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Les échos intergalactiques de Mr. Bison…

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Chroniques

Various Artists

Discovered : A collection of Daft Punk samples

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A l’instar de nombreux producteurs hip hop, Daft Punk a réussi à transformer d’obscures pépites des années septante et quatre-vingt en succès planétaires. La preuve par neuf est opérée par cette compilation qui dévoile l’inspiration ayant présidé à la confection de tubes tels que « One More Time », « Digital Love » ou « Harder, Better, Stronger, Faster ». Ce voyage intéressant entre électro, house, funk, jazz et disco d’antan démontre la grande érudition musicale du duo parisien, mais permet aussi de découvrir quelques titres qui n’ont pas pris une ride. Du funk futuriste de Breakwater (totalement repompé sur « Robot Rock »), Sister Sledge et Edwin Birdsong (superbe « Cola Bottle Baby » qui a inspiré « Harder, Better, etc. »), en passant par le disco hédoniste de Karen Young et Cerrone, quelques titres dépassent largement le statut de curiosité. Là où certains emprunts sont évidents, on aura plus de mal à découvrir, sur quelques autres morceaux (celui de Chaka Khan en tête), ce que les robots de Paris ont samplé. Les curieux s’en donneront donc à cœur joie, tandis que les ‘beatmakers’ en herbe prendront des leçons.

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Orlando Julius

Super Afro Soul

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Les obsédés du son de Lagos, pratiqué dans les années 60 et 70, auront peut-être remarqué Orlando Julius sur l’excellente compile « Funky Lagos », éditée il y a quelques années par le label Afro Strut. Les têtes chercheuses de Vampisoul quittent un moment le continent américain pour réunir en deux compact discs quelques titres emblématiques de ce saxophoniste/chanteur. Un pionnier dans le métissage des sons soul et du highlife.

Le premier disque se concentre sur les années 65-68. Orlando fonde les Modern Aces en 1965 et il s’amuse à mélanger les rythmes du highlife aux percussions religieuses du kokoma. Passionné par la soul américaine, il commence à reprendre quelques classiques du genre, comme le « My Girl » de Smokey Robinson. Les titres du premier cd sont rapides et laissent une belle place à l’improvisation des cuivres. Les rythmiques complexes du kokoma percutent les beats en 4/4 de la soul pour créer un mélange fichtrement intéressant. Pour vous convaincre, écoutez les funky en diable « Ise Owo », « Bojubari » ou encore « Ma Fagba Se Ye Ye »…

Le deuxième volume se focalise sur les années 69-72. Les morceaux s’allongent, ralentissent, se teintent de psychédélisme. Orlando va bientôt être éclipsé par les innovations de Fela Kuti. Il rend hommage à son maître sur « James Brown Ride On » et adopte les rythmiques sinueuses de l’afro-beat. L’atmosphère devient menaçante et reflète bien les remous politiques de l’époque. L’ami Orlando finira par quitter le Nigeria pour s’installer aux Etats-Unis où il se frottera à la scène soul et jazz. Mais ici, c’est une autre histoire ; et on vous conseille avant tout de jeter une oreille sur ce très bon « Super Afro Soul ».

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The Kilborn Alley Blues Band

Tear Chicago down

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Le KABB nous vient du côté de Champaigne, dans l'Illinois. Nous ne sommes pas trop loin de l'Indiana, bien au sud de Chicago. Cette formation avait commis un album très prometteur en 2006 : "Put it in the Alley". Les musiciens sont jeunes. Ils ont presque tous la trentaine. Le line up n’a pas changé. Andrew Duncanson, chanteur/guitariste à la voix si caractéristique est toujours au poste. Il est soutenu par le guitariste Josh Stimmel, l’harmoniciste Joe Asselin (originaire du Maine), le drummer Ed O'Hara et le bassiste Chris Breen. Le seul vétéran de l’équipe, puisqu’il affiche plus de 50 ans. Le quintet signe les onze chansons de ce second opus, une œuvre produite par le génial Nick Moss. Manifestement l'originalité de Kilborn Alley procède du timbre vocal d’Andrew, son chanteur. Il est bouleversant, particulier, ténébreux et très personnel. Mais aussi susceptible de rappeler celui d'Eric Burdon. En outre, Duncanson vit sa musique. Le groupe puise ses influences majeures dans le blues urbain. En particulier celui de Chicago. C'est-à-dire cher à la génération des Muddy Waters, Howlin' Wolf, Otis Rush et autre Magic Sam. Tout en y injectant un chouia de ‘Southern fried soul’, dans l’esprit de Johnny Taylor, Denis Lasalle ou encore Tyrone Davis. Kate Moss a réalisé la pochette du CD. Illustrée par la porte d'entrée d'un vieil immeuble vétuste de Maxwell Street, on ne peut pas dire qu’elle soit très accueillante (NDR : mais existe-t-il encore ?)

"I'm spent" ouvre l’elpee. Mais ce titre ne donne pas le ton à l’ensemble. La slide lance le rythme et nous entraîne rapidement au cœur de l’atmosphère lourde du Delta. Le rythme galope. Le chant de Duncan est puissant. Joe Asselin et remarquable à l’harmonica. Il est même déchaîné. Ses courtes phrases sont acérées, tranchantes, agressives. Son souffle nous prend à la gorge. Chant blues imprimé sur un tempo lent, "Christmas in County" est coloré par l'orgue Hammond de l'ami Gerry Hundt. Duncan chante, la voix empreinte d’émotion. Elle traduit une immense peine. Son cœur saigne. Les lyrics décrivent la solitude qui ronge un détenu, dans sa prison, un jour de Noël, loin de sa famille. La guitare est très dense et mélodieuse. L'harmonica accentue ce sentiment de désespoir. Duncanson éclate en sanglots. Blues rapide et tonique, "Fire and fire" semble sortir tout droit du Westside de Chicago. La voix est proche de celle de Luther Allison. Asselin restitue le climat sonore d’un Junior Wells à ses débuts. "Crazier things" vire vers le Southside cher à Muddy Waters. Le son des studios Chess est ici reproduit. Assis dans un coin du studio, Gerry Hundt dispense un solo à la fois saisissant et sublime sur sa mandoline électrique. Il est immédiatement talonné par les cordes de Stimmel, tandis que Joe, les poumons gonflés à blocs, se libère. "Come home soul" change de style. Une ballade soul hydratée par l’orgue Hammond. La voix de Duncan est délicieuse. En fermant les yeux, il n’est pas difficile de voir se profiler l’ombre de Luther Allison. Le solo de Nick Moss est saturé d'émotion. Le thème de cette compo traite de la situation délicate des soldats américains en Irak. "Redneck in a soul band" épouse une sorte de country blues frénétique. L'harmonica est omniprésent, mais dans un registre réminiscent de Sonny Terry. Le morceau est très participatif. "It's a pity" est un blues lent, dépouillé. La voix d’Andrew y transpire son vécu. Il sort aussi de sa réserve sur les cordes de sa Stratocaster. Asselin est à nouveau bouleversant dans sa manière de faire vivre son instrument. Le titre maître est une invitation à se déhancher sur la piste de danse. Duncan et Abraham Johnson se partagent un duo aux vocaux. Johanson est un vocaliste noir, mais surtout l’ami de Duncan. Le sax de Dave Fauble appuie la rythmique très soul. "The weight on you" replonge dans la soul dansante. La voix est à nouveau en état de grâce. A l’instar d’un Sam Cooke soudain doté d'un timbre puissant et rocailleux. L'orgue Hammond opère son come-back. Savoureux ! "Lay down" prend la direction de Chicago. Mordante, la rythmique est terriblement proche du "Mellow down easy". La section rythmique accomplit un sacré boulot pour lancer Asselin à la poursuite de Junior Wells. Une formule reconduite sur "She don't know". Un dernier rappel nous est accordé sous la forme d’un bonus track. C’est-à-dire une version différente de "Redneck in a soul band" ; mais pour la circonstance, dans le style de Chicago exécuté à haut régime. Excellent!   

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Photek

Form & Function Vol 2

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Neuf ans après avoir concocté « Form & Function », Rupert Parkes aka Photek rempile pour un second volume. Certains diront qu’il était temps. D’autres, plus philosophes, expliqueront que Parkes était trop occupé. M’enfin, 10 ans, c’est long… Maintenant, il est vrai que l’Anglais est un peu ‘homme de l’ombre’. Loin des scènes et absent des clubs, il lui est donc difficile d’entretenir une certaine visibilité. En fait, Photek est un acharné du travail et c’est dans son studio qu’il consacre tout son temps. Cette méthode a même tourné à son avantage, car ce personnage reclus est aujourd’hui considéré comme un artiste incontournable du mouvement drum’n bass/jungle. Après avoir mis au placard ses idées sur la techno, l’électro, le hip hop et le jazz, Photek a assuré sa crédibilité en alignant une série de 12 singles. Ce qui lui permettra d’être assez rapidement repéré par Goldie et L.T.J. Bukem. Convaincu de sa réussite, l’artiste passera aussi à la production et compte parmi ses recrues, le fin technicien TeeBee ainsi que le pionnier DJ Crystal.

Après « Modus Operandi » (1997), « Form & Function » (1998) et « Solaris » (2000), Photek revient donc électriser les dancefloors de son « Form & Function Vol 2 ». Mais le hic, c’est que l’électricité produite ici est éphémère. Et ne dure pas plus longtemps que celle d’une pile crayon. Bref, pas un cheveu ne se dressera sur votre tête après l’écoute de ce second volume. Sur les 13 plages de cet elpee, trop peu sortent du lot. Pourtant un « Industry of Noise » passe vraiment bien la rampe. Les rythmes sont énergiques et les guitares bourrées de distos. Normal que l’on puisse alors espérer une suite aussi encourageante. Mais « Love and War » passe complètement à travers. La voix d’une pseudo diva se fracasse sur les accords d’un piano. Un peu comme un Richard Clayderman qui se serait mis à la drum’n bass. N’importe quoi ! Heureusement, le remix de « Ni Ten Ishi Ryu », orchestré par un TeeBee drôlement inspiré, relève substantiellement le niveau. Ennuyeux, à force d’être trop complexe, « Form & Function Vol 2 » n’a donc vraiment de quoi impressionner. Maintenant, les mordus du genre penseront peut-être le contraire...

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Bad Statistics

Static

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Réputé pour sa philosophie expérimentale, le label gantois (K-RAA-K)3 est allé prospecter en Océanie pour dénicher Bad Statistics. Un quintet néo-zélandais. De Wellington, très exactement. Dont les membres sont déjà impliqués au sein de différentes formations underground comme The Idle Suite, Last Visible Dog ou encore Cloudboy. En 2005, les musiciens s’étaient réunis pour partager quelques sessions de noise. Depuis, leur aventure a débouché sur la formation des Bad Statistics. Et enfin, s’est concrétisée par la confection d’un premier elpee. Intitulé « Static », il et le fruit de leurs explorations minimalistes et ténébreuses.

L’opus est divisé en deux morceaux. Deux plages d’une durée d’un peu plus de 20 minutes, qui s’étirent sur un tempo lent. Très lent, même. Tellement lent, qu’il en devient parfois insoutenable. Ou lassant, selon. Improvisations et bourdonnements nous plongent dans un univers cauchemardesque. Le chant du vocaliste, Thebis Muttante, multiplie les onomatopées, conférant à l’ensemble une impression de messe célébrée en langage maori. Sueurs froides garanties, « Static » c’est vous retrouver seul face aux 15 guerriers All Blacks pendant leur Haka. Impossible d’y échapper.

Maintenant, si vous êtes un inconditionnel de la noise, ce disque pourrait vous intéresser. Bad Statistics est un groupe bien en place et propose une autre perspective de la noise. Celle pratiquée en Nouvelle-Zélande. Comme quoi, là-bas il n’y a pas que le rugby !

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Vashti Bunyan

Some things just stick in your mind

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Née en 1945, Vashti Bunyan est londonienne. Compositrice et chanteuse, elle avait sorti quelques singles entre 1964 et 1967, dont une compo écrite par la paire Jagger/Richards (NDR : le titre maître de cette compile) et un elpee en 1970, « Just Another Diamond Day ». Faute de succès, elle s’est alors retirée du circuit musical et a disparu de la circulation. Mais début du XXIème siècle, les membres de Piano Magic retrouvent sa trace et l’invitent à participer à l’enregistrement de « Writers Without Homes » (2002) puis d’un Ep intitulé « Saint Marie EP » (2004). Ce sera ensuite au tour de Devendra Banhart de la convier à participer aux sessions de « Rejoicing in the Hands ». Et même d’Animal Collective, pour l’elpee « Prospect Hummer ». En 2005. C’est aussi l’année au cours de laquelle elle concocte son deuxième opus, « Lookaftering ».

Cette compile réunit 45 tours, démos et raretés concoctés à ses débuts. C’est-à-dire entre 64 et 67. Vingt-cinq morceaux en tout ! Poétesse folk, Vashti y dispense des chansons intimistes, mélancoliques, mais baroques, qu’elle interprète d’une voix limpide en s’accompagnant à la sèche. C’est le lot des démos. Par contre, lorsque ces morceaux bénéficient des arrangements de studio, ils jouissent d’orchestrations aussi subtiles que somptueuses.

Cette poétesse folk semble avoir influencé toute un pan de la musique néo folk américaine. C’est d’ailleurs ce que Banhart confesse, mais également CocoRosie et Tiny Viper. Maintenant, ce sont des références, et il faut bien se replacer dans le contexte de la mi-sixties pour pouvoir apprécier ce type de musique savoureusement désuète. Mais désuète quand même. 

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Dr. Kloot

History of the world / Part one

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De son véritable nom Claude Perwez, Dr Kloot alias Kaiser Kloot, Kloot Per W ou encore KPW possède une fameuse carte de visite. Surtout dans le nord du pays. Né en 1955, il a roulé sa bosse au sein d’une multitude de formations. A dix ans il était déjà impliqué chez The Walrus et enregistrait un deux titres. Quelques combos plus loin, on le retrouve chez The Misters, qui partiront en tournée en compagnie tantôt de Gruppo Sportivo, Herman Brood, AC/DC, Tjens Couter, Joe Jackson, The Undertones, Trust ou encore Siouxsie and The Banshees. Il passe ensuite chez The Employees et surtout Polyphonic Size, formation qui sortira toute une série de disques (singles, maxis et albums) sous la houlette de Jean-Jacques Burnell. Avant de fonder Zen On, il va côtoyer une bonne partie de la scène pop/rock flamande, dont Dirk Blanchart, Bea Vandermaat, des membres de Clouseau, De Kreuners ou encore Noordkaap. Il a même tâté de l’électro et on lui prête une certaine paternité à la lo fi. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite d’ailleurs à consulter son site, c’est assez impressionnant. (http://www.klootperw.com)

Tout au long de “History of the world” Dr. Kloot cherche à rendre hommage aux chansons les plus notoires des 70’s et des 80’s. Mais aussi, et à mon humble avis, des chansons qui l’ont marqué au cours de cette période. Des morceaux issus du répertoire de The Cure, Kraftwerk, Stooges, Joan Baez ou encore Laurie Anderson. Mais également de Pere Ubu, Pete Shelley, Wire, Camper Van Beethoven, Buzzcocks, Television Personalities, Yellow Magic Orchestra et bien d’autres. Qu’il interprète sous des versions plutôt minimalistes et avec un esprit punk. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de ladies, et en particulier Marjan Debaene, France L’Hermitte (Polyphonic Size) et Gaelle De Bruxelles (BJ Scott, Olivier Saxe). Uniquement pour les vocaux. Un trio en compagnie duquel, il avait travaillé à des époques différentes ; Dr. Kloot se réservant toute les parties instrumentales. En outre, ce disque a été remasterisé par Kramer aux States.

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Tinsley Ellis

Moment of truth

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Tinsley Ellis figure parmi le nombre limité d'artistes blancs qui opèrent sur le célèbre label de Bruce Iglauer. « Moment of truth » constitue déjà son huitième opus pour Alligator, si on compte la réédition de "Cool on it", commise en compagnie des Heartfixers.

Dès les premières mesures de "Say too much", on se rend compte que la guitare au son puissant, réverbéré, est toujours bien présente. Tinsley interprète passionnément ce blues rock imprimé sur un mid tempo. Il vit chaque note qu'il produit, pinçant ses cordes avec une certaine agressivité. La photo figurant au dos de la pochette en est une belle illustration. Rock’n roll très direct, "Somebody" démontre la parfaite complémentarité entre le chant et la guitare chez Tinsley. Ce tout indissociable est soutenu par une section rythmique déterminée. Elle réunit Jeff Burch aux percussions et un certain ‘The Evil One’ à la basse. Ellis injecte une foule d’effets dans ses cordes tout au long de l’indolent "Get to the bottom". Le côté tragique de cette plage, construite sur un riff R&B très présent et coloré par l'orgue Hammond de Kevin McKendree, est ici accentué. "You're gonna thank me" est une ballade très mélodique comme les apprécie Ellis. Et avouons qu’il s’y montre à la hauteur. Ce qui lui permet de concocter un petit bijou de solo sur sa Gibson Les Paul. Il monte doucement, mais perceptiblement en puissance pour le plus grand bonheur de nos oreilles. "Tell the truth" emprunte un profil semblable ; cependant, la voix féminine de Michelle Malone répond ici au chant du leader. Cet album semble refléter une paix intérieure, un certain intimisme ; une impression limitée, bien entendu par les effets de guitare. Car Tinsley adore tirer le maximum de ses artifices sonores ; mais sans jamais susciter l’ennui. En outre, son souci mélodique est omniprésent. Son solo est même empreint d’une grande tendresse sur "Too much of everything". Ellis tolère la présence d'un second guitariste sur la moitié des plages. En l’occurrence Mike Lowry. Il ne met guère le nez à la fenêtre, mais soutient discrètement et efficacement son leader. Ellis déborde de vitalité et d'émotion sur "Bringin' home the bacon". "Freeway soul" est une des meilleures compositions de cet opus. Face à l’orgue, sa voix manifeste beaucoup de vécu. "I take what I want" est une composition signée Issac Hayes/Dave Porter (NDR : ils ont beaucoup bossé pour le label Stax). Une bonne dose de funk est inoculée dans cette version remuante. Blues très lent et majestueux, "Sleep on it" porte des accents dramatiques. Un morceau bouleversant susceptible d'arracher, au passage, l’une ou l’autre larme. L'artiste vit ses chansons, c'est indéniable! Plage séduisante, "Stare at the sun" s’ouvre sous une forme acoustique, avant de se convertir intégralement à la fée électricité. Pour la circonstance, Tinsley a enfin sorti son bottleneck. Initiative judicieuse car son jeu de slide reste lyrique et apporte enfin de la fraîcheur et de la variété. Ellis termine d’ailleurs cet opus par un titre intégralement ‘unplugged’ : "Shadow of doubt". Une cover de Gary Nicholson. Il la chante avec cette passion qui semble le hanter en permanence.

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Gerry Hundt

Since way back

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Gerry relève de l’équipe des Flip Tops de Nick Moss. Ce jeune musicien possède de nombreuses cordes à son arc. Il ne se contente pas des rôles de chanteur, compositeur, guitariste, mandoliniste, harmoniciste, bassiste et claviériste ; mais il se réserve les commandes du studio, enregistre, mixe et produit. Excusez du peu! Gerry est originaire du Wisconsin. Il compte à peine 30 ans. Il a vécu à Denver, dans le Colorado. A cette époque, il avait participé à l’aventure des Clamdaddys et apporté sa collaboration au chanteur/guitariste John Alex Mason, en compagnie duquel il a enregistré un elpee en 2002, "Mason & Hundt". Il a aussi assuré les parties d'harmonica sur les deux albums du prometteur guitariste Easy Bill Towber et son Big Beat. Depuis, il s'est fixé à Chicago et milite au sein des Flip Tops, où il a remplacé à la basse, Miss Kate Moss, qui a décidé de se consacrer à l'éducation de sa fille, Sadie Mae. Dès qu'il en a l’opportunité, Gerry se consacre à la mandoline qu’il met au service du blues. Pas de doute, il a bien écouté Johnny Young et Yank Rachell. Tout au long de son premier opus solo, il s’abandonne à ce seul instrument qui s'inscrit dans le renouveau de la mandoline blues, une vocation que partagent Billy Flynn et Richie Del Grosso. Les Flip Tops l’ont cependant rejoint lors des sessions d’enregistrement : Moss est à la basse, Willie Oshawny au piano, Bob Carter aux percussions, l'ami Bill Lupkin à l'harmonica et Josh Stimmel du Kilborn Alley Blues Band aux cordes.

"Since way back" démarre à plein régime. La mandoline est talonnée par la guitare de Josh Stimmel. Le son est dense, cru, primaire. La section rythmique soutient les cordes de la mandoline. "Ready to go" emprunte le même rythme. Du pur Chicago blues. Tout est bien à sa place. Le piano d'Oshawny meuble tous les espaces. Stimmel est très inspiré et Gerry chante d'une voix très mâle. Les huit cordes de la mandoline s'épanouissent au cœur d’une tonalité assez métallique tout en subissant une attaque très abrupte. "Bad water" est un blues lent très dépouillé. Le chanteur y narre la tragédie de membres de la famille du batteur, empoisonnés par l'eau toxique de leur source! L’esprit de Muddy Waters est ici bien présent. Lupkin s’y révèle assez bouleversant. Instrumental, "The Union meetin'" swingue par ses échanges opérés entre la mandoline et le piano. "Hard road" est un shuffle royal. Très Chicago. Le grand Jimmy Rogers n’est pas loin. Les musiciens évoluent à un très haut niveau. Bill suit la voix de Gerry à la trace, de son harmo, pendant que Piano Willie attaque ses touches d'ivoire, à la manière du légendaire Otis Spann! Hundt avale une solide lampée de spirit pour défier son "Whiskey makes me mean". Son énergie est décuplée. Moss abat un énorme boulot sur sa basse. Les deux seules reprises n'ont rien de surprenant. Tout d’abord le "Burning fire" d'Otis Spann. Une plage saturée d’émotion, au cours de laquelle piano et mandoline sont à l'unisson. Le remuant "You're the one" de Jimmy Rogers, ensuite. Lupkin s’y révèle insatiable. La formation reste très ancrée dans le Chicago southside des années 50. Proche du son immortalisé par les frères Chess. A l’instar de "Trying hard", un des sommets de l'album. Bill prépare la sortie de la mandoline. D'abord agonisante, elle reprend vie puis vigueur et sa ténacité est redoutable."The Lakewood bump" est un instrumental allègre qui permet aux acteurs de se libérer en toute décontraction. Caractérisé par ses échanges et joutes entre tous les solistes "Here in Chicago" porte bien son titre. L’elpee s’achève par un bonus track : "End of the day blues". Cette compo consacre un duo à fleur de peau entre les doubles cordes de la mandoline de Hundt et le piano de l'ami Barrelhouse Chuck, un musicien talentueux ; et pour cause, c’est un élève de Sunnyland Slim, Lafayette Leake et Little Brother Montgomery. Je vous recommande vivement cet album !

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Holy Fuck

LP

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Diantre ! En français ça le fait tout de suite moins bien. Si on retranscrit la même expression dans un anglais des rues, on obtient Holy Fuck ! Fichtre, misère et ventre saint-gris n’ont qu’à aller se faire voir. Ici ça cause entres hommes, les pincettes sont rangées au placard. « LP » débarque l’arme entre les dents, prêt à tout massacrer sur son passage, aidé dans la bagarre par un certain !!! (pour ne citer qu’eux). L’écoute de l’album est déconseillée à toute âme sensible, aux personnes fragiles à la dépendance, aux cardiaques et femmes enceintes. Ici c’est du sérieux, du gros calibre que l’on n’affronte pas la tête légère et l’esprit vagabond. Pas de chichis. Les Canadiens d’Holy Fuck » n’ont jamais si bien porté leur nom. Pfff quel massacre !

« LP » met le plus naturellement possible, tout le monde KO en neuf rounds. Neuf plages seulement et c’est la domination absolue du beat sur nos frêles individus. Il ne faut pas attendre longtemps pour comprendre la puissance développée par la plaque, et le mal que nous aurons à lui résister. Dix-huit secondes pour être précis. Dix-huit secondes seulement et c’est l’escalade, la montée incessante. Electronisée à l’extrême. Et c’est par un truchement de claviers et de beats déments que s’opère la manœuvre. Le combat se déroule comme suit : « Super Inuit » et c’est d’abord un genou à terre où l’on pense pouvoir encore se relever. « Milkshake» sous ses airs d’Herbie Hancock, et le deuxième genou cède et plie. « Frenchy’s » et le dos est courbé, le buste s’affaisse. Plus loin « Royal Gregory » et c’est la gifle, la claque, qui ponctue ; celle qui pique une heure après encore après infliction. Démantibulé et mal en point, on termine l’album en se prenant encore quelques coups dans les côtes au passage.

Quand on prend conscience du côté bricoleur de l’album, qui ne transpire absolument pas le long des 9 plages, à l’affront du KO doit s’ajouter la gêne d’avoir plié si vite. Enregistré ça et là en live et à l’arrache, on n’ose imaginer la correction inoubliable que l’on se serait pris si les malades mentaux de Holy Fuck avaient peaufiné leurs coups. A frémir d’avance. Arrivé sur le tard dans l’année, « LP » est mon album 2007, c’est ma ‘cherry on the cake’ des douze dernier mois écoulés. Je vais finir par croire que je suis maso. Fais moi mal Holy, oh oui fais moi mal !!

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