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    Bon Iver se démultiplie… Bon Iver, le projet de Justin Vernon, est en constante mutation. Et pour cause, si à l’origine, le patronyme de…

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Enzo Porta

Enzo Porta

mardi, 04 août 2009 19:04

Xinti

Etablie au Portugal mais originaire du Cap-Vert, la jeune Sara Tavares jouit d’une réputation flatteuse sur la scène internationale, depuis qu’elle à sorti son album « Balancé », il y a quatre ans déjà. « Xinti » reprend les mêmes ingrédients que le prédécent opus. La belle voix de Sara est à l’avant plan. Son jeu de guitare élégant est enrichi par l’excellent travail de ses musiciens ; et en particulier celui du batteur N’Du et du bassiste Gogui Embalo. Le ton de « Xinti » est tout aussi acoustique que « Balancé ». La différence procède d’une plus grande sophistication musicale (vibraphone, percussions, violon, piano) et une évidence mélodique moindre. Parfois, Sara flirte davantage avec une forme de variété un peu doucereuse (« Ponto de Luz » par exemple) et beaucoup moins convaincante. Mais les moments de qualité ne manquent pas ; à l’instar de la belle bossa paisible « Voz di Vento ». Les amateurs de belles sonorités acoustiques et de voix féminines devraient donc apprécier.

 

mardi, 04 août 2009 19:03

Cançào au lado

Né à Lisbonne en 2006, le groupe Deolinda se réapproprie l’héritage du fado et s’applique à le présenter dans une clé plus contemporaine. Le line up est minimaliste : deux guitaristes de formation classique, une contrebassiste et une vocaliste ; en l’occurrence Ana Bacalhau dont le timbre est très théâtral, mais qui physiquement a un petit air d’Olivia Ruiz. Les différents morceaux se concentrent essentiellement sur les textes (NDR : pas pour rien qu’ils sont traduits dans le livret) et s’adressent surtout aux personnes susceptibles de comprendre les subtilités de la langue portugaise. Et si la musique est incontestablement soignée, elle est principalement destinée à mettre la voix en exergue. Un exercice de style sans doute un peu trop discret pour permettre à l’oreille non exercée au fado de se contenter d’écouter sans comprendre.

 

jeudi, 09 juillet 2009 18:06

You don't touch Michael, man!

Disko Drunkards. Derrière ce patronyme se cachent quelques musiciens issus du Nord de la frontière belge. Des musiciens qui ont marqué le rock indépendant et créatif, il y a quelques années. Stephane Misseghers (Soulwax, dEUS), Ben Brunin (Vive La Fête), Tim Vanhamel (Evil Superstars, Millionaire) et Francois Demeyer (Vive La Fête, Soapstarter) constituent la fine équipe mise en place par les dj’s-producteurs gantois The Glimmers… Stephane Misseghers, batteur de la formation, nous apporte quelques éclaircissements sur ces ‘ivrognes du dance floor’…

L’album des Disko Drunkards ne sera pas vendu mais offert gratuitement lors de vos concerts. Un concept plutôt original. Mais combien de copies de ces disques comptez-vous distribuer ?

Jusqu’ici, on en a écoulé 5 000, de cette manière, lors de nos concerts. Le nombre s’est élevé entre 15 000 et 20 000 copies, lorsque la revue ‘Dj-Magazine’ a décidé joindre le cd à l’intérieur d’un de ses numéros. A l’avenir, on continuera à presser des disques tant que les opportunités de concert se présenteront.

L’industrie du disque est en déclin. Parallèlement, de plus en plus de compact-discs sortent chaque mois. Vous empruntez le chemin inverse en offrant le disque… Enregistrer sur un tel support est-il uniquement devenu un moyen pour se faire de la pub et décrocher des concerts ?

L’art de produire un disque a toujours été un moyen de révéler ta musique vers le monde extérieur. Je pense, par contre, que la distribution traditionnelle est totalement dépassée. Les maisons de disques gardent le même ‘modus operandi’, parce qu’elles doivent penser à leur survie et en même temps promouvoir les artistes qu’elles signent. Or, actuellement, le phénomène Internet bouleverse radicalement ces principes ; et les maisons de disques ne peuvent rien y faire. Notre idée était donc de se passer de ce cirque et de soutenir ce disque en utilisant des agents de promotion indépendants et une agence de booking efficace. En opérant de cette manière, on a pu décrocher de chouettes dates de concerts ; et en même temps distribuer l’album. Sans devoir abandonner le pouvoir de décision à d’autres personnes.

L’opus rend un hommage éclectique à différents styles de musique : le disco, le punk funk new-yorkais des années 80 (Liquid Liquid, ESG,…) mais aussi l’électro pionnière de Telex. Un style qui remonte entre 1975 et 1980. Quelle importance, en tant que musiciens, accordez-vous à cette période ?

Elle compte beaucoup pour les Glimmers. Surtout parce qu’ils ont commencé leur carrière de dj’s à ce moment-là. J’ai grandi au cours des années 90. Mais à cette époque, j’écoutais du rock à la Led Zep, Black Sabbath ou encore Barkmarket… Je dois admettre que je suis entré dans une nouvelle dimension quand j’ai eu accès à leur immense collection de disques. Nous avons utilisé beaucoup de références musicales afin d’obtenir le bon groove et la bonne ambiance pour le disque. On a donc effectivement beaucoup écouté Liquid Liquid et ESG mais aussi les Jackson 5 et Norman Whitfield.

Une ‘dream team’ du rock belge a été mise en place pour ce projet. Etait-il difficile de réunir tous ces artistes ; et comment l’idée de former les Disko Drunkards a-t-elle germé ?

L’aventure a débuté lorsque les Glimmers m’ont demandé ainsi qu’à Ben (NDR : le bassiste) d’enregistrer des parties instrumentales pour le remix de « Physical » d’Olivia Newton John. Ils pensaient que ce serait une bonne idée de remodeler totalement la chanson en conservant uniquement les paroles. Vu qu’aucun de nous quatre ne possédait les capacités vocales de la chanter, nous avons demandé à Tim Vanhamel de l’interpréter. Il a aimé le projet et est resté. Ensuite, François De Meyer, un pote, s’est pointé aux synthés. Tout simplement parce qu’il est arrivé au bon moment en affichant les goûts de circonstance. Après avoir entendu le résultat de « Physical » on a décidé de continuer à écrire jusqu’à ce que nous disposions de suffisamment de morceaux pour enregistrer un album.

« Physical » est sans aucun doute un des sommets du disque. Comment l’idée de la reprendre vous est venue à l’esprit ?

La marque de vêtement ‘ W.E.S.C.’ a demandé aux Glimmers de réaliser un mix pour lancer une nouvelle ligne de vêtement baptisée ‘Physical’. Ils ont donc mis en boîte une compilation réunissant douze artistes adaptant le même morceau. Quand on y pense, sans ‘W.E.S.C’, les Disko Drunkards n’auraient jamais existé. Quelle pensée effrayante !

Comment avez-vous élaboré les morceaux ? Est-ce une création collective ou alors le groupe a-t-il ‘jammé’ sur les beats des Glimmers ?

Chaque chanson de l’album a été composée en un jour. C’était en quelque sorte notre ‘dogme’. Nous entamions notre travail vers midi en écoutant quelques disques, un peu dans tous les styles… Ensuite, Ben et moi accomplissions quelques tentatives de grooves plutôt basiques jusqu’au moment où nous en dégotions un qui nous plaise. Un groove que nous pouvions répéter pendant des heures sans susciter l’ennui. Une fois le groove basse-batterie prêt, on ajoutait des tas de trucs : des claviers, des guitares, des cris, des sifflets… Je pense qu’un jour, on a même utilisé un sac poubelle en guise de shaker. Touche finale, les Glimmers éditaient le morceau pour qu’il ait une structure acceptable et nous, hum… on retournait à la maison !

Vous vous produisez beaucoup en Belgique. Envisagez-vous de tourner à l’étranger, où la réputation des Glimmers est flatteuse ?

On va d’abord finir la partie belge de la tournée ; et ensuite on fera quelques dates en Italie, en Hollande et en Angleterre. On espère aussi se rendre au Japon, vu que l’album sortira là-bas le 22 août.

Ce projet est-il un ‘one shot’ ou faut-il s’attendre à d’autres sorties des Disko Drunkards, dans le futur ?

On y pense, mais comme vous le savez peut-être, on est tous occupés dans d’autres groupes ; donc il faut d’abord mettre en commun nos agendas respectifs.

Si vous deviez choisir un morceau à reprendre avec les Disko Drunkards, lequel choisiriez vous ? « Optimo » de Liquid Liquid, « There but for the grace of God » de Machine ou « Don’t stop 'til you get enough » de Michael Jackson ?

Pffoohh… sûrement pas Michael ! Faut pas se frotter à Michael mec… Il faut toujours s’assurer que ta version est aussi bonne que l’originale, pas une reprise fade d’un grand morceau. Ainsi tu évites de te planter. Donc dans ce cas-ci je prendrais Machine, histoire de pas prendre de risques !

Vous vous appelez les Disko Drunkards, quelle est la boisson qui a le pouvoir de vous lancer sur la piste de danse ?

Je dirais une bière (ou deux), mais une fois qu’on est lancés, ‘we don’t stop ‘till you get enough !’.

 

mardi, 07 juillet 2009 03:00

The Glimmers present Disko Drunkards

Le duo électro gantois The Glimmers a mis sur pied une dream team du rock belge en réunissant des membres et ex-membres de dEUS, Soulwax, Vive La Fête et Millionaire : les Disko Drunkards. Un projet original par sa conception, car chaque morceau a été finalisé en un jour ; mais aussi (et surtout) car ce disque est uniquement distribué lors des concerts de la formation. Gratuitement ! Une philosophie encore marginale, adoptée pourtant par Prince depuis un certain temps ; mais qui risque de bientôt de faire des émules.

Côté musique, les douze morceaux concoctés par l’équipe de choc rendent hommage au disco, à la No Wave new-yorkaise du début des années 80 ; mais aussi à l’électro pionnière de Télex. Une musique assez minimale traversée de vieux synthés analogiques et entièrement construite autour du duo basse-batterie. Quelques onomatopées et de rares paroles balaient de temps en temps le paysage sonique. Tout n’est certes pas très réussi comme l’affreux « Dans le Mille » réminiscent de Marc Lavoine ; mais quelques titres valent vraiment le détour. A l’instar de « Kookoo » très proche de Liquid Liquid. Sans oublier le très dansant « Oh Oh Oh » et également un « Picture » hanté par Telex. Les Drunkards se fendent aussi d’une très belle reprise de « Physical » d’Olivia Newton John, où le chant en falsetto de Tim Vanhamel fait merveille. Le reste sonne comme la bande son funky d’un film de science fiction allumé et sexuel : pas désagréable, certes, mais plutôt anecdotique.

mardi, 07 juillet 2009 03:00

Heavy Hustling

En activité depuis 2001, cette formation du Lower East Side de New York jouit d’une réputation flatteuse en ‘live’. Faut dire que ses concerts sont à la fois généreux et endiablés. A l’instar de nombreuses formations de ce type, les Kokolo ont édité une volée de 45 tours qui ont forgé leur réputation dans l’internationale du funk underground. Le thème de ce court (32 minutes) « Heavy Hustling » est simple : reprendre des titres du grand James Brown à la sauce afro beat, salsa et vaguement ragga. Kokolo prend de grandes libertés en interprétant des classiques tels que « Soul Power », « Please, Please, Please » ou encore « Think ». Les morceaux ne sont pas identifiables immédiatement, tant le travail de réécriture est majeur dans cet hommage. A l’arrivée, ces huit plages ne constituent sûrement pas la surprise de l’année ; mais sont susceptibles de faire passer un bon moment aux fanas de funk qui ne jurent que par Vampisoul et consorts.

 

mardi, 07 juillet 2009 03:00

Man Like I

Même si son surnom fait référence à Bob Marley, ce jeune Londonien ne se contente pas de recycler le ‘one drop’ de Marley pour concocter sa pop urbaine. Cet ingé de son de formation (et ancien ‘hip hopper’) s’est fait connaître en gérant un club de rock indie baptisé ‘Vibes and Pressure’ et en reprenant un titre de Vampire Weekend. Inhabituel et original pour un garçon qui se déclare rasta…

Natty est déjà une sorte de phénomène en Angleterre. Motif ? Des paroles ancrées dans la réalité qui parlent aux jeunes anglais de 18-25 ans. Les douze morceaux de « Man Like I » oscillent quelque part entre le folk du jeune Bob Dylan, la mélancolie urbaine de Day One ainsi que les ambitions pop-reggae des premiers albums de Lilly Allen et Finley Quaye. Le savoir-faire mélodique de Natty est évident sur des tubes tels que « July », « Cold Town », « Bedroom Eyes », « Last Night » ou encore « Badman ». La recette est soigneusement répétée tout au long du disque. Résultat des courses, une bonne moitié de « Man Like I » tourne un peu en rond. L’autre partie est constituée de quelques pépites pop idéales pour l’été ; ce qui n’est déjà pas si mal.

 

A l’âge de 77 ans, le trompettiste et chanteur Victor Olaiya joue encore tous les mois dans le club du ‘Stadium Hotel’, un établissement qu’il gère à Lagos, au Nigéria. Légende de la musique dans son pays, Victor a entamé sa carrière au cours des années 50 et a acquis une notoriété au début des années 60, grâce au boom de la musique highlife. Paru en 1970, dans ce pays de l’Afrique Occidentale, ce disque documente le nouveau groupe d’Olaiya, les All Star International. La musique hésite entre la langueur mélodique du highlife et un funk très furieux directement inspiré par James Brown. Il faut quelques écoutes avant de pouvoir s’habituer à l’agencement de ces douze morceaux. Enchâssés les uns dans les autres, ils dévoilent une solution sonore très particulière et originale. Les morceaux funk sont traversés de cuivres fantomatiques et balayés par les cris à la ‘James Brown’ de Victor. D’autres vocalistes ont également participé aux sessions d’enregistrement. Et notamment sur l’émouvant highlife de « Soro Jeje Fum Arogbo », que chante une interprète féminine non identifiée. Au rayon funk, les réussites les plus franches sont l’excellent « Magic Feet » et le diptyque « Let Yourself Go/There was a time », soutenu par cette étrange section de cuivres…

mardi, 23 juin 2009 21:08

Rum and Coke

Quatrième album pour ces Londoniens susceptibles de nous réserver le pire comme le meilleur. « Rum and Coke » confirme la capacité du collectif à géométrie variable de dispenser un mélange accompli entre reggae, électro et funk, mais également de sombrer dans la médiocrité en se servant à peu près des mêmes ingrédients. Comme d’habitude, chez les Dub Pistols, les invités sont légion : le fidèle Rodney P, le légendaire chanteur reggae Gregory Isaacs, le vétéran de l’acid house Justin Robertson, Ashley Slater (ancien Freakpower) et Lindy Layton, notoire pour avoir concocté le tube « Dub Be Good To Me ». Passons sur les inévitables et habituels ratés du groupe et concentrons-nous sur ce qui tient la route tout au long de ce « Rum and Coke ». Et en particulier l’archi-efficace « I’m In Love », une reprise du tube électro funk d’Evelyn Champagne King, transformé pour l’occasion en disco reggae de haute tenue. Puis le dansant « Ganja », emporté par le flow de Rodney P. Ce dernier s’acoquine ensuite au reggaeman des Barbades Red Star Lion pour un excellent reggae roots intitulé « Peace of Mind ». « Six Months » est une des meilleures prestations vocales dispensées par Greg Isaacs depuis bien longtemps, sur une production rendant hommage aux sons du reggae digital des années 90. De véritables tueries, qui sont au nombre de quatre sur dix. Ce qui n’est déjà pas si mal. Les autres compos de ce « Rum and Coke » ne sont malheureusement pas de la même trempe…

En puisant allègrement dans le punk rock des années 80, et notamment dans les boîtes à rythmes, ce duo de Brasilia nous propose une furieuse cavalcade électro punk en portugais dans le texte. « A Fabula (ou a farsa ?) De dois Eletropandas » constitue donc le premier disque de Pil et Fernanda, couple sur scène et à la ville, puisqu’ils sont mari et femme. Les beats martelés tapissent la solution sonore. Pil y plaque des accords punky de sa gratte, tandis que Fernanda se démène à la basse et balance des phrases sous forme de ‘slogans’ d’un air mi-fatigué, mi-provocant. La recette de « A Fabula (ou a farsa ?) De dois Eletropandas » est simple et dûment répétée tout au long du disque. On démarre sur les chapeaux de roue par d’excellents titres taillés pour le dancefloor ou le pogotage régressif : « Garota Rock Inglês », « Estetoscopio » ou encore « Coraçao Empacotado ». Malheureusement la formule s’essouffle rapidement et se révèle un peu limitée pour totalement convaincre. Les fans de Bonde Do Role et les nostalgiques de Bérurier Noir devraient néanmoins apprécier.

 

mercredi, 10 juin 2009 00:31

Léman

Enregistré entre Bamako et Paris, “Léman” n’est pas l’œuvre d’un néophyte. Avant de venir tenter sa chance à Paris, Blick Bassy s’était déjà illustré au sein de son Cameroun natal. Pendant dix ans, il a conduit son groupe Macase aux portes du succès, sans jamais parvenir à les ouvrir. Après avoir tourné énormément dans la région de Paris, Blick est remarqué par le label World Connection qui lui permet d’enregistrer ce disque ambitieux sous la houlette de Jean Lamoot. La réussite est totale. La mise en son de Jean Lamoot est de toute grande classe et met en valeur le sens mélodique de Blick Bassy. « Léman » est un disque de fusion acoustique, où des pointes de bossa viennent se mêler à la kora, aux flûtes, et aux beaux arpèges de guitare acoustique, le tout sur un tapis de percussions bassa, ethnie dont est originaire Blick Bassy. « Léman » est un disque bondissant et mélancolique, sincère et sans concession à découvrir de toute urgence. Au rayon ‘World Music’ (pour peu que ce terme veuille dire quelque chose), on tient ici un des ‘must’ de cette année.

 

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