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    La rédemption de DIIV … « Deceiver », c’est le titre du nouvel elpee de DIIV, un album qui paraîtra chez Captured Tracks, ce 4 octobre 2019.…

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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
dimanche, 15 avril 2018 13:20

L’art de mélanger les genres…

Ils vivent tous trois à Paris mais sont issus d'horizons différents. Leo Hellden (déjà aperçu chez Aswefall) est suédois d'origine, Narumi vient du Pays du Soleil Levant et Maik (ex-Earthling), de Jamaïque, après un crochet par Londres. Leur rencontre a accouché d’un trio unique de musiciens éclectiques, qui font éclater les limites fictives entre les genres musicaux. Ils mélangent ainsi post-punk, minimal synth, kraut, house et même rap au sein d’un cocktail véritablement singulier. Remarqué en 2012 par Karl Lagerfeld, qui les avait programmés lors du défilé ‘Chanel Printemps/Eté’, le groupe a depuis tracé un profond sillon dans le paysage de la musique alternative, signant trois albums et trois Eps remarquables. Musiczine les a rencontrés en marge du concert accordé à l'Atelier 210, à Bruxelles, aux côtés de Vox Low et Radar Men From The Moon, une soirée mise en place par Goûte mes Disques et Les Actionnaires.

Parlons tout d'abord de ce patronyme : Tristesse Contemporaine. Il s’inspire d'un bouquin, si je ne m'abuse ?

Leo : Oui, écrit par un historien de l'art, un Belge, justement, Hippolyte Fierens-Gevaert, un livre publié en 1899. Il s'intitule ‘Tristesse Contemporaine, un essai consacré aux grands courants moraux et intellectuels du XIXe siècle'. Je travaillais dans les ouvrages anciens et l'expression 'tristesse contemporaine' m'a plu.

Votre style musical est unique en son genre. On y décèle, entre autres, une inspiration très orientée 'wave', voire même ‘post punk'. Exact ?

Leo : Beaucoup de gens pensent que nous nous sommes inspirés des noms en langue française des groupes des années '70-'80, comme Cabaret Voltaire ou Trisomie 21...
Narumi : Liaisons Dangereuses...
Maik : Depeche Mode... Tiens, ils ne sont pas de nationalité belge, Depeche Mode ? (rires)
Leo : D'une certaine façon, on avait envie de revivre cette époque des eighties, un âge d'or dans beaucoup de domaines artistiques. Mais l'objectif n'était pas de créer nécessairement de la musique orientée 'wave'.
Narumi : On souhaitait juste opter pour un nom de groupe en français, vu qu'on était tous les trois des expatriés vivant en France.
Leo : Au début, on avait écrit une chanson très 'wave', intitulée « In The Wake », en forme de clin d'oeil à The Wake, une formation de post-punk issue des années quatre-vingt.

Mais le titre de TC le plus emblématique, le plus connu, c'est quand même « I Didn't Know » (en écoute ici) ?

Leo : Oui, c'est celui qui a rencontré le plus de succès.

Où puisiez-vous votre inspiration, à l’origine ?

Narumi : L'album qui nous relie tous les trois, c'est « Seventeen Seconds », de Cure.
Leo : J'ai aussi flashé sur Cocteau Twins, suite à une rencontre avec son guitariste, Robin Guthrie. C'est un peu plus soft, onirique, mais ça me plaît beaucoup.
Narumi : Oui, Cocteau Twins, c'est énorme.
Leo : J'aime surtout les sonorités de guitare. Par exemple, sur notre premier titre, « 51 Ways to Leave Your Lover », en fin de parcours, elles sont très inspirées de Robin Guthrie. A l'époque, j’avais même acheté le même matériel que lui.
Narumi : On est aussi marqués par Can et le krautrock en général. A cause de cet aspect répétitif...
Leo : Hypnotique…
Narumi : On aime aussi le krautrock électronique, comme, par exemple, celui de Cluster.

En outre, dans votre musique, il existe un élément 'dance', 'groovy', un côté syncopé qui rend les chansons irrésistiblement dansantes...

Maik : Oui, on a un 'shuffle' très post punk, inspiré par Martin Hannet. Et on est très créatifs en matière de sons. On utilise des canettes de bière, même des paquets de chips ! (rires)

C'est une démarche très 'industrial', très berlinoise, abordée un peu dans l’esprit de Einstürzende Neubauten !

Leo : Oui, c'est très 'industriel'. On aime mélanger les genres.

Abordons vos productions récentes. L'année passée, vous avez publié l'album « Stop and Start » et il y a quelques jours, un single « Out of my Dreams » (en écoute ) qui, à mon sens, présage une nouvelle direction ?

Maik : Pour ce morceau, oui mais pour la suite, on ne sait pas. On l'a enregistré assez rapidement, sans réfléchir. Il est plus rap.

Oui, en tout cas dans la partie vocale.

Maik : Toutes nos nouvelles compos convergent vers le rap. Mais c'est un rap anglais, très trash, très punk, pas du tout comme le rap américain. On est plus proche de celui pratiqué par Sleaford Mods.

Au niveau de la musique, j'ai décelé dans le ‘track’ un côté années '90, un peu 'acid'...

Leo : Ce titre était un peu une expérimentation. C'est pourquoi on ne peut pas dire que ce soit vraiment une nouvelle orientation pour notre projet. Une de nos influences actuelles est Rage Against The Machine. Je rêve depuis longtemps de réaliser un morceau aussi puissant que « Killing In The Name of ». L'autre option, c'est d'aller vers quelque chose de plus 'freaks', un peu comme Marilyn Manson. L'envie de choquer un peu.

De sortir de sa zone de confort ?

Leo : Oui. De réaliser quelque chose qui dérange un peu.
Maik : Il existe aussi le côté 'emo-rap'. On aime bien flirter un peu avec cette vague qui marche très fort pour l'instant. Le trash et même le mauvais goût...
Narumi : C'est un peu comme dans la mode. Elle peut être 'shocking' et en même temps, très 'classe'.

En conclusion, que recommanderiez-vous comme titres intéressants à (re)découvrir ?

Maik : J'ai récemment entendu un morceau de MorMor intitulé « Heaven's only wishful ». C'est davantage de la pop que de la wave mais j'aime bien ce mélange de genres.
Narumi : Perso, il s’agit d’un titre de Not Waving, avec le featuring de...

... de Marie Davidson ?

Narumi : Oui, c'est ça : « Where are we ».
Leo : De mon côté, je choisis le remix que nous avons réalisé du titre « Piscine Palace » de LuLúxpo. C'est un couple franco-argentin qui vivait en Suisse et s’est aujourd’hui établi en Espagne.

Merci à Tristesse Contemporaine, Atelier 210, Goûte Mes Disques, Les Actionnaires, Corida, WAVES et Radio Vibration.

‘J'habitais à Londres dans la plus stricte pauvreté, sans aucune perspective sur ce que je voulais faire dans la vie, excepté mon amour pour le chant. J'ai été voir le Mystère des Voix Bulgares et j'ai pensé : c'est ça, c'est le sommet. On ne peut pas aller plus loin que ça'...*’ C’est ce que Lisa Gerrard avait alors déclaré, il y a 35 ans. Aujourd’hui, la chanteuse iconique de Dead Can Dance et ses idoles de jeunesse sont réunies pour enregistrer un album et accorder quelques concerts exceptionnels. Ce soir, l'AB et le festival BRDCST nous proposent une très belle première européenne et la foule est impatiente de vivre ce spectacle unique, concentré sur ces 'splendeurs vocales’...

Au moment où les chanteuses du Mystère des Voix Bulgares débarquent, on se souvient que ce projet, fondé en 1952, avait été détecté en 1975 par feu Marcel Cellier, un ethnomusicologue de nationalité suisse. Il était tombé sous le charme des chants bulgares et avait décidé de les restituer sur un disque, en se servant d’arrangements plus contemporains. Mais le résultat escompté est plus que mitigé. Cependant, la légende raconte que Peter Murphy, le chanteur de Bauhaus, révèle alors cette découverte à Ivo Watts-Russel, le patron de 4AD. Ce dernier a le coup de foudre pour le collectif. Aussi, en 1986, la réédition de l'elpee par le label anglais, récolte un immense succès et lance la légende des Voix Bulgares dans le monde entier. Préfigurant l'émergence de la 'world music', elles inspireront non seulement Dead Can Dance, mais aussi Cocteau Twins, Kate Bush, Björk et plus récemment, Grimes, Drake et Gorillaz.

Mais revenons au spectacle proposé ce soir. Il est scindé en deux partie : la première est consacrée aux Voix Bulgares, sans Lisa Gerrard. Vêtues de costumes traditionnels, les vingt chanteuses sont disposées en arc de cercle et dès le début, la puissance de leurs voix frappe les esprits ; ce qui contraste avec le naturel, très souriant, voire espiègle de leur attitude. Les chants traditionnels sont ponctués de cris ou de gloussements, qui amusent l’auditoire. Six musiciens accompagnent les Voix : un guitariste, un contrebassiste, un flûtiste, une violoniste, un percussionniste et un 'human beatbox'. Ce dernier se taillera d'ailleurs un joli succès en solo lors d'un intermède étonnant. Mais ce qui frappe également, c'est le lien, évident, entre les mélodies et les techniques de chant des Voix Bulgares et celles appliquées par Lisa Gerrard chez Dead Can Dance, comme par exemple, dans « Cantara » ou « Tristan ». Bien entendu, le duo Gerrard-Perry a intégré cette influence dans un ensemble bien plus étendu, impliquant également des éléments orientaux, africains et médiévaux.

Après la pause, la violoniste et le percussionniste nous réservent un intermède musical basé sur les sons d'une viole et d'un 'hangdrum', une sorte de 'steeldrum' dont la forme est proche d’une soucoupe volante. Moment tant attendu : Lisa Gerrard pénètre sur la scène sous un tonnerre d'applaudissements. Drapée dans une robe ample aux reflets bleutés, elle est, comme d’habitude, majestueuse. Souriante, elle rayonne une infinie bonté. Par rapport au dernier concert, accordé par Dead Can Dance, au Cirque Royal, en 2012, elle paraît cependant marquée par le temps qui passe. Sa voix sublime de contre alto, par contre, n'a que peu changée. Enchanteresse, vibrante, ample et sombre, sa tessiture est toujours chaude et ronde. Très vite, l'ensemble interprète le single « Pora Sotunda », sorti fin 2017, qui annonce un opus fort attendu. Une atmosphère envoûtante baigne alors la salle ; touché, le public frissonne de bonheur.

Loin d'accaparer toute la lumière, c'est à de nombreuses reprises que Lisa Gerrard laisse la place aux solistes des Voix Bulgares, qui viennent chacune à leur tour à l'avant du podium. Et quand la voix hypnotique de Gerrard s'associe aux lignes répétitives du hangdrum, on a l’impression d’assister à une marche ténébreuse d'une immense profondeur.

Au moment de quitter l'Ancienne Belgique, on a la gorge serrée tant l'émotion a été intense. Force est de constater que l'association entre les Voix Bulgares et Lisa Gerrard fonctionne à la perfection. On aura vécu un moment unique, poignant et d'une sublime beauté. Bien vite l'album !

* Interview de Lisa Gerrard: sur youtube.com, à découvrir ici

Organisation : AB + BRDCST

Photo : Phil Blackmarquis

mercredi, 04 avril 2018 19:22

Une vague de groupes new-wave au W-Festival

C'est une vague, voire même un tsunami de groupes et artistes new-wave qui va déferler au mois d'août prochain sur les scènes du W-Festival à Amougies. Jugez plutôt : pas moins de 62 groupes ou artistes se relaieront pendant les quatre jours de ce qui sera bel et bien le plus grand festival 'dark' de l'année.
 
Il est vrai que la musique des années '80 et les sonorités plus sombres sont fortement revenues dans l'air du temps ces dernières années et on trouve de plus en plus de formations qui s'inspirent de la synthpop, de la cold wave ou de l'EBM. Les organisateurs ont donc eu la bonne idée de mélanger les 'classiques' comme Marc Almond (Soft Cell), D.A.F., Kim Wilde, Parade Ground, ABC, Paul Young ou Limahl avec les 'petits jeunes' qui montent, comme par exemple, She Past Away et Ash Code.
 
Cerise sur le gateau, le festival sera ouvert le mercredi par un concert exceptionnel de Peter Murphy, l'ex-chanteur de Bauhaus, qui fêtera les 40 ans de ce groupe fondateur du mouvement 'gothique'. Il sera accompagné pour l'occasion par David John Haskins, alias David J, le bassiste emblématique de Bauhaus, co-auteur du légendaire « Bela Lugosi Is Dead ».
 
Lineup :

15/08/2018

Peter Murphy 40 YEARS of BAUHAUS celebration featuring David J (de 21h30 à 23h00)

16/08/2018

WAVE CAVE

Dark Side Eons (12h40-13h20)

Roza Parks (14h20-15h00)

Parade Ground (16h05-16h50)

Pro Patria (17h50-18h40)

The Wedding Present (19h30-20h20)

Covenant (21h20-22h20)

Chameleons VOX (23h20-00h20)


SYNTH SCENE

The Christians (12h20-13h00)

Men Without Hats (13h20-14h00)

Machiavel (15h-15h45)

A Split Second (16h50-17h40)

Wang Chung (18h50-19h30)

Axel Bauer (20h20-21h20)

Midge Ure (22h20-23h20)

DAF (00h20-01h30)

DJ Zebedeus (01h30-03h30)


17/08/2018


WAVE CAVE

Doganov (11h50-12h30)

Monica Jeffries (12h40-13h20)

Me The Tiger (14h20-15h00)

Orphaned Land (16h05-16h50)

Echoes of Yul (17h50-18h40)

Dive (19h30-20h20)

Die Krupps(21h20-22h20)

Project Pitchfork (23h20-00h20)


SYNTH SCENE

Flesh & Fell (13h20-14h00)

Altered Images (15h00-15h45)

Peter Godwin (16h50-17h40)

A Flock Of Seagulls (18h40-19h30)

Annabella’s Bow Wow Wow (20h20-21h20)

ABC (22h20-23h20)

Kim Wilde (00h20-01h30)

DJ Zebedeus (01h30-03h30)


18/08/2018


WAVE CAVE

Dageist (12h40-13h20)

Ash Code (14h20-15h00)

Charcoalcity (16h05-16h50)

Marsheaux (17h50-18h40)

The Devil And The Universe (19h30-20h20)

She Past Away (21h20-22h20)

Front Line Assembly (23h20-00h50)


SYNTH SCENE

Secret Service (13h20-14h00)

Department S (15h00-15h45)

Modern English (16h50-17h40)

Novelle Vague (18h40-19h30)

Heaven 17 (20h20-21h20)

Limahl (The Voice of Kajagoogoo) (22h20-23h20)

Paul Young (00h20-01h30)

DJ Zebedeus (01h30-03h30)


19/08/2018


WAVE CAVE

A Slice Of Life (12h00-12h40)

Struggler (13h00-13h40)

Fär (14h00-14h40)

Dole (15h00-15h45)

Antipole (16h20-17h10)

Trisomie21 (17h40-18h40)

Clan Of Xymox (19h00-20h00)

Suicide Commando (21h00-22h00)

Lords Of Acid (22h40-23h40)


SYNTH SCENE

Captain Sensible (13h35-14h05)

Animotion (14h40-15h20)

Red Zebra (15h50-16h35)

Shriekback (18h20-19h20)

Marc Almond (20h00-21h00)

D:uel (22h00-23h00)

Vive La Fête (23h30-00h45)


DJ’s

Camping (10h00 - …)

Mat Zwart


Wave Cave

VANOnoise


VIP tent

Maxalto


Synth Scene & Afterparty

Zebedeus


http://www.w-festival/com

dimanche, 25 mars 2018 03:00

Un Wilson peut en cacher un autre...

Quelques semaines après Steven, c'est un autre Wilson, Jonathan, qui se produit à l'Ancienne Belgique. Bien qu'il n'y ait pas de lien de parenté entre les deux musicos, force est de constater qu'ils partagent un intérêt pour la musique des 70’s, et Pink Floyd en particulier. Jonathan a même collaboré aux sessions d’enregistrement du dernier opus de Roger Waters et intégré le 'live band' de ce dernier.

Dès qu'il prend possession des planches de l'AB Club, Jonathan Wilson impressionne par sa stature (il est très grand) et sa dégaine nonchalante, très 'cool'. Jean bleu, t-shirt dépareillé, gilet mauve, longs cheveux et barbe christique lui confèrent un look très 'hippie’, mais pour ce XXIe siècle. Agé de 43 ans, le Californien appartient à cette vague de musiciens néo-psychédéliques 'rétro-futuristes' qui réinventent les musiques 'vintage' en les adaptant à des paramètres plus modernes.

Dès les premières compos, le son oscille entre country/folk, psychédélisme, kraut et prog. C'est un groupe complet qui accompagne Wilson, impliquant batteur, bassiste, guitariste et claviériste. Ce dernier trône derrière un assortiment bien achalandé en synthés légendaires, tels que Mellotron, Crumar et DX7.

La setlist est, essentiellement, puisée au sein du dernier elpee de JW, « Rare Birds » et témoigne de toute l'étendue de son inspiration. On pense bien entendu à Roger Waters, surtout sur « 49 Hairflips », mais également à Bruce Hornsby. Pendant « Over The Midnight », le rythme quasi-robotique de la batterie semi-électronique et les harmonies rappellent le célèbre « That's just the way it is ». Autre référence évidente : War on Drugs. On retrouve ça et là les mêmes rythmes répétitifs et l'inspiration très ‘springsteenienne’, tant du chant que des paroles.

Il ne faut pas oublier que le résident de Laurel Canyon est aussi un excellent guitariste. D’ailleurs, il ne va pas se priver d’extraire de sa vielle Strato des soli à faire baver David Gilmour en personne, comme sur « Dear Friend », par exemple. Lana Del Rey avait posé sa jolie voix sur la version studio de « Living with Myself ». De quoi regretter son absence, sur celle, proposée ce soir, en ‘live’. Au rayon 'gossip', une histoire d'amour serait née entre les deux bellâtres ; mais cet épisode ne nous regarde pas, n'est-ce pas Thierry ?

Revenons au concert, au cours duquel « Desert Raven » déclenche une vague de cris chez un public hypnotisé par la jolie sarabande de tierces interprétée par Wilson et son gratteur. La prestation s’achève en force par l'épique « Valley of the Silver Moon », caractérisé par une dernière et très jolie chevauchée sur la six cordes.

Malheureusement, l'artiste n'accordera pas de rappel alors que deux titres étaient prévus sur la setlist. En cause, la sacro-sainte règle du couvre-feu à 22h30 imposée par l'AB et, indirectement, par les horaires de la SNCB (NDLR : Il suffirait que cette dernière propose une offre suffisante, avant minuit, afin que les provinciaux puissent rentrer chez eux, après le concert). Dommage...

En première partie, Gambles en a étonné plus d'un. Seul à la guitare acoustique, le New-yorkais a improvisé quasi tous ses morceaux 'on the fly', se promenant dans le public et parlant de la tournée, de New York ainsi que des gens qu'il rencontre : assez fun! 

Setlist J. Wilson :

Trafalgar Square
Me
Over the Midnight
Miriam Montague
Dear Friend
There's A Light
Sunset Blvd
Desert Raven
Living with Myself
Loving You
Rare Birds
49 Hairflips
Valley of the Silver Moon

(Organisation : AB)

« Tristesse Contemporaine » : quel merveilleux nom pour un groupe ! Inspiré d'un libre d'Hippolyte Fierens Gevaert intitulé : « La tristesse contemporaine: essai sur les grands courants moraux et intellectuels du XIXe siècle », le nom est délicieusement 'dark', comme l'est d'ailleurs la musique de ce trio à nul autre comparable. Basé à Paris mais résolument cosmopolite, il est composé de Narumi, Japonaise d'origine, Leo, Suédois et Maik, Jamaïquain et ancien résident londonien.
 
L’essence de ce qui fait Tristesse Contemporaine: “deux accords/un minimum d’instruments et un maximum de réverb”. Soit une certaine idée du 'less is more' appliquée à une musique à cheval entre le postpunk, la tech-house et l'indie-rock. Après un premier album en forme de déclaration d’indépendance (“Tristesse Contemporaine”) et un second en lévitation au dessus de la meute (“Stay Golden”), “Stop and Start”, sorti en janvier 2017, est venu clore une trilogie tout en anticipant un nouveau cycle.
 
Six ans après leur dernière visite, Tristesse Contemporaine fouleront les planches de l'Atelier 210 à Bruxelles le 6 avril prochain au cours d'une soirée concert mise sur pied par Goûte Mes Disques et Les Actionnaires. Egalement à l'affiche ce soir-là : Vox Low, la dernière signature du très influent label français Born Bad Records et Radar Men from the Moon, un trio hollandais présenté comme un mix entre CAN, White Hills et The Soft Moon. Voilà qui fait saliver....
 
Tristesse Contemporaine : site  / Soundcloud
Pour écouter « I Didn't Know » : c'est ici.
Vox Low : Bandcamp
RMFTM : Bandcamp
Tickets: voir ici.
Bert Libeert est le batteur du groupe belge bien connu Goose mais est également un compositeur et un producteur accomplis. Avec son projet “B”, il présente aujourd'hui son deuxième EP, qui s'intitule “Black Atlas”.
 
Dans “B”, Bert Libeert est armé de deux synthés et de deux boîtes à rythmes. Il y mélange la brutalité et la spontanéité de la musique live aux sonorité 'clubbing'. C'est un croisement entre l'EBM de Front 242 ou Nitzer Ebb et la fine fleur de la techno 'Old School'.
 
"Black Atlas", s'inspire de l'énergie plus sombre de la vie, positive et négative. Outre les beats sombres et les lignes de basse glaciales, on y entend des samples d'orages météorologiques enregistrés sur le terrain et des orgues d'église: dépaysement garanti!
 
Un des titres de “Black Atlas”, “Dark Waltz” a été dévoilé en avant-première dans l'émission WAVES de Radio Vibration. Pour l'écouter, c'est à 34 minutes, ici.

Pour pré-commander l'EP, c'est ici.

Originaire des Ardennes belges, Mélanie Isaac a posé piano et guitare à Bruxelles il y a dix ans. Elle évolue alors au sein de différentes formations où elle écrit, compose et interprète, et remporte, en 2012, la Biennale de la Chanson Française (Le parcours Francofaune de l’époque) au Cirque Royal.
 
Aujourd’hui, elle annonce un nouvel EP, « L’Inachevée », enregistré entre Manchester et Gand, avec l’aide de James Doviak (Johnny Marr, The Smiths), Reinhard Vanbergen (Das Pop, The Van Jets) et Franck Baya (Françoiz Breut, Saule).
 
En préambule, la chanteuse dévoile un tout premier titre extrait de l'EP, « Comme des loups », illustré par un superbe clip réalisé avec François Pirot. De ce nouveau titre, il se dégage un charme sombre, à la fois moderne et désuet. La voix voluptueuse et le physique androgyne de la chanteuse sont comme une invitation à un rêve sensuel. On oscille avec plaisir entre Radiohead, Fishbach, Rover, Véronique Sanson, Barbara et Dominique A. Le son est ample et clair ; il évoque un univers rétro-futuriste, moderne et en même temps délicieusement 'vintage'. De quoi faire saliver les loups affamés que nous sommes, impatients de découvrir les autres chansons du nouvel EP...
 
Pour regarder la vidéo de « Comme Des Loups », c'est ici.
 
Mélanie Isaac sur Facebook et sur Bandcamp.
Trente-sept ans après la mort de Ian Curtis, Joy Division continue de fasciner. Le groupe légendaire de Manchester, créateur d'un postpunk sombre et hypnotique, a à ce point marqué les esprits qu'aujourd'hui encore, nombre de musiciens revendiquent l'héritage de la formation mancunienne.
 
Depuis quelques années, on peut même parler d'un 'revival' des styles musicaux apparus entre 1977 et 1985. Cette nouvelle 'nouvelle vague' est souvent désignée sous le vocable générique de 'wave' et recouvre des projets aussi divers que The Soft Moon, The KVB, Protomartyr, Savages, Idles, Iceage,.. Sans oublier les DJ qui, tels Dave Clarke, The Hacker ou même Amelie Lens, vont rechercher de l'inspiration dans l'EBM d'un Front 242 ou les sons industriels d'un Cabaret Voltaire.
 
Au coeur de cette vague 'wave', l'héritage de Joy Division occupe une place centrale. C'est la raison pour laquelle Pedro Peñas Y Robles a décidé de donner la parole aux fans de la « division de la joie ». Le livre s'intitule « Joy Division : Paroles de Fans » et est publié dans la série « Paroles de Fans » de l'éditeur français Camion Blanc.
 
L'ouvrage rassemble cinquante témoignages de musiciens, DJ et photographes bien connus (The Hacker, Philippe Carly, Samy Birnbach, Christophe Demarthe, Mark Reeder, Yves Royer, Nicolas Ker, Richard 23, Dirk Da Davo, Marc Collin, Usher, Simi Nah, etc.) mais également de fans anonymes.
 
A noter que l'auteur, Pedro Peñas Y Robles, est bien connu sur la scène 'wave', comme étant le patron du label Unknown Pleasures Records (tiens, c'est justement le titre du premier album de Joy Division). Le livre paraîtra le 25 mars chez Camion Blanc. La chronique sera publiée sur votre site favori quelques jours avant le 'release'. 
Pour fêter les 25 ans des Nuits Botanique, l'institution culturelle bruxelloise s'est offert un 'walk of fame', une série de 50 étoiles plaquées sur le sol des serres, qui représentent 50 artistes ou groupes ayant foulé les planches du centre culturel avant de devenir de véritables stars. Parmi eux (ou elles), Muse, Oasis, Front 242, Arno, Pavement, Placebo, Toots Thielemans, etc... Il s'agit d'une 'installation' éphémère avant que les serres ne subissent une rénovation plus que bienvenue vers la fin de l'année.
 
En 2018, le Botanique renouvellera également son management, vu qu'Annie Valentini, bientôt partie pour une retraite bien méritée, cédera son siège à la direction générale. Et son successeur sera, sans surprise aucune, Paul-Henri Wauters, son 'partner in crime' tant à la ville qu'à la 'scène'....
 
Au chapitre programmation, le Bota présente une édition des Nuits placée sous le signe de l'ouverture. Plus de cinquante concerts, dont 11 sont déjà sold-out, seront accordés dans les 5 salles du site. Malheureusement, pour les raisons que l'on connaît, le Cirque Royal n'en fait plus partie cette année. La tête d'affiche, Charlotte Gainsbourg, devra donc se contenter d'un chapiteau agrandi mais peu adapté à sa personnalité fragile et à sa musique intimiste. A vérifier...
 
Fidèle à sa mission et à son identité, le Botanique proposera surtout cinq spectacles et créations uniques : une collaboration entre BRNS et Ropoporose, un 'live band' autour de Haring (avec Monolithe Noir et Flipo, le claviériste de Glass Museum), ainsi que 3 expériences impliquant « Musiques Nouvelles ». Emmené par Jean-Paul Dessy, l'ensemble classique montois s'associera, respectivement, avec le rappeur Pitcho, Jean-Luc Fafchamps et Rodolphe Coster. Ce dernier, véritable électro(n) libre de la scène alternative bruxelloise, sera accompagné par Maya Postepski, alias Princess Century (ex-Austra) à la batterie, Method et les Mybalés à la danse. Une collaboration unique prévue dans la Rotonde le 6 mai. A ne pas rater !
 
En plus des concerts déjà annoncés, le Botanique a dévoilé la dernière partie de la programmation des Nuits avec, entre autres, un concert acoustique de Julien Doré en clôture à Bozar, le 6 mai.
 
L'ouverture dans la programmation se traduit par une présence accrue de groupes et d'artistes hi-hop et rap, une évolution confirmée par la prestation d'Eddy de Pretto dans la foulée de la conférence de presse annuelle. Au sein de l'Orangerie, le jeune rappeur français a prouvé qu'il est en quelque sorte le petit frère de Stromae. A (re)voir le 5 mai !
 
Pour consulter le programme des Nuits et pour réserver ses tickets, c'est ici.
mardi, 13 février 2018 02:00

Un trio hors du commun !

Quand l'attachée de presse du Botanique vous confie : ‘Va voir White Wine, c'est un truc pour toi’, il faut y aller les yeux fermés. C'est ce qu'on a fait et franchement, on n'a pas été déçus !

En une heure et demie de concert, le trio basé à Leipzig a balayé un spectre de styles musicaux particulièrement large : du post punk à l'industriel en passant par la no-wave, pour accoucher d'une dark pop expérimentale aussi bizarroïde qu'attachante. Drivée par le chanteur/guitariste américain Joe Haege, cette formation implique également le drummer Christian ‘Kirmes’ Kuhr ainsi que Fritz Brückner, aux claviers, à la basse et au basson. Ces deux derniers sont de nationalité allemande.

Au fil du set, on pense, tour à tour, à Devo, PiL, The Fall, Talking Heads et, parfois, à Muse ou Franz Ferdinand. Joe Haege ressemble d'ailleurs un peu à Alex Kapranos. Une des particularités du groupe vient de la présence d’un basson, un instrument de la famille des bois, très imposant. Joué par Fritz Brückner, il apporte une couleur expérimentale unique à plusieurs titres de White Wine. Mais c'est surtout Joe Haege qui focalise tous les regards. Au tout début du concert, il apparaît, assis contre le mur, en plein milieu de la salle, avant de rejoindre le podium. Une entrée en matière plutôt singulière ! Au cours du show, il quitte à nouveau l'estrade pour se mêler au public en feignant de trébucher. Pendant « Falling from The Same Place », il prend place au milieu de la fosse dans une zone balisée par deux guirlandes lumineuses. Sans oublier le moment au cours duquel il passe la tête à travers le trou d’une affiche en pop-up (voir photo). Son engagement est total et il en vient même à concéder, entre deux chansons, que cette dépense d'énergie est addictive pour lui. 

La setlist est bien entendu articulée autour du second et tout dernier opus de White Wine (NDR : autrefois il portait le patronyme de Vin Blanc/White Wine) : « Killer Brillance », paru l'an dernier sur le label Altin Village & Mine Records. Au passage, Joe Haege n'oubliera pas de remercier ses amis de BRNS, qui, en 2017, ont invité le trio à se produire lors d'un 'home concert' à Bruxelles et au Reflektor de Liège.

Au moment d'évaluer ce concert, force est d'épingler une inventivité et une originalité peu courantes tant au niveau musical que dans la recherche scénographique! Ce qui incite à approfondir la discographie de ce trio décidément hors du commun !

(Organisation : Botanique)

 

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