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Redouane Sbaï

Redouane Sbaï

mardi, 11 juillet 2006 05:00

Amour, Haine & Politique...

Double ration pour les fans des Hurlements d'Léo. La formation a sorti ces jours-ci un album studio, "Le Temps Suspendu" ainsi qu'un disque 'live'. Et c'est sous le soleil du Festival Couleur Café que le combo a choisi de présenter au public belge ses deux dernières œuvres. Rencontre avec Laulo Kebous, l'un des deux interprètes du groupe.

3 ans se sont écoulés entre "Ouest Terne" et "Le Temps Suspendu". Qu'est-ce qui a changé entre-temps ?

On s'est posé la question de savoir si on arrêtait ou si on continuait. Finalement on a décidé de poursuivre l'aventure, mais en aménageant nos emplois du temps. Ca commençait à devenir fatiguant d'être toujours sur la route. Désormais, en tournée, on se réserve 10 jours par mois où chacun d'entre nous peut faire ce qu'il veut. Ceux qui ont des projets musicaux parallèles peuvent s'y consacrer et ceux qui ont une famille peuvent également s'en occuper.

L'album s'intitule "Le Temps Suspendu". Le temps est donc une contrainte pour le groupe ?

Exactement. C'est un peu une référence à ce qui s'est passé pendant ces 3 ans, justement.

Comment s'organise désormais le travail à 8 ?

Difficilement, mais de plus en plus sereinement.

Comment décrirais-tu cet album par rapport aux précédents ?

Encore plus éclectique, plus rock aussi, dans le ton et dans la forme.

Il y a également la sortie d'un 'live'. Entre la scène et les expériences studio, qu'est ce qui vous apporte le plus de satisfaction ?

Les deux sont agréables. Ce n'est pas la même joie en fait. En studio, c'est plus long. Tu construis un truc tranquillement avant de le découvrir. Puis, t'as la magie de la technique qu'il n'y a pas du tout en 'live'. Sur scène, c'est de l'énergie, de l'instantané. C'est comme un polaroïd. L'idée du 'live', c'est d'être là où on ne nous attend pas, de faire ce qu'on a à y faire et de surprendre.

Songez-vous à réitérer l'expérience "Un Air Deux Familles" (NDR: album de duos avec Les Ogres de Barback) ?

On va peut-être réitérer l'expérience avant les prochaines élections présidentielles de façon à inciter la jeunesse à aller prendre sa carte d'électeur et voter. Et notamment afin de ne pas voter pour l'extrême droite ou Sarkozy, par exemple.

Et si vous pouviez choisir d'autres artistes que Les Ogres de Barback ?

A premier abord, je dirais Eiffel dont le chanteur est un de nos camarades. Sinon, pourquoi pas L'Enfance Rouge, un groupe franco-italien.

Tu parlais politique. Les Hurlements d'Léo font partie du collectif "Aux Urnes etc." Est-il important que votre public se mobilise et manifeste une conscience politique ?

C'est important car aux dernières élections, il y a beaucoup de gens qui ont pris ce scrutin à la légère. On s'est retrouvé au pied du mur et le résultat a été dur à digérer. Avant les dernières élections, notre motivation était en demi-teinte. Nous nous disions qu'il ne fallait pas trop casser les couilles aux gens avec ces problèmes là. Désormais, on compose des chansons qui ont une essence et une conscience politique.

Vous voulez également donner conscience aux gens que la haine change de visage...

C'est du déguisement. Ils foutent des idées dans la tête des gens pour qu'ils se disent 'Ah mais finalement, ils ont l'air sympathiques!' Même Le Pen aujourd'hui à l'air 'sympathique'. C'est un danger, un poison auquel il faut être très attentif. La droite et toute la clique de l'UMP fait peur en France. C'est également un poison.

Tu sors le premier album de ton projet parallèle, "Kebous". Est-ce qu'il traduit un besoin d'expérimenter autre chose ou de t'évader un peu de l'aventure Hurlements d'Léo ?

T'as entendu parler de ça ? Ce n'est pas vraiment de l'expérimentation. Je suis revenu à un format un peu plus classique, style chanson française, piano-voix. Il y a trois musiciens qui m'accompagnent : mon frangin est au piano, un des mecs de Babylon Circus joue de la clarinette et Sergio Faubert de la guitare électrique. On prend une autre orientation. C'était juste le besoin d'avoir une autre formation à côté, de pouvoir faire autre chose afin de ne pas me sentir prisonnier ou fonctionnaire d'un collectif. Mais Les Hurlements d'Léo, c'est toujours une passion et je m'investis à fond là-dedans.

Tu disais au début de l'interview que vous avez hésité à continuer l'aventure. Est-ce qu'on peut dire aujourd'hui que la vie des Hurlements d'Léo sera encore longue ?

Elle sera longue et même très très longue! Bien plus que tu ne peux l'imaginer. Les Hurlements d'Léo c'est de l'amour mais également de la haine, parfois. Ce sont huit gars prêts à s'aimer et à se taper dessus à un moment donné. Mais c'est ainsi qu'on avance!

mardi, 20 juin 2006 05:00

Plus sexy que Malibu Stacy !

Le nom est sur toutes les lèvres : Montevideo. Assurément, LA révélation 2006 de notre contrée. Fort d'une réputation scénique qui n'est plus à refaire, le quatuor le plus en vue du moment se confie à l'occasion de la sortie d'un disque éponyme risquant fort bien de secouer les fondations du rock belge actuel.

Pouvez-vous nous raconter comment Montevideo est né et quel a été son parcours jusqu'aujourd'hui ?

Manu : Montevideo s'est formé en décembre 2003. Auparavant, Julien et moi jouions dans un groupe qui s'appelait Sherlock. Jean et Pierre, respectivement chanteur et batteur, sont venus nous rejoindre. Au départ, c'était moi qui chantais avant que Jean ne m'usurpe ce rôle ! Et de son côté, Pierre a viré le batteur de Sherlock...

Pierre : Ca s'est un peu fait dans la violence !

Manu : ... Donc on a commencé à bosser. Jean avait un vrai potentiel vocal et il a pris la voix 'lead'. Puis, il y eu une démo sur laquelle on a enregistré « Groovy Station », également premier morceau de notre album. C'est ce titre qui a été décisif pour l'évolution du groupe. On a continué dans la voie qui a été tracée par « Groovy Station ». C'est à ce moment là que Sherlock est devenu Montevideo.

Pourquoi avoir choisi ce nom là ? (NDR : ils détestent la question mais nous n'avons pu nous en empêcher !) Vous avez également une chanson qui s'intitule « Boys From Brazil ». Une affinité avec l'Amérique du Sud ?

Julien : C'est juste une question de sonorité, rien de plus. Tu ne trouves pas que ça sonne bien ? Ensuite, « Boys From Brazil », c'est une référence cinématographique et littéraire. C'est l'histoire d'un nazi réfugié au Brésil (NDR : Dr Mengele) clonant des petits Hitler afin de les envoyer un peu partout en Europe pour qu'ils créent le mal (NDR : « Ces garçons qui venaient du Brésil », film de Franklin J. Schaffner, 1978) !

Manu : Pour 'Montevideo', on s'imagine aussi une ville ultramoderne au milieu d'une jungle sauvage...

Julien : ...C'est cette tension nature/culture qui est intéressante.

Comment vous vous situez dans le paysage rock belge actuel ? Qu'est ce qui vous distingue des autres ?

Jean : A priori on ne se situe pas trop, ce qui nous a valu des soucis au début puisque, au moment de la création du groupe, on ne s'identifiait en rien avec le courant rock belge du moment. On était un peu isolé, en tentant tant bien que mal de produire un disque et de se faire un nom. C'est par la scène que Montevideo est devenu ce qu'il est aujourd'hui. D'ailleurs, la grosse difficulté était de reproduire sur l'album l'énergie libérée uniquement en ‘live’, mais jamais expérimentée en studio. Je n'ai pas l'impression que beaucoup de formations belges actuelles fonctionnent de la même manière. On a eu la chance d'appartenir à un groupe bien avant la création de l'album. Il y a trois ans, il existait déjà un projet. On disposait d’un répertoire ; on manifestait une énergie scénique… C’est un peu la raison pour laquelle John Stargasm (Ghinzu) a signé Montevideo.

D’où la question : comment s'est passé votre collaboration entre lui et vous en studio ? Avez-vous dû faire des concessions ou aviez-vous une totale liberté créative ?

Jean : Absolument aucune concession. C'est ce qui a été agréable avec John. Il a vraiment respecté l'identité du groupe du début à la fin, en demandant l'avis et l'aval de chacun d'entre-nous afin que Montevideo reste ce qu'il est. Les deux mois de studio qu'on a vécus ont été assez intenses. Maintenant, Ghinzu, c'est devenu en quelque sorte une famille et jouer le titre ensemble a été un réel plaisir. En compagnie de Mika et John, il a un petit côté fraternel qui s'est installé...

Manu : Faut pas oublier non plus le travail de Christine ‘Strawberry Girl’ et de Mika qui nous ont beaucoup aidé lors des arrangements...

Jean : Ils ont eu un rôle majeur dans la production du disque. Christine avait déjà travaillé sur les deux albums de Ghinzu. C'est une femme d'expérience qui, pour moi, est en train de devenir une solide référence en Belgique.

Si vous deviez convaincre quelqu'un qui n'a jamais écouté votre musique d'acheter votre album, quels seraient vos arguments ?

Pierre : De venir nous voir en concert.

Jean : Ouais, effectivement, de venir nous voir en concert...

Julien : Par exemple si on rencontrait cette personne devant le rayon et qu'elle hésitait entre Malibu Stacy et Montevideo, on lui dirait que notre album est quand même vachement plus sexy !

Jean : Voilà, excellent ! C'est la phrase du jour ! (rires)

On vous compare un peu facilement à The Rapture ou encore The Strokes, mais quelles sont vos véritables influences ?

Jean : Moi, je trouve ça bien qu'on nous compare à The Rapture, c'est un bon groupe. Du côté de nos premières influences, je crois que chacun a individuellement apporté les siennes. Chacun a ainsi amené sa touche personnelle au groupe, c'est ça qui est chouette.

Manu : Ados, on écoutait des choses très différentes. Jean était plutôt funk jazz, Julien plutôt brit-rock. On écoutait The Smiths, Velvet Underground, Pixies, The Cure, etc.

Jean : Il est normal de coller une étiquette. Maintenant, il est agréable de ne pas se voir comparer à des mauvais groupes.

Manu : Ce sont des formations qu'on apprécie, en plus.

Jean : Artistiquement, on a quand même fait attention à ne pas tomber dans les clichés du rock anglais actuel.

Sur scène, vous reprenez The Clash. On sent bien leur influence sur votre son.

Jean : Absolument...

Manu : The Clash est une influence majeure et commune à chacun des membres de Montevideo.

Julien : C'est un grand modèle. Il y a ce côté punk, dansant, expérimental, bruitiste et un chanteur un peu arrogant...

Jean : Ils ont aussi un côté ska. Les premiers morceaux de Montevideo étaient un compromis entre cet aspect ska et la forme plus rock.

Vous composez tous ensemble au même moment ou est-ce que chacun amène des éléments au fur et a mesure ?

Julien : Tous ensemble. Chacun amène son truc, en répétition. On fait ça sur le tas.

Jean : Au début, généralement, le texte était un détail sur lequel on ne s'attardait pas. On n'essaie pas de faire passer un message en particulier. C'est plutôt impulsif. Pour le reste, on compose à quatre. C'est assez éprouvant mais le résultat en vaut la chandelle.

Julien : On n'est pas un groupe à message mais on va le devenir. Sinon on ne sera jamais engagé au Band-Aid ! (rires)

La compo à 4, ça implique beaucoup de prises de tête ?

Jean : Si si, on a eu beaucoup de prises de tête mais maintenant ça va un peu mieux...

Julien : Là, c'est parce qu'on est plus en compo mais ça recommencera.

Jean : Ouais, ça recommencera mais au moins là, on aura une expérience de studio derrière nous. On fonctionnera beaucoup plus dans l'optique 'album'. Ce qui n'a pas été le cas au début.

Manu : Le studio nous a permis de réaliser pas mal de choses quant à notre fonctionnement, à déceler nos avantages, nos défauts. On est maintenant beaucoup plus lucides ; alors qu'avant c'était très instinctif, ce qui provoquait parfois des problèmes de gestion.

Votre meilleur souvenir scénique ?

Jean : Difficile à dire... Il existe beaucoup de bons souvenirs.

Julien : Moi, le premier soir à Cannes, j'ai bien aimé. Je me demande même si cet événement n'a pas dépassé la fête du progrès...

Manu : Les Nuits Botanique cette année, c'était pas mal, non ? (Ils acquiescent tous) La fin du concert, c'était quand même quelque chose !

Jean : Et aussi la première partie de Supergrass. Rencontrer le groupe et, surtout, le fait de se retrouver devant un public attendant la tête d’affiche qui reste dans la salle, écoute très attentivement et applaudit sincèrement.

Vous jouez de plus en plus en France. Comment ça se passe pour vous, de l'autre côté de la frontière ?

Jean : Très bien ! En fait, on réitère ce que Montevideo réalise en Belgique jusqu'à présent ; c'est-à-dire tenter de faire perdurer un 'buzz', qui démarre depuis quelques mois à Paris. Mais c'est évidemment sur scène que le groupe fait ses preuves. Il est clair également que le parrainage de Ghinzu facilite les choses pour le démarchage auprès des labels...

Manu : Oui, mais au niveau de ce qui se passe en France, côté 'buzz' et 'live', ça n'a rien à voir avec John, en fait. Le point de départ a été un concert accordé au 'Festival des inaperçus' où Montevideo a remplacé Starving au pied levé.

Jean : Mais ça nous fait quand même une référence en plus. On a un album auquel Ghinzu a participé et tout le monde en France n'a pas été indifférent à leur succès. Et pour le disque, on est encore en période de démarchage là-bas. Il n'y a rien d'officiel mais quelques maisons de disques sont intéressées.

Vous ouvrez le bal à Dour, en partageant la scène pour des artistes tels que Primal Scream, Maxïmo Park ou Infadels...

Jean : Art Brut, Maxïmo Park et Infadels, surtout. Et bien, ça nous excite comme n'importe quel concert mais ce n'est pas celui qu'on attend le plus ...

Julien : En backstage, il ne se passe pas grand-chose généralement. On ne se parle pas beaucoup entre artistes. Chacun à sa manière de préparer son concert et tu n'as pas vraiment le temps d'en profiter. Tu dois absolument assurer ton concert.

Jean : Mais comme disait Christophe, notre ingénieur son, cette grande scène, ça va être la plus grosse sur laquelle a joué Montevideo jusqu'ici.

Quel est le plus beau compliment et, à contrario, la pire insulte qu'on pourrait proférer envers votre musique ?

Julien : La pire insulte ? Qu'on nous dise que l'on fait du sous-Franz Ferdinand !

Jean : Oui, tout à fait. Et le plus beau compliment, je sais pas...

Manu : Simplement, 'j'ai vraiment adoré'...

Jean : ... Ou qu'on révolutionne le rock ?

Julien : Bé oui, tout à fait. C'est ce que tous les groupes rock veulent. L'autre jour, il y a un DJ parisien qui m'a dit que j'étais un bassiste hors-pair. Cette déclaration m'a tellement fait plaisir que j'ai failli en pisser dans mon froc ! (rires) 

dimanche, 27 août 2006 05:00

Diplomatic Immunity

Qui l’aurait cru ? L’ambassadeur le plus intéressant du monde n’en est pas un. Affublé de sa ‘banana suit’ et de son fidèle synthétiseur, The Polish Ambassador n’a qu’une seule mission diplomatique : faire suer les foules sur les rythmes de son electro kitsch. « Diplomatic Immunity », c’est un peu ce qu’aurait donné un Herbie Hancock complètement déchiré, se prenant soudain pour un astronaute écoutant du Daft Punk à fond de balle. Bien installé dans la communauté polonaise de Chicago, cet OVNI a conquis en l’espace de quelques semaines des milliers d’internautes qui, depuis, le pressent de leur procurer leur fix journalier. L’artiste espère pouvoir commercialiser son premier album d'ici la fin de l'automne mais comme il n’est encore signé sur aucun label, il nous offre généreusement, en démonstration, toute son immunité diplomatique pour pas un rond. Il serait donc idiot de passer à côté des merveilles interplanétaires et tueries de dancefloors que sont « Ameoba Party », « Space Escalade », « Infiltrating The UN », « Fax Travel » ou encore le joliment intitulé « Get Your Damn Hands Off My Synthetizer ». A la fois attachant et décalé, The Polish Ambassador ne laisse pas indifférent. Et il est bien parti pour conquérir la planète. Accrochez-vous, le décollage risque d'être orgasmique!



mardi, 20 juin 2006 05:00

Lydie Claire (single)

Musicalement agréable, les deux titres de Lydie Claire font légèrement penser à du Linda Lemay sans accent et sans le côté grandiloquent. "Caisse à Savon" et "N'importe Quoi" passent comme une lettre à la poste. Reste maintenant à entendre si la pop acoustique de la jeune femme tient la route sur l'entièreté d'un album...

mardi, 30 mai 2006 05:00

Wish Of Never EP

« G » pour « Genuine » peut, à priori, paraître ambitieux, voire prétentieux. Le fait est que les G Minds peuvent, sans aucun souci, se le permettre. Agréablement surprenant et mature, le premier essai studio du quartet allie à merveille un duo de voix symbiotiques à des mélodies lénifiantes. G Minds est, assurément, un groupe à suivre à la loupe.



mardi, 08 mai 2007 05:00

Lynn Teeter Flower

Il ya 2 ans paraissait « 11:11 », second essai délicieusement envoûtant de Maria Taylor. Aujourd’hui l’ombre d’Azure Ray a cessé de poursuivre la belle, et ce n’est pas forcément une bonne chose. Hésitant entre pop radiophonique (« Replay », « A Good Start ») et folk douce-amère (« Clean Getaway », « The Ballad Of Sean Foley » en compagnie de l’inévitable Conor Oberst), Maria s’éloigne à grand pas de ses premières influences pour devenir petit à petit un clone de Sarah McLachlan. Et dieu sait que l’on n’en a pas vraiment besoin. « Lynn Teeter Flower » vacille malheureusement de l’agréable à l’insipide en un espace de temps affolant. Du beau gâchis. On ne peut donc que recommander à Maria Taylor de retrouver sa bonne amie Orenda Fink et de gentiment arracher Azure Ray de sa trop longue retraite…



A première vue, constater que les critiques américains catégorisent Gym Class Heroes dans l’emo-pop est assez étrange, leur musique se rapprochant beaucoup plus de Fort Minor que de leurs potes de chez Panic! At The Disco. Hormis le fait de partager le même label, le seul point commun entre ces derniers et Gym Class Heroes est une tendance à s’adresser principalement aux adolescentes américaines dont la culture musicale se limite à ce qui est diffusées sur VH1 et autres MTV. « As Cruel and As Boring As School Children » aurait été un titre plus correct pour cette plaque insignifiante, comme en témoignent les ultra-chiants « Clothes Off !! », « Scandalous Scholastics » ou « 7 Weeks ». Seul le single « New Friend Request » ressort du lot, sans vraiment faire de vagues. A offrir à votre petite sœur. Seulement si vous voulez vraiment être cruels.

 



mardi, 03 avril 2007 05:00

The Looks

Death From Above 1979 est mort ! Longue vie à MSTRKRFT (prononcez Master Kraft)! Jesse F. Keeler nous ayant fait l’affront de démanteler l’une des formations les plus excitantes des années 2000, avait tout intérêt à nous revenir, un colosse sous les bras. Epaulé par Al P (producteur de « You’re A Woman, I’m A Machine » - on reste en famille), le savant fou est donc retourné s’enfermer dans son laboratoire. Dans un premier temps, les deux hommes se sont consacrés à altérer quelques œuvres qui en avaient bien besoin. Si bien qu’une ribambelle d’artistes ont fait la queue devant les portes de l’antre du duo afin de le supplier d’embellir certains de leurs travaux (Bloc Party, The Kills, Juliette and The Licks, Metric, Wolfmother ou même All Saints).

Ils ont ensuite fermé temporairement l’atelier 'remixage', le temps de bidouiller leur propre mixture. Tout en écoutant du Daft Punk, au volume maximum toléré par l’oreille humaine. Les deux Canadiens en sont sortis, quelques jours plus tard, armés d’un cocktail explosif. Intitulé « The Looks », celui-ci recèle huit doses massives d’electro-rock à la saveur disco. En deux temps trois mouvements, Keeler et Al P ont démontré qu’il suffit parfois d’un rien pour secouer les foules. Proche des productions de l’écurie Ed Banger, Justice en tête (les monstrueux « Paris » et « Neon Knight »), MSTRKRFT délivre une succession d’hymnes jouissifs d’une facilité déconcertante (« She’s Good For Business », « Work On You », « Street Justice »). Paru en juin 2006 aux States, « The Looks » ne nous est parvenu que huit mois plus tard. Retard compensé sur la version européenne par la présence d’un petit fix euphorisant supplémentaire, « Community Revolution In Progress ». Tout ça ne nous rendra pas DFA1979, mais c’est un bon début.

Après la sortie d’un « Deep Cuts » frais mais inégal, le duo suédois est revenu sur le devant de la scène. L’an dernier. Lors d’un « Silent Shout » surprenant de noirceur. Afin de soutenir cet excellent essai, The Knife a parcouru l’Europe en 2006 pour une tournée de quelques dates, qui s’est notamment arrêtée chez nous au festival Pukkelpop. Un événement si l’en est ; la formation se faisant plutôt rare sur les planches. Encore plus dark, encore plus surprenant, « Silent Shout : An Audio Visual Experience » retranscrit respectueusement l’ensorcelante prestation des frangins Dreijer. Au niveau audio, hormis quelques titres brillamment dépouillés de leur candeur initiale (« Heartbeats », « Pass This On »), la version CD n’apporte pas grand-chose à l’ensemble, certaines compos sonnant exactement comme sur le disque originel (« We Share Our Mother’s Health », « The Captain »). Le Dvd constitue par contre une véritable mine d’or. Outre le concert et son incroyable mise en scène qui laisse pantois, il recèle également l’intégralité des clips de la formation. Un véritable régal pour les yeux.  Des ‘kitchissimes’ « NY Hotel » et « You Take My Breath Away » aux petits joyaux techniques incarnés par « Silent Shout » ou « Like A Pen », il faut reconnaître que la qualité des vidéos, à l’instar des compos du tandem, a bien évolué au cours du temps. Enrichi d’un amusant court-métrage de 5 minutes intitulé « When I Found The Knife », « Silent Shout : An Audio Visual Experience » fera pleurer de rage tout fan ayant manqué cet événement fabuleux !



lundi, 05 mars 2007 04:00

Make another world

Jonglant de labels en labels, Idlewild quitte Parlophone pour s’installer dans les quartiers plus humbles de Sanctuary Records. Un mal pour un bien. Bien que d’excellente facture, « Warning/Promises », seul essai paru sous la houlette de Parlophone/EMI, souffrait d’une production bâclée qui affaiblissait largement l’ensemble. Les fans n’auront d’ailleurs accueilli que très tièdement cet essai. S’ensuit une petite escapade en solo de Roddy Woomble (« My Secret Is My Silence »), leader de la formation, revenu auprès des siens en 2006, plus inspiré que jamais. « Make Another World » (qui a failli s’intituler « Outkast », en réponse à « Idlewild », la dernière œuvre du duo), marque la renaissance des cinq Ecossais. Renouant avec un rock brut et inspiré, ce sixième ouvrage évoque un « The Remote Part » (2003) qui serait abordé avec plus de maturité qu’à l’époque. « No Emotion », premier single engageant, le très ‘R.E.M.esque’ « A Ghost In The Arcade », « Future Works » et sa gracieuse touche de saxo et la détermination distillée sur « If It Takes You Home » illustrent la détermination du quintet à reprendre les commandes d’une destinée qui, depuis « Warning/Promises », avait été maintes fois compromise. Un retour aux sources plus que bienvenu.

 



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