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Béber

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mercredi, 22 juillet 2020 09:47

Dream Hunting in the Valley of the In-Between

C’est avec un immense plaisir que l’on retrouve Man Man, sept ans après la parution de son dernier opus, "On Oni Pond”. Sa pop foutraque et loufoque nous avait fortement manqués.

La bande originaire de Philadelphie est donc de retour et vient de graver “Dream Hunting in the Valley of the In-Between”. Et autant le dire, rien de tel qu’un album de ce type en cette période pour le moins morose. La musique de Man Man est toujours aussi insaisissable. La voix éraillée de Ryan Kattner (alias Honus Honus) et le xylophone sont toujours aussi reconnaissables. Les Américains se plaisent à casser les codes. Ils parviennent à déstructurer leurs morceaux tout en préservant le sens de leurs mélodies. Sur ce dernier essai, ils n’ont pas lésiné sur les moyens et ont intégré une multitude d’instruments à la fête. Des classiques (guitare, basse, batterie, claviers, etc.), des moins conventionnels (ukulélé et marimba, notamment), mais surtout une section de cuivres. Aussi, outre la pop baroque qu’on leur connaissait, sur ce dernier LP, le groupe va pêcher ses influences sur d’autres continents et s’amuse à les incorporer à sa folie organisée. On pense notamment au plus latino “Inner Iggy”, au country “The Prettiest Song in the World” ou à l’oriental “Animal Attraction”.

“Dream Hunting in the Valley of the Valley” est une véritable bouffée d’air frais. Un album riche, déstabilisant, captivant qui mérite clairement le détour. Croisons les doigts afin de pouvoir admirer les performances scéniques de cette formation atypique. 

mercredi, 22 juillet 2020 09:45

A separation of being

La découverte d’un projet porté par le label montréalais Constellation suscite toujours son lot d’interrogations. Depuis maintenant plusieurs années, l’écurie débusque des artistes qui ne s’inscrivent dans aucune case. Difficile d’adhérer à l’ensemble du catalogue tant les expérimentations proposées sont diverses et parfois poussées à l’extrême.

Joyfultalk appartient à cette catégorie de formations qui offrent ce type d’aventure sonore à laquelle il est difficile de rester insensible. Derrière ce patronyme et cette pochette colorée (issue d’une fresque murale) se cache Jay Crocker, un musicien originaire de la Nouvelle-Ecosse, au Canada. Sur ce troisième opus intitulé « A Separation of Being », il poursuit sa redéfinition de la musique. A l’aide d’instruments de sa création et, surtout de synthé, il propose une musique futuriste aux influences psychédéliques. Divisé en trois plages de sept, huit et seize minutes, Joyfultalk développe des nappes synthétiques qui tournent et finissent par vous hypnotiser. Particularité : on n’y décèle quasiment aucun crescendo...

Si l’écoute de “A separation of being” peut paraître indigeste à certains (elle l’a été en ce qui concerne votre serviteur), cette forme d’expérimentation a le mérite d’exister et de pousser toujours plus loin les limites de la créativité. On peut compter sur Constellation pour continuer à nous sensibiliser aux évolutions musicales...

dimanche, 05 juillet 2020 09:34

Saint Cloud

Katie Crutchfield est considérée, au sein de la scène indie rock US, comme une songwritrice accomplie. Depuis 2010, cette ex-punk a gravé quelques superbes long playings en compagnie de son groupe, Waxahatchee (NDLR : à vos souhaits !). Tout au long de ses elpees, elle épanchait ses désillusions amoureuses sur des titres dynamisés par un rock énergique.

Pour ce cinquième opus, elle a décidé de faire le point sur sa vie, après avoir vécu un léger burn-out. Et d’en revenir à ses racines. Raison pour laquelle elle a choisi pour titre de cet LP, celui de la ville natale de son père (NDR : c’est en Floride !). En outre, elle y dévoile se problèmes d’addiction à l’alcool.

Et le résultat est épatant. Elle nous réserve, en quelque sorte, son œuvre de la ‘maturité’ ! Et plus que probablement un des albums de l’année 2020. Les plages de ce “Saint Cloud” sont sculptées dans une forme d’americana de haute facture, inspirées des terres brulées de son Alabama. Ligne de guitare cristalline, chœurs, tout y est. A fleur de peau, chargées de feeling, les mélodies sont superbes. La production est impeccable. “Can’t Do Much”, “Lilacs” ou encore “Hell” illustrent parfaitement le climat au sein duquel baigne “Saint Cloud”. Une exception qui confirme la règle, “Fire”. Pas que le morceau soit de mauvaise facture. Au contraire ! Il est même excellent. Cependant, il est imprimé sur un rythme proche du r&b.  

Réunissant 11 pépites, « Saint Cloud » est un disque à découvrir absolument ! Et Katie Crutchfield nous y confirme tous ses talents d’auteure-compositrice-interprète.

dimanche, 05 juillet 2020 09:32

Amputate Corporate Art

Lorsqu’il s’agit de hausser le ton, les formations belges n’ont clairement pas à rougir face à celles qui militent hors de nos frontières. Et The K., It It Anita, Cocaïne Piss ou encore Brutus en sont certainement de belles illustrations…

Il a fallu attendre cinq longues années avant que le combo liégeois ne décide de donner une suite à son premier opus. Durant cet intermède, Von Landau a notamment prêté main forte à Cocaïne Piss. Et puis le duo s’est mué en trio, puisque le bassiste Gregory Danger a rejoint le line up.

Produit par TIm Gieter (Brutus, Amenra) et paru sur label JauneOrange (Dan San, Glass Museum, Leaf House, ...) « Amputate Corporate Art » est d’une efficacité redoutable. Il envoie valser, a de la gueule et surtout constitue une fameuse bouffée d’air en cette période difficile. Hormis la ballade “Everything Hurts”, l’elpee nous plonge au sein d’un univers sonore qui mêle noise, punk et garage. Puissants et énergiques, les titres sont parfois hantés par le spectre de Nirvana. Et “Dominant Tracks” en est certainement la plus belle illustration. La voix de Sébastien est vindicative. Les riffs de basse sont percutants, alors que bruitiste, la gratte assène ses coups de griffes, en y laissant des éraflures à vif.

The K. se produira au Botanique le 30 septembre. Une belle opportunité pour retourner en salle afin d’y vivre un concert en ‘live’… 

jeudi, 18 juin 2020 18:46

Parcelle brillante

En vingt années d’existence, le projet de Jérôme Didelot compte plusieurs albums dont « Parcelle brillante » constitue déjà le 6ème. 

A l’instar de « Dérivation », titre atmosphérique qui ouvre l’elpee, la pop d’Orwell est richement instrumentée. Les cordes, les cuivres, les nappes de claviers se succèdent et/ou s’entremêlent au gré des titres. Derrière le chef d’orchestre, on compte plus d’une dizaine de collaborateurs dont Armelle Pioline (Holden, Superbravo), qui participe aux chœurs sur « Jamais assez ». Le natif de Nancy assure le chant des paroles qu’il a écrites. Pour ces dernières, il s’est inspiré des textes de l’écrivain américain de science-fiction Theodore Sturgeon. Si l’instrumentation est toujours aussi ample, les influences changent au fil des morceaux. Et par conséquent, les ambiances, aussi. On relève des traces de jazz sur « Rien ne pourra ne pourra me rendre sage », d’autres de musique africaine sur « Jamais Assez ». Parfois on pense à la formation hexagonale François & the Atlas Mountains ou encore à Orval Carlos Sibelius (la touche psyché en moins). Enfin, la production de « Parcelle Brillante » est particulièrement (trop ?) léchée. D’ailleurs, il faut bien avouer que s’il fallait émettre un bémol pour cet album, c’est clairement son manque de folie, cette absence de coup d’éclat qui lui communiquerait davantage d’âme... 

jeudi, 04 juin 2020 11:18

Ronin

Il y a presque trente ans que Bruno Dorella développe un projet qu’il a baptisé Ronin. Après plusieurs années de stand-by, le Milanais nous propose son septième elpee. Pour la circonstance, le line-up de son backing group a été complètement chamboulé, puisqu’il implique Nicola Manzan (guitare et violon), Roberto Villa (basse, clarinette) et Alessandro Vagnoni (batterie). 

Intitulé « Bruto Minore », en référence à un poème de Giacomo Leopardi qui traite de l’assassinat de Jules César, cet album est essentiellement instrumental. D’excellentes incursions post-rock rencontrent des envolées baroques inspirées par la musique de chambre. A l’instar du morceau qui ouvre le long playing, « Capriccio ». Une impression accentuée par les interventions au violon de Nicola Manzan. Cependant, tout au long des neuf plages de cet elpee, c’est Bruno Dorella qui mène la barque, de ses riffs de gratte, d’une main de maître, les autres musicos se limitant à enrichir ses interventions.

Une belle découverte. D’ailleurs, votre serviteur a décidé de suivre le parcours du projet de Bruno Dorella de très près...

mardi, 12 mai 2020 15:24

Symphonic Tales

Ce musicien talentueux a fait ses classes au sein du conservatoire de Paris (NDR : un cursus qu’il a suivi en même temps qu’une maîtrise de philosophie à la Sorbonne !) et jeté son dévolu sur le saxophone. En 2004, il publie son premier elpee, « Blues for Nel ». Puis à espaces réguliers –tous les trois ans, pour être plus précis– il en grave de nouveaux, sur son label Gaya Music Production, dont il est le fondateur et directeur artistique. Au fil du temps, Samy Thiebault s’est forgé un nom au sein de l’univers du jazz et a reçu de plus en plus d’échos favorables auprès de la presse spécialisée. Cette notoriété lui a permis d’enchaîner les collaborations, les projets et les concerts aux quatre coins du globe.

Pour succéder à « Caribbean Stories », le Français a donc décidé de tourner son regard vers les Indes. Ne vous attendez cependant pas à de la musique ‘exotique’ réminiscente de Ravi Shankar. Non, il s’agit seulement d’une des sources de son inspiration (NDR : John Coltrane en est certainement une autre !), car il mêle de manière originale arrangements classiques, jazz modal et ragas indiens. Selon ses termes, la musique devait faire partie intégrante d’un swing nerveux. Pour accompagner cette frénésie, il s’est tourné vers l’Orchestre Symphonique de Bretagne, un orchestre dirigé par le jeune chef, Aurélien Azan Zielinski ; mais également vers d’autres comparses comme le réalisateur Sébastien Vidal. Il en résulte un mélange entre jazz et musique dite ‘classique’. Et sur ces orchestrations luxuriantes, Samy Thiebault régale les tympans sur son saxophone…

dimanche, 03 mai 2020 10:22

Seasons

De père Iranien et de mère française, Anita Farmine a fui son pays natal, à l’âge de 5 ans pour rejoindre l’Algérie. Deux années plus tard, la famille débarque en France. Anita prend goût à la musique et commence à suivre des cours de chant lyrique et de piano classique avant même qu’elle et les siens partent s’installer à Orléans. Elle y poursuit son cursus, mais ce n’est qu’à 24 printemps, qu’elle décide de se lancer dans la chanson, intégrant différentes formations. En 2014, elle publie son premier elpee solo, « From Above”, puis « Next », en 2017. « Seasons » constitue donc son troisième opus. 

Ces déracinements ont eu une influence majeure sur l’auteure-compositrice-interprète, dont les chansons mêlent les styles, les langues (anglais, persan, français) et les cultures. Instrumentation traditionnelle (karkabou, dayereh ou encore inuk), synthés et même électronique alimentent des morceaux, cependant dominés par des sonorités persanes ou issues du Maghreb, et surtout illuminés par la superbe voix d’Anita Farmine.

Propice aux rêves de voyages exotiques, cet univers sonore est riche et coloré, mais aussi enchanteur…

lundi, 04 mai 2020 09:52

And the Drones of Praise

C’est en rentrant du Mexique que Sean Mulrooney (musicien irlandais, installé aujourd’hui à Berlin) décide de lancer son projet TAU, en référence au ‘père soleil’, dans les civilisations préhispaniques. Depuis le troubadour s’est converti à un psyché/folk aux relents acides.

Inspiré par les sonorités world, « And the Drones of Praise » constitue le deuxième album de la formation. Lors des sessions, l’Irlandais-berlinois a reçu le concours de quelques invités, dont Idris Ackamoor (multi-instrumentiste au sein de la formation jazz The Pyramids), Earl Harvin (percussionniste qui a notamment bossé pour Tindersticks), Knox Chandler (dernier guitariste de Siouxsie and the Banshees) ou encore Lalitha et Nandini (alias LN Sisters), responsables d’une forme de musique classique indienne. L’opus recèle huit plages richement instrumentées, que ce soit sous une forme acoustique ou l’électrique (flûte, banjo, claviers, bouzouki, violon, vielle à roue, piano ou percussions diverses). TAU développe des danses chamaniques construites sur des riffs hypnotiques. Et nous entraîne même un peu plus loin, du côté de l’Orient, tout au long d’« Erasitexnis ».

Paisible ballade spirituelle, « And the Drones of Praise » est idéal pour transcender tout trip psychédélique…

lundi, 04 mai 2020 09:41

The fith mechanism (Ep)

Charles in the Kitchen s’est formé en 2011. A Neuchâtel, en Suisse. Un quintet qui, à l’origine, se contente de reprendre des classiques du rock. Puis, progressivement, il commence à composer son propre répertoire, dans un style qu’on pourrait alors qualifier de grunge-punk-rock.

Son dernier Ep, « The Fith Mechanism », en revient cependant à rock plus classique qui met en exergue les sonorités de gratte. Ainsi, les refrains de « Slip to the Night » et « I Wanna Know » se distinguent par leurs tonalités stoner. « The Boy & the Girl » émarge carrément au punk. Et le disque de s’achever par le survitaminé « You never talk », un morceau de plus de 6’30 qui ne lésine pas sur les solos de guitare.

Quoique bien maîtrisées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Si bien que finalement, on ne peut pas dire qu’il soit parvenu à susciter l’intérêt de votre serviteur…

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