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« Misneach », c’est le titre du troisième album du groupe irlandais Tau & the Drones of Praise. Après « Tau Tau Tau » en 2016 et « Tau & the Drones of Praise » en 2019, ainsi que l’Ep « Seanóirí Naofa, » il s’agit d’une nouvelle étape dans la vision folk de…

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Chroniques

Seabear

The Ghost That Carried us Away

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Seabear débarque du fin fond de la galaxie Morr Music. Le label, hébergeant des excellents artistes tels que B. Fleischman, Ghost, Lali Puna, Ms John Soda,… n’a plus besoin de faire ses preuves. Ses choix sont à coup sur pertinents, et c’est sans aucune hésitation que l’on peut s’enquérir des galettes de leurs poulains. Sans même devoir s’affranchir d’une pré-écoute, on peut le glisser dans son escarcelle et filer tout droit à la caisse, le sourire aux lèvres. Toujours juste, toujours tendre, « The Ghost That Carried us Away » se décompose en douze plages, où la douceur des accords et la voix angélique, presque brumeuse de Sindri Már le leader, se calent avec précision. Les cordes de guitare sèche, dessinent des ballades où clochettes, batterie, banjo, violon et bruits intimistes viennent s’affoler, et s’amuser afin de rehausser encore plus l’univers folk délicat du combo islandais. Une tranche de rêve généreuse –servie dans le plus pur esprit grand-mère complètement bigleuse, soucieuse d’en servir suffisamment– vient confirmer tout le bien que l’on pensait de la famille Morr. Ce condensé d’émotions, de douceur, et cette pointe de mélancolie nous rendent une fois encore, plus grands, plus tendres, plus humains. Parfait pour la saison, cet opus vous emmitouflera telle une écharpe douce et réconfortante.

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Oh No Ono

Yesterday Is No Tomorrow

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Subtilement intitulé « Yes », le premier ouvrage des Danois de Oh No Ono est du genre difficile à cerner. Vacillant constamment du trop bon à l’insupportable, ce quintet est de ceux que l’on n’arrive ni à détester ni à réellement apprécier.

S’ouvrant sur « The Strawberry Festival », une courte et séduisante intro au piano, « Yes » change entièrement la donne dès les premières notes de « The Shock Of The Real ». Un second morceau au son très 80’s et plus que probablement influencé, comme le reste de la plaque, par Devo, Talking Heads ou XTC. Des influences qui seraient somme toute respectables si la voix haut perchée d’Aske Zidore n’évoquait pas irrémédiablement la pop bubble-gum de Mika.

De par son manque de cohérence et substance, « Yes » est l’un de ces disques anecdotiques recelant quelques petits tubes instantanés taillés pour les ondes FM (« Victim Of The Modern Age », « Practical Money Skills For Life », « Ba Ba Baba Ba Ba Well Anyway »…) et engendrés par une bande de copains dont seul l’entourage suivra la (courte?) carrière à la loupe…

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(The) Nits

Doing the dishes

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Du line up initial des Nits, il ne demeure plus que le chanteur/compositeur/guitariste Henk Hofstede et le drummer Rob Kloet, même si avant de prendre place aux claviers (outre les backing vocals ainsi qu’une participation régulière à l’écriture), en 1989 (e), Robert Jan Stips se chargeait déjà de la production. Et en tenant compte que ce dernier avait tenté une aventure en solitaire, de 1995 à 2003, avant de revenir au bercail. N’empêche, ce qui impressionne le plus, c’est la longévité de cette formation batave née en 1974 et responsable de hits incontournables comme « Nescio », « Adieu Sweet Bahnhof » ou encore « In The Dutch Mountains ». Sans oublier leur créativité scénique unique en son genre.

Bref, ce “Doing the dishes” constitue leur 19ème album. Un opus découpé en 15 fragments. Hormis le mélancolique et ténébreux « Grrr… to you », dont la mélodie imprimée sur un tempo martial peut rappeler Marianne Faithfull, et la ballade lente « Cowboys & Indians », le reste des morceaux adopte un profil up-tempo. Mais curieusement, la voix de Henk emprunte curieusement et très souvent le timbre et même les inflexions (voire le débit) de Mike Scott, à moins que ce ne soit ceux de Bob Dylan. Hofstede joue même presque autant du banjo que de la guitare. L’elpee recèle quand même des plages assez surprenantes dans le chef des Nits. Et notamment le légèrement rockabilly « In Dutch fields », l’hypnotique « I’m a fly », réminiscent des Mothers Of Invention de Frank Zappa, le blues/rock hymnique « Moon Dog » (au cours des 70’s ce titre aurait pu décrocher un hit), l’electro-rock frénétique « The twins », digne de Suicide, et puis « Heart », une chanson mid tempo, feutrée, chantée d’une voix chaude et sensuelle par Robert Jan Stips. Enfin, pour votre info, le titre de l’elpee a été emprunté à une interview accordée par Léonard Cohen, au cours de laquelle il avait déclaré que la musique servait à toutes les occasions. Aussi bien les mariages que les enterrements, et même les occupations quotidiennes comme la vaisselle. Quand au digipack, il a été réalisé conjointement par Henk et Riemske Kuipers. Et franchement, il est très réussi !

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6256930

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=270353349&s=143446

 

 

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Jahcoustix & Dubios Neighbourhood

Grounded

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Dominik Haas alias Jahcoustix n’est pas jamaïcain mais il aime le reggae. Il faut dire que ce dernier le lui rend bien puisque ce disque a rencontré un énorme succès dans son Allemagne natale. Notre homme a vécu de nombreuses années en Afrique et c’est peut-être pour cette raison que ses paroles embrassent les thématiques afrocentristes du Rastafarisme. « Grounded » mélange donc habilement un reggae roots classique et des éléments de pop, de jazz et de soul. Rien d’original (quelques titres s’inspirent un peu trop de Finley Quaye), mais c’est un disque raffiné et aux mélodies agréables, bien porté par la voix de Jahcoustix. Si le style pratiqué navigue quelque part entre les harmonies douces des trios vocaux jamaïcains et une version light d’Horace Andy, on doit quand même y ajouter un zeste de Jacob Miller. Idéal pour débuter en reggae, avant de s’aventurer du côté des maîtres, largement cités (c’est un euphémisme) sur « Grounded ».

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I might be wrong

It tends to flow from high to low

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« I might be wrong », c’est le titre de l’une des chansons de Radiohead. C’est également le patronyme d’une formation allemande. Une formation qui a expérimenté diverses formules avant de trouver sa propre voie. Constamment à la recherche de la pureté sonore, elle vient ainsi de commettre un premier opus intitulé « It tends to flow from high to low », un disque qui a reçu le concours de Tobias Siebert à la production. Paru sur le label Sinnbus Records (Troy Von Balthazar), il bénéficie, en outre d’un graphisme et d’un design particulièrement accrocheur.

Responsable d’une pop/electro riche, mais également empreinte de douceur, de charme et de mélancolie, le groupe semble manifestement influencé par Notwist ou encore Lali Puna. Son efficacité instrumentale et lyrique est surprenante. Splendide et chaleureux, le timbre vocal de Lisa von Billerbeck coule à merveille sur les ondes sonores balayées de beats electro et d’arpèges.

Après quelques notes de cuivres ternes et froides, « Always North » glisse naturellement vers l’énergie naturelle et les ondes positives du groupe. Une ligne de beat electro balise « Repeat Rewind », une compo où vient se suspendre une guitare déterminée. Et ce n’est pas parce que « We don’t wear colours » que ces Teutons broient du noir. Paradoxalement, cette plage dont la jolie mélodie est mélangée à la voix touchante de Lisa von Billerbeck, suscite la vision d’un univers peint aux couleurs de l’arc-en-ciel. Et tout au long des 10 plages de l’elpee, la formation manifeste une grande sensibilité qui ne demande qu’à s’évader, à explorer et même à exploser.

Bien que très influencé par ses pères spirituels (NDR : les mauvaises langues diront que le combo manque d’originalité), I might be wrong ne peut laisser indifférent. Personnellement, j’estime que pour un premier essai, “It tends to flow from high to low” est une réussite. Espérons maintenant que le temps des incertitudes et des tergiversations soit révolu pour l’ensemble germanique ; histoire enfin de pouvoir se frotter à d’autres cordes sensibles et nous faire partager des petits moments de bonheur !

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Get the people

Get the people

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Voici le genre d’album qui, à première vue, n’a l’air de rien : artwork bon marché, titres aussi raffinés que « Boob » ou « Man, playing the drums is fun ! »... Sorti l’année passée sans faire de bruit, cet elpee mérite cependant que l’on s’y arrête.

Tout d’abord parce qu’il est l’œuvre d’une formation au sein de laquelle milite Kevin Shea. Celui-ci a été batteur de Storm & Stress. Précurseur du math-rock, ce groupe culte des années 90, a compté dans ses rangs l’excellent guitariste Ian Williams, qui a sévi dans Don Caballero et cartonne actuellement chez les irrésistibles Battles. Vous me suivez ?

Que reste-t-il de cette période d’expérimentations forcenées? A vrai dire, pas grand-chose. On reconnaît tout de même, dans le jeu de Kevin Shea, un souci constant de déstructurer ses rythmiques à coups de breaks étranges et de ralentissements inattendus. En outre, on retrouve par intermittence, dans le phrasé de Ben Simon (chant-guitares), mi-chanté mi-susurré, une proximité avec l’univers de Storm ans Stress.

Malgré cette remarque, l’ambiance générale est plutôt à la pop décontractée, à écouter un après-midi ensoleillé d’école buissonnière, à l’ombre d’un pommier. Retenant plutôt des années nonante la nonchalance iconoclaste de Pavement (référence évidente) que les figures de style math-rock, Get The People évolue sans complexe sur des chemins certes déjà défrichés, mais toujours excitants. De véritables perles pop se glissent ainsi parmi ces 17 titres. On retiendra surtout le morceau d’ouverture, « Got a Lot of Love », le grisant « Bodies » évoquant un Mercury Rev première époque, « Starchild and Moonkid » (dont l’air ressemble étrangement à « Knockin on Heaven’s Door »…) ou encore « Strange Love ».

Au final, la réussite de cet album tient dans sa capacité à assumer parfaitement ses références, tout en y injectant une production subtile évitant de tomber dans la lo- fi bon marché. S’il n’est pas ici question de révolution, on retiendra l’équilibre entre expérimentations et luminosité pop qui vous fera revivre une belle page de l’histoire du rock indépendant. 

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Newton Faulkner

Hand Built by robots

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A 23 ans, Newton Faulkner a de quoi se faire remarquer: des dreadlocks abondantes, une voix et un jeu de guitare particulier. A l'écoute de « Hand built by robots », il est difficile d’imaginer que son premier groupe reprenait exclusivement le répertoire de Green Day. Aujourd’hui, l’ancien élève d’Eric Roche cite Pearl Jam et Joni Mitchell parmi ses influences et on le croit volontiers. Si on fait abstraction des singles tels que « Dream catch me », « All I got » ou « I need something » qui rappellent étrangement la pop de Lifehouse, on ne peut nier à Faulkner un véritable talent de songwriter dans ses chansons les plus folk. S’accompagnant efficacement d’une guitare subtile (picking) et dynamique (l’utilisant comme percussion également), le chanteur est capable de titres plus proches de Ben Harper ou Jack Johnson (« Gone in the morning », « UFO ») voire des Beatles, comme sur le très court « She’s got time », véritable bouffée d’air dont la comparaison à « I feel fine » semble incontournable. La reprise de « Teardrop » (Massive Attack), acoustique à la manière de celle de José Gonzales, mérite aussi qu’on s’y attarde. Généreux (17 titres, dont trois interludes instrumentaux) et, quoi qu’en dise le titre, profondément humain, “Hand built by robots” est un disque empreint d’enfance (voir la pochette) mais nullement naïf : ‘I can’t change the world, cause trying to make a difference makes it worse. It’s just an observation I can’t ignore but people should smile more.’

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=264782547&s=143446

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6185744

 

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Dr Wu

Texas Blues Project Vol 1

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Ce projet est le fruit de la collaboration entre deux amis texans qui jouent ensemble depuis trente ans au sein de diverses formations, et ont coécrit plus de 200 chansons. Jim Ashworth et Bryan Freeze ont baptisé ce nouveau concept Dr. Wü, en référence à une chanson de Steely Dan, autre duo constitué des célèbres Donald Fagen et Walter Becker, régulièrement épaulés par de brillants musiciens. Ashworth et Freeze ont donc décidé d’adopter cette même philosophie en engageant des collaborateurs issus de leur bonne ville de Forth Worth (NDR : c’est près de Dallas !) Surprise, lorsqu’on consulte les notes du booklet, on constate que Bryan Freeze joue de toute une série d’instruments différents, alors que Jim Asworth est crédité de ‘nothin'’ ; autrement dit, il ne joue de ‘rien’ ( ?!?!?!). Le duo signe toutes les chansons. Une exception, une ! Omniprésents, le chanteur Charlie Bassham et le bassiste Gary Owen participent cependant parfois à l'écriture.

L’opus s’ouvre par le puissant "I don't need no woman like you". Buddy Witthington, concitoyen célèbre, crache des flammes à la guitare. Pas pour rien qu’il est un Bluesbreaker indissociable de John Mayall depuis 15 ans. Charlie Bassham se révèle excellent chanteur. "Stop your lyin" manifeste davantage de sérénité.  La voix de Charlie reste claire. Il pousse ses cordes vocales en affichant beaucoup d'autorité et d'aisance. Gary Grammer souffle dans son harmonica. Freeze se réserve les guitares. La seule cover a été immortalisée en public : le "Jacksboro highway" de Gary Nicholson. Buddy Whittington se taille à nouveau la part du lion. Sa voix est surpuissante. La slide bien présente et créative. Jacksboro Highway était un strip bar de Fort Worth, dans les fifties. De nombreux bluesmen comme Jimmie Reed, Ray Sharpe et Delbert McClinton s'y produisaient. "I don't care blues" est un bon blues rythmé inspiré par le Delta. Grammer est à l'harmo et Rollo Smith, autrefois gratteur des Naughty Sweeties, maîtrise divinement la slide. Ballade séduisante, "Sister blue" trempe dans le R&B. Bassham semble incarner le troisième homme du projet. Une révélation au chant ! Bryan Freeze siège derrière l'orgue Hammond. Le bassiste Jerry Hancock (ex-Smokin' Joe Kubek Band) et le drummer Mike Kennedy (un ancien du Freddie King Band) forment la section rythmique. Elle déborde de groove. Blues rocker, "I wanna love you" est balisé par la guitare de Lee Pickens. Très roots, "When I get to heaven" nous replonge dans le Delta blues. Les cordes du même Pickens sont bien amplifiées. Ce gratteur milite toujours chez Bloodrock, une formation de hard rockin' blues ayant vécu naguère, dans cette ville de Fort Worth, un succès certain ; et qui se reforme épisodiquement. Entretenu par le saxophone de Rodney Bowens, "The fool around" est un R&B dansant. "Storm watch warning" constitue enfin le long slow blues attendu. La démarche dramatique est marquée par la guitare de Danny Hubbard et l'orgue Hammond omniprésent de Red Young (NDR : membre de Red & the Redhots). De sa voix grave et expressive Charlie domine ce grand blues ! Ce recueil demeure intéressant jusqu’à son terme. Légèrement funky, "Come back baby!" est à nouveau nappé par l'orgue de Red Young et balayé par les cordes du brillant Stephen Burton (remember Storyville!). Le pétillant "High maintenance baby" s’avère une des meilleures plages de l’opus. Le talent de James Pennebaker est ici mis en exergue. Cet autre gratteur subtil et impeccable est un ancien partenaire de Leroy Parnell et Delbert McClinton. Buddy Whittington opère son retour en compagnie de Mouse Mayes, un ancien de Black Oak Arkansas et de Point Blank, pour accorder l’inévitable "Nothin' like Texas blues", une sorte de résumé de cette œuvre. A suivre, car Dr. Wü envisage déjà un deuxième volume de ce projet. En attendant, je vous invite à vous régaler en dégustant cette solide tranche de blues texan.

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The British Blues All Stars

At Notodden Blues Festival

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Si vous appartenez à la catégorie des nostalgiques qui ont encore la larme à l'œil, en pensant au fameux British blues boom des sixties, tendez l'oreille, car ce disque devrait vous consoler. En effet, quelques stars de la grande époque ont décidé de se réunir pour partir en tournée. Il y a environ trois ans. Cette initiative s’est concrétisée à la demande des organisateurs du Blues festival de Notodden en Norvège. Ils souhaitaient rendre un hommage au blues anglais. Et ce souhait a été exaucé. En 2004. Le pianiste de blues et boogie, Bob Hall, avait été chargé de réunir une équipe. Mais au fil des concerts, la liste des participants a changé. Pour la circonstance, Long John Baldry (chant), Kim Simmonds, Tom McGuinness et Peter Green (guitare et chant), Bob Hall (piano et chant), Colin Allen (drums), Gary Fletcher (basse) et Steve Beighton (saxophones) avaient répondu à l’invitation. Mais lorsque les BBAS se sont produit à Harelbeke, le chanteur guitariste Tony McPhee des Groundhogs était également de la partie.

Kim Simmonds, le leader intemporel de Savoy Brown, ouvre les hostilités. Il chante son "When it rains". Une bonne composition issue de l'album "Strange dream", un disque paru en 2003. Sa voix n’est pas toujours assurée, mais sa guitare offensive répercute son style très particulier. Il embraie par le "Mississippi steamboat" de Fenton Robinson (NDR : qui figure sur l’elpee "Blues keep me holding on"). Le tempo est assez vif.  Kim manifeste une certaine agressivité dans l’attaque de ses cordes ; mais sans jamais souffrir de la moindre lourdeur. Il développe ses idées dans un registre qui lui appartient. Inopinément, un autre gratteur lui donne la réplique. Sa réserve voire sa timidité trahit la présence d’un Peter Green contemporain. Kim chante "Where has your heart gone?", un morceau qu'il interprétait sur l'opus live de Savoy Brown, "You should have been there". Une plaque également éditée en 2004. Un excellent blues lent caractérisé par cette intensité qui n’appartient qu’au british blues. La guitare demeure en retrait jusqu'au moment où incapable de se contenir, elle éclate et libère ses cordes. Tom McGuinness chante son "Standing by the window". Il est convaincant. Tom n'a jamais été une star, mais sa longue carrière mérite le respect. Quarante-cinq ans plus tôt, il militait déjà chez Manfred Mann. Il collabore toujours au projet du Blues Band, tout comme Bob Hall et Gary Fletcher, ici présents. Sur cette plage, Peter Green joue de l'harmonica. Tom interprète également "I got my eye on you", une ballade accrocheuse au cours de laquelle Peter se réserve un solo d'harmonica très cohérent. Peter assure les vocaux de son fabuleux "Black magic woman". Un instant d'intense émotion ! Depuis son retour, il n'est bien sûr plus que l'ombre du géant qu'il a été. Mais sa voix est toujours hantée par ce feeling unique. En outre, je suspecte fort l’omniprésence de Simmonds à la six cordes. Bob Hall jouit d’une solide réputation dans le boogie woogie. Sur les 88 touches d'ivoire. Et il le démontre tout au long du célèbre "Pinetop's boogie woogie". Il est même brillant ! Bob chante "Beehive blues", un blues relax. Nous sommes sur l'axe Chicago - New Orleans. Ah, si seulement il était aussi bon chanteur que pianiste! Lorsque Long John Baldry prend le relais sur "Midnight in New Orleans", nous savons de suite que nous sommes ici en présence du seul véritable chanteur des Stars. Sa voix est chaude. Mieux, brûlante. Ce crooner était un pionnier du british blues, à l’instar d’Alexis Korner et Cyril Davis dans Blues Incorporated. L'atmosphère est très jazz. Très à l’aise, Kim Simmonds est dans son élément. Le sax de Beighton tire enfin son épingle du jeu. Long John en remet une couche et dans le même style, sur "Shake that thing". Le rythme est frénétique. Le climat passe au R&B ; et les mêmes solistes, Kim et Steve, décollent. Il faut cependant attendre la fin de l’elpee pour pouvoir goûter au style incarnant la genèse du blues anglais. Long John chante une nouvelle fois "Everyday I have the blues" comme il le faisait au début des sixties, lorsqu’il côtoyait Korner et Davies, et que le regretté Dick Heckstall Smith soufflait dans ses saxophones. Cette petite tranche de souvenir bien sympathique s’achève par "Baldry's out", un boogie allègre et vivifiant. Cette œuvre est dédiée à la mémoire de Long John Baldry qui s'est éteint le 21 juillet 2005. 

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Benjamin Biolay

Trash Yéyé

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Depuis longtemps, on lit tout et son contraire au sujet de Benjamin Biolay. « A l’origine » avait éveillé la curiosité et plongé la critique, au fil des albums, dans une joute passionnée. Le débat pourrait prendre fin aujourd’hui, grâce à la sortie de « Trash Yéyé ». D’entrée de jeu, « Bien avant » dépose calmement les armes et impose le talent sublime de l’auteur dans la défaite. Biolay a la carrure de se montrer fragile et, de cette force, poignarde ceux que la passion emporte. « Regarder la lumière », « Qu’est-ce que ça peut faire » ou « Laisse aboyer les chiens », autant de singles potentiels qui claquent à la gueule, mais offrent l’issue de s’en foutre : renoncer. Plus accessible que ses prédécesseurs, comme le prouve l’efficace et attachant premier single (« Dans la Merco Benz »), cet opus ne perd pas pour autant en qualité. Au contraire. Aux textes crus, cruels, cruciaux, viennent se greffer des mélodies élégantes bien ficelées par des arrangements plutôt classes. Un peu dandy, surtout doué, Biolay livre ce petit essai sur les sentiments que l’obscurité prive de toute pudeur. Douloureuses, passionnelles, magnifiques, les chansons de Biolay passent, comme le temps, et qu’importe : « De beaux souvenirs », c’est ce qui doit rester. Une très jolie gifle, pour ceux qui en doutaient encore…

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