Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait
Redouane Sbaï

Redouane Sbaï

mardi, 20 mars 2007 04:00

Artificial Animals

Aaron, duo composé de Simon Buret et Olivier Coursier, frappe un premier coup. Un crochet gauche ferme, asséné droit au cœur. Profitant d’un étourdissement succinct, les deux Français nous plongent dans un univers sans concession. A peine y est-on pénétré que l’emprise de leurs animaux artificiels se fait irrépressible. Impossible d’en réchapper. Tel un Ghinzu baigné dans une mélancolie inapaisable, Aaron envoûte, enflamme, éblouit. Tout ça à la fois et bien plus encore. Le charme de Neverland opère dès l’ouverture crescendo d’un « Endless Song » habité d’une légère mais exquise nappe électro. S’ensuivent, entre autres, l’enivrant single « U-Turn (Lili) », un « Lost Highway » qui n’aurait pas dépareillé en fond sonore du film éponyme et une reprise osée mais étonnamment brillante et belle à en frissonner de « Strange Fruit », poème d’Abel Meeropol (alias Lewis Allan) immortalisé par la grande Billie Holiday. Aaron se risque même à poser « Le tunnel d’or », petite composition dans la langue de Molière, au beau milieu d’une œuvre anglo-saxonne. Et l’audace paie. Intelligent et touchant, « Artificial Animals Riding On Neverland » est une œuvre prodigieuse propulsant Aaron au grade de plus belle découverte française en 2007.

 

mardi, 20 mars 2007 04:00

Out of the Woods

Volontairement disparue de la circulation depuis le « Temperamental » de Everything But The Girl (1999), Tracy Thorn met au placard Ben Watt, sa moitié sur scène comme à la ville, ainsi que ses michetons afin de nous envoyer à la tronche un come-back du genre ‘j’arrive, je défonce la porte d’un coup de bottines en cuir et je montre à tous ceux qui m’ont oubliée qu’ils ont fait une grossière erreur’. A l’instar de ses compatriotes Beth Gibbons et Lou Rhodes, Tracy Thorn s’offre une petite aventure parallèle plus que bienvenue. Produit, entre autres, par Ewan Pearson, ce second essai solo déchire grave, tout simplement.

Thorn, dont la première œuvre en solitaire (« A Distant Shore ») date déjà de 1982, délivre sur « Out Of The Woods » onze titres d’une perfection rarement atteinte dans ce que l’on connaît de la pop. Ouvrant son nouvel essai sur des premiers morceaux mélancoliques d’une justesse affolante (« Here It Comes Again », « A-Z »), Tracy Thorn se joue de l’auditeur en lui délivrant des bombes disco (« Get over It », le single « It’s All True ») pour le replonger à nouveau et sans aucune transition dans la douceur, quelques instants plus tard (« Hands Up To the Ceiling », « Easy »). Mais c’est surtout devant le monstrueux « Grand Canyon » que l’on s’arrête net pour louer l’immensité de la galette. Les 25 années d’attente entre « A Distant Shores » et « Out Of The Woods » sont largement compensées. Une surprise divinement bonne.

 



mardi, 20 mars 2007 04:00

Light Grenades

Rescapé des années ‘nu-metal’, Incubus est l’un de ces rares combos californien -de l’époque- à avoir tiré son épingle du jeu en prenant une nouvelle direction en temps opportun. Beaucoup plus mature depuis « Make Yourself », la formation a néanmoins perdu quelque peu de son charme au fil des sorties. Ainsi, « Morning View » et « A Crow Left Of The Murder », bien que prometteurs, étaient assez inégaux dans l’ensemble. « Light Grenades » vient boucler une trilogie en dents de scie. Les tubes potentiels (« Paper Shoes », « Anna Molly », « Oil and Water ») côtoient des œuvres moins solides (« Love Hurts, « Diamond and Coal ») et autres tentatives manquées de retrouver le grain de folie d’antan (« Light Grenades », « A Kiss To Send Us Off »). Depuis 2001 et la sortie de « Morning View », Incubus fait son chemin pépère à coups de simples et, parfois, bien jolies ritournelles sans prétention. Mais il n’étonne plus personne. Un défaut que Brandon Boyd et sa bande feraient bien de corriger s’ils ne veulent pas sombrer dans l’oubli…



mardi, 20 mars 2007 04:00

The Heart is the Place

Goldrush ou la ruée vers l’ennui. En 2002, la formation était remerciée par Virgin Records quelques semaines seulement après la sortie de son premier ouvrage, « Don’t Bring Me Down ». Aujourd’hui réfugié chez City Slang, le combo publie un nouvel essai qui nous permet de mieux comprendre la décision prise par leur label précédent. Quelque part entre les travaux de Grandaddy (sans le charme) et Flaming Lips (sans la folie), « The Heart Is The Place » s’embourbe rapidement dans une mièvrerie insipide. Excellente entrée en matière instrumentale, « Aperture » laissait pourtant présager le meilleur. Mais la promesse est brisée par un inutile « The Story Of The City », suivi d’une série de morceaux acceptables mais sans étincelles. On retrouve bien ici et là quelques morceaux un tantinet plus intéressants et créatifs (« 24 Hours », « Heaven’s My Destination », « Sun In Your Eyes ») mais ils sont bien trop peu nombreux pour réellement donner l’envie de s’attarder sur cette galette. Les Anglais de Goldrush devront creuser plus vite et plus profond s’ils veulent se dégoter de véritables pépites d’or et se faire une place au soleil.

Welcome to the best years of `Brit Hop'. Engendrée par des artistes tels que Jamie Lidell, The Streets voire Plan B et menée aujourd'hui par Jamie T et autres Juste Jacques, cette scène grandissante accueille un petit nouveau ayant tout d'un premier de classe. On se doutait que l'année 2007 serait une année exceptionnelle pour la musique mais là, on ne sait plus où donner de la tête ! Ben Westbeech débarque de son Bristol natal, emportant dans ses valises un premier ouvrage remarquable. A l'instar de son grand frère spirituel de Jamie Lidell, Ben marie des éléments pop, funk, soul et jazz comme un dieu.

Maître de l'espace urbain, le jeune homme sautille gaiement de toit en toit. Ne prenant même pas le temps de s'arrêter pour souffler, il exécute pirouette sur pirouette sans ne jamais se brûler les ailes. Le mecton tient la longueur sans s'essouffler, sans nous emmerder. Le génie du premier essai de Westbeech procède essentiellement de son art à pondre des morceaux variés. Aucun des quinze titres n'est comparable au suivant. En résulte des perles allant de pair avec la touche `repeat' (les géniaux « Gotta Keep On », « Stop What You're Doing », « In/Out »). Ben Westbeech n'hésite pas à embellir son ouvrage de quelques prodiges instrumentaux (« Bright Future », « Beauty », « Grey Skies ») et semble prendre son pied à se montrer audacieux. En témoignent la touche drum'n'bass de « Get Closer » mais également « Dance With Me » et « Pusherman », deux plages qui auraient pu être interprétés par un Justin Timberlake circa « Justified ». Il est bel et bien né le divin enfant.

mardi, 13 février 2007 02:00

The crane wife

‘Voguons, matelots, vers de nouvelles aventures. Traversons les mers et les continents afin de rapporter à nos bonnes gens les merveilles croisées sur notre route !’ Voilà ce que Colin Meloy et ses joyeux matelots doivent probablement s’exclamer avant d’aller à l’abordage d’un studio d’enregistrement. Fraîchement signés chez Capitol, ces derniers débarquent donc sur un navire bien plus large que lors de l’épopée précédente. Conteur hors pair, Meloy s’inspire cette fois d’une fable japonaise qu’il réinvente magistralement (« The Crane Wife 1 & 2 » et « The Crane Wife 3 ») ainsi que d’autres histoires captivantes évoquant la guerre (un peu), l’amour (beaucoup) et la mort (énormément).

A la hauteur de toutes les espérances, ce nouveau roman musical des Decemberists regorge de petites merveilles telles que « Sons & Daughters », « The Perfect Crime #2 », « When The War Came » et surtout l’impressionnant « The Island », parabole épique développée en 12 minutes et découpée en trois parties distinctes mais indissociables. Membre honoraire de la formation, Laura Veirs boucle la boucle en donnant la réplique à Meloy sur un « Yankee Bayonet » filmique. Sorti en octobre 2006 aux Etats-Unis pour ne débarquer que début février sur les terres européennes, « The Crane Wife » valait largement l’attente et constitue un successeur digne de ce nom à « Picaresque ».

 

 

 

 



lundi, 05 février 2007 04:00

Brand New Towns

Fraîchement signé sur le label Bella Union, Robert Gomez revient deux ans après l’autoproduit « Etherville ». Gérant du label Basement Front, leader de la formation Latin Pimps, Gomez tend donc à prouver qu’il possède plus d’une corde à son arc. Et ce « Brand New Towns » sert bien sa cause. Après une ouverture en fanfare sur l’intriguant single « Closer Still », Gomez s’évade ensuite vers un univers proche de celui de Howie Beck (« All We Got », « Back To Me ») et d'Elliott Smith (« Into The Sun », « You Need Somebody »). Lascif et propice à quelques rêveries, « Brand New Towns » est un essai intéressant, sans pour autant atteindre des sommets d’ingéniosité. Entre lo-fi et folk, l’œuvre de Gomez se fait parfois hésitante (« The Same Sad Song », « Back To Me »), parfois accomplie (« Brand New Towns », « If I Could have You Back »). Une demi-mesure provoquée par les vocalises affectées, rarement variées, du jeune Texan. Trop souvent, « Brand New Towns » verse dans une longue et frémissante complainte. Pas forcément désagréable, mais lassant à la longue…

 



Avec pareil intitulé, le combo ska-punk avait intérêt à assurer. D’autant plus que leurs prestations live, bien que divertissantes, sont loin d’être légendaires. Une chance, « Our Live Album Is Better Than Your Live Album » est une promesse tenue. Marquant les 10 ans de la formation apparue en plein 'boom' de la scène ska-punk californienne, ce recueil célèbre également la fin d’une collaboration tumultueuse entre Reel Big Fish et le label Zomba. Récupérés début 2006 par Rykodisc, les six gaillards fêtent leur liberté enfin retrouvée en offrant à leurs fans de quoi se régaler des heures durant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se foutent pas de la gueule du client.

35 explosions de cuivres dispersées sur deux disques et encore 20 autres, documentées sur un DVD bonus. Quand y’en a plus, y’en a encore. Niveau quantité, nickel. Quant à la qualité, hormis les deux ou trois regrettables mais inévitables blagues potaches, tout est au poil. Le son est bien léché et le choix des tracks est judicieux. On y retrouve les hits « Sell Out », « She Has A Girlfriend Now » ou leur version brillamment retravaillée du « Take On Me » de A-Ha ainsi que certains des meilleurs titres du combo et autres reprises (The Cure, Tracy Chapman, Lita Ford). Mention spéciale à « S.R. » décliné de manière amusante en plusieurs genres musicaux. Bref, loin d’être de l’arnaque, « Our Live Album Is Better Than Your Live Album » n’est certainement pas le meilleur live de tous les temps mais un must pour tous les fans de la formation et du genre.

 

 

 

lundi, 05 février 2007 04:00

Not Too Late

Nous avons eu le mois de janvier le plus chaud depuis des décennies, paraît-il. Normal. Peut-être se préparait-il tout simplement à accueillir le nouvel et troisième album de Norah Jones. On aura beau pointer le doigt vers le réchauffement climatique, qu’on ne vienne pas nous dire que Miss Jones n’y est pour rien. Accompagnée de son inséparable bassiste, producteur et, accessoirement, petit ami Lee Alexander (un million d'euros à celui qui me rapporte sa tête), Norah susurre treize titres dans la droite lignée de ceux gravés sur les magnifiques « Come Away With Me » et « Feels Like Home ». Rien de révolutionnaire. Mais comment ne pas fondre au son de la voix envoûtante d’une naïade qui parviendrait à créer de la saison la plus morne, un instant inoubliable ? Figure de proue d'une scène jazz-pop, dont elle a grand ouvert la porte en 2002, la digne descendante de Ravi Shankar nous offre un recueil d’une douceur saisissante. Qu’elle psalmodie l’amertume de la trahison (« Not My Friend »), célèbre la fatalité (le génial « Sinkin’ Soon », en compagnie de Matt Ward) ou déclare sa déception politique (« My Dear Country »), la jeune femme agit toujours avec une telle grâce qu’on ne peut être que conquis. Pas étonnant, après chaque écoute de ce « Not Too Late », de s’entendre fredonner à tue-tête « Meeeeee and Mrs- Mrs Jones… We got a thing goin’ on… »

 

 

 



lundi, 29 janvier 2007 04:00

About what you know

« About What You Know ». En voilà un titre judicieux. ‘Destiné à de grandes choses’ selon  l’inévitable hype-maker hebdomadaire, NME, Little Man Tate ne propose, comme le titre de leur premier essai l’indique, rien d’autre que ce que l’on connaît déjà. Surfant sur la vague Libertines / Arctic Monkeys, le combo de Yorkshire résume à merveille la sensation que l’on éprouve en écoutant l’œuvre sur la plage d’ouverture, adéquatement intitulée « Man I Hate Your Band ». Lorsqu’il ne s’adonne pas à un rock sans relief reproduisant toutes les erreurs de débutants possible et imaginables (les bateaux « European Lover », « Down On Marie », « Court Report »), le quartet british sabote ses propres cartons potentiels par la lourdeur de ses textes (« This Must Be Love », « 3 Day Rule »). Irritant, inutile et aussi lourdingue que le film duquel le combo tire son nom...