• Isbell se culpabilise…
    Isbell se culpabilise… Jason Isbell vient de dévoiler « What’ve I Done to Help », le second extrait de son futur album « Reunions ».…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Béber

Béber

mardi, 07 avril 2020 16:21

The Livelong day

Fondée il y a déjà 20 ans, Lankum est une formation dublinoise réunissant les frères Lynch, Cormac Demody et Radie Peat. Le concept est simple :  rendre ses lettres de noblesses à la musique ancestrale irlandaise. Le patronyme Lankum s’inspire d’ailleurs de « False Lankum », une ballade folk chantée par l’Irlandais John Reilly, au début du XXIème siècle, 

Pour son deuxième album, paru sur le label britannique Rough Trade, le groupe reprend les choses là où il les avait laissées. Simplement, outre les adaptations des morceaux traditionnels irlandais, il s’attaque aussi au folklore écossais. A l’aide de cornemuses, de différents types d’accordéons (le concertina ou encore le bayan), de flûte irlandaise et d’instruments plus conventionnels (guitare, basse, banjo, …), les Irlandais réactualisent ces hymnes mythiques. Enfin, pas toujours. Certains morceaux adoptent davantage un profil classique. A l’instar de « Bear Creek » qui nous ramène un siècle en arrière dans les campagnes celtiques. Mais c’est lorsqu’il incorpore des touches modernes que Lankum est le plus intéressant. Un véritable tour de force qu’il réalise tout au long de « The Wild Rover », une piste caractérisée par un crescendo à la cornemuse, mais abordée dans l’esprit d’un Godspeed You ! Black Emperor voire Silver Mount Zion. Et puis également en proposant des ballades folk bien contemporaines, comme ce « The Young People » qui aurait pu figurer sur un elpee de Tunng.

Cet LP a reçu de nombreuses critiques favorables, tant au sein de la presse musicale spécialisée (NDR : notamment Mojo) que des médias traditionnels (The Guardian, The Independent, …). Un avis ? « The Livelong Day » est un album à découvrir absolument !

mardi, 07 avril 2020 16:16

Adghah

Originaire d’Agadez, au Niger, Bibi Ahmed était le leader d’Inerane. A l’instar de plusieurs de ses contemporains touaregs, plutôt qu’affronter les forces armées du pouvoir central, le groupe a préféré conduire une révolte musicale à partir des camps de réfugiés dans lesquels ils ont été obligés de se retrancher. 

Bibi Ahmed a été à bonne école. Il a appris à jouer de la guitare auprès de Abdallah ag Oumbadougou, personnage emblématique du blues touareg et de la révolte contre l’oppression nigérienne. Comme son mentor, il pratique une musique passionnée chantée en tamachek, langue du peuple touarègue. « Adghah », son premier album solo, réunit neuf morceaux musicalement minimalistes enregistrés à Francfort. Sur des percussions minimales, le Touareg tisse des lignes de guitare tout en étalant sa dextérité sur les cordes…

Les adeptes de formations telles que Tinariwen, Tamikrest ou Imarhan devraient apprécier.

lundi, 30 mars 2020 12:17

Handfuls of night

Il y a dix ans, Arthur Jeffes reprenait le concept du Penguin Cafe Orchestra imaginé par son père dans les 70’s. Soutenu par le label londonien Erased Tapes, l’Anglais publiait un premier opus intitulé « The Imperfect Sea », une œuvre qui laissait entrevoir, chez le fiston, un futur talent…

Deux ans plus tard, le Penguin Cafe nous propose « Handfuls of Night ». Cette suite s’inscrit dans un style ‘neo-classic’ qui a forgé la notoriété d’artistes tels que Nils Frahm ou encore Olafur Arnalds. Si sur son premier essai, les compositions rythmées étaient richement orchestrées, celles réservées au nouvel LP sont davantage minimalistes, atmosphérique et cinématographiques. Jeffes les construit subtilement, à l’aide de son piano, puis vient y injecter des cordes (contrebasse, violons, …) ou des sonorités émanant d’instruments atypiques comme l’harmonium ou le kalimba. En outre, dans les rythmiques, il n’hésite pas à incorporer des éléments électroniques. Et « Chapter » en est certainement la plus belle illustration.

Si Arthur Jeffes a repris le projet de son paternel, il lui communique une nouvelle identité. Une évolution traduite par la confection d’un superbe album qui s’inscrit cependant bien, dans son époque…

lundi, 30 mars 2020 12:10

Falling

Deux ans après avoir gravé « Halftime for holidays », le trio de Seattle nous propose son quatrième elpee ; un disque publié sur le label Hardly Art Records, filiale de Sub Pop.

Après avoir écouté « Falling », une constatation s’’impose : Peter Richards (chant, guitare) et Claire England (chant, basse) ainsi qu’Andrew Hall (batterie) reprennent les choses là où ils les avaient laissées. Seul changement, les deux premiers cités se partagent l’écriture. Sculptés dans la power pop, les treize plages de cet opus sont toujours aussi énergiques, même s’ils s’éloignent du format punk adopté à l’origine. D’ailleurs, si Claire est responsable des pistes les plus percutantes (NDR : un peu dans l’esprit de Weezer), Peter nous réserve des morceaux davantage psyché. Enfin, côté lyrics, nostalgiques, les compos évoquent leur jeunesse…

Bref, si Dude York n’a pas inventé la poudre, son dernier long playing permet de passer un bon moment, et de sortir quelque peu du climat anxiogène au sein duquel nous vivons pour l’instant…

lundi, 23 mars 2020 16:20

Sand Enigma

Land of Kush est une forme d’ovni musical qui sied bien au mythique label montréalais Constellation. Derrière cet étrange patronyme se cache Sam Shaladi, un musicien canadien d’origine égyptienne. On lui doit quelques albums signés Shaladi Effect. Il y a une dizaine d’années, il s’est lancé dans l’aventure Land of Kush. Pour mener à bien ce projet, ce musicien avant-gardiste dirige un orchestre d’une trentaine de musiciens.

Sur ce troisième opus intitulé « Sand Enigma », Sam Shaladi agrège les musiques classiques arabes, les rythmes traditionnels égyptiens et le jazz, tout en y injectant un soupçon de musique électronique. Cet album réunit quatorze morceaux, s’étalant entre 1 minute et 10 minutes. Mais nonobstant sa grande richesse instrumentale (cuivres, cordes, percussions, claviers, tout y passe…), il faut reconnaître que pour apprécier sa musique, il faut s’accrocher. Tour à tour brutiste ou bucolique, notamment lorsque les compos sont traversées par les interventions d’une flûte, mais encore arabisante, climat accentué par les interventions de la chanteuse Nadah El Shazly, l’expression sonore n’est pas facile à assimiler. Et franchement, votre serviteur vous déconseille vivement d’écouter ce « Sand Enigma » après une soirée bien arrosée ou après une journée difficile. Vous risquez de ne pas apprécier du tout. Mais, si vous êtes bien disposé et que vous êtes ouvert aux musiques sans structures et aux improvisations, alors, « Sand Enigma » pourrait vous plaire…

lundi, 23 mars 2020 16:05

Coin Coin Chapter Four Memphis

Il y a une dizaine d’années, la jazzwoman Matana Roberts s’est lancée dans un projet particulier qui lui tenait à cœur. Elle l’avait baptisé Coin Coin Project. A travers les douze chapitres annoncés, la native de Chicago revient sur l’histoire sombre de l’esclavage aux Etats-Unis en utilisant l’outil qu’elle maîtrise le mieux : le saxophone. Sur les treize morceaux de « Coin Coin Chapter Four : Memphis », elle relate les mémoires d’une jeune femme dont les parents ont été assassinés par le Klux Klux Klan. Cette histoire se déroule à Memphis, lieu de naissance de sa grand-mère. Comme sur les précédents chapitres, elle a invité des collaborateurs pour apporter davantage de substance à l’ensemble. Si auparavant on a déjà eu l’opportunité de croiser des musiciens du label Constellation (qui sort l’album) ou encore Prefuse 73, pour cet opus, elle convie un autre habitué du label montréalais, Sam Shalabi (que l’on a récemment croisé au sein de Land of Kush). Sur ce quatrième LP, Matana Roberts réalise un cocktail entre free jazz déstructuré et folk spirituel. Alternant passages plus ambiants sur lesquels viennent se poser une voix et d’autres qui laissent place aux impros dont elle a le secret. Et il fallait s’en douter, le gospel a également voix au chapitre sur cet opus...

Attention, si vous n’êtes pas réceptifs au free-jazz (NDR : ce qui est le cas de votre serviteur), l’écoute de ce disque risque de vous donner du fil à retordre ; mais au fil du temps, pourrait vous réserver quelques moments de satisfaction.

samedi, 14 mars 2020 10:11

Bigger than life

Depuis la sortie de son dernier opus (“It’s immaterial"), en 2016, le quotidien de Chris Stewart, alias Black Marble, a subi quelques bouleversements. Tout d’abord, il a vu partir vers d’autres horizons son acolyte Ty Kube. Ensuite, il a quitté son Brooklyn natal pour s’exiler sur la côte Ouest ; à Los Angeles plus précisément.

Ce déménagement sous les palmiers californiens n’a cependant pas ensoleillé la musique de Black Marble. Non, tout au long de “Bigger than Life”, premier album paru sur le label Sacred Bones (Amen Dunes, Moon Duo, Jenny Hval, ...), l’Américain remet une couche de synth-pop-cold-wave sur son expression sonore. A travers onze morceaux, il nous replonge directement au sein des 80’s. Cependant, contrairement à certains, Stewart le fait avec goût. Son sens mélodique est aiguisé. Il maîtrise l’art de l’écho sur les lignes minimaliste de guitare et de basse ainsi que le bidouillage des boîtes à rythmes et des claviers. Sa voix caverneuse rappelle aussi directement les figures de cette décennie. Le seul bémol à épingler émane plutôt de la ressemblance entre les différents titres. Néanmoins, ils s'avèrent particulièrement efficaces.

mercredi, 04 mars 2020 09:32

Le charisme d’Adrianne Lenker

Il y a un peu plus d’un an, la notoriété de Big Thief se limitait à un public plus ou moins averti. Tout a changé depuis les sorties, à quelques mois d’intervalle, de “U.F.O.F” et de “Two Hands”, deux opus qui ont propulsé la formation newyorkaise (de Brooklyn très exactement) sur le devant de la scène. Ainsi, il est rapidement devenu le groupe à suivre en 2019. Ses opus ont d’ailleurs intégré fort logiquement une grande partie des tops 2019. La majorité de ses concerts affiche complet (c’est d’ailleurs le cas ce soir) et il sera à l’affiche des plus grands festivals estivaux tels que Werchter (le 5 juillet en compagnie de System of Down, Michael Kiwanuka, GoGo Penguin, ...)

Il est près de 21h30 lorsque les lumières s’éteignent et que les quatre musiciens montent sur l’estrade. Adrianne Lenker (guitare/voix) prend place sur la gauche, Buck Meek (guitare/chœur) sur la droite, tandis que Max Oleartchik (basse) et James Krivchenia (batterie) se plantent à l’arrière. Dès les premiers morceaux, Big Thief donne le ton. Ce sont les guitares qui mènent la charge. Le son est particulièrement gras et incisif. Adrianne Lenker ne ménage pas son énergie et vit littéralement ses morceaux. Elle nous réserve quelques solos bruitistes dignes de Neil Young. La formation enchaîne ainsi différents tubes issus de ses différents long playings tels que “Masterpiece” ou encore “Not”. Et n’hésite pas à adapter le son aux conditions ‘live’. Les titres défilent. Tout au long de “Real Love”, les musicos affichent toute leur maîtrise. L’intensité et le timing de chaque note sont pesés. Plus que tout, c’est le charisme d’Adrianne Lenker qui éblouit la salle du Grand Mix. La jeune femme mène chaque morceau au gré de ses émotions qu’elle communique au public grâce à des trémolos dans la voix. Lorsqu’elle entame ses chansons les plus mélancoliques telles que “The Toy”, il est difficile de ne pas succomber. Après une heure et demie de concert sans interruption (seulement quelques remerciements), la formation quitte le podium sous des applaudissements mérités. Et l’auditoire quitte la salle conquis. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut assister au concert d’une formation aussi pointue que Big Thief et, surtout, de découvrir une artiste aussi charismatique qu’Adrianne Lenker.

(Organisation : Grand Mix)

mercredi, 19 février 2020 17:10

Une ouverture sur le Vieux Continent ?

De ce côté de l’Atlantique, The Growlers est plutôt inconnu au bataillon.  Pourtant, au pays de l’Oncle Sam, ce groupe californien (NDTR : il est originaire d’Orange County, au sud de Los Angeles) jouit d’une indéniable notoriété. D’ailleurs, il a eu l’opportunité de bosser en compagnie de Dan Auerbach et assuré les premières parties de son band, The Black Keys. Et plus récemment, il a signé sur le label de Julian Casablancas, le chanteur des Strokes. Manifestement, il a la cote au sein du milieu rock’n’roll, aux States. On pourrait expliquer l’absence de recognition, sur le Vieux Continent, quand un groupe ou un artiste entame sa carrière. Mais pas lorsqu’on compte huit albums à son actif. Des long playings aussi variés qu’une carte de bières belges. Ainsi, The Growlers est passé du rock/garage, au rock-psyché en transitant par la country. Entre autres. On était donc curieux de découvrir ce combo américain qui se produit rarement en Europe. Une belle occasion, également, de découvrir son dernier elpee en date, “Nature Affair”.

Preuve du manque de popularité, l’Aéronef est en configuration club et est loin d’être comble. Le public réunit essentiellement des jeunes. Il est 21h tapante lorsque les lumières s’éteignent et que The Growlers grimpe sur les planches.  Les deux leaders et membres fondateurs du band, Brooks Nielsen (chant) et Matt Taylor (guitare) prennent place au-devant du podium. Ils sont soutenus par un claviériste, un bassiste ainsi qu’un batteur. Il enchaîne les titres avec une facilité déconcertante. Tel un dandy, cigarette entre les doigts, Brooks Nielsen affiche une certaine désinvolture ou une forme de je-m’en-foutisme, si vous préférez. Il arpente l’estrade de gauche à droite et inversement. Mais cette attitude n’est que du show, car sa prestation est irréprochable. Sa voix rappelle Julian Casablancas (NDR : ben tiens !). Le groupe passe son répertoire en revue, en proposant des titres psychédéliques ou plus rock, mais également des morceaux contaminés par le reggae ou encore le disco. L’auditoire est réceptif et quelques spectateurs audacieux se risquent au crowdsurfing. Après une heure et demie de set, le quintet quitte la salle sous les applaudissements.

Le temps d’un concert, The Growlers a replongé un auditoire quinze ans en arrière en dispensant un set de toute bonne facture. Vu l’excellent ambiance qui régnait au sein de l’Aéronef, il faut croire qu’un public a été conquis et qu’il constituera probablement, pour la formation, un premier bastion de fans sur le Vieux Continent…

(Organisation : Aéronef)

lundi, 24 février 2020 18:55

Terms of Surrender

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, M.C Taylor poursuit son petit bonhomme de chemin en écrivant des morceaux attachants, dans la droite lignée des légendes du folk américain. Il y a six ans, il décrochait une belle récompense en signant sur l’excellent label Merge (Arcade Fire, Destroyer, Lambchop, ...) Depuis lors, quasiment chaque année, le natif de Durham (NDR : c’est en Caroline du Nord) publie un album. Et “Terms of Surrender” constitue ainsi son sixième sur ce label.

Si l’Américain peine à se forger un nom dans son pays ainsi que sur le Vieux Continent, loin des foules, son talent de songwriter est pourtant établi. Le meilleur témoignage de cette reconnaissance par les pairs est certainement la participation à cet opus de Jenny Lewis et de Aaron Dessner de The National.

Aucune révolution sur cet LP. M.C Taylor agrège tout simplement folk et americana, en respectant les codes. Et tout en maîtrisant son sujet, il nous livre des ballades mélancoliques, sous un format acoustique, en se servant du piano et d’un harmonica, à l’instar de l’excellent titre éponyme. Mais sur la majorité des pistes, les amplis sont branchés et nous réservent des morceaux plus rythmés comme sur “I Need a Teacher” ou encore “My Wing”. L’instrumentation frôle également la perfection, se nourrissant notamment d’une lap steel ou d’un orgue. Enrichi de chœurs, l’ensemble est bien sûr souligné par la voix nasillarde de Taylor.

Outre les légendes du folk qui hantent ce long playing, on croise également des réminiscences puisées chez War on Drugs.

Le message de Hiss Golden Messenger vaut de l’or ; il serait donc dommage de s’en priver.

Page 1 sur 88
FaLang translation system by Faboba