Sages Comme Des Sauvages face à l’obsolescence programmée…

« Répare ou Pas », premier single issu du troisième album de Sages Comme Des Sauvages est un hymne en forme de question. On le répare ou pas ? Face à un monde plein de vices de fabrication et de malfaçons, le duo se demande si ça vaut encore la peine de…

logo_musiczine

Une petite souris dans le Corridor…

Corridor sortira son nouvel elpee, « Mimi », le 26 avril 2024. Réunissant 8 plages, il recèlera des pièces maîtresses telles que "Jump Cut", "Mon Argent" et "Mourir Demain". Il a été masterisé par Heba Kadry Mastering, à Brooklyn. Toutes les chansons de «…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Enter Shikari - Ancienne ...
Manu Chao - Bau-huis
Chroniques

Fuck Buttons

Street Horrrsing

Écrit par

Il ne faut que quelques secondes d’écoute pour émettre un avis favorable vis-à-vis de cet elpee de Fuck Buttons. Et pourtant leur musique n’est pas facile à assimiler. Difficile, dès lors d’expliquer, pourquoi on y accroche aussi rapidement. Peut-être parce que le duo originaire de Bristol possède ce petit je ne sais quoi pour séduire instantanément. Et « Street Horrrsing », premier opus d’Andrew Hung et de Benjamin John Power, libère un florilège de sonorités expérimentales susceptible d’émerveiller. 50 minutes alliant puissance et intensité rappelant les travaux d’Autechre ou encore de Black Dice. Même le concept de la pochette est fort proche. Deux grandes références musicales qui semblent avoir fortement marqué les deux Britons.

Leur premier opus a été enregistré au sein des studios londoniens de Tim Cedar (Part Chimp) ; il a en outre reçu le précieux concours de John Cummings, un des guitaristes de Mogwai, à la production. Mais Fuck Buttons ne s’est pas contenté de tirer la quintessence de tout cet environnement. Il a fait fonctionner sa matière grise. Langoureux, visionnaire et apaisant, « Sweet Love For Planet Earth » est une invitation à la méditation. « Bright Tomorrow » plane sur des beats deep techno novateurs tout en créant de vives sensations. Agité de rythmes tribaux, « Colours Move » nous plonge dans un univers inexploré. Manifestement, Fuck Buttons possède un gros bagage technique en matière d’innovation technologique. Mais ce potentiel est auréolé d’une certaine forme de mysticisme. Et la somme de toutes ces énergies permet d’apprécier les six longues plages, sans jamais susciter la lassitude. Enfin, cette intensité est tellement contagieuse, qu’on finit par en réclamer davantage. Le duo est probablement à l’aube d’une grande carrière. Une chose est sûre, il est à suivre de très près.  

 

Rating

James

Hey Ma

Écrit par

En 2001, Tim Booth quittait James -un groupe phare de la pop anglaise des années 90- après avoir vendu plusieurs millions de disques sur le globe, essentiellement en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Mais curieusement sans jamais accéder à la notoriété internationale des artistes ayant assuré un jour la première partie de leur tournée. Parmi ceux-ci, nous retiendrons les Stones Roses, Happy Mondays, Stereophonics, Nirvana, Radiohead et Coldplay ! La formation décidait alors de mettre l’aventure du groupe entre parenthèses. Avant d’entrer en hibernation, le combo avait accordé une dernière tournée mémorable, au cours de laquelle tous les musiciens ayant transité par le line up avaient répondu à l’invitation. Même Brian Eno s’était circonstanciellement associé à l’événement. Depuis, Tim avait poursuivi une carrière en solitaire. Sans grand résultat, il faut le reconnaître. Début 2007, Booth a repris contact avec ses musiciens ; et le team est reparti en tournée. Et dans la logique des événements, le collectif nous propose son dixième opus studio (NDR : leur dernier, “Pleased to Meet You”, était paru voici déjà 7 ans). Booth, Gott, Glennie, Davies, Hunter et Baynton-Power, c'est-à-dire la formule qui avait commis « Laid », ont marqué leur accord pour reprendre du service instantanément. Le trompettiste Andy Diagram a pris le temps de réfléchir. Sans doute fatigué de son aventure partagée au sein de Two Pale Boys, en compagnie de David Thomas, il a finalement adhéré au projet.

Mais venons-en à cet opus. Tout d’abord la pochette originale a été censurée. Elle avait bien servi à la campagne de promotion, mais elle a déclenché une levée de boucliers. En cause, une arme à portée de main d’un nourrisson. Depuis, l’objet litigieux a été remplacé par un pistolet en plastique. En fait, l’image originelle était destinée à faire passer un message politique. Hostile à la participation de la Grande-Bretagne dans la guerre de l’Irak. Et surtout à l’envoi de jeunes soldats. Vous comprenez la métaphore. Et les lyrics du titre maître de cet album traduisent cette impression. Des lyrics toujours aussi soignés qui ne s’intéressent pas seulement à la politique, mais aussi au spirituel, à l’insécurité, à l’insatisfaction, à la folie ainsi qu’à des thèmes plus personnels. A l’instar de « Whiteboy » et surtout de « Bubbles ». Clairement autobiographique, ce dernier est ainsi inspiré par la naissance de son fils. Mais instrumentalement, cette chanson évolue bien dans l’esprit du groupe du début des nineties. A cause des interventions de cette trompette toujours aussi virevoltante. Celles de Diagram, bien sûr. Des interventions qui parsèment cet opus de manière aussi judicieuse que parcimonieuse. Tout comme celle du violon. Coproduit par Lee ‘Muddy’ Baker, personnage qui avait déjà bossé pour l’album solo de Tim Booth, « Bones », en 2004, « Hey Ma » nécessite quand même plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. Pas de souci quand même, la plupart des plages sont toujours aussi hymniques et la voix de Tim aussi passionnée que versatile. D’ailleurs ce disque semble d’abord vouloir rassurer les fans de la première heure. Les détracteurs lui reprocheront probablement une mise en forme trop raffinée. Et pas de hit de la trempe de « Sit down » ou de « She’s a star ». N’empêche, ce retour est un événement fort sympathique. Et l’album s’avère très agréable à écouter. En outre, les profanes vont enfin se rendre compte de l’imposture de Clap Your Hands Say Yeah ! Me demande s’ils ne vont pas aller se rhabiller !

De « Hey Ma », on retiendra surtout les morceaux susvisés, mais également « Waterfall » (hanté par Lou Reed et les Kinks, il s’inscrit dans la lignée de la collaboration opérée entre Booth et Angelo Badalamenti »), l’atmosphérique « Boom boom » (ces arrangements de cordes en fin de parcours auraient pu figurer sur « Some Cities » des Doves), le poétique « Of monsters & heroes & men », un « Semaphore » sculpté dans la douceur semi-acoustique et le final « I wanna go home », un fragment construit en crescendo et caractérisé par un violon grinçant ainsi qu’une guitare cosmique. Probablement le titre le plus audacieux de l’opus. Et une idée à creuser, pour ne pas que la réunion ne se résume pas à un feu de paille. Croisons les doigts !

 

Rating

Tegan & Sara

The Con

Écrit par

Deux voix atypiques, une plume incisive et une sexualité affirmée sont quelques uns des éléments qui caractérisent le mieux les jumelles canadiennes Tegan & Sara. « The Con », leur cinquième œuvre, distille en toute simplicité un pop-rock radiophonique, à l’image de son fructueux prédécesseur, « So Jealous ». Probablement dégoûtées par le peu d’intérêt manifesté à l’égard du ‘pop-rock’ conjugué au féminin, les filles apparaissent, telles deux super-héroïnes, déterminées à sauver un genre en perdition. Sans cérémonie, elles prennent, retournent et humilient tous les parasites des ondes FM.

A la fois fines et acerbes, les proses de Tegan & Sara marquent par une évidente recherche. Au point que l’on éprouve quelques réminiscences de nos premiers émois adolescents au rythme des entêtants « Back In Your Head », « Floorplan » ou des plus captivants « Relief Next To Me », « Are You Ten Years Ago » et « Like O, Like H ». Les sœurettes n’évitent cependant pas la guimauve et les riffs ordinaires. Les insignifiants « Hop A Plane », « I Was Married » et « Soil, Soil » auraient aisément pu être amputés du recueil, sans grand heurt.

Suivant une ligne de conduite entreprise sur « So Jealous », le disque de la révélation, « The Con » (« L’arnarque » en V.F.) lutte contre les stéréotypes du pop-rock FM. Ce qui aura permis à Tegan & Sara une nomination aux Juno Awards 2008 (NDR : les Victoires de la Musique version canadienne) dans la catégorie ‘Best Alternative Album’. L’œuvre des jumelles est certes respectable mais face à des poids (très) lourds tels que Patrick Watson, Arcade Fire ou les sensationnels Holy Fuck, on ne peut s’empêcher de penser qu’une victoire potentielle aurait donné tout son sens à son intitulé. (NDR : le prix a été remporté par Arcade Fire et leur « Neon Bible »)

 

Rating

The Kills

Midnight Boom

Écrit par

Pour pouvoir grandir, un groupe doit pouvoir changer, se métamorphoser même. Sans quoi, il risque de mourir. Apparemment, le duo anglo-américain de The Kills l’a bien compris, et le démontre sur son nouvel opus, « Midnight Boom ». D’une manière surprenante, il vient d’ouvrir une boîte de Pandore emplie de changements radicaux ! Après s’être alimenté au punk 60’s et abreuvé de scène newyorkaise, VV et Hotel on décidé de tourner la page en invitant Alex Epton aka Armani XXXchange, producteur et moitié de Spank Rock, pour enregistrer cet opus. Une collaboration qui semblait à l’origine improbable. Pourtant, par magie, ce dernier a réussi le pari de fusionner le punk minimaliste et le hip hop. Et il faut reconnaître que le résultat de cette fusion est plus que satisfaisant. 

Retirés du monde cosmopolite, Jamie et Alison se sont donc frottés pour la toute première fois à l’informatique, une technique pratiquement absente sur leurs deux rondelles précédentes. Et en particulier le ténébreux « No Wow », paru en 2005. A premier abord plus pop et charnelles, les sonorités électroniques entretiennent paradoxalement le climat âpre et violent des compos. Des compos orchestrées intelligemment. D’ailleurs, le duo est ici parvenu à dépasser la barre des deux accords. « Cheap and Cheerful » illustre le mieux ce virage à 180°. A cause de cette rythmique discoïde punk qui balise parfaitement la voix féline d’Alison. Plus garage, « Last Day of Magic » met davantage en valeur la guitare. Décalée, elle libère une énorme dose de passion. Et le reste ne manque ni d’intérêt ni de malice. Pourtant, si l’expérience vécue semble manifestement avoir été enrichissante, la collaboration entre Epton et Alison Mossahrt, n’a pas toujours été de tout repos. Un conflit de personnalités, sans doute…

Certains vont adorer. D’autres détester. Une chose est sûre, personne ne pourra rester indifférent à l’écoute de ce « Midnight Boom ». Personnellement, passé le trouble provoqué par l’évolution du combo (NDR : j’en connais qui vont tomber le cul par terre), je l’ai trouvé excellent. The Kills vit chacun de ses projets à 200%. Il s’implique. Que ce soit au cœur d’un punk chaotique ou lors de ses expérimentations. Et à ce titre, il mérite le respect.

 

Rating

Jennifer Lopez

Brave

Écrit par

Le nouvel album de la diva latine ne change pas fondamentalement le chemin musical parcouru jusqu’ici. La belle Jennifer propose des chansons romantiques qui s’inspirent du hip hop old school, de Michael Jackson et des nouveaux sons r’n’b. Une bonne moitié de « Brave » s’enlise dans des titres plutôt faibles et convenus comme les ballades mielleuses « Forever » et « Gotta Be There », les sons crunk ratés de « Mile In these Shoes » ou le r’n’b rutilant mais banal de « Do It Well » ou de « Brave ». Quelques compos passent mieux la rampe, comme « Never Gonna Give Up » et sa belle section de cordes, les très soul « The Way It Is » (basé sur un énorme break de batterie) et « I Need Love » (calqué sur « Use Me » de Bill Withers) ou encore la jolie ballade « Be Mine ». Le reste est à oublier, sauf si vous faites partie du fan club de ‘Jenni from the Block’.


iTunes :

http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D217551195%26id%3D217551174%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

YouTube :

http://nl.youtube.com/user/JenniferLopez?ob=1

 

 

Rating

Mike Morgan

Stronger every day

Écrit par

Mike Morgan est un musicien que j’apprécie tout particulièrement. Et le Texan nous revient flanqué de son Crawl! C’est à Dallas qu’il avait fondé ce groupe. En 1986. En compagnie de Darrell Nulish. Ce dernier sera cependant remplacé en 1989, par le chanteur de Kansas City, Lee McBee. Premier album, "Raw and ready" paraîtra quelque temps plus tard. En 1990. "Live in Dallas", le dernier elpee, remontait déjà à 2004.

« Stronger every day » constitue le dixième opus du collectif. La section rythmique est constituée du drummer Brian Ferguson et du bassiste Drew Allain. Deux invités se partagent les vocaux : Lee McBee et Randy McAllister. Et leur présence n’est guère étonnante, puisqu’ils sont des amis de longue date. Cet opus recèle un seul instrumental : "Okie Dokie stomp", un morceau nous rappelant le regretté Clarence Gatemouth Brown! L’interprétation de Mike est talentueuse, rapide et concise. Pour le reste de la plaque, Mike a écrit ses compositions sur mesure en fonction des chanteurs en présence. Et tout d’abord pour lui-même ; et même s'il souffre de la comparaison avec Randy et Lee, son chant s'adapte fort bien à son style. Il travaille ses cordes vocales sur quatre titres. Tout d’abord en ouverture. Un shuffle auquel il nous a habitués depuis ses débuts : "All night". "You're the one", ensuite. Le tempo est rapide. Lee McBee est probablement préposé à l'harmonica. "The birthday song" est une autre plage rocker de toute bonne facture. La rythmique qui lui colle à la peau imprime le tempo. La guitare démarre au quart de tour. Ballade acoustique au départ sans grand intérêt, "How much more time" prend de l’ampleur en fin de parcours. Notamment lorsque Mike dispense un énorme solo tout en mélodie et en sensibilité, un exercice de style qui monte en puissance progressivement. Son ami texan et chanteur de gospel, Joe Wayne Reynolds, en assure les chœurs. Randy McAllister chante sur cinq plages. Mike lui a réservé essentiellement des ballades soul. Elles correspondant parfaitement à son profil. Randy jouit d’une voix taillée pour chanter la soul. Stefano Intelisano se charge de l’orgue pour "Where's the love", pendant que Mr Morgan affiche beaucoup de créativité et de subtilité sur les cordes. "Stronger every day" est une plage qui allie beauté, simplicité et pureté. R&B, "When I get back home" est une ballade lente comme les aimait Otis Redding. L'orgue Hammond de Mike Hanna est un tremplin idéal à la performance vocale torride de la chanteuse noire de gospel, Benita Arterberry Burns. "97 times" est plus rapide. La voix soul blue se détache nettement. Les soli de Mike brillent de mille feux. Mais c'est bien en compagnie de Lee McBee, son vieux complice, que Mike Morgan se montre sous son meilleur jour. C’est également le moment au cours duquel les compos affichent leur face la plus blues. De sa voix inimitable et si chaleureuse, Lee chante "Sweet angel", un de ces blues lumineux sortis tout droit du pays des swamps. "I cried for my baby" constitue le texas blues lent attendu et espéré. Taquiné par les courtes phrases assassines de son pote Mike, et sur fond d'orgue Hammond, Lee se fait shouter de charme. Cet opus d’excellente facture s’achève par un autre shuffle made in crawl : "Time".

 

Rating

Rick Slick

Legends Volume Two

Écrit par

Légende du hip hop old school, le New-yorkais d’origine anglaise Slick Rick disposait de tous les atouts pour devenir une star. De nombreux ennuis avec la justice américaine ont fichu en l’air une carrière qui s’annonçait prometteuse. Slick Rick se distinguait par son flow ultra décontracté et les histoires souvent méchantes et drôles qu’il débitait sur des beats old school. On peut même dire qu’il a largement inspiré des gens comme Jay-Z et Snoop Dog, pour n’en citer que quelques uns.

Compilé par le dj J-Love, ce disque réunit tous les classiques de Slick Rick, ainsi que quelques inédits et des collaborations, opérées notamment en compagnie de Ghostface Killah et Morcheeba. La plupart de ces titres (enregistrés entre 1985 et les années 2000) sont des tueries qui n’ont pas pris une ride ; mais on regrettera le peu de soin (sonore et informatif) accordé à cette sortie. La moitié des titres n’est pas mentionnée au sein du track listing ; en outre, certains morceaux sont quasi-inaudibles tant ils semblent avoir été repiqués sur une cassette audio miteuse. Comme si cette situation ne suffisait pas, J-Love interrompt de nombreux titres par des interjections comme ‘J-Love on the side !’ ou encore ‘My Nigger J-Love !’ : inutile et très vite énervant. C’est vraiment dommage, car Slick Rick mérite beaucoup mieux que ce ‘best of’ mal fagoté.

 

Rating

Eddie Bo

In the Pocket with Eddie Bo

Écrit par

Probablement intrigués par la grande qualité de ses chansons, les acharnés des compilations de ‘rare funk’ y ont sûrement déjà croisé le nom d’Eddie Bo. Figure méconnue du funk de la Nouvelle Orléans, Eddie Bo a pourtant largement contribué à l’éclosion stylistique du genre. Le sort et les pratiques de plusieurs producteurs véreux ont jusqu’à ce jour, conjugué leurs efforts pour qu’Eddie Bo soit confiné dans un rôle d’auteur confidentiel. Le label espagnol Vampisoul tente de réparer cette injustice en proposant un éventail de ses 45 tours (NDR : et ils sont nombreux !), mais également des artistes qu’il a produit entre 1955 et l’aube des années 80.

Fortement influencé par Ray Charles à ses débuts, Eddie Bo ne se contentait pas d’inventer des grooves futuristes (écoutez « I Found a Little Girl » pour vous en convaincre), mais il composait aussi de superbes morceaux, portés par un style vocal original. De la pure ‘feel good music’, au groove implacable, qui peut mettre le feu à n’importe quel dancefloor. Quelques uns des 28 titres repris ici ont déjà été publiés sur les compilations « Saturday Night Fish Fry » et « New Orleans Funk », que le label Soul Jazz a consacré au funk de Crescent City. Les autres plages sont moins courantes mais tout aussi excellentes. On regrettera seulement le son quelquefois un peu limite, les bandes masters des chansons ayant été perdues (ainsi que les biens du pauvre Eddie) lors de l’ouragan Katrina. Un léger bémol qui ne doit pas empêcher les ‘funk heads’ de se ruer sur ces quelques pépites musicales.

 

Rating

Nick Cave

Dig, Lazarus, Dig ! ! !

Écrit par

Visiblement inspiré par l’épisode « Grinderman », Nick Cave n’avait pas concocté d’album aussi intéressant que ce « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! », depuis bien longtemps. Il faut bien dire qu’à partir de « The Boatman’s Call », les œuvres du bon Nick étaient devenues souvent dispensables et ennuyeuses. « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » est gorgé de longues plages narratives plongées dans un rock crépusculaire, rehaussé des fantastiques trouvailles sonores de Warren Ellis et des paroles toujours soignées de Nick Cave. Les chansons rappellent souvent les albums des années quatre-vingt des Bad Seeds : de la country hantée de « Your funeral, My trial » aux cauchemars industriels de « From Her to Eternity », en passant par la mélancolie de « Tender Prey » et le rock de « Henry’s Dream ». Tout n’est pas franchement réussi, comme en témoigne l’épuisant « We Call Upon the Author », mais quelques titres renouent avec le meilleur des Bad Seeds. On citera les magnifiques « Hold on to Yourself » et « Jesus of the Moon », l’hypnotique « Night Of the Lotus Eaters », le très pop « More News From Nowhere » (qui rappelle « Oh ! Deanna ») ou encore l’innovant « Midnight Man ». Une moitié d’album formidable, une autre plus dispensable, mais « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » témoigne d’une belle renaissance artistique.

 

Rating

Charlotte’s Shadow

Eternal sleep (Ep)

Écrit par

Trio espagnol, Charlotte’s Shadow est manifestement hanté par la musique gothique du début des eighties. La cold wave aussi. Des influences qui oscillent de Cure à Bauhaus, en passant par Indochine (époque « l’Aventurier ») et Sisters of Mercy. La voix de J.Catala campe même un hybride entre Peter Murphy et Andrew Eldritch. Sur cet Ep 4 titres, la version radio de « Hush », morceau qui termine la plaque, une voix féminine vient déclamer quelques lyrics, à la manière d’Anne Clark. Bref, si leur solution sonore tient plus ou moins bien la route, elle manque singulièrement d’originalité ; et dans ces conditions sera inévitablement traitée de revivaliste…

Rating