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L’ostréiculture de Quivers…

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Chroniques

Clara Ysé

Douce (single)

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Clara Ysé, c’est une énergie, un diamant brut qui se taille petit à petit devant nos oreilles émerveillées.

Nous l’avions découverte en 2019, lorsqu’elle a publié son titre « Le monde s’est dédoublé », dont le clip surréaliste, à découvrir ou redécouvrir ici, nous avait déjà marqués.

Son timbre de voix évoque Barbara et véhicule des textes aussi forts que poétiques.

Si sa musique agrège pop-rock, classique (à l’instar de sa magnifique version live à savourer )

) et sonorités Klezmer, ses compos sont interprétées tantôt en français, tantôt en espagnol.

Sa folie douce, sa détermination et son désir de liberté sans frontières reflètent une personnalité bien trempée.

Ses titres mélancoliques et envoûtants nous incitent à voyager dans des univers oniriques.

Baptisé « Douce », son nouveau titre est un hymne féministe qui rappelle « La Grenade » de Clara Luciani, mais en un peu plus sombre et dans un registre plus lyrique.

Elle clame que la puissance féminine, les forces, les désirs et l’animalité sommeillent en nous. On ressent ce combat entre force et fragilité, sa frustration, ce sang qui bout dans ses veines. C’est un cri de ce que les femmes peuvent encore ressentir face à une masculinité encore imbécile.

‘« Douce parle » de la puissance et de l’irrévérence du désir’ raconte Clara Ysé. ‘C’est une chanson sur les forces qui sommeillent en nous, la beauté des contradictions qui nous creusent, la douceur comme alliée, et la liberté. On dit souvent des femmes qu’elles sont des chiennes quand elles sont jugées trop désirantes. Et si cette animalité secrète était notre plus belle arme pour agrandir le monde ?’

Dans son clip, elle apparaît d’abord accroupie dans une grotte, telle une sorcière des temps modernes, puis au sein d’un endroit magistral, auprès d’un cheval blanc symbolisant ici la liberté et le combat de l'héroïne (NDR : la vidéo est disponible ici)

On a hâte de découvrir son premier album dont la sortie est prévue pour septembre 2023.

Méthode chanson

 

 

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DMA’s

How Many Dreams ?

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A l’origine baptisée The Dirty MA's, DMA’s est une formation australienne fondée en 2012. Elle est considérée comme la plus british du plus grand pays d’Océanie. Son quatrième elpee, « How many dreams », fait suite à « The Glow », paru en 2020.

L’univers de DMA'S est celui de l'acceptation, de la liberté d'expression, de la bienveillance et ce sont ces thèmes qui sont développés sur long de cet opus.

Dès les premières notes du morceau maître, qui ouvre le long playing, le trio libère des sonorités rave. Cette rencontre très intéressante entre instrumentation rock et EDM emprunte cependant la théâtralité d'Empire Of The Sun tout en conservant un pied (voire les deux) dans la ‘dance’. Pensez à Orbital voire à Underworld.

Les influences britpop sont cependant légion tout au long de cet LP, et notamment sur « Everybody’s Saying Thursday’s The Weekend » et « Dear Future », deux plages absolument addictives abordées dans l’esprit… d’Oasis.

DMA’s fait grimper la tension au fil du long playing, grâce aux ensorcelants « I Don’t Need To Hide », « Fading Like A Picture » et « Jai Alai ». Si « Get Ravey » et « Forever » manifestent des moments d’accalmie, les pulsions rave reprennent progressivement le dessus en fin de parcours et tout particulièrement sur « Something We Are Overcoming » et le final « De Carle » qui adresse un clin d’œil au Jagwar Ma originel. Sans oublier « Something We Are Overcoming », au cours duquel on retrouve ces sonorités électro si chères à New Order (NDR : le clip de ce single est disponible ).

 

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The Cleopatras

Bikini Grill

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The Cleopatras est un quatuor féminin qui nous vient de Toscane, en Italie. Il avait ouvert le dernier festival ‘Roots & Roses’ de Lessines. Ses débuts remontent à 1998, et « Bikini Grill » constitue son cinquième elpee. Mais son premier, « Dame tu amor », il ne l’a enregistré qu’en 2008. En fait, jusqu’alors, il n’avait gravé que des singles et des Eps. Et puis, le line up s’est stabilisé.

Le son des Cleopatras est influencé par le punk, le garage rock, le pop punk, le glam, le surf, l'indie et la new wave ; des Ramones aux Cramps, en passant par Devo, Blondie, New York Dolls, Buzzcocks, etc., tandis qu'au niveau de l'attitude, ils sont inspirés par d'innombrables groupes et artistes féminins (Joan Jett, Bikini Kill, The Bangles, The Trashwomen, The GoGos, etc.) Le titre de ce long playing adresse d’ailleurs un clin d’œil au groupe de riot grrrl, Bikini Kill.

La formation aime les reprises. Dans le passé, elle avait adapté « Amoureux Solitaires » de Lio, « Can Your Pussy Do The Dog ? » des Cramps, « Real Wild Child » d'Iggy Pop et « Walk Like An Egyptian » des Bangles. Sur cet LP, elle propose trois covers. En l’occurrence, « You're Standing On My Neck » du band américain Splendora, « Maldito » de l'artiste mexicaine Jessy Bulbo et « Kiss Kiss Kiss » de Yoko Ono. C’est ce dernier titre qui est paru en single avant la sortie du long playing. Et la vidéo qui traite de l'amour, l'égalité des sexes, la redécouverte de l'art produit par les femmes et la paix, a été partagée sur les médias sociaux par Ono en personne.

Sur cet LP, le band opère cependant des incursions dans la dream pop (« The Unicorn »), le surf contemporain (« Laura Palms »), la new wave (en adaptant le thème de l'émission ‘MTV Daria’ dans un style réminiscent de Devo), le pop punk (« Cabot Cove ») ou même l’expérimentation, à l’instar du fameux « Kiss Kiss Kiss » ou de « Dai Dai Dai ». Il y a aussi de la place pour des questions plus sérieuses, comme l'autonomie des femmes (« We Strike ») et le paradigme bien connu du rock ‘féminin’ opposé au rock « masculin » (« We Don't Play Like Men »). Il y a aussi une dimension d'autodérision (le groupe plaisante sur le manque de préparation athlétique dans « (I'm) Fit Like Mick Jagger » et l'hypocondrie dans « Traveling Drugstore » …

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Bjørn Berge

Heavy Gauge

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Déjà 15 albums et pas moins de 2 ‘Grammys’ décrochés par Bjørn Berge, qui est en quelque sorte devenu le héros du blues acoustique européen ! Le succès a peut-être mis du temps à se dessiner mais le Norvégien est aujourd’hui une véritable institution dans son pays comme hors de ses frontières. A l’aide de sa guitare à 12 cordes, qu’il joue en picking, il transcende le genre et s’est, cette fois, offert le service de quelques grands musiciens locaux pour concocter ce très beau « Heavy Gauge » rehaussé par ce timbre si particulier qui semble émaner d’outre-tombe (rappelant Sean Rowe voire Tom Waits, bien entendu). Son blues teinté d’un esprit rock indéniable et au groove étonnant (« Alone Again », « Rip Off ») vous fera passer 30 minutes de bonheur…

 

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Savana Funk

Ghibli

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On avait fait la connaissance de ce trio réunissant des musiciens issus d’horizons divers lors de la sortie de son second opus, « Tindouf », en 2021. Sur ce nouvel elpee, intitulé « Ghibli », les Bolognais d’adoption remettent le couvert en proposant un cocktail toujours aussi addictif de musique africaine, de funk, de blues et de jazz.

Aldo Betto, Blake C.S.Franchetto et Youssef Ait Bouazza publient une ode aux voyages et révèlent les richesses musicales de la Méditerranée. On pense à des versions instrumentales de Tinariwen ou Imarhan mais pas seulement, car la formation parvient à alterner morceaux énergiques, tel que l’ouverture « Agadir » (qui annonce les couleurs de l’album) et les plages plus mélancoliques et apaisantes, dont « Ghibli » ou « Ifri ». Le jeu de guitare est délicat. Les notes se déversent avec une facilité déconcertante. La basse et la rythmique libèrent le groove nécessaire. Bref, il est difficile de résister à cette musique mélodieuse et prenante…

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Scott Mickelson

Known to be Unknown

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Scott Mickelson évolue dans la vaste catégorie du rock dit ‘classique’. Mais il s’agit ici, d’un rock, peut-être classique, mais qui véhicule un message politique très clair !

L’artiste de la Bay Area déploie ses ailes depuis sa base arrière de San Francisco sur son 4ème elpee, « Known to be Unknown ». Explorant aussi bien le rock, le psyché, le jazz que la country et se distinguant par sa riche instrumentation (mandoline, banjo, cordes et cuivres sont au programme), ses compos, qu’il interprète d’une voix rappelant de façon évidente celle devenue patinée avec l’âge d’Eddie Vedder, aborde des sujets assez sérieux comme le ‘trumpisme’ ou la pandémie tout en conservant, dans l’expression sonore, un esprit résolument 60’s (« Die Trying »). Et si les plages adoptent un profil classique, elles se révèlent souvent hymniques (« UNarmed American » nous plonge dans un bain définitivement americana) et libèrent une bonne dose d’énergie (l’instrumental « Blur in the Memory »).

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FACS

Still life in decay

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A l’issue de l’enregistrement de ce « Still life in decay », la bassiste, Alianna Kalaba, a cordialement pris congé du groupe. Elle laisse la place à Jonathan van Herik, membre fondateur, de retour au sein du line up. En espérant que cette ligne de basse fuzzée très caractéristique soit préservée. Car tout au long de « Still life in decay », le cinquième elpee de Facs, c’est elle qui donne la coloration à l’expression sonore.

Découpé en 7 pistes, cet opus s’ouvre par « Constellation ». Fantomatiques, les sonorités de guitare apparaissent puis disparaissent au sein d’un climat angoissant. Ces sonorités oscillent entre le cosmique et la noisy venimeuse sur « When you say ». Et sont dispensées en boucle tout au long de « Slogan », alors que le vocal de Brian Case devient incantatoire.

Légèrement indus et menaçant, s’achevant dans une forme d’ambient, « Class spectre » est imprimé sur un tempo implacable, martial. Une structure que l’on retrouve sur le morceau final « New flag », une plage de 10’ déchirée épisodiquement de stridulations émises par la six cordes. Plus lent et méthodique, le titre maître s’achève également dans l’ambient…

Côté lyrics, Case aborde les thèmes de la démission, du cynisme, de la lutte des classes (NDR : dont le marxisme), la recherche d’identité et la perception d’une société devenue décadente…

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En Attendant Ana

Principia

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Troisième long playing pour cette formation parisienne au sein de laquelle l’ancien ingénieur du son, Vincent Hivert, est passé à la basse, depuis 2020, remplaçant ainsi Antoine Vaugelade. Et il faut avouer que ses interventions se révèlent particulièrement judicieuses, quelquefois caoutchouteuses, apportant très souvent un contrepoint aux mélodies des compos. 

Tout au long des 11 plages de cet opus, les arrangements sont soignés, parfois subtilement cuivrés. Hormis sur « Same old story » au cours de laquelle ils virent carrément mais élégamment au free jazz. Une piste aux harmonies vocales féminines qui s’entrecroisent en français et en anglais. Un régal ! Alors que « To the crush » adopte le profil d’une valse, « Wonder » est imprimé sur un tempo krautrock enlevé.

On en oublierait presque la voix de Margaux Bouchaudon (NDR : c’est aussi la compositrice) toujours aussi pure, sorte d’hybride entre celle de Laetitia Sadier (Stereolab) et de Verity Susman (Electralane), dont les groupes constituent des références majeures pour En Attendant Ana. Et si les sonorités des guitares sont toujours aussi cristallines, elle se fondent davantage dans un ensemble bien moins shoegaze que sur les albums précédents…

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An Eagle In Your Mind

Intersection

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« Intersection » constitue le troisième elpee d’An Eagle In Your Mind, un duo lyonnais réunissant Sophia Acchibat et Raoul Canivet. Elle se consacre au chant et à l’harmonium indien. Il se réserve le synthé, les guitares (dont une de marque dreadnought), le banjo, le guembri (instrument de musique à cordes pincées des Gnaouas) ainsi que les percus (berbères, brésiliennes, analogiques et la boîte à rythmes). Les instrus insolites ont été ramenés lors de leurs voyages, effectués notamment en Europe de l’Est et en Afrique du Nord.  

Hypnotique, introspective, presque mystique, la musique d’An Eagle In Your Mind navigue à l’« Intersection » de l’Orient et de l’Occident, soit quelque part entre celles de Dead Can Dance, Natacha Atlas et de Lola Colt, la voix spectrale, éthérée de Sophia accentuant cette impression…

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Marquis (de Sade)

Konstanz

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Au cours de sa brève existence, (1977-1981) Marquis de Sade a vécu de nombreuses tensions internes, différents qui ont conduit à la séparation, quatre ans et deux elpees plus tard. Il se reforme en 2017, puis décide de sortir un troisième opus. Mais alors que le projet est bien avancé, Philippe Pascal, le chanteur charismatique, se donne la mort le 12 septembre 2019. Le temps d’encaisser le coup et puis de décider si l’aventure va reprendre ou pas, le groupe recrute le Belge Simon Mahieu pour le suppléer, après avoir fait le tour de quelques invités comme Etienne Daho, feu Dominic Sonic et Christian Dargelos. Finalement, l’album sort en mars 2021. Pour la circonstance, Frank Darcel, le compositeur/guitariste avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou à relire ici)

Alors que le nouveau line up semble stable, le bassiste historique du band, Thierry Alexandre commence à souffrir d’une maladie des mains et perd sa dextérité sur les cordes. Or, l’enregistrement du nouvel LP est en cours. Le reptilien et menaçant « Brighter » vient alors d’être mis en boîte. Pour pallier cette nouvelle défection, le combo est obligé de faire appel à plusieurs substituts. Cinq en tout ! Dont l’ex-Marc Seberg, ex-Kas Product, Pierre Corneau, et Jared Mickael Nickerson (The The). Mais la liste des invités ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, puisque Vernon Reid (Living Colour) est venu donner un bon coup de six cordes sur « Er Maez », et l’ex-Voidoids Ivan Julian, sur « Listen to the big bang », auquel participe Denis Bortek (Jad Wio) au chant et James Stewart (Sun Ra Arkestra) au saxophone. Et parmi les autres guests préposés à ces instruments à vent, figurent Pierrick Pédron et Daniel Pabœuf. Sans oublier le claviériste Adriano Cominotto et le trompettiste Mac Gollehon. On en oublierait presque la chanteuse Eli Madeiros qui partage un duo avec Simon tout au long de « In the mood for love », un morceau traversé de sonorités de guitare tintinnabulantes. Bref, une vingtaine de musicos ont participé aux sessions d’enregistrement.

De ce long playing, on épinglera encore « Immensité de la jeunesse », piste au refrain contagieux, dont les lyrics évoquent la révolte des femmes en Iran. Et encore « Aux premiers feux », une ballade brumeuse qui réveille les spectres d’un passé qu’on regrette sans doute encore un peu…

Bref, un album qui tient la route, dont le titre se réfère à Constance, une ville allemande sise entre la frontière de l’Autriche et de la Suisse où Balzac, Thomas Mann, Herman Hesse, Peter Handle et quelques autres sont allés chercher l’inspiration pour écrire.

Petit bémol, la voix de Simon (qui chante pourtant aussi bien en anglais, en français, en breton qu’en allemand) ne parvient pas à transcender les morceaux et n’atteint sa plénitude que lors des duos.

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