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mardi, 02 mai 2006 03:00

The Definitive Wilson Pickett

C’est chez les Falcons, groupe de Doo-Wop gospellisé, que le jeune Pickett trouve tôt sa marque de fabrique en commettant le tube « I Found A Love ». Le jive parlé de la rue accouplé au cri primal suintant l’âme damnée. Sauf que comme le racontait Jerry Wexler : ‘Wilson pouvait crier des notes alors que les autres chanteurs ne pouvaient crier que des sons’. Le shouter en personne. Il suffit d’écouter sa version de « Hey Jude ». Pas de ad lib à la limite de l’écœurement mais un déluge de hurlements à vous bouillir le sang, le tout enrobé par la guitare incandescente de Duane Allman. Après avoir décroché un nouveau succès, mais sous son propre nom cette fois (NDR : le « If You Need Me » repris par les Stones et Solomon Burke, excusez du peu !), le soul man est repéré par ce même Wexler qui le signe chez Atlantic. Et c’est donc via la filiale Stax et associé à Steve Cropper qu’ils signent les mythiques « In The Midnight Hour » et « 634-5789 (Soulville U.S.A.) ». C’est ensuite chez Rick Hall, à Muscle Shoals qu’il allait graver une nouvelle page de son histoire. « Land of 1000 Dances » repris à Christopher Kenner, allait toucher tous les publics en devenant le premier titre de sa carrière à percer dans le top 10 des charts pop. Wilson est entré dans les annales.

Cette indispensable double compilation dégage un double constat. Le premier, implacable : la majesté de l’œuvre de Wilson Pickett, immaculée et éternelle. Le second, tragique : les morceaux repris ici s’étalent de 1963 à 1972, période de gloire du chanteur. Faites le compte, une trentaine d’années d’errance à ressasser la légende. Aujourd’hui intacte. Comme sa féerique représentation en maquereau céleste par Guy Peelaert dans « Rock Dreams ». Céleste. Wilson Pickett, 1941-2006.

mardi, 22 août 2006 03:00

Gypsum Strings

Les Oakley Hall ne sont pas des glandeurs. Deux albums en six mois, ça bosse dur dans les chaumières. Ces bûcheurs pratiquent l’exemple parfait de ce que l’on pourrait qualifier de country moderne. Country parce que le disque contient toute la palette d’instruments inhérents au style : violon, banjo, lap steel, etc. Moderne parce que ça frappe sévère. Rien d’étonnant quand on sait que le groupe a été mis sur pied par l’ex Oneida Pat Sullivan. L’album débute par un riff puissant et répétitif et l’affaire, déjà, est entendue. On y met toute sa ferveur, toute son âme. Les voix alternées de Sullivan et de Rachel Cox font merveille et les harmonies vocales sont belles à sangloter. Ce qui ne les empêche pas, à l'occasion, de salir leurs copies. Indubitablement, la troupe a privilégié la distorsion et les tonalités boueuses à la sempiternelle formule country. Le disque sera un incessant aller-retour entre les ballades arrache-cœur et un rock spacieux comme les plaines de l’ouest. « House Carpenter », puisée dans le domaine public, en est le parfait exemple. Un morceau dantesque tout en tension et accalmies dont on sort vidé. Mais Gypsum Strings est surtout un album à guitares comme on n’en fait plus guère, mis à part chez les collègues de My Morning Jacket. Et on ne s’en plaindra pas.

mardi, 22 août 2006 03:00

Happy new year

Les défricheurs du nouveau son (TV On The Radio, Battles) voient débouler à leurs cotés un allié de choc. Oneida, trio de Brooklyn, huit albums au compteur, vient de passer à la vitesse supérieure. Leur petit dernier, une oeuvre poétique constituée d’envolées en vrille et de phrases musicales en boucle, laisse sans voix. Touches électro, rythmique ébouriffante, superposition des voix contribuent à générer un mantra monastique du plus bel effet. Partout, le travail de guitare est minimaliste. Pas de riffs, plutôt des éclairs d’électricité déchirant un ciel obscur. Mis en orbite par un gospel du nouveau millénaire sur la nature passagère de la beauté, le disque impressionne d’emblée. « Up with People » sept minutes d’énergie jazzy-funk que ne renierait pas !!!, est foudroyant d’efficacité. Plus loin, « History’s Great Navigators », piano martelé, sitar imbibé, plaque au mur et coupe le souffle. « You Can Never Tell » qui louvoie du côté des Liars, batterie tribale à souhait et chant vaudou terrorisera les petites filles. « The Misfit » a la bossa-nova dans l’âme mais le post-punk dans le froc. Dernier assaut vers le cervelet, « Thank Your Parents », hypnotique en diable assure la fin du voyage avant d’ouvrir les yeux et de se demander où viennent de passer ces dernières 45 minutes. Un travail incroyable de cohérence. Oneida expérimente, certes ; mais n’oublie jamais d’écrire des chansons. Les fêtes avant l’heure. Happy New Year !

mardi, 10 octobre 2006 03:00

Songs For The Exhausted

Lorsque l’on choisit un tel patronyme, il faut fatalement assurer. Ne s’attaque pas à l’œuvre du grand Burrough qui veut. Faisant fi des avertissements, ces jeunes Teutons se lancent dans la bataille, au risque de prendre quelques coups. Au menu, une pop au demeurant plutôt commune mais qui révèle, si l’on s’y attarde, quelques aspérités bienvenues. Un travail constant sur le son et les structures déloge petit à petit le disque de la banalité. Salir un gracieux couplet par ici, brutaliser un charmant refrain par là. Autant de ficelles pour propulser le disque au sein dans une dimension où peu d’âmes l’attendaient. Le tout soutenu par une voix invariablement traînante et désabusée. Ils ont indéniablement le mérite de ne pas se la jouer complètement barrés, ce dont ils seraient probablement incapables et se contentent de quelques brasses, sans trop s’éloigner du bord. Ce qui de toute façon, est déjà dix fois plus digne d’intérêt que tout ce qu'a torché Coldplay. Au bout du compte nous ne tenons pas là de quoi sonoriser la bande originale du Festin nu (pour cela, cherchez plutôt du côté des Liars ou d’Animal Collective) mais un groupe dont on pourrait apprécier la cuisine à la prochaine fringale.

mardi, 07 novembre 2006 02:00

(A) Senile Animal

Un événement. Comme toujours. La sortie d’un nouvel album des Melvins constitue le pinacle de l’année pour les fans endurcis. Année bénite, soit-dit en passant. Deux sorties en cet an de grâce. D’abord le live de Houdini au grand complet. La meilleure plaque de 2006 ne serait-elle pas un album de 1993, a-t-on entendu clamer quelque aficionado sûr de son fait ? La prestation, décharge héroïque monstrueuse, dévoile que la question mérite d’être posée. A la première écoute de « (A) Senile Animal », l’impression se révèle plus diffuse. Le troisième titre, « Civilized Worm » plutôt catchy, se laisserait même siffloter sous la douche. Pause. On s’assied, on reprend son souffle et on se concentre. Et là, c’est la claque, l’apnée de quarante minutes, la braise et la tempête. Entrée en matière, « The Talking Horse » vous étrangle après trois petites secondes. « Blood Witch » qui suit, tronçonne au plus près de l’os et déjà, les mains des plus robustes deviennent moites. Le son est herculéen, même si l’on peut palabrer sur la pertinence des deux batteries. A l’instar de la performance du Fantômas Melvins Big Band, même si le duo de cogneurs apporte une indéniable puissance, la formule montre parfois quelques limites. On aurait préféré une frappe plus polyrythmique, plus scindée comme sur le triptyque « Faced Granny - The Hawk - You’ve Never Been Right », illustration parfaite et absolument renversante de cette formule. Les Melvins ont toujours le talent pour perpétrer un riff bien lourd et le coup asséné à « A History Of Bad Men » est des plus pesants. C’est donc face contre terre qu’on enchaîne sur l’ultra-malade « The Mechanical Bride », virée malsaine et glaciale au sein d’une psyché tourmentée. Quoi d’autre sinon ? Retour au calme et à la raison, « A Vast Filthy Prison» permet de quitter le disque sur la pointe des pieds. Mais qu’on ne s’y trompe pas, vous ne retrouverez une sensation terminale pareille que chez l’équarrisseur du coin. Magistral !

mardi, 01 août 2006 03:00

The Dividing Island

Que sait-on des Lansing Dreiden ? Qu’ils sont essentiellement un projet d’art multimédia ‘qui ne voit aucune distinction entre art et commerce’, qu’ils ne jouent jamais live et refusent les interviews en tête à tête. Directement sortis de l’école Residents en d’autres termes. « The Incomplete Triangle », premier album, était divisé en trois sections indiciblement reliées. Sorte de new wave froide et visqueuse, franchement difficile à saisir et donc, forcément digne d’intérêt. Pour ce nouvel essai, les New-yorkais ont un peu lâché la bride. Mise en bouche plutôt glauque, batterie tribale à la « Pornography », avant que le morceau ne mute en fanfare que ne renieraient pas des Psychedelic Furs sous acide. Se sont peut-être même amusés, les bougres ? Et bien non, pas trop. Une pop nébuleuse à souhait, envahie de claviers et férocement influencée par les années quatre-vingt. Quelques joyeux soubresauts dispersent la brume en de rares instants mais c’est pour la refermer plus encore après leur passage. Souvent trop enflée (ces nappes de synthés) et emphatique, leur mixture sonne invariablement datée. Un choix comme un autre, certes, mais un choix pour un autre également. Des clients ?

jeudi, 02 novembre 2006 02:00

Drum’s not dead

Liars. Déjà, le nom claque. Les New-yorkais sont violents, sauvages, sexy et insaisissables. Après un premier album punk-funk couillu, un deuxième effort arty au possible, incompréhensible pour 99 pour-cent des oreilles de la population mondiale, voilà que déboule le grand trip cosmique, psychotique à souhait. Probablement influencés par le krautrock ou un groupe comme les Silver Apples, le groupe ne fait aucune concession. La gloire ? Rien à cirer ! Les radios ? Et puis quoi encore ? Céder, c’est mourir. Les leçons de « White Light White Hea »t ont enfin été tirées. Et le projet porte bien son nom, « Drum’s Not Dead » s’exprime essentiellement par la batterie, colonne vertébrale autour de laquelle serpentent voix et guitares incandescentes. Le chant, désormais, est psalmodié. Cris, mantras obsédants, hululements drogués donnent le tournis. La rythmique est répétitive jusqu’à la transe, le chaman déclame des incantations menaçantes, vous prend à la gorge et vous relâche pantelant dans un dernier sursaut de pitié. L’hombre se rapproche. Le sang se glace. Ici, l’indifférence n’a pas cours. On ne peut en sortir indemne. C’est une mer de lave en fusion à laquelle on fait face, un territoire inexploré dont l’Annapürnä est ce « Drum And The Uncomfortable Can », crescendo symphonique d’une intensité brutale et salvatrice. Et au moment où on s’y attend le moins, une berceuse hypnotique en diable « The Other Side Of Mt. Heart Attack », le calme après la tempête, qui vous trotte dans la tête des heures après avoir quitté le disque, comme désarmé devant tant de beauté. Les Liars représentent le passé, le présent et le futur. Les Liars font peur. Et franchement, il y a de quoi. Jamais rien ne sera plus pareil.

 

mardi, 29 août 2006 03:00

Born again in the USA

Une balade en forêt, une partie de foot, se torcher la tronche dans un bar. Quelques exemples du passe-temps entre potes quand on s’ennuie ferme. D’autres font des disques. Jeff Tweedy, Wilco en chef, Glenn Kotche, batteur de son état (chez Wilco notamment) et leur compère sorcier multi-instrumentiste Jim O’Rourke (le Brian Eno du nouveau siècle) sont de ceux-là. Ces trublions ont initié le projet en concoctant « Loose Fur », album de six (longs) titres aux accents acoustiques. En 2003. Ils remettent le couvert sous la forme d’un « Born Again In The USA » en forme d’échappatoire à la pression de leurs carrières respectives. Inévitablement, le concept peut apparaître comme une récréation, impression qui se renforce à l’écoute du guilleret et siffloté « Ruling Class » mais on perçoit rapidement que la force motrice et créative de l’échappée belle vogue au-delà de ces considérations. Les bonshommes, trop pétris de talent pour se la couler douce ne font rien d’évident. Rock cabossé (« Hey Chicken »), folk futuriste (« Answers To Your Questions »), mélodies piétinées tout en cassures (« Apostolic »). Ils restaurent même à une certaine idée du krautrock, marotte de Tweedy ces dernières années, via l’interminable et planant « Wreckroom ». Ces gars doivent avoir une drôle de conception du fun. Certes, si cette parenthèse est moins indispensable que leurs récents travaux, elle demeure néanmoins une admirable façon de passer le temps.

lundi, 04 décembre 2006 02:00

The Black Swan

‘Bert Jansch est à la guitare acoustique ce que Jimi Hendrix représentait pour la guitare électrique’. Cet éloge provient de la bouche de Neil Young, loin d’être un manchot lui-même. Jansch, personnage légendaire s’il en est, a influencé et inspiré, au cours des années, tellement de musiciens qu’il serait bien trop long et fastidieux de les énumérer ici. Ce qui nous intéresse par contre, c’est de constater que son aura illumine aujourd’hui encore le faciès poupon de nombre de nos contemporains et pas des moindres. Ainsi, Devendra Banhart, Beth Orton, David Roback (Mazzy Star) ou Otto Hauser (Vetiver, Espers) se sont bousculés au portillon pour avoir le plaisir tant convoité de figurer au dos de la pochette de leur idole. Bien leur en a pris, car le moins que l’on puisse dire, c’est que Bert Jansch n’a perdu ni la main, ni l’inspiration. Une seule écoute de « High Days », où le maître et sa guitare se retrouvent en tête à tête, suffira à convaincre les tympans les plus bouchés des environs. A tomber ! Voici donc venu le moment de saluer le boulot de Noah Georgeson (Banhart et Newsom) à la coproduction (et à la basse gironde sur l’entraînant « Texas Cowboy Blues »). Un travail d’orfèvre digne de celui de Rick Rubin pour monsieur Cash. Les musiciens sont dans la pièce avec nous. Sans blague, il suffit de tendre la main pour toucher les fesses de Beth Orton.

La demoiselle honore d’ailleurs d’une vraie présence (Devendra n’assure qu’une dispensable deuxième voix sur un titre) trois des moments les plus flamboyants de l’album. Pour le plus grand ravissement des oreilles, non pas un mais deux banjos (aah, le banjo) pointent le bout de leur nez en fin de parcours et c’est tout le chemin qui s’éclaire. Coup d’œil par dessus l’épaule, de bout en bout le voyage ne fut qu’allégresse et la guitare, faut-il le préciser, une compagne d’une rare beauté. Un plaisir de tous les sens.

 

 

mardi, 20 juin 2006 03:00

Sound Inside

Les Lyonnais d’Immune nous tombent dans les bras tel un don du ciel. Un cadeau de la cigogne en quelque sorte. Certainement influencé par quelques autistes merveilleux comme Mark Hollis (le côté dépouillé), Sigur Ros (l’intensité) ou The For Carnation (la sombre fragilité), le quatuor inspire par la grâce d’une rare maîtrise, une sensation éthérée de plaisir terminal. Le groupe propose des mélopées organiques et élégiaques, une electronica minimaliste égrenée de gouttes de piano, bercée de brises de violoncelles et soutenue par une voix élégante. Leur musique dépeint des paysages inexplorés, des atmosphères allégoriques où toute certitude est balayée d’un souffle serein. L’exploration d’un monde où le cerveau de l’homme n’a jamais posé ses synapses. Un univers à perpétuellement réinventer, à défaut de pouvoir s’accrocher à quelque chose de familier. Immune suspend les notes comme on suspend le temps, entre deux bouffées d’air, deux battements de paupières et cultive au creux de nos reins comme un frisson divin, une angoisse tranquille. « Sound Inside ». Ouvrez la boîte. Une révélation !

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