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mardi, 24 février 2009 22:03

Thieves

Thieves est comme ces créations posthumes aussi profondément belles que frustrantes. Le soubresaut inattendu. Le couteau dans la plaie pour qui regrettait déjà amèrement la séparation des cinq Canadiennes. « Grab that gun » (2004) avait conquis par sa mélancolie électrique restaurant au féminin la grandeur des Smiths. Mais pas assez pour assurer la suite dans une industrie musicale hostile et formatée ; surmenage et discordes avec leur label Too Pure, diront-elles, ont brutalement balayé leurs illusions. Nos illusions. De pouvoir encore s’abreuver à cette sombre beauté qui fait si bien écho à nos vies aigres-douces. De pouvoir s’épancher en boucle sur cette énergie passionnelle traversée par le timbre androgyne de Katie Sketche.

Thieves approfondit ces mélopées ténébreuses mais illuminées à travers six titres en étoile filante (à peine 15 minutes). L’enregistrement lo-fi (dans un salon) ne fait que renforcer le tempérament et la beauté brute des morceaux. « Even in the night » et « Don’t be angry » touchent précisément par un dépouillement d’où résonne superbement cette voix profonde et troublante. « Oh What A Feeling » et « Fire in the ocean » l’emportent par une fièvre irrésistible coincée quelque part entre regret et détermination. Toujours guidé par le fameux orgue Hammond –d’où « The Organ » –, cet Ep d’adieu continue de tanguer délicatement entre la chaleur pop et la froideur new-wave. Et c’est au creux de ce paradoxe à visage humain que s’opère l’alchimie de The Organ ; ces mélodies simultanément puissantes et fragiles s’offrent pour sublimer la douleur et transcender le passé. S’en plaindront ceux qui se braquent face à l’anachronisme ; y plongeront sans réserve ceux que cette superbe catharsis éveille à la vie.

 

mercredi, 04 février 2009 23:29

Lydie Experience

Lydie Experience est une tentative brouillonne et moyenne, mais en tout cas osée. Elle vient  réinterpréter le répertoire de Jimi Hendrix au travers d’une pop psychédélique et électronique instable. Le modèle s’insinue quelque part entre Stereolab et Goldfrapp, mais rien n’est moins certain. La voix est souvent plus parlée que chantée, tantôt doucereuse, tantôt glamour-cabaret, mais toujours sur le fil du rasoir. Dérangeante, un peu hypnotique aussi, Dieu ou Diable, candide et hantée. Un passage chaud laisse place à des vapeurs givrées. Au secours ! On voudrait trancher ou faire cesser l’écartèlement. Lydie Brice, diplômée en improvisation vocale du conservatoire de Strasbourg, ne freine aucunement ses ardeurs expérimentales. C’est si vacillant qu’on attend indéfiniment que la boucle se referme sur une mélodie, un timbre, une tonalité. Disons, un parti-pris quelconque. Mais le chemin reste incertain, ouvert, instable, hésitant entre les tentatives louables (« Button belly window », « Voodoo child ») et celles parfaitement insignifiantes. Une chose est sûre, à l’issue de l’écoute de ce disque, on fronce les sourcils en éprouvant un léger tournis.

mardi, 13 janvier 2009 01:00

Attic Thieves

A l’autre bout de la Manche, le rock semble plus brut. Ceux qui ne s’en lasseront pas, s’en délecteront. Surtout quand le reste de la scène britannique s’égosille dans l’électrique ou ne s’effiloche pas dans l’émo-complainte. Ralfe Band dénote agréablement par son blues-folk imparfait. Le précédent « Swords » (2007) avait déjà fait une entrée discrète mais classieuse, rappelant les libertés prises par la country bohême des Decemberists. Cette fois, l’exploration est plus acoustique qu’à l’accoutumée. On se laisse aisément porter par ses mélodies scandées dans la chaleur de l’évidence (« Platform boy »), ses périples instrumentaux assumés dans la longueur (« Big head » et « Attics »), ses petites merveilles dans la droite lignée des Calexico (« Mirror face ») et ses formes lascives en piano-cabaret (« Queen of Romania »).

« Attic Thieves » constitue un album éclectique à l’image de la polyvalence de ses têtes pensantes. Et pour cause, Oly Ralfe s’investit avec autant d’aisance dans le monde du documentaire et de la vidéo, tandis que son partenaire Andrew Mitchell enchaîne délicatement cordes et percussions. Ajoutez que « Attic Thieves » a été enregistré au fur et à mesure de contributions apportées par des invités… surgis de nulle part (contrebasse, trombone, mandoline, violon, trompette). Bref, de ce fourre-tout, on est séduit par son résultat délicieusement bancal. Sauf lors de la deuxième partie de l’album, qui s’essouffle dans une  errance sans point final. Des faiblesses récupérées par la douceur bienveillante de « Lost like gods » où accordéon et piano se donnent la réplique en sous-vêtements de soie. Assez pour tendre l’oreille vers cette boîte de Pandore et lui soutirer des promesses pour le futur.

mardi, 09 décembre 2008 01:00

Lunglight

Sur “Lunglight”, Shaky Hands mise sans complexe sur l’électrique. Plus de traces de ces instrumentations épurées qui faisaient l’accroche du premier « Shaky hands » (2007). On n’y trouvera d’ailleurs pas de titres aussi implacables que "Whales Sing" et "Why and How ». Cependant, l’ensemble tient le cap. Pour la circonstance, le quintet de Portland ne laisse aucun répit aux guitares, tirées par des rythmiques rétro, des percussions artisanales et épisodiquement un piano plaintif. « You are the light » remplit correctement son tribut aux eighties. « Settle on » sent bon les Beatles caféiné.  « Loosen up » joue habilement sur des aspérités post-punk. « Air better come » creuse son tempérament en pleine lignée des Strokes. « We are young » explose avec la nonchalance des Libertines. « Wake the breathing light » achemine en douceur un blues rock un peu moins rugueux que celui des Black Keys. Et en filigrane, à travers ces mélodies sur le fil du rasoir, on devine aussi le ton Pavement. Nick Delff (aussi membre de Castanets) sait pertinemment d’où il vient. Mais ces influences –clairement assumées– ne sont pas assassines. Ce disque impose même un imperceptible quelque chose qui l’extrait miraculeusement de l’ombre de ses maîtres.

« Lunglight » mérite le détour, au moins pour y apprendre comment se forger un caractère trempé malgré d’indécollables références.

 

mardi, 09 décembre 2008 01:00

Women

Sans aucun doute, le premier album de Women –groupe 100% masculin– est un pur produit de la scène indie canadienne. Aussi déluré et improbable. Tantôt mélodique, tantôt dissonant. Un fil étrangement tissé, sombrement avant-gardiste, qui sera reçu avec autant de scepticisme que de curiosité. Que ceux qui étaient restés perplexes devant les expériences de Panda Bear et Avey Tare rebroussent chemin. Women approfondit l’insolite en perdant ça et là sa ligne mélodique, pour la faire rejaillir au moment où on désespérait de la retrouver. L’instrumental « Woodbine » joue l’incompris en s’imposant sans jamais décoller. Interrogatrice aussi, la saturation largement désinhibée de « Flashlights » et « Lawncare ». Il reste que, mis à part ces quelques moments bruitistes moins digestes, le cœur de l’album vaut largement le détour. « Group transport hall » et « Shaking hand » pourraient figurer sans miracle sur le « Sung tongs » des Animal Collective, voire compléter admirablement le « Person Pitch » de Panda Bear. On y retrouve intacts ce son brut, ce timbre venu d’ailleurs, ces claquements de main, ces mélopées psychédéliques. Une trouvaille pour le label Jagjaguwar (Okkervil River, Bon Iver, Oneida, Black Mountain) qui n’en finit plus de dénicher le futur du rock de derrière les fagots. Qui plus est, enregistré ici entre la  cave et le caniveau avec des ghettoblasters et un vieux lecteur cassette, et le résultat prend tout son sens. Un album ciblant tout spécialement qui ne s’étonne plus de rien.

samedi, 15 novembre 2008 01:00

L’art de faire fondre les cœurs…

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

 

samedi, 15 novembre 2008 01:00

Elles n’avaient d’yeux que pour lui…

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

dimanche, 09 novembre 2008 01:00

La sainte énergie des Cold War Kids

21h. La salle est en effervescence. Il faut croire que la majorité des spectateurs n’en a cure des critiques assassines, assénées sans répit par Pitchfork, aux quatre Californiens, depuis leurs débuts. Difficile de s’en départir pourtant. Elles résonnent, cinglantes et sans appel. Les Cold War Kids ne feraient donc que du ‘pastiche poli qui insulte l’intelligence des amateurs d’indie-rock’? Du son de ‘boy-scout’ ? Du ‘storytelling superficiel’ ? De quoi s’étonner d’une telle hargne alors que les rumeurs accompagnant la sortie de « Robbers and Cowards » (2007) préconisaient la révélation de l’année. En outre, le Botanique les affichait déjà ‘sold out’ et l’album trônait dans la majorité des tops de fin d’année. Autant dire que le paradoxe, comme la salle de ce soir, est à son comble.

L’entrée est explosive. Sans un mot, le micro est saisi pour plonger à tue-tête dans les meilleurs morceaux du premier album. Même crié plus que chanté, même répété inlassablement sur le même ton, « Hang me up to dry » emporte instantanément nos esprits éméchés. On n’en mène pas large. Aucune résistance non plus sur « Used to vacation », toujours aussi implacable. La familiarité des premiers morceaux introduit en douceur ceux de « Loyalty to loyalty », un deuxième album aux mélodies moins indélébiles et plus décousues, mais finalement peut-être aussi plus matures et décomplexées. « Something Is Not Right With Me » séduit par son rock endiablé. « Welcome To The Occupation » par ses exercices de style différents, condensés en un morceau. Il aura fallu une minute, un instant peut-être, pour conquérir. Un signe de tête, une confirmation instantanée pour que le public semble unanime. C’est bien là, l’accord implicite qui est conclu : une heure et demie d’énergie sans compromis. Du coup, il faut aimer cette voix poussée à l’extrême dans les aigus; s’accommoder de cette allure brouillonne et chiffonnée, de ce côté touche-à-tout de l’accent blues du terroir, de ce riff de rock crasseux. Accepter que Nathan Willett pousse le son à l’extrême sans vraiment consulter nos oreilles déjà en feu. Mais puisque c’était dans le contrat, c’est accueilli sans réserve. La folie devient incontrôlable dès les premières notes de « Hospital beds ». Qui se soucie de savoir qu’aucun des Cold War Kids n’a jamais vraiment connu les heures glauques des soins intensifs ? Tout le monde est d’accord de mettre le feu ‘Put up the fire, don’t stop don’t stop, put up the fire on us’. Peu importe qu’on finisse tous en ‘fish and chips’ ; on est en sueur. L’énergie est carrément contagieuse et les refrains se vident de leur contenu pour imposer leurs formes, bousculer les endormis, rappeler à la vie. Laquelle ? On ne sait pas très bien s’il s’agit de celle que les Cold War Kids prêchent en invoquant Dieu par-ci ou par là ; mais puisque c’est ardemment prêché, on se fond dans cette ébullition salutaire. Bénie, en rappel, par le fascinant « Saint John ». 

Organisation Live Nation

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

Judas

Pur compromis à la belge, A Brand déroule 12 titres aussi électriques qu’électroniques, farfouillant dans les années 70, 80 et 90. Les Anversois lâchent ce bâtard enragé sur le dancefloor et à certains moments, quelque part entre le disco et le glamrock, la formule opère. Anarchique et batailleuse ; éclectique et efficace. Rien de véritablement indélébile ; demain c’est oublié. Mais aujourd’hui ça vivote, ça se nourrit sans trop de mal de guitares affolées empruntées aux Strokes, de synthés tout droit sortis de tubes disco et d’une voix glamour au timbre qui n’est pas sans rappeler un certain Tom Barman. Sans aucun doute, la recette séduit avec bien plus d’aisance en se limitant à un son disco vintage (« Bubbles ») plutôt qu’en l’affublant de riffs teenage fiévreux (« Time »). On restera aussi perplexe devant l’inclassable « Drop the messiah », à l’hymne reggae subitement supplanté par des guitares punk. La cohérence et les transitions ne sont à l’évidence pas la priorité. Et c’est peut-être du haut de cette nonchalante iconoclaste que résonnent le mieux les morceaux. Dans cette perspective, les refrains scandés avec entêtement pourront trouver à qui parler. « Judas » saisit l’opportunité, le départ imminent. Peu importe que ça dure, peu importe que ça reste en surface. Pourvu que ça soulève. Les trois guitares misent tout sur le rythme obsédant et l’envie instantanée de sortir d’ici maintenant, nu et déterminé. N’importe quoi mais que ça saute. Une formule sans surprises, dont les qualités sont les faiblesses. A avaler sans réfléchir sur une cuillère à café.

 

mardi, 28 octobre 2008 20:29

Me And Armini

Résolument frais et bienveillant, « Me and Armini » glisse sur la peau. De sa voix douce, Emiliana Torrini caresse les pensées chiffonnées du matin. On ne s’en plaindra pas. On n’y cherchera pas non plus midi à quatorze heures. Ce troisième album de l’Islandaise s’écoule sans heurts comme sans véritable saillies. Bien moins torturées que Björk, son éternel terme de comparaison –même label, nationalité et timbre de voix– les narrations d’Emiliana ne tombent pas pour autant dans la monotonie. « Me and Armini » couve un improbable reggae lascif (dans la lignée de la reconversion de Sinead O’Connor) ; « Jungle drum » se laisse emporter par une  fraîcheur et franchise sans réserve. « Birds » achemine en acoustique les courbes de la mélancolie. Des tons changeants à l’image d’un passé métisse, comme dira en interview l’Italienne/Islandaise émigrée à Londres.

L’album délaisse ainsi les humeurs trip-hop de "Love in the Time of Science" (1999) et la candeur folk de « Fisherman’s woman » (2005) pour zigzaguer au travers d’un éclectisme assumé. Par-ci s’immiscent un pedalsteel, un glockenspiel, un mélodica. Par-là s’affolent des guitares sèches et un piano lascif. Mais c’est surtout  lorsque les morceaux outrepassent la ballade romantique que l’album prend son envol. Le relief grimpe surtout lors du fantastique « Heard it all before », où, sur une rythmique franche et des vocalises plus trempées –inévitablement comparables à Björk– Emiliana Torrini allie sensualité et détermination. Pourvu que ce filon soit mis à découvert pour un prochain album où la douceur s’enroberait davantage de tempérament.

 

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