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    Bon Iver se démultiplie… Bon Iver, le projet de Justin Vernon, est en constante mutation. Et pour cause, si à l’origine, le patronyme de…

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Enzo Porta

Enzo Porta

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Hour of Two Lights

Petite présentation d'abord : Terry Hall est un chanteur qui a connu la gloire avec les Specials, au début des années 80. Il s'est ensuite embrassé divers projets solos et collaborations (dont la plus connue est celle menée en compagnie de Tricky sur le disque " Nearly God "). Mushtaq est un ancien membre du très politique Fun-Da-Mental. Pour ceux qui s'en souviennent encore, ces précurseurs de la vague asian injectaient des sons indiens ou pakistanais dans de l'électro survitaminée. Les deux compères ont rassemblé sur cette galette une vingtaine de musiciens venus des horizons les plus divers : Israël, Roumanie, Turquie, Tunisie et la Grande Bretagne (dont l'invité de marque Damon Albarn sur " Ten Eleven "). Des gens de cultures et religions différentes unis pour lancer un message d'amour et de paix. Un message destiné aux hommes de bonne volonté qui peuplent notre monde post 11 septembre. Concrètement, le disque constitue un collage musical souvent teinté d'électronique où les prestations musicales sont triturées, manipulées et mélangées les unes aux autres pour aboutir à un tout indéfinissable. D'ailleurs bien malin sera celui qui pourra dire avec certitude à quel style de musique appartient tel ou tel morceau. En somme, le concept de musique du monde poussé dans ses retranchements. A l'arrivée, même si le disque recèle de bons moments (le rap de " Ten Eleven ", la belle envolée instrumentale de la plage titre), l'ensemble n'est pas toujours convaincant. Et en particulier lorsque l'électronique est trop présente et qu'elle enlève tout naturel aux prestations des musiciens d'exception impliqués dans ce projet. Un projet qui reste malgré tout intéressant et mérite une écoute de la part des oreilles curieuses.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sal y Sol

Flanqué de son camarade dj José Padilla, le guitariste Paco Fernández est le créateur des compilations " Café del Mar ", cet endroit enchanté d'Ibiza qui fait face au soleil couchant. Depuis 1994, les 6 volumes du café de la mer ont récolté d'énormes succès commerciaux (6 millions d'exemplaires vendus) et ont accessoirement lancé la mode de la musique ‘chill-out’, déclinée par la suite dans d'autres compilations telles que " Hôtel Costes " ou encore " Buddha Bar ". L'ami Paco nous revient cette année avec un album solo. Enregistré en famille, ce disque a la ferme intention de nous démontrer que le " chill-out " n'est pas mort. Tout en rendant un hommage à Ibiza, Paco étale sa dextérité guitaristique sur une douzaine de morceaux. Dans un style flamenco hérité en ligne droite ligne des compiles qui ont fait sa gloire : tempos moelleux, instruments ethniques (tablas, djembes), électronique discrète, voix féminines sensuelles et des mélodies ensoleillées qui ont l'étrange capacité de ne pénétrer que dans les couches superficielles du cerveau. Si vous êtes de ceux qui n'ont jamais compris à quoi pouvait bien rimer cette musique diluée à l'extrême, appelée " lounge ", passez votre chemin, car ce disque risque bien de vous être fatal. Si vous êtes à l'opposé de cette école de pensée, cet elpee pourrait peut-être vous plaire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Educated Guess

15ème album (sans compter les 3 ‘live’) en un peu de moins de 15 ans ! Belle moyenne pour cette artiste américaine qui a réussi à se constituer un bon noyau de fans en Europe et aux USA par l’intermédiaire de sa propre structure discographique. Rien que pour ça Ani di Franco mérite tout le respect du monde. Et puis aussi et surtout à cause de son authenticité et de son intégrité, en cette putassière période musicale qui sent le plastic. Mais parlons d’Educated Guess. Une guitare folk omniprésente, quelques notes de clavier et un traitement singulier des chœurs constituent le menu musical diététique de cette œuvre. Les textes se taillent la part du lion, et nul doute qu’il faut bien maîtriser le langage yankee pour apprécier pleinement les propos de cette féministe militante. Réservée aux fans de la belle, cette collection de chansons intimistes me semble un point d’entrée difficile dans son univers. En effet, l’accompagnement minimaliste (des mélodies très déliées) et le chant quasi parlé d’Ani risquent de décourager le plus motivé des auditeurs non anglophone au bout du cinquième morceau, tant l’uniformité musicale de l’ensemble est grande.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Battle of the Nudes

Pour ceux qui s’en souviennent, les Tragically Hip ont beaucoup fait parler d’eux au cours des années 90. Ils ont d’ailleurs souvent figuré sur les affiches des festivals de l’époque. Gordon Downie était le frontman de cette formation qui n’a par ailleurs jamais pondu quoi que ce soit de vraiment emballant. On pourrait établir à peu près le même commentaire pour la plaque solo de Gordon. Il se fend ici de quelques tranches de rock épique où le bruit et le volume prodigués cachent bien mal la faiblesse des mélodies. Sa voix qui rappelle quelque peu Michael Stipe s’avère d’ailleurs assez vite crispante, même si l’album ne dure que 37 minutes. On retiendra cependant quelques ballades folk très réussies : « Into the Night », « Willow Logic », « Steeplechase ». Un bien maigre butin, insuffisant pour que Gordon gagne sa « bataille », surtout s’il est tout nu.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Light Of Saba

Le jeune label anglais Honest Jon's a pris la salutaire initiative de rééditer sur un cd, trois elpees enregistrés dans le milieu des années septante par Cedric Im Brooks et son groupe The Light of Saba. Trois disques depuis longtemps introuvables. Saxophoniste jamaïcain atypique, passionné par le jazz et Sun Ra en particulier, Brooks avait fondé à la fin des années soixante les Mystic Revelation of Rastafari, en compagnie du percussionniste Count Ossi. Un projet responsable d'un mélange innovateur de percussions jamaïcaines traditionnelles et de jazz acoustique, le tout baigné dans la foi rastafari qui connaissait à cette époque son apogée. Ossie ayant perdu la vie dans un accident de la route, Brooks reprit le concept et l'élargit au sein de the Light of Saba, y ajoutant l'élément électrique et plus de reggae. Cette excellente réédition recèle du pur reggae roots gorgé de percussions, mais aussi de la rumba, du mento, du jazz (l'excellente reprise du " Song for my father " d'Horace Silver) et de la soul. Les instrumentaux polarisent la majorité du disque, mais quelques plages réservent une place au chant. Et avec beaucoup de bonheur. A l'instar du magnifique " Words of Wisdom ". Les années septante furent une période particulièrement fertile pour la musique en Jamaïque. Aussi, si vous êtes passionnés de cette époque, cette réédition constituera, à vos yeux (oreilles ?), un 'must' !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

World Peace

Culture, honorable représentant de la vague reggae roots, sort cette année son trentième album. Si à l'origine ce trio vocal évoluait dans un registre fort proche de Burning Spear, aujourd'hui il est surtout associé à Joseph Hill. Chanteur principal il continue à mener la barque en compagnie d'Albert Walker. Mais cet autre membre fondateur se contente ici de participer aux chœurs. Ecrit et enregistré avant le lancement de l'offensive américaine en Irak, cet album est habité par le thème de la guerre. Les lyrics de Hill analysent la situation actuelle, tout en restant fidèle à l'optique positive qui est depuis longtemps la sienne. Enregistré en compagnie d'une formation complète (basse, batterie, section cuivres, fait rare dans la production jamaïcaine d'aujourd'hui), " World Peace " est un opus plaisant et de bonne facture. Certes il n'y a rien ici qui atteigne les sommets conquis par la formation au cours des seventies (" Two sevens clash ", " Peace and love "), mais l'ensemble réserve de très bons moments. A l'instar de " Sweet Freedom ", " Never Get Weary " ou encore de " Selection Train ", une énième relecture du " People Get Ready " de Curtis Mayfield, tant apprécié par les artistes jamaïcains. Culture poursuit donc sa route, auréolé de tous les honneurs ; si toutefois vous ne connaissez rien des travaux de Joe Hill, jetez d'abord une oreille sur ses précédents albums ; et en particulier sur " Trod On " (NDR : également chez Heartbeat) ou encore " Two Sevens Clash ", un elpee qui avait séduit les punks en 1977.

 

mardi, 08 septembre 2009 03:00

Dans Ta Rue 3

Comme son titre l’indique, « Dans Ta Rue 3 » constitue le troisième volume des compiles éditées par l’association SameSame, dédiée aux arts urbains. Du hip hop donc, bruxellois de surcroît. Le deuxième volet de la série recelait d’indéniables qualités et puis surtout réservait de belles surprises. On déchante un peu sur ce dernier recueil (NDR : si ce n’est « Rien à t’offrir » de Wankey). En effet, il risque de ne s’adresser qu’aux ados susceptibles de s’identifier aux paroles, en prenant le bus pour aller à l’école. Ceux qui dans le hip hop apprécient l’humour, l’art de la rime (NDR : très souvent simpliste ici), le commentaire social avisé ou la créativité des beats (NDR : trop fatigués pour secouer) peuvent d’ores et déjà passer leur chemin. Le contenu de cette compile n’est cependant pas totalement à oublier ; simplement le chemin à accomplir pour atteindre l’excellence est encore long. Bon travail (et courage) aux forces en présence.

 

mardi, 08 septembre 2009 03:00

Phola

Pour célébrer son 70ème anniversaire, le trompettiste sud-africain s’est efforcé de composer de la musique pour ‘guérir et se sentir bien’. Un 35ème album concocté sous la houlette du producteur Erik Paliani et dont le titre est judicieux, puisque « Phola » signifie guérir. L’ambiance est au calme et à la simplicité alors que le swing oscille entre funk et jazz de salon. Hugh délaisse souvent son bugle pour pousser la chansonnette sur des titres doux-amers qui ne manquent pas de charme, comme « Ghana », « Sonnyboy » ou encore « Bring It Back Home ». Les fans de jazz sans concession risquent sûrement de faire la fine bouche devant ces titres qui lorgnent beaucoup vers la variété et les musiques africaines. Les autres apprécieront les quelques mélodies satinées qui ponctuent le disque (« Mwanayu Wakula », « Malungelo »). « Phola » n’est sûrement pas un chef d’œuvre mais ces neuf titres se révèlent être d’agréables moments musicaux, des petites oasis de calme. Une partie de la mission de départ (‘guérir et se sentir bien’) semble donc atteinte. Ce n’est déjà pas si mal !

 

mardi, 04 août 2009 19:11

Secret Agent

En compagnie de Fela Kuti et de quelques autres musiciens, Tony Allen a façonné la mixture unique de l’afrobeat, LA musique révolutionnaire du Nigeria des années 70. Le style et la classe de Tony Allen sont désormais une référence internationale et la batterie de notre homme s’est invitée sur plusieurs projets. Le plus illustre ? The Good The Bad & The Queen au sein duquel on retrouvait à la barre Damon Albarn et Paul Simonon. Lors de ce « Secret Agent », Ayo –désormais superstar– scande ‘Afro Beat, the rythm of gold, the rythm of class, the rythm of pleasure’. Un résumé plus ou moins fidèle du contenu de cette nouvelle plaque signée par Tony. Outre un jeu de batterie toujours aussi fascinant et jazzy, des cuivres surpuissants, des riffs de guitare hypnotiques et une musique militante et belligérante, le texte est servi en ‘Broken English’, histoire de faire passer le message plus facilement. Certes, le lustre des albums légendaires d’Afrika 70 est absent de cet opus ; mais le plaisir d’écouter cette musique est intact et devrait sans aucun doute ravir les fans de Fela et Tony !

mardi, 04 août 2009 19:08

Lovely Pretty Day

Le booklet de cet elpee est pompeusement introduit en ces termes : ‘This album has been written like an author writes a book. More than an album, it is also an autobiography,… ‘Instinctivement, les disques soumis à des citations plus ou moins intellos sur l’art et la vie en général m’ont toujours inspiré une franche méfiance. Outre le texte d’intro, on a également droit à des citations de Warhol et du quatorzième Dalaï Lama. Mais rien sur le pop art ou l’impermanence dans le pop rock classique sur cette première plaque du quatuor bruxellois. Plutôt des histoires d’amour assez classiques soutenues par une musique tout aussi classique (ennuyeuse ?) évoquant souvent Mudflow voire Coldplay dans ses moments plus héroïques. Le résultat est plutôt fort bien fait et professionnel mais manque tellement d’originalité qu’on décroche assez vite. Néanmoins, les fans des groupes précités y trouveront peut-être leur compte... Pour ma part, je ne pourrai que leur conseiller de jeter leur dictionnaire de citations à la poubelle, histoire de ne pas être trop distrait au moment où il faudra concocter un autre disque !

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