le set de Flavien Berger, celui que son compatriote tout aussi décalé Bertrand Belin va accorder à l’Orangerie, est sold out depuis belle lurette.

Et la salle est déjà bien garnie, lorsqu’Antoine Chance grimpe sur l’estrade. Son pseudo est le résultat de la traduction du néerlandais en français, de celui de son père, Philippe Geluck. Pour enregistrer son premier opus, « Fou », gravé en 2005, il avait reçu le concours de ses concitoyens, Jacques Duvall et Vincent Taeger. Il vient de publier son deuxième elpee, « Si vivante », un disque davantage électro, mais aux refrains rudimentaires. Ce soir il passe allègrement entre son clavier et un séquenceur minimaliste. Il est épaulé par un autre claviériste/bassiste, un batteur et guitariste, sosie de Neil Halstead. Avant d’interpréter « Eleonore », il demande à l’auditoire si une jeune fille porte ce prénom. Mais personne ne se signale dans la fosse. Un titre qui à quelques lettres près ressemble à une compo de Dominique A, et paradoxalement, cette chanson est également construite en crescendo. Cool, « Le courant » est bien plus alternatif que continu (NDR : le clip vidéo a d’ailleurs été tourné au sein et dans les jardins du Botanique). Décontracté tout au long du show, Antoine porte une chemise à fleurs qu’il avouera avoir emprunté à sa femme. Humoristiquement, il propose d’interpréter le second titre prévu pour le rappel au bar, ayant été sommé dans l’oreillette de respecter son timing. Il va d’ailleurs jouer les prolongations dans les couloirs et à la terrasse du Bota, en compagnie de son band. Bref, Antoine Chance nous a accordé un set très plaisant, mais pas vraiment transcendant ; les mauvaises langues en profiteront sans doute pour répéter qu’être le ‘fils de’ a dû contribuer à lui frayer un chemin dans le paysage audio belge.

La carrière solo de Bertrand Belin s’étire sur une quinzaine d’années, au rythme d’un album tous les trois ans. Il avait pourtant milité au sein de groupes rock dans les 90’s. Après une pause scénique entre fin 2016 et fin 2018, il a repris la route des salles françaises ; et en point d’orgue, il s’est produit à l’Olympia de Paris, il y a quelques semaines. Ce mardi, il fait à nouveau escale à Bruxelles. Sur le podium, il est épaulé par deux claviéristes, un bassiste et Tatiana Mladenotitch (NDR : dont le look est toujours aussi masculin) à la batterie. Coupe de cheveux soignée, costard, l’élégant Breton occupe bien le devant de la scène. Le début du set réserve une large place à son dernier opus fraîchement sorti, « Persona ». Il nous propose des versions bien électrifiées de certains de ses titres. A l’instar du renversant (?!?!?) « Sur le cul » qu’il enchaîne par « Choses nouvelles ». Tatania le rejoint aux vocaux pour attaquer « En rang (Euclide) ». Exécuté quasi a-capella, le morceau ne tolère que quelques notes de synthé pour ponctuer leurs dictions. Entre les titres, il se lance cependant dans de (trop) longs monologues. Bourvil doit se retourner dans sa tombe s’il entend la longue intro du jazzyfiant « Camarade » (‘Je travaillais à travailler’). Dans les lyrics, il décrit différents personnages à travers leur vie quotidienne. En rappel, sa version du rock/garage « Dimanche » (NDR : une compo qui est issue de sa collaboration avec les Limiñanas) est littéralement incendiaire. On en oublierait presque la voix de Bertrand Belin, qui rappelle toujours autant celle d’Alain Bashung, mais si le natif de Quiberon est aussi créatif, il est bien plus excentrique…

 (Organisation : Botanique)

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Après avoir été programmé au Rock Werchter et s’être produit dans un Wiltloof Bar comble, il y a deux ans, Sam Fender est de retour au Botanique, mais dans le cadre des Nuits. Pas étonnant que l’Orangerie ait vite affiché complet. Et qu’une grande partie du public soit anglophone. Faut dire qu’il a bénéficié d’un sérieux coup de pouce médiatique outre-Manche, grâce à sa nomination au ‘BBC's Sound of 2018’ et surtout après avoir décroché un ‘Brit Awards Critics’ Choice’.

Et la soirée débute déjà sous l’égide britannique, puisque The Pale White ouvre les hostilités. Originaire de Newcastle, ce trio semble vouloir nous en mettre plein la vue et surtout les oreilles, sur le peu de temps (30 minutes) qui lui est imparti. Sans temps mort, il enchaîne sept titres, tel un Anthony Joshua qui alignerait ses uppercuts ou encore un Queens of The Stone Age qui aurait suivi une cure de jouvence (NDR : et son public aussi). « Loveless », « Medecine » et en clôture « End of time » constituent autant de singles que l’on entendrait volontiers sur les ondes radiophoniques…

L’Orangerie se remplit davantage avant que Sam Fender et sa troupe ne débarquent. La température monte d’un cran, au propre au comme au figuré, les jeunes filles agglutinées aux premiers rangs commençant à pousser des cris stridents. Le set commence fort par le très rythmé « Millenial », un morceau rappelant Arctic Monkeys. Guère avare de commentaires entre les titres, le natif de North Shields (NDR : une petite ville proche de Newcastle d’où est originaire le supporting act) n’hésite pas à plaisanter avec l’auditoire, le comparant à celui de Glasgow. A l’instar de son dernier passage au Bota, « Dead boys » et « Hypersonic missiles », des titres qui devraient figurer sur son premier LP, un éponyme, font mouche. Le second gratteur, Dean Thompson, enrichit les compos, pourtant déjà captivantes, de touches plus rock, parfois folk. Et ses interventions sont judicieuses. « Play gold » clôt une première moitié de set, à l’issue duquel Sam est abandonné par son backing group. Seul sur les planches, il simule un rappel. Puis nous réserve trois titres en solo. Sa voix est alors haut-perchée, comme hantée par le regretté Jeff Buckley. Toujours aussi loquace, ce beau gosse continue son one-man show en blaguant entre les morceaux (NDR : son expérience d’acteur, notamment dans des séries anglaises, doit certainement le servir). Lors du final, la formation est à nouveau au complet pour attaquer le single « That sound ». Si le premier elpee de Sam Fender ne paraîtra qu’au mois d’août prochain, manifestement, la route vers le succès de ce jeune Britannique qui vient de souffler ses 25 bougies est toute tracée…

Sam Fender + The Pale White

(Organisation : Botanique)

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mardi, 05 mars 2019 10:55

Conceptuel mais déconcertant…

Suivant sa bonne habitude, Laibach va de nouveau tenter de nous surprendre, ce soir, au Botanique. Entre provocation, brouillage de pistes et jeu de scène époustouflant, le set sera partagé en deux parties distinctes, séparé par une intermission, mais prolongé par un troisième acte (NDR : le rappel), toujours aussi désarmant.

Groupe de référence dans l’univers de la musique indus voire dark wave, Laibach est originaire de Slovénie (NDR : son patronyme n’est autre que l’ancienne appellation de la capitale slovène, Ljubljana). Créative, sa carrière a commencé début des eighties ; aussi, en retracer l’historique nécessiterait l’écriture d’un bouquin, et la résumer est quasi-mission impossible.

Rien que pour comprendre son dernier engagement majeur, en l’occurrence sa tournée accomplie en Corée du Nord, il a fallu se farcir un long documentaire. Intitulé « Liberation day », il était d’ailleurs projeté, la veille de ce concert, au cinéma Nova, à Bruxelles, en présence du réalisateur Morten Traavik et d'Ivan Novak, un des membres du band, une projection à laquelle de nombreux fans ont assisté.

L’Orangerie est presque sold out pour accueillir Laibach. Assez mature, le public réunit de nombreux nostalgiques de la période indus. Le show va démarrer avec un bon quart d’heure de retard. Etonnant quand on connaît la ponctualité bien germanique du combo. Première surprise : l’intro ! Et pour cause, on se croirait dans la basse-cour d’une ferme… Le premier acte est consacré au dernier opus, « The sound of music», dont le tracklisting est interprété dans son intégralité et l’ordre. Inspiré du dernier périple opéré en République populaire démocratique de Corée, mais également du film ‘La mélodie du bonheur’, un long métrage très prisé au pays de Kim Jong-un, cet elpee a, de nouveau, de quoi déconcerter. Pourtant, les premières minutes du set sont carrément agaçantes. Le chant lyrique de la choriste évoque celle d’une candidate de l’Eurovision. Mais dès que Milan Fras grimpe sur le podium pour y poser sa voix immuablement rauque sur le titre maître de l’album, le concert prend une toute autre dimension. L’ensemble devient harmonieux, pondéré et maîtrisé. Même Milan affiche le sourire et adresse un regard bienveillant à l’égard de son public et des autres membres de la formation. Ce qui est inhabituel dans son chef. Les images projetées en arrière-plan et sur les enceintes sont carrément bluffantes. Excellent, « Edelweiss » est enrichi de chœurs d’enfants… mais samplés. Et tout aussi épatant, « So long. Farewell » est décliné en plusieurs langues (‘auf wiedersehen, adieu’).

Après l’entracte, au timing quand même scrupuleusement respecté, place au deuxième volet du show. Pour lequel les acteurs ont changé de costume. Et la musique va aussi changer radicalement de style, passant alors à l’indus. Tout au long de « Mi kujemo bodočnost », Milan nous matraque de slogans. Avant de s’éclipser quelques minutes afin de laisser ses musicos s’exprimer à travers une musique tour à tour bruitiste, jazzyfiante et même métallique. On pourrait imaginer qu’il s’agit d’une jam, mais en fait, tout est réglé comme du papier à musique, à l’instar de l’ensemble du spectacle qu’on pourrait qualifier de conceptuel. « Smrt za smrt » et « Nova akropola » s’enchaînent à merveille. Les lyrics sont martelés à la manière d’un leader politique dont le disours tient de la propagande. Pendant « Vier personen », les  portraits de Marx, Engels, Lénine ou Trump s’affichent tour à tour. Cherchez l’erreur ! Le temps de six morceaux, soit durant une bonne trentaine de minutes, on est plongé au sein d’un univers sombre, à la limite de la persécution…

Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque le rappel va se singulariser par une autre forme d’audace. Laibach nous réserve ainsi une cover du « Sympathy for the devil » des Stones, d’abord. Puis « The coming race » nous plonge dans la science-fiction, et tout particulièrement celle du film ‘Iron sky’. Encore qu’on y décèle, à nouveau, des traces eurovisonaires, mais aussi du générique d’un hypothétique James Bond. Marina Mårtensson, la nouvelle chanteuse, revient sur l’estrade, dans une tenue beaucoup plus décontractée. Haut-perchée, sa voix peut impressionner, mais votre serviteur préférait celle de sa devancière, Mina Špiler. « Surfing through the Galax y » clôt la prestation. Un titre country/folk bien yankee, au cours duquel Milan revient coiffé d’un chapeau texan. Déroutant ! Mais de quoi aussi briser son image gothique.

D’ailleurs de nombreux fans purs et durs d’EBM ou indus de la première heure, reconnaissables à leur crâne plutôt rasé, quittent prématurément le show, criant presque à la supercherie. A contrario celles et ceux qui apprécient l’originalité et la liberté de ton du spectacle, approuvent, félicitent et l’ovationnent, car il est bien plus intéressant que celui de ces groupes ou artistes issus des eighties, qui se contentent, lors de leurs concerts, de proposer un répertoire en forme de ‘best of’… 

 (Organisation : Botanique)