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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
mercredi, 25 septembre 2019 05:59

Liaane : un nouveau projet très 'accrocheur'

Dès le premier contact, on est enlacés, ligotés, hypnotisés. La 'Liaane' glisse et grimpe, gagne le coeur et ensuite l'esprit. Il n'est pas question ici de la liane sacrée, chère aux chamans d'Amazonie, mais bien d'une chanson du nouveau duo électro 'Liaane'. Basé à Bruxelles, il est composé de Claudia Chiaramonte (ex-Starving) et Grégoire Fray (Thot, The Hills Mover). Les deux musiciens viennent de publier un premier titre, « Alliance », qui est une véritable perle.

S'adressant à sa fille, Claudia Chiaramonte lui chante d'émouvants conseils pour survivre dans la jungle urbaine. « Accroche-toi comme une liane, Oh mon amour éternel ». La voix est pure, déchirante et éminemment touchante. Les arrangements électroniques sont pulsants, lancinants, presque robotiques, comme pour mieux symboliser la jungle moderne. Une progression fait monter l'intensité jusqu'à la cime musicale et soudain, la liane change de branche et on est projeté dans un autre registre harmonique, sur une autre canopée sonore, illuminée par un riff de guitare répétitif évocateur de Nine Inch Nails (NDR : une excellente référence).

En fait, le projet Liaane existe depuis 2016 mais, comme le précise Grégoire Fray, « nous avons pris le temps de nous faire plaisir, sans pression ». Le duo prévoit de sortir un autre titre avec un clip vidéo dans les prochaines semaines en attendant, qui sait, un premier EP/LP ? Pour les spécialistes, notons que Claudia avait déjà posé ses belles cordes vocales sur le morceau Bosphore, de l'album Fleuve de Thot. Et on pouvait aussi (déjà) l'entendre sur 2 titres de l'album Obscured By The Wind.

Un projet à suivre de très près, car la liane a pour habitude de grimper vers le ciel...

Pour écouter « Alliance » :

 Pour suivre Liaane :

Philippe Carly, un des plus grands photographes de l'époque 'new-wave' en Belgique, vient de lancer une campagne de financement participatif pour permettre l'impression de l'addendum de son livre « Au Plan K - Joy Division & Post-Punk à La Raffinerie du Plan K ».

Rappelons-le: le Plan K était un bâtiment mythique situé près de la Porte de Ninove, à Bruxelles, où furent organisées certaines des soirées les plus avant-gardistes et les plus originales de la période new-wave. On se souvient particulièrement des concerts de Joy Division, ce groupe légendaire de Manchester qui a acquis le statut de mythe grâce à une carrière courte mais fulgurante, fauchée par le suicide de son chanteur, Ian Curtis.

Philippe Carly était présent en tant que photographe lors des deux concerts accordés au Plan K par Joy Division en 1979 et 1980 et ses photos ont fait le tour du monde. Il y a 3 ans, le photographe avait partagé ces superbes images dans un luxueux livre qui contenait également moultes témoignages de musiciens, d‘artistes et de témoins qui ont vécu là-bas des moments d’éternité.

Aujourd'hui, on est à la veille de célébrer les 40 ans des deux concerts "mythiques" de Joy Division au Plan K, une belle occasion de publier un addendum au premier livre. On y trouvera des nouvelles photos, des nouvelles affiches, des nouveaux témoignages, des documents inédits et surtout l'interview par Philippe Cornet d'Annik Honoré, la journaliste belge qui fut l'âme-soeur de Ian Curtis.

Cet addendum sera un livre séparé, couverture toilée grise avec sérigraphie blanche, sans jaquette, de même taille (30 cm x 30 cm), de même qualité, de même "look and feel" (mise en page, photos N&B en bichromie) que son illustre prédécesseur. L'addendum sera strictement réservé aux participants à cette campagne de financement. Il ne sera plus disponible après, ni en magasin, ni auprès du photographe.

Une soirée « release » privée, exclusivement sur invitation, sera organisée dans les murs même de la Raffinerie, le 17 janvier 2020, jour du 40e anniversaire du deuxième concert de Joy Division. Ce sera une occasion unique de revenir en ce lieu dans lequel les fans ont vécu tant de moments d'exception. Tout ça en écoutant de la musique 100% "Plan K" avec Phil Blackmarquis aux platines.

Pour participer à ce beau projet : https://fr.ulule.com/auplank40/

Le site de Philippe Carly : ici.

C'est dans le cadre intime de l'AB Club que la direction de l'Ancienne Belgique donnait rendez-vous à la presse le 5 septembre dernier pour présenter le programme du 40e anniversaire de cette salle mythique bruxelloise. On se souvient qu'en 1979, la salle avait été rachetée par la Communauté flamande, tandis que le Botanique tombait dans l'escarcelle de la Communauté française. Bien sûr, l'Ancienne Belgique existe depuis plus de 40 ans et dans son allocution, Dirk de Clippeleir, directeur, a tenu à rendre hommage à Georges Mathonet. C'est en effet ce jeune homme de 22 ans qui, en 1931, racheta l'immeuble, construit à l'origine au 18e siècle par la Guilde des Commerçants, pour y développer un concept de music-hall à ce point novateur qu'il inspira le célèbre Olympia parisien.

Aujourd'hui, l'Ancienne Belgique est à l'apogée de son succès. La saison passée, le cap des 300.000 visiteurs a été franchi et le calendrier des concerts est rempli jusqu'au mois de juin prochain. Dans le programme du 40e anniversaire, un rôle central a été attribué à 2manydjs. La soirée du 21 septembre sera articulée autour des frères Dewaele, qui inviteront la fine fleur de leur label DEEWEE. Détail croustillant : Stephen Dewaele a travaillé derrière le bar de l'AB dans sa jeunesse !

Le directeur artistique de l'AB, Kurt Overbergh, a fait appel à d'autres artistes pour jouer le rôle de curateurs des 40 ans : Mark Lanegan et nos amis de Whispering Sons. On espère que ces derniers permettront, enfin, à la musique 'wave' de résonner au sein de la salle mythique. Rappelons que le combo limbourgeois est le chef de file de ce mouvement ('wave') qui vise à faire revivre la 'new-wave' et le 'post-punk' en leur donnant un son moderne et en les hybridant avec d'autres styles plus récents (techno, electro, ambient,...).

Au programme des 40 ans, il y aura également un concert sur le Boulevard Anspach, le dimanche 22 septembre, encore une première. Mieux encore : l'AB ira à l'église ! S'inspirant des 'Sunday Services' de Kanye West, l'AB organisera des concerts dans l'église du Béguinage et dans la cathédrale Saints Michel et Gudule. La chapelle des Brigittines accueillera un concert du collectif de jazz londonien Church of Sound.

L'histoire de l'AB 'new style' depuis 1979 regorge évidemment d'anecdotes et de moments mémorables. Dirk De Clippeleir aime rappeler que la salle a vu éclore des artistes de renommée mondiale, de Kraftwerk à Muse, d’Oasis à Etienne Daho, et de Radiohead à Adèle. Il évoque par ailleurs ce concert complètement fou de Suicide en première partie d'Elvis Costello, au cours duquel des punks avaient mis le feu au balcon.

Dans un entretien exclusif qu'il nous a accordé après la conférence de presse, le directeur de l'AB se souvient aussi que son premier grand flash, à 18 ans, c'était à l'AB, lors du concert de Prince Il avait été littéralement subjugué par Wendy et Lisa. Autres souvenirs marquants : Kraftwerk en 1994 et le concert de The Scene en 2014, où le chanteur, se sachant malade et condamné, avait chanté avec tout le public « En ik hef het glas op jouw gezondheid, want jij staat niet alleen » (« Et je lève mon verre à ta santé, car tu n'es pas seul »).

Quant à Kurt Overbergh, il nous confie, en privé, que son grand rève de programmateur aurait été de 'booker' Tom Waits. « J'y suis presque arrivé en 2004, mais au dernier moment, l'Américain a préféré le théâtre Elckerlyc, une vieille salle anversoise qui correspondait mieux à l'ambiance qu'il souhaitait créer. » Quant à ses projets pour les prochains mois, Kurt souhaite que l'AB produise davantage de créations uniques, des spectacles créés en 'one shot' à l'AB et prolongés par un disque et/ou une vidéo. Il nous offre même ce que l'on peut considérer comme un scoop : il va organiser un concert articulé autour du sextuple album « Anthology of American Folk Music » de Harry Smith (1952). Des artistes contemporains comme, par exemple, le groupe Wilco, interpréteront en 'live' les classiques de l'anthologie et tout cela sortira, au final, sur un disque ! On suivra ça de très près !

Pour consulter le programme des 40 ans de l'AB 

mardi, 03 septembre 2019 19:24

Psy'Aviah touché par la grâce...

Psy'Aviah, c'est le projet créé par l'Anversois Yves Schelpe. Après avoir remporté le DEMOPOLL de Studio Brussels en 2003 et avoir été lauréat du concours BBC "Next Big Thing" en 2007 – excusez du peu!-, il s'est surtout fait remarquer dans les milieux dits 'dark' grâce à une musique oscillant entre synth-pop, darkwave et EBM.

On se souvient des excellents titres « OK » et « Circles », publiés en 2011 et 2013 avec la contribution vocale d'Emélie Nicolaï. Aujourd'hui, Yves Schelpe revient avec un 9ème opus, «Soul Searching», un concept-album qui confirme un virage en faveur d'une musique plus lumineuse, plus orientée electro-pop, synthwave et trip-hop.

Les chansons sont rehaussées par la participation de chanteuses comme Mari Kattman (Helix), Kyoko Baertsoen (ex-Hooverphonic & Lunascape), Lis van den Akker, Ellia Bisker (Charming Disaster), Addie Nicole, Saydi Driggers, Alicia May et Marieke Lightband. On trouve également des chanteurs du sexe 'fort', notamment Roeland van der Velde (Modèle Déposé), Mark Bebb (Shelter) et, surtout, l'invité le plus prestigieux et le plus original : le Dr Dirk De Wachter, un psychiatre, écrivain et conférencier très connu dans le nord du pays. C'est lui qui introduit la première plage, « Becoming Human ». Son texte est poignant et empreint d'une conscience supérieure sur le destin de l'homme dans un monde en pleine mutation.

Cette philosophie, très chamanique, traverse les 12 plages de l'oeuvre et est également, et de superbe façon, représentée dans le graphisme que l'on doit au Japonais Tomoki Haysaka.

Pour découvrir "Soul Searching" en vidéo:
- Searching (ft. Mari Kattman) 

- Dream Fever (ft. Saydi Driggers) 

- Becoming Human (ft. Prof. Dr. Dirk De Wachter) 

- preview sur soundcloud.

L'album sera publié le 1er novembre prochain par Alfa-Matrix mais est d'ores et déjà disponible en pré-vente :

 

mercredi, 21 août 2019 21:10

Fear Inoculum

Pré-écoute exclusive du nouvel album de Tool, « Fear Inoculum »

C'est le disque que 'Tool-e' monde veut écouter... Au-delà du jeu de mot, c'est un fait incontournable : il y a 13 longues années que les fans l'attendent, le nouvel album de Tool. Et là, on y est presque : « Fear Inoculum » paraît le 30 août prochain ! Et cerise sur le gâteau, Musiczine a été invité à une pré-écoute exclusive pour la presse du nouvel opus, dans les bureaux de Sony Music à Bruxelles.

Autant le dire tout de suite : c'est du 100% Tool et c'est un très bon cru. Les fans seront aux anges et seuls quelques critiques grincheux regretteront le manque de renouvellement du combo américain sur ce cinquième long format. ‘Never change a winning team’, n'est-ce pas ?

Produit par Joe Barresi et masterisé par Bob Ludwig, « Fear Inoculum » recèle sept longs morceaux et s'étend au total sur 85 minutes sous sa version CD. Dans la version digitale complète, figurent deux instrumentaux supplémentaires.

Mais entrons dans le vif du sujet : la chronique de cette œuvre tant attendue. La plage titulaire, « Fear Inoculum », on la connait déjà. Elle est sortie il y a 15 jours et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle place d'emblée la barre très haut. Un son de cloche tibétaine marque l'entame de ce qui peut être considéré comme une cérémonie. Car, on le sait, une des singularités de Tool, c'est de réussir à créer une atmosphère chamanique, comme si on était au milieu d'un rituel tribal. Les sons de guitare sont doux et hypnotiques et la voix de Maynard James Keenan est cristalline. Elle semble émaner d'une dimension astrale. Fidèle à une architecture sonore bien huilée, Tool ne reste pas longtemps dans la douceur mais, au contraire, fait monter l'intensité jusqu'à la déflagration post-métal dominée par le jeu polyrythmique du batteur, Danny Carey. Après de multiples méandres très 'prog', la compo s’achève par une pulsion saccadée, telle une mitraillette, à l'unisson, parfaitement dans la tradition de ce groupe hors normes. Une belle réussite, ce morceau, qui, en passant, est le titre le plus long (plus de 10 minutes) à avoir été dans le 'Billboard Hot 100 singles'.

C'est Justin Chancellor, le bassiste, qui marque de son empreinte le début de la seconde plage, « Pneuma ». Son riff sur deux cordes, communique un son inimitable. Il est relayé par Adam Jones à la guitare dans une rythmique délicieusement syncopée. Il faut dire que Tool est spécialisé dans les mesures non-conventionnelles, principalement la 7/8. Dans cette compo, ce qui surprend, cependant, c'est le break glissé au beau milieu de la chanson : des tablas indiens et une basse carrément perchée confèrent au passage un caractère oriental très séduisant. Des volutes de synthés (eh oui !) viennent nous caresser les tympans avant qu'une progression en puissance ne cède le relais à un superbe solo de guitare. La machine à remonter le temps nous ramène ici aux meilleurs moments de la 'prog' des années '70, mais avec le son du XXIème siècle. Un pur bonheur !

A l'instar de « Descending », « Invincible » est un titre que les fans ont déjà pu découvrir en live, entre autres à Werchter. Il s'ouvre sur des arpèges de gratte qui forment comme un nœud gordien. La voix de Keenan est désarmante et pure. Elle plane dans les airs, tel un aigle royal. Mais cette plénitude est de courte durée : le thème guerrier de la piste réclame une déferlante de toms et de basses, laquelle mène au refrain. ‘Warrior Struggling...’, éructe ce diable de Keenan. Dans le désormais classique 'break' inséré à mi-parcours, on retrouve un synthé qui, cette fois, ose une mélodie très accrocheuse, sur laquelle Keenan vient déposer un chant trafiqué au vocoder. Audacieux et ensorcelant !

« Descending » nous plonge tout d'abord dans les vagues d'un océan. On espère alors un changement d'atmosphère et de style mais, malheureusement, la structure de la composition reste en grande partie semblable à celle des plages précédentes. On apprécie néanmoins la précision chirurgicale manifestée par les quatre musiciens pour construire les passages les plus progressifs, ciselant avec maestria une sorte de cubisme sonique, déstructuré, à la limite du déséquilibre mais toujours harmonieux, comme une suite de Fibonacci.

Pas de doute : « Culling Voices » constitue le meilleur morceau de l'opus. Il est, en tout cas, celui qui nous a le plus séduit, à la première écoute. C'est aussi la compo la plus mélodique, et la plus calme. Après une introduction aux synthés très planante, quasi floydienne, Adam Jones égrène de jolis arpèges en haut de son manche et la mélodie créée ici par Keenan est d'une indicible beauté. ‘Psychopathy, misleading me over and over’, murmure-t-il dans un souffle. Son chant semble défier les règles du système tonal occidental, mais sans jamais les transgresser. Lentement, la chanson se développe, comme un serpent qui se faufile dans notre cerveau. Un magnifique track, qui évoque les meilleurs moments de A Perfect Circle, le side-project de Keenan.

On ne s’attardera pas trop sur l'instrumental « Chocolate Chip Trip », une 'compo' du batteur qui se résume à des sons de cloches, un loop de synthé trafiqué, au-dessus duquel le musicien s'autorise un solo poussif et sans intérêt.

Heureusement, la dernière composition de l'album, « 7empest » remet les pendules à l'heure car c'est tout simplement une bombe. Direct, comme un coup de poing asséné dans le visage ou plus métaphoriquement, comme s’il frappait immédiatement en plein cœur. Les riffs sont saturés et la voix, hargneuse. ‘There's no other like you’ s’échappe comme un cri qui sort de la gorge de Keenan. Après la bagatelle de 3 solos de guitare (NDR : ce qui semble un peu excessif !), l’album se clôture de la plus belle façon, par un impeccable unisson de tous les instruments.

En un mot comme en cent, c'est un disque superbe. Il recèle ce qui fait la quintessence de Tool depuis sa création, en 1990. On pourrait le décrire comme un labyrinthe musical qui vous guide dans un voyage transcendantal vers des mondes invisibles. Une musique, complexe, tendue, sur le fil du rasoir, semblable à  une géométrie sacrée. A chaque moment, « Fear Inoculum » inocule une joie sourde et profonde. C'est l'instrument de l'élévation de notre conscience et ça tombe bien, ‘instrument’, en anglais, se traduit par... « Tool »...

Tracklist :

  1. Fear Inoculum
  2. Pneuma
  3. Invincible
  4. Descending
  5. Culling Voices
  6. Chocolate Chip Trip
  7. 7empest

 En bonus digital :

  •  Litanie contre la Peur
  •  Legion Inoculant
  •  Mockingbeat

 Merci à Sony Music Belgium

Mise à jour du 30 août 2019: l'album est sorti! Pour écouter, c'est ici

 

Alk-a-line, c'est l'association de deux 'electro-witches', comme elles aiment se qualifier elles-mêmes : Laurence Castelain, alias Sonic Witch (également dans Flesh & Fell) et Sandra Hagenaar, alias Toxic Witch (également dans Fifty Foot Combo). Basées à Bruxelles, les deux musiciennes proposent une musique énergique, comme un mélange alchimique entre l'électro et l'EBM (Electro-Body Music).

Alk-a-line vient d'annonceer « Species & Specimens », le 3ème album du duo, qui sortira en septembre 2019 sur Cheap Satanism Records! Musiczine a pu obtenir, en avant-première, un exemplaire de l'opus. Il offre 30 minutes de beats dopés à la caféine, truffés de claviers endiablés, de basses saturées, de chants surpuissants auxquels répond parfois l’étrange voix du thérémine. La tracklist alterne des inédits Homo Sapiens, Boom Boom Dance, Dogs, Black Queen, Human et des morceaux réarrangés, taillés sur mesure pour les invités des deux fées de l'ultra-son : Jacques Duvall, le célèbre parolier de Lio, Peter Slabbynck de Red Zebra, Bruce Ellison de Volt Selector et Ross Demon de Length of Time.

Le clip du single « Homo Sapiens », réalisé au Magasin4 à Bruxelles, vient juste d'être publié par le duo sur sa chaîne Youtube : on peut le découvrir ici

Alk-a-line :

Photo : couverture de l'album « Species & Specimens » avec, à l'arrière-plan, les musiciens en 'featuring' : de g. à dr. : Bruce Ellison, Jacques Duvall, Peter Slabbynck et Ross Demon.

Le décompte a commencé! C'est dans 6 petites semaines qu'aura lieu le W-Festival (W-Fest)! L’édition 2019 ne se déroulera plus à Amougies, mais à l’Expo de Waregem, pour une programmation qui se sera toujours focalisée sur la new-wave, la cold-wave, la darkwave, la synthpop et l’EBM. A l’affiche se produiront, notamment, le 15 août, The Blow Monkeys, Cassandra Complex, Echo & The Bunnymen et The Stranglers, le 16 août, Nik Kershaw, Tony Hadley, Siglo XX, Howard Jones et Allez Allez, le 17 août Lene Lovich Band, Human League, Killing Joke et Nitzer Ebb, et enfin, le 18 août, China Crisis, Jimmy Sommerville, Red Zebra et New Model Army.

Pour consulter la programmation complète et pour commander vos tickets: http://www.w-festival.com

jeudi, 23 mai 2019 16:37

Sandor la nuit, Virginie le jour...

Véritable révélation sur la scène pop synthétique francophone, la Suissesse Sandor aime cultiver l'ambiguïté. D'abord, son nom est emprunté à une comtesse hongroise du XIXème siècle qui a adopté le genre masculin ; une pionnière transgenre, en somme. Et le côté androgyne est bien sûr présent dans le personnage de la chanteuse valaisanne. Ainsi, dans le très explicite « Tu Disais », elle adopte tour à tour les points de vue narratifs masculins et féminins, avec un réalisme étonnant et des mots très crus. Autre ambiguïté : le mélange du sombre et du lumineux. Il y a quelque chose de la froideur 'new-wave' dans le premier opus de l'artiste valaisanne. Les synthés sont omniprésents et les arrangements font écho à Eurythmics, Rita Mitsuko, Niagara ou Mylène Farmer. Ce côté 'dark' constitue un exutoire pour cette institutrice de formation qui incarne Virginie le jour et Sandor, la nuit (NDR : pardon pour le jeu de mots).

Musiczine a rencontré la chanteuse lors d'une journée 'promo' organisée à Bruxelles. L'occasion de boire un thé maison sur la terrasse ensoleillée du Belga, en sa compagnie...

Comment définirais-tu ta musique ?

Perso, je n'aime pas définir le style de musique qui me correspond. Je laisse ce soin aux autres…

Tu accepterais le terme 'Pop synthétique' ?

Oui, bien sûr !

En y ajoutant un côté plus sombre, un peu 'new-wave', combiné à une tradition de la chanson française ? Dans l’esprit de Niagara, Eurythmics voire même Mylène Farmer ?

Effectivement. J'ai pas mal écouté de la chanson française au cours de mon enfance. Mes parents appréciaient Gainsbourg, Barbara, etc. Mon père s’intéressait plutôt au jazz et ma mère était plutôt branchée par la musique des années 'hippie', comme Melanie... Mais quand j'ai entendu Mylène Farmer, au début, j'ai été fascinée par les arrangements, surtout par les intros des morceaux, parce qu’elles étaient truffées de bruitages, de pleurs de bébés, de cris...

Vous partagez aussi un côté sensuel et même carrément sexuel...

Oui, ses textes étaient souvent provocants. J'aime ce côté direct, tout sauf réconfortant. Et c'est pourquoi je préfère les sonorités chaleureuses, dans le mastering, afin de contrebalancer les plus froides...

Le son de l'album est d'ailleurs très bon, ample et profond. Et les arrangements sont superbes.

Pour la plupart, ils sont signés par Jérémie Durciel.

Ils révèlent une richesse et une subtilité remarquables. Tu lui as dicté des consignes ?

Oui. C'est très facile de travailler avec lui parce que notre entente est parfaite. Je lui suggérais des ébauches et ensuite, il me renvoyait ses démos afin que j’exprime mon opinion. On a tenté de nombreuses versions avant d’obtenir le bon 'son'.

Tu as rencontré des problèmes pour « Tu Disais » ?

Oui. La chanson a été censurée sur les ondes radiophoniques, en Suisse. Quand elle a été diffusée la première fois, des plaintes ont été enregistrées. C'est étonnant parce qu'en fait, c'est simplement une chanson d'amour.

Ce sont les mots, très crus, qui choquent certaines personnes. Tu as envisagé de sortir une version édulcorée ?

On y a pensé mais finalement, j’ai abandonné l’idée. Ce serait dommage de dénaturer le propos. 30 ans plus tôt, des artistes comme Gainsbourg, Rita Mitsuko ou même Desproges jouissaient d’une totale liberté de ton. Aujourd'hui, on est soumis à davantage de contrôle. D'un côté, c'est judicieux, car le système permet de combattre les propos racistes ou homophobes mais d'un autre côté, on assiste à une radicalisation par rapport à la sexualité. Pourtant, on peut parler de sexe sans que le sujet soit obscène.

Ce côté explicite, un peu 'in your face' est familier au rap, surtout dans « Ange Gardien ».

Oui, surtout à cause du rythme. Le tempo est lent. Libé a baptisé « Tu Disais » de chanson 'rappeuse'.

Intéressant, tu incarnes parfois le rôle d'un homme dans tes chansons.

J'aime jouer sur cette ambivalence. Les chansons ont pour objectif de s’adresser à tout le monde. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai opté pour ce nom, Sandor. Il me permet d'exprimer mon profil masculin. 

As-tu l’impression de surfer sur cette vague de chanteuses francophones très féminines et un peu androgynes, impliquant, par exemple, Jeanne Added, Fishbach ou Clara Luciani ?

Oui. On relève de la même génération. On nous a inculqué les mêmes références au cours de notre enfance. Et on se laisse porter par elles sans avoir peur, sans complexes.

Tu connais bien la Belgique ?

Je me suis déjà produite dans le cadre des Nuits Botanique et ensuite, je suis revenue à la Rotonde et au Reflektor, à Liège, en compagnie de Juliette Armanet.

Tu retravailles tes morceaux pour le 'live' ?

Oui. Pour les rendre plus énergiques qu'en studio. Je me consacre à la guitare électrique pour que le son soit plus rock. On y intègre même des solos de guitares.

Y compris le son disto et tout ?

Bien sûr ! J'adore le rock des années '70 façon Led Zeppelin ou Deep Purple.

Et tu parles au public entre les morceaux ?

Au départ, cette démarche était difficile pour moi. Comme je suis d’un naturel très timide, j'ai écrit « Je ne sais pas parler », justement pour évoquer ce malaise. Quand je m’exprime entre les titres, j'ai l'impression de quitter le personnage de Sandor.

Il faudrait peut-être écrire des petites saynètes théâtrales, qui mettraient Sandor en scène.

Oui, ce serait une bonne idée. J’incarne déjà un personnage spécifique, grâce à un look androgyne et une coupe de cheveux particulière. Sandor constitue mon alter-ego intérieur qui se dévoile sur scène.

Là, ce n'est plus l'institutrice ! (rires)

Non ! Sur les planches, je lâche les chiens ! Et cette dualité dans la vie m’équilibre...

On attend impatiemment le prochain concert de Sandor en Belgique. Peut-être à la Rotonde du Botanique, en octobre. A confirmer ! En attendant, l'univers fascinant de la chanteuse sur son album éponyme est à découvrir ici 

The Bipolar, c'est ce duo articulé entre Bruxelles et Namur qui se compose de Patrice, maître des compositions, et de Pierre, dont les rêves battent au rythme des toms et des cymbales. On se souvient de leur premier single, le sublime « Angel Comes », paru en 2014.

Ils se décrivent comme « la bande-son d'un film à l’épopée paranoïaque, vers de nouveaux espaces aux reflets roses et noirs, où l’adolescence se rêve en silence, où les premiers émois adhèrent au toi, bercés par l’âpreté des sentiments, le souffle torride des amants. » Musicalement, ils évoluent dans une synth-indie-pop de qualité, rehaussée par des voix croonesques et des harmonies oniriques.

Aujourd'hui, après avoir sorti un EP, le duo prépare un premier long format de quatorze titres et plusieurs nouveaux clips vidéo. Et, cerise sur le gâteau, il présentera ses nouvelles chansons au cours d'une Release Party à la Rotonde du Botanique le 14 septembre prochain.

Pour écouter:

Pour les soutenir, rendez-vous sur Kiss Kiss Bank Bank.

The Bipolar sur Facebook - Leur site web : https://www.thebipolar.be.

samedi, 24 novembre 2018 11:50

La galaxie Kim Wilde…

Avant son concert accordé à la Roma d’Anvers, Kim Wilde a eu la gentillesse de réserver une interview à Musiczine. Icône de la new-wave, elle a marqué de son empreinte une période s’étalant de 81 à 86, grâce à sa synthpop hyper-mélodique, style qui influence encore aujourd'hui les jeunes groupes de la scène 'Wave'. Bien sûr, quand on parle d’elle, on pense immédiatement à son hit monumental, publié en 1981, ‘Kids in America’. De son véritable nom Kim Smith, elle est née en Angleterre en 1960. C’est la fille de Marty Wilde, un chanteur qui a rencontré un certain succès à la fin des années 50. Il a écrit les paroles de la plupart des hits de Kim. Le frère de Kim, Ricky, a joué et joue encore un rôle capital dans la carrière de sa sœur car il cumule les rôles de compositeur, arrangeur et producteur, depuis le début. Et pour confirmer qu’il s’agit bien d’une histoire de famille, Scarlet, la fille de Ricky, assure les backing vocaux, et compose également.

Le dernier elpee de la belle Kim, « Here Come The Aliens », est paru l’an dernier. Moins synthpop, il est davantage orienté power-pop, grâce aux guitares. Il marque en quelque sorte le come-back de la chanteuse, qui se produit aujourd'hui de nouveau à guichets fermés un peu partout en Europe.

Pendant notre conversation, Kim raconte que son frère, Ricky, avait quitté l'école et son père, Marty, ne voulait pas qu'il tourne mal. Ricky était un fan de new-wave. Notamment de Gary Numan et OMD. Ricky s’est d’ailleurs inspiré d’une ligne mélodique de ‘Messages’ d’Orchestral Manœuvres In The Dark, pour élaborer la structure de ‘Kids in America’. Il avait pu réserver un studio et a joué de tous les instruments lui-même, sauf la batterie. Et il a utilisé un synthétiseur WASP, un petit synthé analogique. Ils le possèdent toujours mais malheureusement, il ne fonctionne plus. Kim demande si, à tout hasard, on connaîtrait un technicien capable de le réparer ; et DA*, qui accompagne votre serviteur lors de l’interview, répond par l’affirmative... C'est à l’aide de ce synthé que la séquence pulsée dans l’intro du titre a été réalisée...

C’est d’ailleurs Ricky qui signe la musique et son père Marty, les paroles de cette chanson. Le paternel était un des premiers compositeurs de chansons pop de sa génération. Au départ, comme pas mal de ses contemporains, son répertoire était constitué de reprises, réalisant notamment une excellente version de ‘Why Must I Be a Teenager in Love’ ; puis il a commencé à écrire son propre répertoire. ‘Bad Boy’ est ainsi devenu un hit, en 1959. Il a continué à écrire dans les années 60 et 70 et en 80, il était prêt à poursuivre cette activité pour laisser libre cours à son imagination.

Au départ, il faut savoir que c’est Ricky qui se destinait à une carrière musicale. En 1972, alors qu’il n’a que 11 ans, son père lui offre de sortir un 45trs. Intitulé ‘I'm an Astronaut’, ce morceau a d'ailleurs été repris par Snow Patrol en 2006. « Ce qui est dingue », dit Kim en souriant. Et quand la chanson ‘Kids in America’ est née, Ricky était très heureux que Kim assume le rôle de chanteuse principale. L'inspiration de Ricky pour cette chanson est intéressante. Leur enfance avait baigné dans le glam rock et notamment celui de T-Rex, mais aussi la pop, dont celle d’ABBA, le rock et aussi le punk, les Sex Pistols en tête. Finalement, ils aiment un peu de tout, ce qui explique sans doute pourquoi leur musique est le fruit d’un crossover entre différents genres, mais aussi l'histoire de toute leur vie car, dit-elle. ‘Here Come The Aliens’, son dernier elpee, constitue un peu l'aboutissement de cette recherche permanente. Ils y ont réussi à concentrer la quintessence de ce qu'ils cherchent. Et donc comme vocaliste, compositrice et performeuse, elle a atteint son objectif, à l’âge de 60 ans. « Ça valait la peine de faire tout ce voyage », ajoute-t-elle.

A la question de savoir si, à l'époque, elle se sentait appartenir à la vague new-wave, Kim reconnaît que des groupes comme Heaven 17, ABC ou The Human League ont eu une influence importante, mais également Gary Numan, considéré comme le parrain de toute cette vague, et Kraftwerk bien sûr, qui a également bercé sa jeunesse…

Son elpee ‘Here Come The Aliens’ est paru il y a un peu plus d’un an. Il recèle au moins 3 ou 4 hits potentiels. Kim Wilde explique la genèse de l'album « Au départ on disposait de chansons composées par Ricky et sa fille, Scarlet, qui ne m’étaient pas nécessairement destinées. Ensuite je suis allée en Suède où j’ai reçu le concours de Fredrik Thomander et Anders Wilkström (NDR : ils militent au sein du projet Epicenter) pour composer ‘Candy Crush’. Ensuite, Ricky et moi avons écrit la plage titulaire et ‘1969’ ». En général, Kim se charge des mélodies, la 'top line' et écrit les paroles. Par exemple, ‘1969’ était, dit-elle, très stimulante à composer. La base musicale était particulièrement glam-rock, avec un refrain en forme d’hymne pop. Pour elle, c'est la meilleure chanson de l'album.

Votre serviteur s’intéresse beaucoup au nouveau paradigme de la conscience tel qu'on l'observe dans la physique post-quantique, le chamanisme ou les phénomènes paranormaux comme les OVNIs, la télépathie ou les NDE. Une occasion unique de soulever la question auprès de Kim, puisqu’elle a vécu l’expérience d'observation d'un OVNI en 2009 depuis le jardin de sa maison, dans le Hertfordshire, au nord de Londres. Cet événement a eu un impact sur sa carrière, son inspiration et son évolution en tant qu'être humain.

En 1969, alors qu’elle avait 8 ans, elle et toute sa famille ont regardé le premier homme marcher sur la lune à la télévision. Elle a été frappée par cet événement et son père a toujours été obnubilé par le sujet. Il les a emmenés voir le film ‘2001, Odyssée de l'espace’ dans un cinéma imax et donc elle a toujours eu cette connexion avec l'espace. Mais aussi, la lune. Elle a beaucoup écrit sur cet astre.

Donc, elle n’a pas vraiment été surprise quand elle a observé les lumières d'un OVNI. « C'était juste impossible à décrire. Une vision magnifique. » Mais ce qui est intéressant c'est que la première chose qu'ils ont entendue et vue c'était des hélicoptères. Mais ceux-ci étaient clairement brouillés, parce qu'ils ont disparu alors que les lumières ont persisté et ce pour une période assez longue.

Kim estime qu’il s’agissait d’un vaisseau-mère parce que deux autres lueurs, plus petites, suivaient. La grande lumière restait statique et puis, tout-à-coup elle est passée de 11h à 2h très rapidement. Ces appareils étaient peut-être basés sur terre, peut-être dans la zone 51 ou sous les océans, mais en tout cas ce qu’elle a vu ne provenait pas de notre planète.

Cette expérience a changé la vie de Kim Wilde. Et c’est très important. Mais il a fallu du temps avant qu'elle ne comprenne l'impact de la vision.

Elle avait déjà commencé à se rapprocher de la nature, en installant un potager dans sa propriété, mais la vision de l'OVNI a probablement eu une autre conséquence qui lui a permis d’élever son niveau de conscience, son taux vibratoire, pour lui faire comprendre l'importance de la nature. Enfin, c’est une théorie personnelle…

Kim confirme cette interprétation et que cette expérience a eu une incidence positive sur sa vie. Elle ajoute que ce n'était pas une hallucination car toute la population du village a vu les OVNIs ; d’ailleurs, justifie-t-elle, l'événement a fait la une des journaux locaux.

Ainsi, quand on écoute certaines paroles des chansons de Kim, on détecte des sujets liés à la conscience comme dans ‘Rosetta’, par exemple. C'est en effet ce qu'elle ressent. Elle ajoute que sa vie est magnifique pour l'instant. Elle a une nouvelle perspective de l’existence et une autre destination, un nouveau focus. Sans vraiment comprendre de quoi il s'agit mais c'est ce qui l’excite. Quand on compose la musique on peut contrôler mais quand on touche à la conscience et à l'esprit, il faut être guidé par quelque chose ou quelqu’un. Donc, elle se laisse porter et dans la foulée, élève complètement son expérience de vie. Et c'est pourquoi pour Kim vieillir est fantastique : c'est une odyssée, une aventure. Au lieu de se plaindre sur ses 50 balais, bientôt 60, elle s’exclame : « OK, faites venir la suite ! Je veux voir quelle est la destination et profiter au maximum tant que je suis ici. »

Un grand merci aux responsables de la salle Roma à Anvers, à Sean chez mixdown management, Musiczine et DA* (Luminance).

Pour écouter la version audio de l'interview, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission de radio WAVES ici

Photo : David-Alexandre Parquier

 

 

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