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mardi, 30 septembre 2008 03:00

In ear park

« In ear park » est un petit miracle issu de l’improbable. Un baiser volé. Arraché au quotidien. Né des heures perdues, des temps morts grappillés ça et là au cœur de l’affairement new-yorkais. Daniel Rossen (guitare et chant), tête pensante de Grizzly Bear, œuvre dans les interstices laissés entre la sortie de « Yellow House » et les tournées internationales. Fred Nicolaus (beats et samples) fugue de ses horaires de bureau pour de courtes escapades au studio. « In ear park » est l’histoire de quatre ans d’enregistrements hâtifs, d’école buissonnière, de virées nocturnes et de correspondances animées pour maintenir le fil entre les deux potes de fac ; petite flamme entretenue par la patience et la détermination, forgée par la maturité. Tendre l’oreille quelques secondes suffisent pour en caresser les formes généreuses.

Des univers toujours en évolution s’ouvrant sur l’émotion d’un folk décharné soudainement débridé par un piano-cabaret (« In Ear Park ») ; touchés à vif, il n’y a plus qu’à cueillir la suite le plus simplement du monde. « No One Does It » emporte instantanément par sa mélodie martelée avec nonchalance, façon Beatles. Un instant de répit en forme de ballade introspective hantée (« Phantom Other ») et de clin d’œil baroque (« Teenagers »), avant que le coup de grâce ne soit asséné par « Around the Bay ». Troublant de justesse. La suite se poursuit à la hauteur des cimes. Des crescendos puissants, des chœurs psychédéliques, des envolées cinématiques, des ‘handclaps’ vintage. Et, sans faiblir, le doux psychédélisme de « Floating on the Lehigh » vient à point aérer l’album.

« In ear park » scelle cette juxtaposition d’ambiances évasives, mises bout à bout, mais toujours  subtilement soupesées. Fini l’éclatement passionnant mais instable du précédent « Cold Nose » (2005). Ici, le fil ne rompt jamais, tendu par un l’équilibre parfait entre la nonchalance des Fab Four, la mélancolie de Midlake, les vocalises habitées du « Shepherd’s dog » d’Iron and Wine et la densité façon Menomena, émiettée dans un parfait éclectisme. Sans aucun doute, un disque précieux pour l’imprévisible label Melodic comme pour les mélomanes à fleur de peau. Un opus profondément émouvant, légèrement décousu, habilement éclectique, lascif à souhait.

 

 

mardi, 23 septembre 2008 03:00

Someone else’s déjà vu

Pour son troisième album, Son, Ambulance s’essaie à un tribut soyeusement 70’s. « Someone else’s déjà vu », au titre (mal)heureusement plus qu’évocateur, donne le ton. Déjà vus les ‘lalala’ et ‘palapapa’ en tutu rose, que seul Dan Bejar (Destroyer, New Pornographers) parvient à multiplier à l’infini sans friser le ridicule. Déjà vues les cordes moelleuses sur des vocalises mièvres (‘We met… in some enchanted forest’). Déjà vu l’essai bossa nova psychédélique dont Os Mutantes seuls détiennent le secret. Certes, l’ombre des 70’s plane sur des titres rendant maladroitement hommage à Simon and Garfunkel ou Commodores. Sinon, le quatuor d’Omaha n’en mène pas large. A l’exception peut-être de la troisième partie de l’album où l’épuration permet enfin de dévoiler le timbre agréable de Joe Knapp.

Pour le reste, impossible de comprendre les raisons du changement drastique de ton chez Son, Ambulance. Alors que le précédent opus « Key » (2005), projetait avec finesse d’obscures paranoïa sur un piano affable, « Someone else’s déjà vu » se débat dans l’ouate rose délavé. Serait-ce que Joe Knapp cherche à dédramatiser le déclin de son label (Saddle Creek) depuis la désertion de Bright Eyes et The Faint ? Motif insuffisant, en tout cas, pour daigner se farcir les ballades des cœurs sur-brisés ou des sourires sur-figés quand Nick Drake, Eliott Smith et – moins évident– Sandro Perri ont su rendre la douceur tellement plus introspective, passionnée et passionnante.

 

mardi, 16 septembre 2008 23:48

Light bulbs

Fujiya & Miyagi martèle toujours avec autant de classe. La lumière est tamisée ; David Best scande ses murmures sur un rythme battu avec la rigueur du métronome. Sans aucun doute, le krautrock se porte bien, même si les fidèles héritiers de Can et Neu! ne peuvent cacher leur vice electro. L’influence Kraftwerk plane constamment. Sur Lightbulbs, l’analogique est encore plus décomplexé que sur leur splendide Transparent Things (2006), notamment grâce à l’arrivée des synthés Moog et Korg. De quoi faire pâlir les catégories musicales inflexibles. Le quatuor de Brighton ne s’encombre que d’un seul invariable : la section rythmique. Méthodique et intransigeante. A partir de là, tout reste à expérimenter. Du groove vintage à l’électro contemplative, de la pop pimpante au synthé hanté. « Sore Thumb's gentle » s’essaie même à l’Italo-disco funk. Certes, la formule aura tardé à séduire et le groupe se débattra jusqu’aux chroniques élogieuses de NME et Pitchfork en 2003. Mais dès la « krautpop » parcimonieusement glissée dans les mœurs, il en faudra peu pour reconnaître le génie des expérimentations Fujiya & Miyagi. Cette propulsion grisante, pour soigner définitivement les indécis. Cette scansion hypnotique, pour sombrer dans l’addiction. Ce son d’illuminés pour garantir l’envoûtement. Jamais évasion n’avait été aussi cadencée.

 

mardi, 16 septembre 2008 23:47

Who are your songs for?

Loin d’être aussi fou et décousu que l’œuvre de Picasso, le rock de Guernica s’avère plutôt sain et vigoureux. Malgré son enregistrement limité à quatre jours, cet album délivre un son net et bien ficelé, frisant habilement les frontières à la fois du hard rock et du post rock. Ici, les guitares s’affolent lourdement, manifestant la colère de métalleux. Là, elles s’élancent, soudainement poétiques et légères, vers des envolées instrumentales contemplatives. Le nerveux des Bloc Party flirte avec le crissant des Unwound et le céleste des Do Make Say Think. Mais le résultat n’est pas juste un compromis à la belge voué au tiraillement éternel. La formule s’énonce plutôt sous une forme naturelle et innovatrice, rappelant que la scène belge ne se cantonne pas aux couplets refrains ‘girl-hawaïens’. Plutôt dans la lignée des Blonde Redhead, la guitare est bien aiguisée (surtout sur le très ‘strokesien’ « This Is The Age Of Too Much »), parfois saturée, et le chant légèrement étouffé. De plus, l’instrumentation aérée permet de faire parler chaque musicien sans donner l’impression d’une lutte sans merci pour libérer du son. Mélodique et déterminé, « I wish I was American » détient toute l’énergie nécessaire pour un single et caractérisé par une batterie pleine de caractère et un crescendo jouissif, « Far from sound » le suit de près. Si d’autres titres sont moins surprenants, ce premier E.P. laisse en tout cas entrevoir le potentiel de quatre passionnés débridés. Précieux pour éveiller un brin de fierté envers ce plat pays en mal de patriotisme.

 

mardi, 02 septembre 2008 20:48

Static thoughts

Ex-Remains of The Day (sans la violoniste), The Estranged délaisse ses réminiscences hardcore pour se frayer un chemin, déterminé et cohérent, au sein de la scène punk rock américaine. L’effusion musicale jaillit à la croisée des Wipers et de Mission of Burma. Mais c’est surtout en s’autorisant des éclaircies instrumentales que la formation de Portland se démarque de ses maîtres. Successivement, guitare, basse et batterie passent leur message ; et dans ces solo et intermèdes plutôt ‘post’, « Static thoughts » puise ce ton aéré et cette allure plus réfléchie qui, trop souvent, déserte le punk purement échevelé. Derrière les accalmies, le bouillonnement règne en maître et rien n’y est laissé au hasard. Aucune irruption futile de cuivre ou synthé, aucune mélodie superflue, aucun break inutile de guitare ; juste un trio instrumental autonome et sûr d’avoir toutes les raisons d’exploser à l’abri des censures. L’énergie exsangue et aiguisée du punk côtoie ici la rythmique hypnotique et progressive du ‘post’-punk ; et de cet alliage surgit une tension intéressante qui mérite de malmener 30 minutes ses tympans.

 

mardi, 02 septembre 2008 20:41

Your anchor

Après avoir été marqué au fer rouge par l’excentricité de Menomena, le projet solo du batteur suscitait la plus vive curiosité. En ébauche depuis plusieurs années, Lackthereof n’est donc pas la prolongation ni le succédané de Menomena. Il serait plutôt son exutoire. A entendre Danny Seim en interview, son nouveau projet accueille précisément ses suggestions avortées, refoulées ou défigurées par l’univers borné de Menomena. Et pour cause, il cite en zigzag des motifs de perfectionnisme et de fausse démocratie, des choix de créativité et de business. Toujours est-il que ce transfert permet de mieux comprendre le caractère décousu de « Your anchor » ; un album qui ne manque pas d’idées –puisqu’elles y ont atterries à mesure des frustrations de son protagoniste– mais bien de conviction. Il se répand, s’écoule sans s’imposer véritablement. Au début, il procède à tâtons, installant parcimonieusement les fragments de son univers. Puis, l’empreinte se creuse enfin sur « Choir practice », un troisième morceau qui fait instantanément grimper le curseur. L’accroche est solide, notamment grâce à ces breaks typiques des Menomena qui maintiennent passionnément la tension.

La suite est malheureusement moins déterminée ; le fond saturé et la mélodie répétitive de « Locked upstairs » épuisent rapidement. Il manque une ascendance pour s’élever. Peut-être une voix plus assurée, un rythme moins tâtonnant, une batterie plus intransigeante. En somme, un Dieu. Un roi. Ou une âme quelconque dont le charisme survole l’ensemble de l’œuvre pour lui donner sens. Du moins, laisser entrevoir l’horizon pour justifier de telles déconstructions intérieures.

On comprend aussi difficilement le sens de la reprise peu concluante de « Fake empire » (The National) dont le mystère tout entier réside pourtant dans le timbre grave et troublant de Matt Berninger. Dommage de clôturer l’album sur ce morceau qui, avec la meilleure volonté du monde, ne parviendra à effleurer l’émotion déversée par sa version originale. Outre cette référence déplacée aux National, outre cet ego frustré des Menomena, la tentative de Lackthereof sur ce « Your anchor » reste musicalement digne d’intérêt.

 

mardi, 26 août 2008 23:05

Tendre savane

Edgar (animo) éveille sur ce premier album un univers post-rock toujours en mouvement, discipliné par un travail d’esthète. Purement instrumentales, les compositions se fondent sur des rappels rythmiques et mélodiques savamment construits; parfois mathématiques –à la manière d’Autechre– parfois simplement réfléchies. Rien ne semble laissé au hasard et c’est un défi renouvelé que de sonder chaque morceau pour en ressentir la trame, les détours, diversions et les moments-charnières ; y deviner les boucles rythmiques, les références incessantes, l’alternance de sons simples et échevelés ; surtout, y explorer les conditions délicates de cet équilibre, toujours sur la corde raide mais jamais définitivement rompu. L’horizon est toujours à portée de vue, malgré les trompe-l’œil, les interludes expérimentaux, les cuivres surgis de nulle part et l’étrange moog, un synthé analogique au caractère bien trempé.

De cette humeur versatile traversant tout le disque, « Dolores Animo » donne le ton ; un premier morceau où le moog impose son empreinte avant d’acheminer une guitare saturée et grave, finalement évacuée par une accalmie presque chaleureuse ; à l’image de ce morceau d’entrée,  les breaks ne cesseront plus de scander les atmosphères les plus diverses, évacuant tant la complaisance que l’érosion. De quoi comprendre la sortie tardive d’un album qui, jamais, ne se repose sur ses acquis. Les crescendo de l’épuré au saturé vont et viennent sans se figer.

Les ambiances se donnent la réplique et font la part belle à chacun des instruments ; tous sont successivement mis à l’honneur et c’est là peut-être la richesse principale d’Edgar ; à travers la liberté d’expression qui est laissée à chacun des musiciens, on ressent la complicité, autre que purement musicale, qui relie les amis de longue date. Les enchaînements respectent les solos de chacun et même lorsque la machine s’emballe sans crier gare (comme sur « Nous esturgeons »), la rupture n’est jamais ni purement narcissique ni irréversible. La formule, en tout cas, ne demande qu’à faire ses preuves, le quatuor bruxellois se rendant disponible pour des concerts tout au long de l’année.

 

Les images de « A skin, a night » font doucement ressurgir le passé laborieux des National. Le Vincent Moon des ‘concerts à emporter’, qui n’a jamais dissimulé sa passion pour le groupe, y retrace la lente ascension des New-Yorkais. On y rencontre l’inquiétude d’un premier « Sad songs for dirty lovers » (1999) lâché en pâture à une industrie musicale étrangère et hostile. On ressent le malaise des salles désemplies, le poids des dettes inhérentes à une première autoproduction. On partage leur désarroi face à l’indifférence de la presse, leur anxiété face à un public réticent et un avenir plus qu’incertain. Le tout est livré à travers un défilement d’images peu contrastées qui, surgies de la pénombre, s’imposent puis s’étiolent aussi vite. La caméra est à la main, le cadrage approximatif, la lumière brute, les plans flous, les propos inachevés, les morceaux mille fois ébauchés. Un montage arty qui pourra provoquer quelque frustration pour qui s’impatiente de voir surgir de véritables messages informatifs et linéaires ; mais ce n’est que rarement la finalité des choix filmiques de Vincent Moon. Et, finalement, la poétique mélancolie des National s’accommode assez bien de cette imagerie évanescente. Le film progresse par bribes. Elles sont mises en boucle, fidèles au processus de création musical de « Boxer ». ‘It’s like : Here’s some music. Then everyone’s gonna try different things and it’s always kinda little miracle when something is coming out ot it’ (Matt Berninger). La voix grave des National est éternellement sur ses gardes. ‘It’s a gamble, it’s a risk’. Pourtant, la suite, on la connaît. Boxer est leur meilleure sortie et le groupe écumera les festivals d’été et les meilleures salles de concert.

Après l’abstraction des envolées graphiques, on se plonge aisément dans l’écoute de « The Virginia EP » qui, lui aussi, brasse indistinctement le vieux et l’inédit, le live et le studio, l’incertain et le déjà conquis. Si les faces B et démos manquent peut-être d’inspiration, les prises live et reprises (la magnifique « Mansion on the Hill » de Springsteen) sont troublantes. Et, de toute façon, à elles seules, les premières notes de Fake Empire suffisent à élever instantanément aux nues celui que Bernard Lenoir qualifie, depuis ses débuts, de ‘meilleur groupe du monde’.


 

 

mardi, 01 juillet 2008 21:10

Friend and foe

Après un curieux premier album, Menomena ouvre à grand fracas son univers en boîte de Pandore. Il suffit de se pencher sur la densité picturale de la pochette pour comprendre le ton de « Friend and Foe ». Un album qui se déploie sur des terres foisonnantes dont on s’émerveillera inlassablement des reliefs et des aspérités. L’envol s’opère instantanément à travers une rythmique fascinante, martelée avec la rigueur d’une marche funèbre. Puis, de l’intransigeance, des mélodies imparables prennent le large. Menomena ou lorsque la discipline fait surgir les formes les plus déconstruites. C’est au cœur du paradoxe que naît le génie des trois Américains. Rien de strictement novateur pourtant ; Wolf Parade et TV on the Radio avaient déjà amplement creusé les ornières de l’indie rock démembré. Mais l’efficacité est irrémédiablement présente. « The Pelican » hisse l’album à ses premières hauteurs ; à cause d’un piano malmené qui scande des voix presque plaintives dans un vertige d’émotions. Le mystère d’une telle puissance tient jusqu’à « Wet’n rusting », single agréablement schizophrène, où la candeur pop effleure une gravité troublante. Le dramatique exerce la fascination sans léser l’harmonie mélodique. Et, toujours, l’intérêt demeure dans le côté abrupt des profondeurs. En surface, l’écoute de « Friend and Foe » peut glisser et s’étioler par ses breaks parfois épuisants. Mais à qui laisse tomber ses résistances, s’offre une œuvre dense, riche et intense.

 

mardi, 01 juillet 2008 21:01

Diamond Hoo Ha

Les années 2000 ne sont pas les années 90. Traverser musicalement l’espace-temps provoque toujours une certaine suspicion. Les Supergrass ne sont plus aussi ‘young’ et ‘free’ et le folk psychédélique de leur précédent « Road to Rouen » avait bien trébuché sur ce temps qui a irrémédiablement passé. C’est donc le scepticisme qui accueille « Diamond Hoo Ha ». Pourtant, ô surprise, la suite tient la route. C’est construit, tapageur à souhait, glam et brut à la fois. C’est fidèle au passé, sans pour autant lui coller cette prétention. Les compositions, moins candides, acheminent un style plus rock 70’s que britpop et on ne s’en plaindra pas. La voix de Coombes est intacte, comme les effets de pédale, la nervosité des guitares et la détermination de la batterie. Tantôt l’album achemine un style à la Bowie (« Rebel in you »), tantôt un sax trépigne, tantôt s’élèvent d’imparables chœurs sur piano  (« Outside »). On regrettera que se soit effilochée la fraîcheur d’antan, au profit d’un accent électrique parfois bruitiste, souvent saturé. Mais on peut aussi se réjouir simplement de retrouver l’esprit rock brut des Supergrass d’hier.

 

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