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Redouane Sbaï

Redouane Sbaï

jeudi, 18 juillet 2013 11:12

Beautiful But Empty

Le quartet aux nationalités multiples (un Italien, un Ricain, un Teuton et un Autrichien) Kafka On the Shore a puisé son patronyme au sein d’un roman écrit par le Japonais Haruki Murakami (« Kafka sur le rivage »). Mais loin de la subtilité de l’œuvre littéraire, c’est une œuvre plus ‘empty’ que ‘beautiful’ que nous livrent les quatre rigolos basés à Milan. Outre des vocalises souvent forcées, « Beautiful but Empty » regorge de mélodies prémâchées.

S’ils savent parfois faire preuve d’originalité (« Lily Allen in Green », « Walt Disney Part I » et « Walt Disney Part II »), on s’ennuie ferme entre un « Campbell’s » qui tente de faire du Bloc Party, des « Berlin » et « Airport Landscape » trop conventionnels ou un « Bacco » flirtant discrètement avec le « Golden Brown » des Stranglers. « Beautiful but Empty » manque cruellement de cohésion, et davantage lorsque Elliott Schmidt, vocaliste de son état, pousse des gueulantes totalement hors sujet. Aussi vite écouté, aussi oublié. En même temps, lorsque l’on qualifie sa propre musique de ‘Pirate Mexican Porn Rock’, tout est dit…

 

dimanche, 30 juin 2013 03:00

Couleur Café 2013 : dimanche 30 juin

Carton plein pour le festival Couleur Café qui à son terme peut se targuer d’avoir écoulé tous les sésames disponibles. L’événement bruxellois a réussi à rassembler 27 000 personnes par jour, malgré une affiche plus sexy sur papier qu’en pratique. Et le soleil, invité surprise de la veille, reprend également ses quartiers au-dessus de la capitale, de Tour & Taxis, du Titan et des artistes qui y défilent. Mais les véritables gagnants de la soirée, c’est sous un chapiteau Univers surchauffé qu’on va les dénicher.

Pas de pieds de plombs aujourd’hui. Le choc de la nouvelle configuration des lieux, et de la dénaturation intégrale du bar ‘Papafoufou’ auquel j’ai prêté mes services des années durant, est enfin amorti. Je me rends donc, avec un plaisir certain, vers le chapiteau Univers pour y découvrir le Mos Def nouveau, celui qui se fait désormais appeler Yasiin en privé, depuis qu’il a trouvé la foi. Le sympathique préposé au vidéoclub de « Be Kind, Rewind » est pour la circonstance accompagné du Robert Glasper Band. Une fusion lumineuse de Jazz et Hip Hop, qu’écoute religieusement un public manifestement captivé par l’union du flow du rappeur et des envolées de saxo de son compère. Tout comme Xavier Rudd la veille, on ne pouvait pas espérer mieux comme entrée en matière.

Après cette mise en bouche fort agréable, les festivités se poursuivent du côté du Titan où Calexico monte en selle. Le soleil et les tubes hispano-ricains d’un Joey Burns grisonnant et de son équipée font bon ménage. L’ingé son de la scène principale est toujours dans le coma, mais l’assemblée clairsemée sur les flancs permet à votre serviteur de se glisser un peu plus près des Arizoniens, histoire de profiter correctement des superbes « Victor Jara’s Hands », « Crystal Frontier », « Para » ou des jolies reprises de « Guns Of Brixton » et « Alone Again Or… » Un premier passage à Couleur Café qui aurait pu (ou dû) rameuter largement plus de monde que celui présent devant l’estrade.

Petite modif’ dans la prog. Ou grosse, pour les fans de Patrice. Pas encore arrivé, le Teuton ? Quoi qu’il en soit, le set prévu à 21h45 sur le grand podium est déplacé à la ‘Move’ à… minuit. De quoi faire grincer les dents de ses aficionados. Pour le remplacer, Salif Keita, originellement prévu également sur la deuxième scène plein air. Mais à peine un petit quart d’heure après le début de la prestation du Malien, on observe un exode impressionnant vers l’Univers.

Et le chapiteau est littéralement pris d’assaut. Les Freeks sont là. Univers déborde comme il a rarement débordé. A l’image du Dance Club du festival Pukkelpop, en 2010. Parce que le collectif Die Antwoord était très attendu. S’il avait pu aisément combler la grande scène, au moins les Sud-Africains ne souffriront pas d’une qualité sonore approximative. Et c’est à plein volume que DJ Hi-Tek dégaine son intro « DJ Hi-Tek Rulez » devant un parterre de surexcités. Yo Landi Vi$$er et sa voix de crécelle le suit de très près sur un « Fok Jullie Naaiers » au cours duquel Ninja débarque afin de poser son rap. Suivent des « Wat Pomp », « Fatty Boom Boom » et autres « Rich Bitch » qui font monter la pression. Le duo et leur DJ assurent le show, danseuses, décors et bizarreries incluses. A l’heure du combo « Baby’s On Fire » et « I Fink U Freeky », le constat est simple : Die Antwoord est un rouleau compresseur qui écrase et soulève tout sur son chemin. Un petit « Enter The Ninja » vient clôturer le spectacle et calmer les esprits pour la dernière ligne droite du festival. Niveau ambiance et affluence, Die Antwoord s’en sort plus que haut la main, ce dimanche.

Une très petite touche de CeeLo Green, sans costume extravaguant, pour achever la 24ème édition de Couleur Café, du côté de la grande scène. Accompagné d’un live band et de danseuses-aguicheuses, le ‘LadyKiller’ d’1m60 max ouvre les hostilités par un « Bright Lights, Bigger City » et sa version du « Need You Tonight » d’INXS, détruits par la sono. Je n’attendrais donc pas de voir Selah Sue débarquer sur les planches (comme elle avait fait la veille pendant la prestation de Wyclef Jean et quelques minutes auparavant du côté de son acolyte Patrice) pour « Please » et prends la poudre d’escampette immédiatement après sa reprise plutôt moyenne de « Let’s Dance » de Bowie.

Ainsi donc s’achève la mouture 2013 du festival bruxellois qui, de mon point de vue, a perdu énormément en charme et en convivialité, en l’espace de 3 ans. Sans oublier les prétentions solidaires des premières années, repoussées au loin, dans la cabane au fond du jardin. Les pages du dernier weekend de Juin 2014 risquent fort de rester vierges dans mon agenda.

Mais ne jamais dire ‘jamais plus’ !

(Organisation Couleur Café)

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samedi, 29 juin 2013 03:00

Couleur Café 2013 : samedi 29 juin

Deuxième jour de fête au cœur de la capitale. Et le ciel adresse un pied de nez aux prévisions météorologiques. Amen ! Retour sur le site amputé de Tour & Taxis pour un samedi affichant complet depuis belle lurette. La raison principale de la fermeture des guichets ? Sans aucun doute les grands gagnants de la course aux tubes en 2013. En l’occurrence Macklemore & Ryan Lewis, que sont venus applaudir en masse une horde de kids branchouilles.

Pas une gouttelette de pluie ce soir. Une aubaine pour les festivaliers qui ont vécu la version ‘Douroise’ de Couleur Café, la veille. C’est même sous un soleil radieux et fort à-propos que se déroule le concert de Xavier Rudd sous l’Univers. Le multi-instrumentiste australien, seul sur les planches, parcourt sa discographie insulaire face à un parterre conquis. Le set est en dents de scie, mais tout le monde s’en fout. La musique du bonhomme se prête tellement à l’ambiance du festival qu’on n’en retient que les hauts. « Follow The Sun », chantonne le surfeur. On répond donc à ses ordres pour filer vers la grande scène.

Sur le Titan, c’est une belle inconnue qui chauffe la foule. Cette assistance s’agglutine lentement mais sûrement afin d’assister aux spectacles des artistes qui vont se produire par la suite. Andy Allo est un peu le pari du Couleur Café. Une chance pour la belle Camerounaise qui effectue là ses premiers pas sur une scène de cette taille et y prend manifestement son pied. Le Funk de la préposée aux guitares chez les New Power Generation de Prince n’est pas des plus transcendants, mais sa bonne humeur communicative et les touches de saxo qui pimentent ses compos suffisent à se laisser aller à deux ou trois pas de danse. « People Pleaser » clôture son set en trahissant ses influences ‘Princiennes’ ; et le groove libéré laisser penser la demoiselle foulera encore les planches du festival, lors d’éditions futures.

C’est une petite demi-heure plus tard que les stars de cette édition prennent possession du Titan. Mais votre serviteur décide quand même de rester sur place. Devant le podium, un public jeune (voire très jeune) se comprime à la mode ‘boîte à sardines’, tandis que les parents et les blasés optent pour les flancs. Les adeptes du Thrift Shopping sont également bien présents pour ajouter un peu de Couleur dans ce Café qui manque un peu de fantaisie, lors de cette édition. Macklemore et Ryan Lewis débarquent à l’heure prévue face à un parterre déchaîné. Sur les côtés, le son est tellement ‘pourrave’ qu’on comprend à peine les (looooongues!) litanies de Macklemore à qui un fan lui offre la même veste en fourrure portée dans le clip de « Thrift Shop », saveur d’aisselles en bonus, comme il le soulignera en plaisantant. Un « Thrift Shop » lancé étonnamment tôt, puisque qu’il est plus ou moins programmé lors du troisième morceau de la setlist. L’énergie y est, les tubes défilent et Ray Dalton rejoint ses camarades pour chantonner, comme en studio, le « Can’t Hold Us », en fin de parcours. Le tube actuel sera même le plus fédérateur du festival. Les ‘nanananananana hey’ sont hurlés de toutes parts, autant par les fans que les allergiques. Puis hop, une seconde vague de « Thrift Shop » pour secouer une dernière fois les énervés de l’auditoire et puis s’en vont.

23h40, le traditionnel feu d’artifice anime pendant un petit quart d’heure le ciel de Bruxelles. Quelques instants plus tard, nous v’là à nouveau sous la coupole de l’Univers pour juger une nouvelle fois de l’efficacité des Birdy Nam Nam. Et c’est une première, depuis un petit moment, rien à redire. Les quatre maîtres du turntablism et du scratch effectuent un sans-faute en nous réservant des versions explosives des « Jaded Future », « The Parachute Ending » et autres « Defiant Order ». Les anciens champions du monde de DMC n’ont toujours rien à craindre de leurs homologues C2C.

Malgré son emplacement de fortune, je me dirige tout de même du côté de la scène Move, où JoeyStarr se prend pour Fatman Scoop, en compagnie de son B.O.S.S. Soundsystem. Le condensé efficace de beats electro et dancehall distillés par les trois boss et JoeyStarr termine le travail entamé par Birdy Nam Nam. Le rappeur français se fait ici très clairement plaisir et partage celui-ci dans une bonne humeur qui aurait traversé tout le parterre, si celui-ci n’était pas forcé de se démener sur un lit de cailloux. Hormis les solides défauts des lieux, mission accomplie pour Couleur Café qui a offert à son public une seconde journée bien plus intéressante que la précédente.

(Organisation Couleur Café)

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vendredi, 28 juin 2013 03:00

Couleur Café 2013 : vendredi 28 juin

L’affiche plus ou moins clinquante de l’édition 2013 du Festival Couleur Café 2013 s’est traduite par une envolée particulièrement rapide des tickets. Au programme de ce weekend, quelques jolis noms, d’autres moins, et deux ou trois habitués. Mais surtout, une nouvelle config’ qui n’est pas pour ravir les fidèles de l’événement. Pas plus que le ciel qui plombe le secteur, ce vendredi.

Après s’être accordé une petite infidélité l’an dernier, votre serviteur est de retour sur le domaine de Tour & Taxis pour l’édition 2013 de Couleur Café. Premier constat choc à l’arrivée : la section principale de la rue du ‘bien manger’ (une moitié avait déjà été rayée de la carte en 2011) n’est plus. Relayée dans un hangar sombre au fond du site, et rebaptisée ‘Palais du bien manger’, elle a perdu toute convivialité. Autre modification importante, le chapiteau ‘Fiesta’ a également été éradiqué pour faire place à une deuxième scène en plein air, dressée à l’endroit le plus exigu du site, sur un sol jonché de cailloux de toutes tailles. La tente ‘Univers’, elle, a été préservée et n’a subi qu’un simple déménagement, de la droite vers la gauche. Mais de manière générale, la configuration se prête de moins en moins à un événement de cette ampleur, qui a déjà perdu un bon 50% de son espace initial.

Le temps d’absorber le nouvel aspect des lieux, dû aux nombreux projets immobiliers dans et autour de Tour & Taxis, il est déjà impératif de sortir sa veste d’hiver. Le temps de profiter des dernières notes accordées par Aloe Blacc, sur la grande scène, à la masse de demoiselles courageuses rassemblées aux premiers rangs. « I need a Dollar » chantonne le Soulman, tandis que les nuages s’amassent sans l’ombre d’un relâchement.

La pluie a du bon pour le rappeur français Kery James, qui se produit sous un ‘Univers’ full et motivé. Musicalement, le rap français n’est pas trop ma came, mais le petit arrêt sous la grande tente démontre une nouvelle fois le côté fédérateur du style. Des premiers aux derniers rangs, les gens dansent, suivent les instructions de celui qui avait fait ses premiers pas à Couleur Café, en 2008. Mais, non, musicalement, ça ne le fait toujours pas pour moi.

Détour vers le Titan, où le son est tout aussi naze que deux ans plus tôt. Nneka foule ses planches pour la troisième fois. Le style est plutôt attendu, et la demoiselle égale à elle-même. Larmes incluses. Le temps et le ton un peu trop sirupeux de la Nigérienne m’incite à abandonner le périmètre plus vite que prévu.

Un tour du propriétaire s’impose donc avant de rejoindre le podium Univers pour l’explosion de guitares annoncée. Outre le village associatif, qui est désormais réduit à 4 ou 5 stands tout au plus, le marché souffre également de la restructuration et se retrouve désormais perdu entre le Titan et le chapiteau Univers. Quant à la nouvelle scène en plein air, baptisée ‘Move’, tout a été déjà dit plus haut. Moins d’espace, moins de confort.

L’éclaircie de la journée proviendra de l’énergie dispensée par Skip The Use en ‘live’. Mat Bastard est une véritable pile sur patte. Le gars passe 50% de sa prestation à sauter dans tous les sens, et sa bonne humeur est ultra-communicative. Entre « Give Me Your Life », « Ghost » et leur reprise du « Song 2 » de Blur, les Lillois ne laissent aucun répit à la foule. Sans aucun doute l’heure la plus sympathique d’une première journée assez décevante.

Un peu plus loin, Wyclef Jean s’empare de la grande scène et balance son (seul) tube « Hips Don’t Lie », sans Shakira mais soutenu par un big band qui s’en sort pas mal, avant d’interpréter un medley des Fugees, sans grande conviction. D’ailleurs pas convaincu pour un sou, ma soirée se clôture sur un chouia de Jimmy Cliff, peu transcendant, puis une Sister Bliss totalement absorbée par ses platines. En même temps, jouer un DJ-Set sur l’estrade principale et sous la pluie pour pas beaucoup plus de 150 personnes, la DJette a dû connaître mieux dans sa carrière…

(Organisation Couleur Café)

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jeudi, 27 juin 2013 20:45

Consume This !

L’histoire de Wild Boar & Bull Brass Band remonte à 2006, suite à la rencontre entre Sebastien Van Hoey, préposé aux trombones, et Herbert Celis, MC de son état. Deux Bruxellois. Sept ans plus tard, les deux hommes, rejoints par cinq acolytes, proposent « Consume This ! » un premier LP tous cuivres à l’avant. Un disque qui n’est pas sans rappeler les travaux du Youngblood Brass Band, l’expérience en moins. Musicalement, la troupe nous envoie, d’un coup de pied bien placé, dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Côté vocalises, les frasques hip hop de MC ‘Herb Cells Da Mic Jagga’ peuvent autant taper dans le mille (« Brass War », « Stone » ou la salve finale de « November ») que sur les nerfs (« Mr Pink », « End Of the Month Party »).

« Consume This ! » dessinera un large sourire sur les visages des inconditionnels de Brass Bands et surtout ceux qui prendront le temps d’aller les applaudir sur scène. Car le full potentiel d’une formation de ce genre n’est réellement palpable que lorsqu’elle prend possession des planches. Et, à l’écoute de leurs mélodies estivales, nul doute que Wild Boar & Bull Brass Band est de celles qui secoueront le public avant même de verser la moindre goutte de sueur. Ce ne sont pas les spectateurs qui ont croisé leur route aux Nuits Botanique et au Brussels Jazz Marathon qui diront le contraire.

Il est donc déconseillé de manquer WB&BBB si vous traînez du côté de Dour ce 18 juillet ou de Bruxelles-Les-Bains le 2 août. D’autres dates sont également prévues cet été à Liège, Flémalle, Havelange, Tournai et Sint-Niklaas.

 

jeudi, 27 juin 2013 20:40

Wolf

Lorsqu’ils ne font pas couler de l’encre au sujet de leurs frasques scéniques et délires du quotidien, les membres du collectif Odd Future, aka OFWGKTA, publient des albums. De très bons albums. Certes, l’un d’entre eux, a largement tiré son épingle du jeu, à savoir le désormais incontournable Frank Ocean. Mais les autres s’en sortent pas mal non plus en matière de prod, même si le buzz n’a pas la même ampleur. Ainsi, en attendant le très attendu premier LP d’Earl Sweatshirt et les nouvelles compos de The Internet, c’est le créateur, Tyler, qui nous balance du gros son pour la seconde fois en version physique. Mais pour le compte de Sony. Deux ans après « Goblin », la créature montre ses crocs sur « Wolf ». Un LP résolument Hip Hop old school et beaucoup plus affiné que le précédent. A l’image des terribles « Pigs », « Parking Lot », « Cowboy » ou des délirants « Tamale » et « Awkward ».

Au rayon des invités, le chef du (golf) wang ne se casse pas trop la tête, conviant la clique OFWGKTA au complet, bien que disséminée à travers tout le disque. Tyler ‘The Creator’ Okonma se paie également quelques convives de choix, n’ayant pas un lien direct avec sa meute. Et pas des moindres : Pharrell Williams, dont l’influence est à peine dissimulée, Laetitia Sadier (Stereolab) ainsi qu’Erykah Badu et Coco Owino (NDR : chanteuse de la formation Soul danoise Quadron, à voir dès la rentrée au Botanique) pour la touche Soul.

Côté textes, Tyler, The Creator reste fidèle à lui-même. Sexe, Guns, Name Dropping, … Tout y est. Y compris une captivante lettre ouverte à son père biologique, « Answer », pierre angulaire d’un LP de 71 minutes qui n’en compte quasi aucune à jeter. « Wolf », entièrement produit par le loup en chef lui-même, relègue le bordélique « Goblin » aux oubliettes.  Un grand disque Hip Hop s’il en est.

Les planches de la scène « The Barn » de Rock Werchter trembleront au gros son de Tyler et ses potes, le samedi 6 juillet. Après Earl Sweatshirt en milieu d’aprèm’, et avant Frank Ocean prévu en clôture, c’est en compagnie de toute la troupe Odd Future que le turbulent Creator s’y produira. A ne pas rater si vous en êtes.

 

jeudi, 27 juin 2013 11:57

Give In

Dès les premières notes de «  Ghosts », qui ouvre le premier LP d’On an On, Impossible de ne pas penser à Beach House. Puis intervient la voix de Nate Eiesland, qui flotte sur les notes comme un José Gonzalèz. Ce n’est qu’au bridge qu’On an On prend son réel envol, sans personne accroché à ses ailes. La suite du voyage est tout ce que l’on peut attendre d’un trip Dream Pop, caractérisé par ses grands espaces oxygénés, ses petites touches electronisantes et ses échos vaporeux.

A l’origine, la formation de Chicago comptait cinq membres. Et répondait au patronyme de Scattered Trees. Et ce, jusqu’au moment où deux des racines ont décidé de planter les autres. Alissa Ricci, Nate Eiesland et Ryne Estwing décident de ne pas se laisser abattre et réinventent Scattered Trees. Epaulé par Dave Newfeld, membre honoraire de Broken Social Scene et responsable des bidouillages chez Holy Fuck, Los Campesinos! et autres Super Furry Animals, le trio enregistre alors sous le sobriquet de On an On. « Give In » voit le jour et le nom de la formation s’achemine lentement mais sûrement vers les oreilles des mélomanes curieux.

Alignant quelques gemmes à son compteur (« I Wanted To Say More », « Ghosts », « Bad Mythology »), « Give In » est un disque sans emphase, qui s’écoule aussi tranquillement qu’il s’écoute…

 

mercredi, 19 juin 2013 14:35

Mala

Album numéro huit pour Devendra Banhart qui vise, tire et marque sans effort. Quand il ne prend pas la pose avec sa fiancée pour les magasins The Kooples, il arrive à Banhart d’écrire de superbes petites mélopées joliment mises en boîte. « Mala » n’échappe pas à la règle. Le chanteur privilégie la simplicité des mélodies et abruptes, qui dépassent rarement les 3 minutes 30. « Für Hildegard von Bingen », le morceau envoyé sur la toile en guise de mise en bouche, est à l’image de l’LP : une force tranquille qui s’écoule délicatement, sans déranger qui que ce soit.

« Mala » est de ces disques dont on n’attend pas grand-chose au départ, partant du constat que son créateur ne s’était pas trop foulé pour ses dernières œuvres. Mais Devendra a plus d’un tour dans son sac. Même lorsque ses litanies sont de facture classique, le Texan d’origine vénézuélienne parvient à leur insuffler une chaleur irradiante. 14 morceaux tout simplement irrésistibles. Mention spéciale à « Mi Negrita », « Für Hildegard von Bingen », « Daniel » et « Taurobolium », foutrement efficaces.

Si, une fois de plus, le soleil ne réchauffe pas la plaine de la machine à feu cette année, Devendra Banhart devrait le remplacer sans aucun mal lors de sa visite au Festival de Dour, le samedi 20 juillet prochain.

 

mercredi, 19 juin 2013 14:08

Images du Futur

Ils avaient pris tout le monde par surprise lors de la sortie de leur « Zeroes QC », publié il y a trois ans. Et « Images du Futur » confirme l’immense potentiel des Montréalais de Suuns. Le titre de ce second LP, tiré d’une ancienne compétition d’art numérique de Montréal, dévoile toute l’ambition du quatuor. Et les dix ‘images du futur’ proposés par les Canadiens tapent dans le mille. Moins obscur que le précédent, le second LP de Suuns est orienté dancefloor. Mais un dancefloor crasseux, au sol collant et jonché de bestioles tantôt rampantes, tantôt biscornues. Une piste qui déroule le tapis rouge troué pour les riffs de guitares ronflantes et sur lequel Clinic aurait déjà foutu le bordel la veille. Car, a l’instar de « Zeroes QC », l’influence principale de ces « Images du Futur » se relève (encore plus) clairement être la formation de Liverpool. Un parallèle évident dès l’entame du disque, « Powers of Ten ».  

Ce deuxième opus laisse une place de choix aux vocalises de Ben Schemie, beaucoup plus présentes que sur le premier essai, qui mettait l’accent sur les instrumentaux. « Images du Futur » tourmente, questionne et ne ménage pas le mélomane. De la déflagration guitaristique de « 2020 » à la rythmique insidieuse de « Bambi » et la douceur des accords d’« Edie’s Dream » et « Holocene City », « Images du Futur » intrigue jusqu’à l’obsession.

Les quatre Canadiens de Suuns seront sur les planches du festival de Dour le samedi 20 juillet.

 

mercredi, 12 juin 2013 18:22

A Love Surreal

Bilal Oliver, originaire de New-York, est l’un de ces chanteurs R&B qui préfère la retenue aux grandes effusions médiatiques. C’est donc en toute discrétion que le chanteur publie « A Love Surreal », son troisième LP en douze ans. Bilal privilégie les complaintes chaudes et sobres, du genre néo-soul, qui l’inscrit dans la même lignée que des artistes comme Erykah Badù ou The Roots, la notoriété en moins.

Si les mélodies sont parfois ultra-efficaces (« Back To Love », « Climbing », « Never Be The Same »), il en est moins pour le phrasé du chanteur qui s’enlise dans une suavité lassante au bout de quelques morceaux. D’autant plus lorsqu’il force les intonations ou les maniérismes pour les rapprocher de celles de Prince. Des défauts aussi manifestes qu’une vache au milieu d’un pré sur des morceaux comme « Longing and Waiting » ou « Slipping Away ».

« A Love Surreal » perd de sa consistance au fur et à mesure que les minutes défilent tant Bilal Sayeed Oliver s’attarde sur des ballades qui se suivent et se ressemblent beaucoup trop. Un disque plutôt anecdotique, donc.

 

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