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Enzo Porta

Enzo Porta

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Treddin´ On Thin Ice

Wiley est un vétéran de la scène UK garage ; un joyeux fourre-tout de jungle, de techno et de rap. Un fourre-tout qui est aussi la plus solide réponse anglaise au hip hop américain. « Treddin’ On Thin Ice » est le premier long format de Wiley, mais notre homme a déjà plus d’une vingtaine de singles derrière lui, et ça s’entend. Il s’occupe de la plupart des beats et partage quelques fois le crachoir avec quelques compères de son équipe. Le flow de notre ami est pour le moins impressionnant : il est aussi à l’aise sur les rythmiques ultra rapides que dans les moments plus lents. Le ton ironique de la voix et les textes intelligents renforcent l’impression positive qu’inspire ce londonien qui travaillait auparavant en compagnie de Dizzee Rascal. Il faut cependant regretter que la musique ne soit pas du même niveau. Si on excepte les géniaux et radicaux « Wot do u call it », « Goin’ mad », « Next level » ou encore « Reasons », les beats souffrent du recours abusif aux couches de cordes synthétiques. Elles apportent inutilement un côté sucré à des compos qui n’ont besoin que de synthés basse crasseux et de sons futuristes. « Treddin´ On Thin Ice » reste malgré tout une bonne plaque qui mérite le détour, ne fut ce que pour l’excellent flow de ce MC d’exception.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Dublifment

En guise de troisième opus, ce collectif anglais nous propose du dub digital. Bien mixé par le leader Steve Vibronics, cet album est une bonne surprise. Les basses et les beats semblent être électroniques tandis que tout le reste (cuivres, claviers) relèvent de l’instrumentation basique. Les morceaux subissent un traitement intensif d’effets multiples. En même temps les structures chantées et instrumentales restent plus ou moins intactes. Un bon point, puisque les chansons proposées ici sont généralement d’excellente facture et reposent sur de bonnes mélodies ; un élément capital qui manquait à l’album de Sly & Robbie, autre long format dub paru il y a peu… Synthèse parfaite entre tradition et modernité, « Dublifment » nécessite peu de littérature ; sachez simplement que si vous appréciez les travaux de Jah Shaka, vous devriez aimer cette plaque...
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Un autre monde est possible

Plantons le décor. L’association Attac s’est spécialisée dans la lutte au capitalisme sauvage par son soutien à divers projets socio-économiques dans le monde entier et par l’organisation de colloques et autres manifestations. Elle profite de son cinquième anniversaire d’existence pour proposer un produit hybride qui présente ses actions militantes en vue de les faire connaître au plus grand nombre. Celui qui achètera ce disque aura droit à divers travaux photographiques illustrant le propos, une série de textes fournis par des philosophes contemporains (dont Noam Chomski et Naomi Klein pour citer les plus connus) et bien entendu une quinzaine de titres fournis par des pointures du rock, du reggae, de l’électro et de la world music. Beaucoup d’inédits de fort bonne facture sont compilés pour la circonstance. Asian Dub Foundation et Zebda se fendent d’une reprise ‘pêchue’ à souhait de « Police on my back ». Femi Kuti est présent avec un excellent titre ‘live’ qui rappelle la bête de scène qu’il incarne. Emir Kusturica et son groupe interprètent « Lost in the Supermarket », le classique des Clash rendu ici dans une version balkanisée complètement déjantée. Grandaddy fournit un fort beau et émouvant « Wives of Farmers ». Moby prouve qu’il est capable de faire autre chose que de sampler des vieux indiens, en nous réservant un morceau tout simple, à la Joy Division, qui dépasse de loin tout ce qu’il a produit ces dernières années... Bref, les oreilles trouveront ici de quoi passer un bon moment ; et les esprits curieux pourront s’instruire sur ce qu’on appelle l’altermondialisation tout en faisant un achat ‘utile’, puisque les recettes du disque sont destinées à financer les projet d’Attac.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Rugged Radio Saturday

Pour fêter ses six ans d’activisme dans le milieu hip hop, ce label de Montreal a décidé de présenter un mix de ses meilleurs singles mariés avec une bonne poignée d’inédits. C’est DJ Craze, un ancien champion DMC, qui s’occupe d’enchaîner de main de maître ces quelques morceaux de rap cuisiné à la sauce new-yorkaise. Beaucoup de beats réminiscents de DJ Premier, des MC sobres comme des moines et des moments de « turntablism » pur se succèdent tout au long des 50 minutes de cette compile. Tout est d’un fort bon niveau, mais rien ne titille vraiment l’oreille ; la faute à une trop grande uniformité, tant au niveau des beats que des MC. A récupérer tout de même les excellents « 2004 » d’Obscure Disorder, « Under Pressure » de Simahlak (plus Guru que ça tu meurs), l’amusant « Popped » de DJ Serious et le « Felonious Funk » de D-Styles, un bon moment de turntablism. Hormis ces quelques embellies, les artistes présents oublient un peu que le hip hop underground ne doit pas forcément rimer avec ce classicisme un peu vain qui manque d’humanité.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Kery James présente Savoir et Vivre Ensemble

Touché par la vague de terrorisme islamiste, le Mc Kery James, musulman pratiquant, a tenu à remettre les pendules à l’heure. Il tient donc à rappeler que l’islam, religion qu’il a embrassée, est une religion d’amour et d’ouverture ; et n’a rien à voir avec la propagande haineuse diffusée par les nébuleuses terroristes et les intégristes. Ce double album qui réunit la fine fleur du rap français et une chorale arabophone se concentre sur les thèmes familiaux (relations parents enfants), sociaux et religieux. En outre, les bénéfices de « Savoir etc. » seront versés à des associations actives dans le domaine social. Côté musique, l’album se partage entres des plages r’n’b, du rap et les intermèdes chantés du groupe de chant de l’APBIF. Les morceaux r’n’b (« L’enfant », « A toutes les mères ») souffrent de la faiblesse musicale (trop de synthés aux sons un peu cheap). Beaucoup de rap tombent à l’eau : la faute à des MC tellement préoccupés par leur message qu’ils en oublient de donner de l’originalité à leur flow. Retenons quand même l’excellent « Ensemble ». Rien à jeter dans les morceaux du groupe de chant, tant habités qu’un simple beat électro arrive à les habiller. En fin de compte, c’est encore Kery James qui arrive à tirer son épingle du jeu. La conviction qu’il met dans ses paroles inspire le respect et ces propos acérés teintés de mysticisme donnent aux plages atmosphère forte et prenante. Ecouter l’impressionnant triptyque sur la mort et la résurrection (« Elle », « Ya Allah », « Chapitre ») s’avère être une expérience unique. En somme, ce disque aurait gagné à se concentrer sur une rondelle ; il aurait alors fait un excellent album, hautement recommandable de surcroît.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Rare Grooves Reggae 02 by Nova

Spécialisée dans les musiques du monde, la radio française Nova s’est depuis peu lancée dans la publication de compilations. « Rare Grooves Reggae 02 by Nova » constitue le deuxième volume consacré au reggae, une exploration qui part des sixties jusqu’au milieu des années 80. Que l’auditeur potentiel ne se fasse pas abuser par le titre : il ne s’agit pas ici de morceaux qui flirtent allègrement avec le funk et la soul, comme sur les excellents compilations du label Soul Jazz. On se trouve ici en plein reggae roots teinté la plupart du temps de dub poisseux. Pour les fans du genre, la promenade vaut quand même le coup. L’amateur pourra (re)découvrir des classiques tels que le génial « Guess Who’s Coming To Diner » de Black Uhuru, « Groovy Situation » de Keith Rowe et le « Burn Babylon » de Sylford Walker. A côté de ces grands titres, figure également un excellent morceau de Johnny Clarke : « Blood Dunza », abordé dans le plus pur style « rockers ». J’épinglerai aussi l’amusant « Monkey Do » de Big Jim, la reprise de « Yesterday » par les Heptones et le mystérieux instru de Bowland & Cameron intitulé « Blue Danube ». Le recueil se clôture par une inénarrable pitrerie déjantée de Lee Perry consacrée au terrorisme ; et qui confirme l’endurante forme de ce génie timbré.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sonic Visions

‘Un excellent album de techno trance où des artistes du monde entier se rassemblent pour représenter les Sphères de la Vie’. C’est ainsi que les poilus à l’origine de cette compilation présentent leur projet. Et il faut dire qu’ils ne mentent pas sur la marchandise à la description plutôt mystique. On est effectivement en présence de techno-trance sévèrement burnée, ponctuée ça et là de chœurs envoûtés par des nonnes diaboliques, des moines défroqués, des imams sous acide. Ambiances mystérieuses à souhait pour ceux qui aiment toujours le rock gothique, car certains morceaux présents ici ne sont pas sans évoquer les travaux tardifs des Sisters Of Mercy. Plages plus intimistes et moments musclés alternent sans problème. L’ensemble pourrait d’ailleurs servir à l’illustration musicale d’un téléfilm américain de science-fiction. Bien foutu mais pas vraiment passionnant, cet opus s’adresse bien évidemment aux fans du genre ; et Dieu sait s’il y en a !

Le Lafayette Afro-Rock Band n’a jamais récolté beaucoup de succès au cours des années 70, période au cours de laquelle cette formation newyorkaise écumait les salles de Barbès, à Paris. Les gaillards avaient en fait quitté les USA dans l’espoir de se faire une place au soleil, en Europe. Ils ne dépassèrent pas le succès d’estime, servant surtout de groupe de studio pour le producteur français Pierre Jaubert. Avant de retourner (et splitter) aux Etats-Unis en 1978, le groupe a sorti plusieurs albums sous différents patronymes, dont les vinyles originaux sont aujourd’hui des pièces de collection…

C’est le rap qui a permis la redécouverte et la réhabilitation du funk-jazz polyrythmique de ce groupe exceptionnel. Pour citer un exemple, l’introduction de batterie du titre « Hihache », repris dans ce best of, a été d’abord été ‘samplée’ par toute la scène rap  (Biz Markie, De La Soul, Jay Z…) avant d’essaimer le reste de la planète pop. Aujourd’hui, le Lafayette Afro-Rock Band est unanimement considéré comme un des meilleurs groupes funk de l’époque. Les quinze titres repris dans ce « best of » confirment cette réputation flatteuse. Les rythmiques inventives, les cuivres rutilants, les claviers jazz et surtout les percussions animent ces compositions d’un souffle unique et magique. Un disque indispensable pour tout amateur de funk !

mardi, 28 avril 2009 03:00

A Travers La Neige/Birchwood Beaker

Les hyperactifs Bruxellois de Soy Un Caballo ne s’arrêtent jamais de travailler. Deux ans plus tôt, ils avaient concocté « Les heures de raison », un ambitieux et très réussi album de chansons interprétées en français et teintées d’un onirisme inquiet. En toute discrétion, « Les Heures de raisons » a séduit une partie de l’Europe (Espagne, France, Angleterre) et devrait atteindre les rivages américains, en juin prochain…

Parallèlement à ces activités, Soy Un Caballo dédie quatre 45 tours aux saisons, pour le compte du label anglais Need No Water. Le premier, dédié à l’automne, invitait les Anglais de Tunng à reprendre « Robin », une des chansons issue des « Heures de Raisons ». Sur le deuxième volume, dédié à l’hiver, Soy Un Caballo adapte « Birchwwod Beaker », une comptine hantée de This Is The Kit, publiée sur son album « Krülle Bol ». Là où la version des Anglais est minimale (une guitare sèche, une batterie et la belle voix de Kate Stables), celle de Soy Un Caballo, chantée dans la langue de Molière, est richement arrangée. « A travers la neige » regorge de claviers à l’ancienne et bénéficie du concours d’une belle section de cuivres. Les voix conjuguées de Thomas Van Cottom et Aurélie Müller entraînent la compo dans un autre univers. L’hiver est certes palpable, mais chez Soy Un Caballo la saison froide est empreinte d’une féerie relativement absente de la très belle version originale, un peu plus désespérée. Du beau travail sur un ‘split-single’ à découvrir ; mais n’attendez pas l’hiver prochain pour vous procurer le disque, car le tirage de ce vinyle est fort limité !

mardi, 28 avril 2009 03:00

How We Became

Le jeune Jeremy Warmsley s’était déjà illustré en 2006, lors de la sortie de l’album « The Art of Fiction ». « How We Became » constitue donc son deuxième opus. Un disque pour lequel il a reçu la collaboration de Markus Dravs à la (co)production, un personnage devenu notoire depuis qu’il a bossé pour les passablement pompiers Arcade Fire.

Pompier, « How We Became » l’est aussi ; mais on y décèle un sens de la grandiloquence typiquement anglais et bien  plus drôle que celui proposé par les Canadiens. Entre ballades tramées au piano, électronique et une pop rock indépendante mélodique et décomplexée, le jeune Jeremy n’a pas peur du ridicule et arrive à concocter quelques petits tubes (« Dancing With The Enemy », « 15 Broken Swords »). On pense au romantisme et à la voix de Beirut, aux atmosphères de Divine Comedy mais aussi à Eugene McGuinness, un autre jeune Anglais qui a sorti, il y a peu, un disque dont l’esprit est très proche de « How We Became », mais dans une veine plus rock. Tout n’est certainement pas réussi sur ce disque, mais il laisse entrevoir un talent et une personnalité originaux. A épingler : une chouette reprise du « Tempation » de New Order, en guise de bonus. A découvrir !

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