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Un disque à l’effet anxiolytique …

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Passé par A.H. Kraken, Plastobéton et surtout The Feeling Of Love, Guillaume Marietta a sorti en 2015 un premier album solo, « Basement Dreams Are The Bedroom Cream », collection de chansons bricolées sur un magnéto 4 pistes. Un de ces disques de chambre fermée à double tour au fond d’une maison sans adresse, comme on pensait seuls Syd Barrett ou John Frusciante –références un rien secouées, mais clairement identifiées– capables d’en réaliser.

C’est à partir du deuxième album que les repères se perdent. Parti enregistrer à Los Angeles avec Chris Cohen, Marietta en revient avec La Passagère, disque magnétique et luxuriant, genre de « Berlin » aux fenêtres grandes ouvertes ou de « The Idiot » baigné de soleil, alternant fouet et caresse avec une élégante désinvolture, jonglant hardiment entre le rock le plus exigeant et la chanson la plus engageante.

Sur ce disque, Marietta gagne une profondeur et une complexité inouïes mais perd une partie de son public, dérouté par cette sortie de route volontaire. De là, difficile d’envisager la suite.

Réalisé seul, comme le premier, mais cette fois à l’aide des logiciels de MAO crackés, « Prazepam St. » est un disque à la fois plus dense et plus simple à appréhender que les précédents, mais surtout plus ludique. C’est aussi, plus involontairement une synthèse. On y retrouve ainsi le côté artisanal du premier album, celui plus flamboyant et ambitieux du deuxième, mais aussi des traces des irruptions stridentes d’AH Kraken, des grandes embardées cosmiques de Feeling Of Love ou du groove magouilleur de Funk Police. Au-delà de ces références personnelles, Marietta y a jouté ses influences adolescentes dans lesquelles il s’est replongé durant l’enregistrement : Sonic Youth, Beck, Nirvana, les Beastie Boys, mais aussi Jim O’Rourke ou David Pajo. Le titre « Pajo » adresse un clin d’œil au guitariste de Slint dont le projet solo Papa M a beaucoup marqué Guillaume.

C’est aussi un disque sombre et troublé, porté par son titre, référence à un anxiolytique utilisé dans le traitement de la dépression.

Comme le montrent “Dmpa”, molécule utilisée comme castrateur chimique sur les délinquants sexuels américains, transformée ici en folk song cabossée écrasée par les samples, les boîtes à rythmes et les breaks d’outre-espace. Ou “Aluminium”, élément solide et brillant mais hautement nocif, à l’image de la ballade incandescente truffée de synthés grondants, qui ouvre l’album. Pas un choix tout à fait innocent : ‘L’aluminium reflète assez bien notre capacité à accepter toutes les choses merdiques qu’on nous présente comme étant nécessaires à notre quotidien, conclut Marietta. On est les champions pour toujours faire l’inverse de ce qui est bon pour nous’. Comme par exemple de passer à côté de Marietta aujourd’hui pour se morfondre en éloges dans 20 ou 30 ans.

Il est là. Profitez-en.

« Prazepam Street » est en écoute ici

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