Benny Sings est un artiste batave, dont le dernier elpee, « Music », paru en 2021, avait reçu le concours de Mac DeMarco,Tom Misch et PJ Morton, entre autres. Il nous revient avec un nouveau single, « The only one », pour lequel il a bénéficié de la…

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Moby

Play

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Ce genre de disque arrive, disons...une fois par décennie. Ou alors une fois par genre musical. Non ! Il crée le genre. Dorénavant, " Play " devra être considéré comme référence. Tout ce qui suivra ne sera que resucée. Moby est devenu très riche avec cette plaque, sortie depuis déjà un an. Et il le mérite. Très bon de bout en bout, " Play " représente le parfait exemple d'une réussite commerciale et d'une qualité de composition irréprochable. Album où chaque titre est un hit en puissance, " Play " ne lassera pas de sitôt, car il ne recèle pas immédiatement toutes ses richesses. Les singles ne sont qu'un avant-goût du reste de l'album où Moby mélange allégrement le rock, la techno, la soul et le rap. On connaissait notre cher végétarien comme un touche à tout insatiable. Aujourd'hui les supermarchés musicaux ressortent l'album sorti il y a 2/3 ans (" I like to score "). Le grand public risque d'être désorienté en découvrant ses précédents travaux, mais qu'importe ! Il a malgré tout participé en masse à la création d'un repère musical. " Play " est déjà un classique.

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Pulp

This is hardcore

Après le départ du guitariste/violoniste Russell Senior, nous avions craint que Pulp ne connaisse une période d’incertitude. Situation tout à fait normale, au vu de la place prise par ce musicien au sein de la formation. Pourtant, le groupe de Sheffield vient de commettre son meilleur elpee à ce jour. Et, sans aucun doute, un des ‘must’ de l’année 1998. Une œuvre produite par Chris Thomas, c’est-à-dire le même personnage qui avait mis en forme " Different class ". Avec pour résultat des compositions qui atteignent une profondeur impressionnante et une sensibilité mélodramatique que nous ne leur connaissions pas encore. Tout ceci sous la forme d’un concept album découpé en douze chapitres parodiques, dans le sens le plus pervers du terme. Faut dire que Jarvis Cocker est un chanteur qui possède un sens de l’ironie sombre, morbide, paranoïaque et libidineux, ses lyrics dévoilant les faiblesses les plus vulnérables et paradoxalement ordinaires de l’être humain. Des lyrics qu’il chante d’un timbre déclamatoire, susurré, de plus en plus souvent inspiré par celui de Steve Harley (Cockney Rebel). Même si ses inflexions lorgnent tantôt du côté de Bowie circa " Scary monsters ". On pense ici surtout au glamourueux " Little soul ". Ou de Ric Ocasek. Indiscutable sur la composition la plus carrée de l’opus, " Little soul ". Un disque dont la richesse des arrangements atteint également celle de My Life Story. Symphoniques bien entendu. Notamment sur les deux meilleures chansons de l’album. Tout d’abord le titre maître. Ensuite sur l’exorcisme psyché soul " Seductive Barry ". Et avant de boucler un épilogue pathétique, paroxystique, diffusé sous la forme de " The day after the revolution ", Pulp s’offre une petite excursion dans la musique prog rock des seventies. Celle du Genesis de Peter Gabriel ; les cordes de guitare épousant des envolées dignes de " Nursery crime ". Fabuleux !

 

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Massive Attack

Mezzanine

Lors de la sortie du dernier opus de Portishead, nous avions le sentiment que le trip hop était arrivé au pinacle de son existence, tant la production, la finesse des compositions et la recherche du son touchaient la perfection. Il faut croire que ce style musical venu tout droit de la côte sud anglo-saxonne recèle encore bien des trésors cachés, que l’on croyait inexplorés. Massive Attack vient de sortir l’un des plus beaux albums de l’histoire du trip hop, repoussant ainsi encore plus loin les limites de la technique et de l’esprit humain. Déjà très impressionnés par les deux singles " Risingson " et " Teardrop ", nous ne pensions pas l’être encore plus par " Mezzanine ", 3ème album du combo. En dix compositions, Massive Attack bouleverse, à nouveau, tout notre univers, nos perceptions, cherchant constamment à stimuler notre mystérieux sixième sens. Par une soul déstructurée imprimée sur un dub puissant et traversée d’effets atmosphériques impressionnants. Et que dire, alors, lorsque la voix enchanteresse d’Elizabeth Frazer émerge ! On a alors l’impression de naviguer dix lieues au dessus de notre corps. Une métempsycose suscitée non par des substances illicites, mais bien par la musique étonnante, envoûtante d’un futur grand. Superbe !

 

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Radiohead

OK Computer

Véritable chef-d'œuvre, " OK Computer " figure parmi les perles de l'année 97, tant la qualité musicale et l'innovation y sont optimales. Radiohead y distille, durant un peu moins d'une heure, un pop/rock saturé d'électricité vivifiante, exaltante, constamment au bord de l'explosion. Un flux électrique de la même trempe qu' " Exit music (for a film) ", extrait de la bande sonore cinématographique " Romeo & Juliet " et " Paranoid android ", Cd single qui a énormément tourné à la radio et à la télévision. Un flux électrique au sein duquel fragilité, sensibilité, mélancolie et agressivité se mêlent et se déchirent avec une passion paroxystique... Eblouissant!

 

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Placebo

Placebo

Placebo vient de refuser de faire la couverture du Melody Maker. Une proposition, selon eux, jugée beaucoup trop hâtive et qui risque à long terme de leur être néfaste. En fait ce trio ne veut pas devenir un autre hype, et souhaite maîtriser le plus longtemps possible le cours des évènements, en privilégiant le fond sur la forme. Ce qui ne veut pas dire que la formation ne soigne pas son image. Au contraire. A cause de Brian Molko. Leader, chanteur, guitariste, compositeur, dont les traits sont incontestablement efféminés. Et dont la voix dénote une certaine ambiguïté sexuelle. Mais une formidable voix comparable à celle de David Surkamp. Frêle, androgyne, naturelle, elle évite cependant les envolées emphatiques du vocaliste de Pavlov's Dog (NDR: A vos encyclopédies!). Musicalement, le contenu de cet album éponyme est cependant à des années lumière de ce mythe révélé au tout début des seventies. Produit par Brad Wood, drummer de Tortoise, il apporte une bouffée de fraîcheur à la britpop britannique. Mais concède trop peu de références distinctes pour pouvoir en dessiner un profil analytique. En fait, hormis le premier titre "Come home", dont le tempo new wave semble avoir été emprunté au Sound, les seules qui apparaissent vaguement appartiennent indistinctement à des formations yankees. Telles que Sonic Youth, Magnapop, Jane's Addiction et bien sûr Tortoise. Maintenant, après plus de dix écoutes, plus rien d'autre qu'une certaine fascination ne semble vouloir filtrer. Un phénomène qui, bien souvent, laisse présager certaines promesses...
 

 

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Soul Coughing

Irresistible Bliss (a)

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10 ans déjà ! Et si l’on regarde de très près, on peut encore observer les traces de la claque envoyée sur la joue de quiconque aurait succombé aux joies du rock après avoir glissé cet « Irresistible Bliss » dans sa sono. Du pur génie. Un génie qui se fait sentir dès les premières notes de « Super Bon Bon » et de sa terrible ligne de basse, marque de fabrique des compos de Soul Coughing. Embrasés par la voix radiale de l’énigmatique M. Doughty et la langue déjà à terre après une bouchée seulement, on se laisse aller à déguster tour à tour « Soft Serve », « 4 Out Of 5 » et « Soundtrack To Mary » avant de se surprendre à en redemander, tel un junkie pathétique prêt à tout pour obtenir son graal. C’est que cette œuvre machiavélique pousserait presque à souhaiter que grand mal s’abatte sur tous ceux qui hésiteraient à abandonner toute once de dignité au profit de l’angoissant « Sleepless », du prodigieux « Lazybones » ou du kitsh jazz-cabaret de « Disseminated ». En guise de final, « How Many Cans ? » se dévore, des idées noires plein la tête et idéalement accompagné de quelques bouteilles de whisky ingurgitées au préalable. Intelligent, précis, terrifiant, addictif, jouissif, « Irresistible Bliss » n’aurait pas pu porter meilleur titre. L’aventure Soul Coughing, qui s'est achevée en 2000, aura duré l’espace de trois albums studio et bien que le quartet new-yorkais n’est aujourd’hui qu’une sombre et infime miette de l’histoire du rock, il aura eu le mérite de laisser derrière lui ce régal auditif qui se ressert sans fin. Aujourd’hui, après avoir récupéré les dernières lettres de son prénom et perdu le voile de mystère qui enveloppait son personnage, Mike Doughty officie tout seul comme un grand. Sans atteindre le perfectionnisme ou l'obscurantisme des travaux de son ancienne formation, son nouvel album, « Haughty Melodic », ne devrait pas déplaire aux nostalgiques en manque.

 

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Gang Of Four

Solid gold (réédition)

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Gang of Four reconstitué, l'intérêt pour son back catalogue devenait conséquent. EMI vient donc de ressortir en compact disc "Solid gold". Paru en 1981, il constitue un des albums les plus importants de la dernière décennie. Non seulement il a marqué de son empreinte l'histoire de la new-wave, par la pratique d'un funk blanc métallique, sophistiqué et aride. Mais en plus, il exprimait à travers des textes obliques, intellectuels, féroces, un discours radical et révolutionnaire. Cette réédition bénéficie, en outre, d'une sélection de bonus tracks. Cinq fragments parmi lesquels figurent "To hell with poverty", "Capital (it fails us now)", "History's bunk", et des versions "live" de "Cheesburger" et de "What we all want". "Solid gold" quoi!
 

 

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The Verve

A northern soul

En 1993, Verve commettait un superbe opus, "A Storm in Heaven", un disque que la plupart d'entre vous ont sans doute snobé par manque d'audace ou tout simplement par paresse. C'est vrai que la musique de ce quatuor est intemporelle, atmosphérique, difficile même parfois, mais tellement vivifiante et surtout exaltante. Reflétant l'état d'esprit d'un chanteur/compositeur illuminé et fascinant, Richard Ashcroft. Depuis, le groupe a dû adapter son patronyme en The Verve, suite à une action judiciaire menée par un label yankee frustré. Commis une compile de singles. Passée totalement inaperçue, faute de promo, il faut le souligner. Enfin, s'est décidé à faire appel à Owen Morris, ingénieur du son chez Oasis, pour coproduire son nouvel opus. Et, il faut reconnaître que la formation galloise vient de frapper fort. Très fort même. Etablissant subconsciemment un pont naturel entre Oasis et les prémisses des Stones Roses. Rien que le titre maître, qui exhume les fantômes des Stooges, Doors et autres Thee Hypnotics originels, mérite un prix d'excellence. Et le reste ne manque pas de surprises. Comme cet "History" enrichi d'orchestrations symphoniques opérées dans le célèbre studio Abbey Road. Ou encore "A new decade" et "This is music" aussi stupéfiants qu'imprévisibles. Douze expérimentations stimulantes où violence, douleur, exaltation, sexualité, dépression, romance, mort et mysticisme alimentent un paysage sonore vertigineux, kaléidoscopique. Calme un instant, tumultueux le suivant, il s'évapore dans l'éther stratosphérique avant d'atteindre les rêves célestes de la "Northern soul"...

 

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The Smashing Pumpkins

Mellow collie and the infinite sadness

Après avoir sorti le remarquable "Siamese Dream", nous nous demandions comment le quartet de Chicago allait manœuvrer pour s'extraire du post grunge au sein duquel il semblait s'être abandonné corps et âme. "Mellow collie and the infinite sadness" dissipe toutes nos appréhensions. D'abord il est double. Vingt-huit morceaux pour plus de cent dix minutes. Une sorte de concept album découpé en deux volets. Sous-titrés  "Dawn to dusk" et "Twilight to starlight". Le premier morceau de plastique est essentiellement découpé dans le heavy metal. Mais exempt de clichés et épargné d'accès de nombrilisme gratuit. Un métal limpide, effilé, efficace. Parfois teinté d'une pointe d'exotisme (Tea Party?) ; mais le plus souvent luxuriant, écorché, torturé, tailladé par le timbre vocal âcre, ricanant de Billy Corgan qui épanche ses lyrics existentiels fignolés, intrigants, empreints de mélancolie. Certains climats frôlent même parfois l'intensité exaltante de Led Zeppelin. D'autres, plus somptueux réveillent entre notre for intérieur, le monde prog rock des seventies. Surtout lorsque le mellotron ou la section de cordes s'en mêle. Le deuxième volume se révèle beaucoup, beaucoup, plus recherché, plus expérimental, mais sans jamais tomber dans l'abstrait. En poussant le bouchon, nous pourrions imaginer qu'il a été aussi finement sculpté que « Sgt Peppers » ou « Abbey Road » des Beatles. Les chansons sont bourrées de subtilités, d'effets spéciaux, de sonorités synthétiques. Mais injectées avec un tel à propos qu'elles n'altèrent jamais le produit fini. Plusieurs écoutes sont d'ailleurs indispensables avant de pouvoir commencer à percer le mystère de ce "Twilight to starlight". Et l'étonnement se mue progressivement en charme. Maintenant, nous vous déconseillons vivement d'écouter cette œuvre d'une seule traite. Votre citrouille (!) risque d'éclater, alors qu'à dose homéopathique, vous en découvrirez sans cesse de nouvelles saveurs...

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Pulp

Different Class

Impossible d'aborder le renouveau de la pop insulaire sans évoquer Pulp. Et impossible d'évoquer Pulp sans aborder le renouveau de la pop insulaire. Un phénomène également revendiqué par Suede, Oasis, Blur, Menswear, Cast; et la liste s'allonge de jour en jour. Pour Pulp, l'aventure est cependant totalement différente, puisque la formation existait déjà en 1977. Mais seul Cocker a traversé, parfois laborieusement, toutes les étapes de l'histoire du groupe ; les autres musiciens du line-up actuel ne rejoignant Pulp, qu'entre 85 et 88...

"Different Class" ne constitue pourtant que le quatrième véritable elpee du quintet de Sheffield. Une œuvre qui confirme les excellentes dispositions affichées sur "His 'n hers". D'abord, il y a ce formidable single, "Common People", conte sordide sur la lutte des classes, à l'échelle du monde contemporain. Ce qui explique le titre de l'opus. Jarvis a voulu élargir son chant de vision en abordant avec ironie cruelle et amertume, les problèmes liés au chômage, au désenchantement causé par la drogue, au calvaire de la déchéance humaine. Tout le disque n'est cependant pas focalisé sur des thèmes aussi noirs, laissant une place assez conséquente à des sujets plus traditionnellement (pour ne pas dire naturellement) libidineux, davantage parodiques aussi. "Different Class" dispense ainsi douze fragments de pop synthétiquement fignolée, dramatiquement arrangée qui réalisent la parfaite fusion entre accessibilité et expérimentation. Des chansons subtilement, malicieusement, sordidement réalistes croonées par le timbre vocal impassible, lugubre, maladivement glam de Jarvis Cocker.

 

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