SRSQ toujours en panne ?

SRSQ, c’est le projet de l’ex-Them Are Us Too, Kennedy Ashlyn, Et elle sortira son second…

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Après avoir gravé un premier elpee solo en 2021 (« Communication Problem »), Nick Wheeldon, publiera son second, « Gift » ce 4 novembre 2022. Le Britannique (il est issu de Sheffield mais vit à Paris) a enregistré près de 20 disques, au cours des 10 dernières…

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Chroniques

Randy McAllister

Flying high while staying low down

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Chanteur/compositeur/multi-instrumentiste, McAllister est texan. De la petite ville de Novice, très exactement. Très en verve dans le domaine de l’écriture on le compare même à des stars comme Doug Sahm, John Hiatt et Delbert McClinton. C’est loin d’être un débutant, car il compte à son actif une discographie impressionnante. Son premier elpee, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997. Sur le label anglais JSP. Tout comme "Grease, grit, dirt and spit", l'année suivante. Dans la foulée il commet "Temporary fixes" en 2000, "A little left of center" en 2001 et "Grivers and takers" en 2002, chez Freedom First. Cet elpee est en fait un "Best of Compilation" de l'artiste. Il réunit six plages de "Temporary fixes", cinq de "A little left of center" et autant de "Dope slap soup", un opus qui devait sortir plus tard en juillet 2007, alors que la compile ne date que de 2006 ! (NDR : vous m’avez compris ?)

Confessons-le de suite, ce disque est d'une richesse incroyable. Solides et variées, les compositions tiennent toutes parfaitement la route. La voix est impeccable. Les musiciens manifestent une présence incroyable. La classe et aussi la claque! Extraites des trois elpees, les plages sont mélangées ; mais on ne s'en rend guère compte, tant l’ensemble est homogène. Randy chante et joue de l'harmonica. Il a reçu la collaboration de pas moins de sept guitaristes différents. Talentueux, en outre. Ce qui ne gâche rien.

Par ordre chronologique, "Take me out of New Orleans" nous replonge en 2000. Une rythmique implacable donne le ton à ce boogie rock'n'roll, caractérisé par la guitare incisive du notoire Stephane Burton. "That chicken you're fixin'" semble émaner de la même cité louisianaise. La démarche rappelle Little Feat. La slide donne froid dans le dos. Todd Blalock nous transperce de ses notes impitoyables. L'harmonica est mis en exergue tout au long de "Stronger vice/Better hobby". Mais également les percus de Jimmy Morgan ainsi que l'accordéon de Tim Alexander. Le climat baigne allègrement dans le tex-mex et le zydeco. "Never had a lot of faith" est un titre très riche. A cause de l'orgue, de la voix féminine ainsi que des cordes de Blalock et de Jim Suhler, le voisin de Dallas. Mais après plusieurs écoutes nous découvrons encore de nouvelles sonorités. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Flux et reflux d’harmonica balaie "Man who went for cigarettes" et "The chain", alors que deux nouvelles guitares apparaissent : celles d'Andrew ‘Jr Boy’ Jones et de Mike Morgan (oui, celui du Crawl).

De l'album édité en 2001, la sublime ballade "Why" a été retenue. Randy chante admirablement cette compo. Sa présence est sidérante. Il souffle sans trop se forcer dans sa musique à bouche. Des chœurs féminins le soutiennent. Tom Blalock gratte doucement ses six cordes. Empreinte d’accents métalliques, la slide acoustique de Rollo Smith est divine. Son attaque est incisive sur "The sound of leaving". Rollo tire à nouveau son épingle du jeu. Le redoutable Tim Alexander siège derrière les claviers. Uniquement épaulé par le piano d’Alexandre, Randy interprète "Wandering shepherd" d’une voix solennelle. Shuffle louisianais dominé par le piano et la slide, "What moves you" retrouve la Nouvelle Orléans.

Pour le dernier elpee, on a droit ici à deux titres d'ouverture. Tout d’abord l'énergique "The girl ain't right". Une véritable perle illuminée par les cordes de Matt Woodburn et de Mike Morgan ainsi que la voix très présente de Miss Banita Arterberry-Burns. "Clear my head" ensuite. Peut-être la plus belle plage. Tout en affichant un évident potentiel commercial, elle permet à l'orgue d'Alexander et à la slide de Woodburn de faire la différence. Le recueil recèle encore la ballade soul "Close your eyes" et un "Baptist church van" caractérisé par un chant majestueux et un orgue imposant, une plage au cours de laquelle le riff est imprimé par la rythmique de Mitchel Smithet et la slide de Woodburn. Une œuvre majeure que je vous conseille vivement.

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Headlights

Some racing, some stopping

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Headlights nous vient de Champaign, dans l’Illinois. Avant d’enregistrer ce « Some racing, some stopping », ce trio fondé en 2004, avait déjà commis un Ep (« Enemies) en 2005 et un premier elpee (« Kill them with kindness ») en 2006. Le trio s’est ensuite accordé une pause, avant de retrouver le chemin du studio. Enfin, pas tout à fait, puisque les sessions se sont déroulées dans la ferme d’un des musiciens. Aménagée, pour la circonstance, bien sûr.

Découpé en 10 fragments, cet opus ne compte qu’un peu plus de 33 minutes ; mais franchement il est excellent. Un peu comme si la formation était parvenue à puiser la quintessence de Llama Farmers, Stereolab, Arcade Fire, Broken Social Scene, Belle & Sebastian et Papas Fritas. Les harmonies vocales sont limpides, légères, parfois même célestes ou vaporeuses, criconstanciellement capricieuses. Les claviers tour à tour rognés, fluides, atmosphériques ou ‘cathédralesques’. La basse est propulsive (NDR : sur « Catch them all » elle emprunte même au « A town called malice » de Jam). Les riffs de guitare sont chatoyants, subrepticement psychédéliques ou encore surf. La sèche raffinée. Le tempo souvent allègre est cependant parfaitement maîtrisé. Les mélodies sont bien ficelées, parfois contagieuses. Les arrangements impressionnants, philspectoresques. Et lorsque le xylophone entre en piste, c’est pour mieux jouer sur les oscillations sonores. Un peu comme un carillon. Et on a même droit à du violon et à de l’accordéon…

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The Fashion

The Fashion

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A première écoute, l’electro/post/rock/new wave dispensé par The Fashion suscite la curiosité. Venu de nulle part, ce groupe était déjà parvenu à se faire remarquer lors du clip « Live Knives », parodie un peu trop diluée de celui de Bob Dylan intitulé « Subterranean Homesick Blues », caractérisé par son jeu de pancartes. La pochette sombre où trônent quatre couteaux, leur concède un point supplémentaire mais fait grossir le point d’interrogation. L’épreuve du visuel accomplie, qu’en reste-t-il à l’écoute ?

« Dead Boys » ouvre le bal par son pop/rock tout droit issu du Danemark, terre natale du combo. Quand on sait tout le bien que l’on pense des bands scandinaves, on est en droit d’imaginer avoir entre les mains une plaque de bonne facture. « Solo Impala » libère un parfum New Wave Revival susceptible de sortir Robert Smith de sa léthargie et vient poser dans l’escarcelle quelques bons points supplémentaires. Malheureusement, boum patatras, dès la troisième plage, la très bonne impression se transforme en réflexe guttural : ‘Beuuh !’ S’enchaînent par la suite, des morceaux de moins en moins bien ficelés, et qui peuvent être comparés à un rock teenager exaspérant au possible. Toute la fraîcheur du début de parcours vire à la solution immature. Il faut attendre la sixième piste pour récupérer le sourire et un brin d’espoir chez « Live Knives ». Proche d’un !!! ou d’un Weezer, il rebooste l’opus d’un trait énergique et puissant. L’espoir renaît, mais pas pour longtemps. Dès qu’apparaît « Alabaster », l’ambiance se plombe à nouveau et l’esprit cheap teenager refait surface à toute allure. Quand enfin surgit « Vampire With Gold Teeth », ultime essai pour remonter la pente (NDR : c’est le morceau de clôture), on sent monter en soi un sentiment de déception. Celui d’avoir misé, un peu trop vite, peut-être, sur ce mauvais cheval.

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James Deano

Le Fils du Commissaire

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Bon sang dis ! Deano, le « Branleur de Service » (titre de son maxi sorti en 2003) décide d’en finir avec l’onanisme égoïste, pour se répandre sur 17 tracks.  Le « Fils du Commissaire » s’affuble fièrement de la moustache paternelle, mais déballe un esprit d’autodérision qui lui sied à merveille. Deano est apparu dans le hip hop vers 1996, laissant de côté les accords de Metallica qu’il jouait en boucle sur sa gratte. Bien décidé à dérider la scène parfois trop austère du hip hop, il se crée un personnage atypique pour le milieu. Champion du calembour, il envahit de son charisme toutes les scènes où il se produit (en première partie de Starflam, par exemple). Armé d’un humour détonnant, il se délecte de ses propres effets de scène, et c’est en grand enfant qu’il soulève les foules, tant en Belgique qu’en France. La France d’ailleurs, où il commence à avoir, là aussi, son petit succès. Utilisateur pertinent de l’autobiographie, Deano est tellement convaincant dans ses textes qu’on arrive à croire toutes les histoires qu’il raconte. Elles sonnent toujours juste et sentent le vécu. A l’instar des tranches de vies qu’il présente, on se retrouve auditeur de notre propre vie, avec nos colères, nos bons moments et le comportement de nos potes parfois lourdauds, mais souvent attachants.

Grâce à ce premier elpee, James D se fait tailler un costume blanc hypra classe. La qualité des coutures y encercle le bon goût, la fraîcheur mais aussi la maturité. Malheureusement, difficile de garder immaculé ce genre de vêtement. Il faut avouer quelques petites tâches apparues au revers. Si des morceaux excellemment drôles comme « El Playboy », « Le Fils du Commissaire », « Les Gens sont Stressés » ou « Ma Vie de Célibataire » s’intercalent dans l’hilarité générale entre des petits bijoux tels que « Chercheur d’Univers » (au riffs puissants), « Riz Sauce Rien », « Les Femmes » et « Loin de la Vérité », il y a malgré tout, deux belles saloperies à éviter impérativement si l’on veut savourer sans aigreur l’excellente galette : « Sans Exception » et « Les Blancs ne Savent pas Danser ». Le premier s’autorise un featuring vomitif, en la personne de Diam’s. Single destiné à la promo, le second est trop commercial pour être honnête, et ne reflète absolument pas l’esprit de l’elpee. Ces deux morceaux puent l’esprit mercantile à plein nez. Mais dans le fond, pourquoi Deano n’en profiterait-il pas un peu lui aussi, pour remplir ses poches au passage ? Hormis donc, les deux horreurs précitées, cet album –pas tout à fait– hip hop, mérite plein d’encouragements et j’avoue pour ma part, lui consentir le respect !

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Bugz in the Attic

Back To Mine

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Bugz in the Attic est un collectif londonien réunissant quelques Dj’s, des producteurs et musiciens qui ne cessent d’accroître leur cote de popularité. Et pour cause, leur compiles font un tabac outre-Manche. Et en particulier leur douzième. Intitulée « Fabric Live 12 » elle était parue en 2003. Depuis, la bande à encore commis « Got the Bug : Bugz in the Attic Remixes Collection » en 2004 et « Life : Styles » en 2005. Ces Britanniques semblent surtout doués dans l’art du remix, puisqu’à ce jour, ils n’ont concocté qu’un seul véritable album : « Back in the Doghouse », en 2006. Aujourd’hui, ce collectif nous propose sa dernière compilation dansante et énergique : « Back to mine ».

Mixée par Thy Lord and Scott 1200, la compilation embrasse des influences typiquement eighties, oscillant du punk funk au hip-hop en passant par l’électro ‘classique’. Et même si les années 80 sont considérées aujourd’hui comme la décennie la plus ringarde du XXème siècle, il est pratiquement impossible de ne pas avoir un petit pincement au cœur en écoutant ce « Back to Mine » terriblement accrocheur et dont les morceaux sont impeccablement enregistrés. Bien sûr, le choix pertinent des compos fait l’originalité de ce disque aussi scintillant qu’une boule à facettes suspendue au dessus d’un John Travolta (NDR : encore qu’il a pris un sacré coup de vieux, il faut l’avouer). La mode Old School est donc parvenue à ressusciter, en l’espace de 19 titres, cette période controversée. Il y a bien quelques morceaux plus faibles ; mais ils sont largement compensés par l’une ou l’autre petite perle vivifiante signées Maximum Joy, J Dilla ou encore Rammelzee vs. K-Rob. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Bugz in the Attic prouve une fois de plus que les Britanniques ont toujours le rythme dans la peau. Désormais, il est entré dans la cour des plus grands DJ’s dont ils n’ont rien à envier. Un opus destiné aux oreilles et au corps ! Vous en aurez besoin pour danser ! Et question rythme, ça balance plutôt bien !

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Bachi Da Pietra

Non Io

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Wallace Records est un label particulier, voguant entre le dark, la noise et l’expérimental. Se choper un de leurs albums équivaut à jouer à la roulette russe. Le pire comme l’étrange sont susceptibles de vous tomber sur le crâne. Et l’on se retrouve après écoute, soit fracassé, soit miraculeusement sain et sauf… Mais pour combien de temps encore ? Nul ne le sait.

Pour Bachi de Pietra, on ne s’en sort pas si mal. C’est presque tout englué et les oreilles suintantes que l’on s’enfile « Non Io ». Un disque sombre comme ce n’est pas possible. Hantées par l’esprit ‘Cimetière un 24 décembre’, les dix plages viennent se coller aux éléments qu’elles rencontrent ; et ce au rythme de croisière n’excédant pas les 10 bpm. Telle une sangsue, le groupe dévore, avale, engloutit sous l’acide ses accords et tout élément susceptible de perturber leur lente et longue ascension. Concrètement leur musique oscille entre le pop/rock glauque et le psyché/dark sous influence. Cette bonne dose d’ambiance malsaine ne vous poussera cependant pas à vous péter la cafetière avec la seule balle insérée dans le barillet ; mais elle vous fera plutôt l’effet d’un poison qui vous envahit et vous tue à petit feu. Charmant !

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Chris Zalez

Texas Cantina

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Que devient Mike Morgan? Peu de nouvelles de ce redoutable gratteur. Il a bien filé un coup de main à l'excellent Randy McAllister, mais de Crawl il n'en est plus guère question. L’aventure avait débuté au cœur des années 80, en compagnie de l'imparable Darrell Nulish, au chant. Ce dernier sera cependant remplacé par un autre héros : le chanteur/harmoniciste de Kansas City, Lee McBee. L'aventure du Crawl enfantera une bonne dizaine d'albums et sera ponctué par un superbe elpee live, paru en 2004 : "Live in Dallas". Sur ce disque, Morgan avait reçu le concours d’un autre chanteur/guitariste : Chris Zalez. Chris est également né à Dallas. Il y vit d’ailleurs toujours. Il avait rejoint le Crawl en 2000, comme second guitariste. Il y militera quatre années. Au retour d'une tournée européenne, il fonde ses Stingers. Un ensemble responsable de deux opus : "Hotel Texas" et ce "Texas Cantina" ; autant de manifestations de son attachement au Texas. Cet elpee était paru à l’origine en août 2005. Sur le catalogue californien, Pacific Blues Recordings. Depuis fin 2006, Zalez a pris la tête des Tejas Brothers, une formation responsable d’une musique qui mêle le blues, la country, le rock'n'roll et le tex mex. Un combo impliquant l'accordéoniste Dave Perez, le bassiste John Garza et le batteur Danny Cochran. Depuis on n’a plus de nouvelles, sinon que Chris a accompagné quelques musiciens pour se produire au célèbre Moulin Blues Festival, à Ospel (NDR : c’est aux Pays-Bas). En mai de l’an dernier.

Mais revenons à ce "Texas Cantina". Il a été enregistré le 30 juin 2003. Aux studios Fort Horton, à Austin. Par le maître des lieux : Billy Horton. Il est épaulé par Jon Bradley à la basse acoustique, Philip Law à la batterie et un certain Christian Dozzler au ivoires (souvenez-vous, ce longiligne pianiste avait sévi au sein du Mojo Blues Band autrichien).

Dès les premiers soubresauts d’"I love you honey", le rythme est soutenu. Et on se rend compte du rôle important que jouait Chris sur le fameux "Live in Dallas". Sa voix est nasillarde et plutôt aiguë. Vivace et virevoltante sa guitare se lâche dès que le piano tout en boogie de Dozzler se retire. Le swing des Stingers manifeste beaucoup de légèreté tout au long de "Knockin' blues", une plage aux accents West Coast. Le chant expressif et les cordes vibrantes rivalisent de talent devant le saxophone baryton de Jeremy Fuller. Excellent! "Justine" est un rock'n'roll dont l’impact est direct. Dozzler se déchaîne sur ses touches d'ivoire. Pas de fioritures, mais du concret. Tout le monde se balance de la tête aux pieds. "Never let you go" est un titre funky interprété par le trio de base. La guitare occupe tout l'espace, empruntant au passage quelque inspiration à Albert Collins et Stevie Ray Vaughan, tout en préservant son originalité et sa personnalité. Shuffle à la texane, "Sugar mama" coule de source et déborde d'énergie. La section rythmique porte son leader. Dozzler se démène. A cet instant, Zalez se retrouve plongé dans la chaude ambiance du Crawl. Signée Albert Collins, "All about my girl" est une plage instrumentale. Le niveau reste élevé. Issu de la plume de Christine Kittrell, "Sittin' & drinkin" campe un blues lent sévèrement contaminé par le Chicago southside. Les acteurs prennent beaucoup de plaisir tout au long de cette compo chargé de feeling. Autre cover, le "I'm in love" de Little Milton est un rock'n'roll direct conduit à la manière de Little Richard. Armé de sa slide, Chris chante le "Give me a break" de Chuck Willis. Il y est convaincant. Bénéficiant du concours décisif du piano sautillant, ce morceau rappelle également le Crawl. Impossible de passer sous silence le blues lent "All my love". Un titre abordé comme seul un Texan peut le faire. Saturée d’émotion, la guitare est insatiable. Dès que le leader s'éloigne du micro, elle se libère et autorise même Chad Pope, invité comme guitariste à le rejoindre. Il se retire sur "Something right for me". C'est le cas de le dire : un pur rockabilly, rehaussé par le soutien du spécialiste Billy Horton, à la basse acoustique. Un très bon album! 

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Rykarda Parasol

Our hearts first meet

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Rykarda Parasol est californienne. De San Francisco, très exactement. Avant d’enregistrer ce premier elpee, elle avait sorti un Ep, en 2003 (« Here She Comes »). Ce qui impressionne d’abord c’est la voix de Rykarda. Dont le timbre ou les inflexions peuvent évoquer tour à tour Polley Jean Harvey, Johnette Napolitano, Patti Smith, Siouxsie Sioux et Marlene Dietrich. Cette amplitude lui permet de libérer tantôt son amertume, tantôt sa sensualité. Mais aussi de les étouffer. Et puis les lyrics. Poétiques, romantiques, sombres, de mauvaise augure, morbides, trahissant la solitude ou la compassion et même la vengeance. Musicalement, Parasol puise ses influences chez une multitude d’artistes. Et elle les affiche même clairement sur son site MySpace. Mais après avoir écouté cet opus, P.J. Harvey, Nick Cave, 16th Horsepower et Siouxsie & The Banshees me semblent quand même les plus évidentes. Sa musique est donc manifestement gothique. Ce qui ne l’empêche pas de proposer, tout au long de « Our hearts first meet », 15 plages au profil distinct. Depuis le rampant et spectral « Hannah Leah » au minimaliste « James, don’t go back » (NDR : sa voix, son piano et un violoncelle), en passant par le superbe et très électrique « Night on red river », l’indolent et confident « Weeding time » (Cowboy Junkies, Mazzy Star ?), le post punk tribal « Arrival, a rival », le bouleversant « En route », sorte de prière mid tempo, qu’elle avait écrite lors des obsèques d’un de ses amis, un morceau tapissé de claviers ‘manzarekiens’ ainsi que d’un piano sonore, virevoltant et énigmatique. Sans oublier le boogie lancinant « Lonesome place », caractérisé par la présence d’un bottleneck, le feutré « Texas midnight radio » (ces drums jazzyfiants) et la valse « Weeding », dont la steel apporte des accents country. Non seulement cet album est remarquable, mais cette artiste est à suivre de très près.

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The Mae-Shi

Hlllyh

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Si Robert Plant avait voulu se recaser au sein d’un groupe contemporain, c’est certainement pour The Mae-Shi qu’il aurait opté. Car s’il existe bien un point commun entre le vocaliste du chanteur mythique de Led Zeppelin et Erza, c’est bien leur capacité à monter dans les aigus. Depuis sa fondation, c'est-à-dire en 2002, la formation américaine écume les concerts. Elle est également responsable de nombreux Ep’s. Après avoir signé sur le label Moshi Moshi en 2007, le quatuor enregistre donc ce premier elpee.

Quoique fondamentalement rock, la musique de ce combo américain n’hésite pas à puiser dans le punk, la noise et même l’électro pour se forger son propre style. En poussant un peu le bouchon, on pourrait imaginer une forme de Led Zep sous acide. Sur des titres comme « The Melody » ou encore « Run to your grave » (NDR : le magazine Pitchfork la considère comme la chanson pop ‘parfaite’), l’électro vintage rappelle ce vieux clavier Casio sur lequel vous ne cessiez de jouer, tout gamin. Et contrairement à ce que vous pouvez penser, le résultat est loin d’être ringard. Ces sons primaires libèrent une fraîcheur insoupçonnée tout au long de ces deux petits bijoux sculptés dans la pop. Et il faut croire que The Mae-Shi est occupé de donner une nouvelle vie aux bidouillages électroniques. Pourtant, d’autres compos affichent un profil beaucoup plus violent. Plus punk. A l’instar de « Party Politics », véritable tourbillon frénétique qui vous scotche sur place par sa puissance. Mais sans oublier d’y insérer une touche d’humour. Car de l’humour, la formation n’en manque pas et en consomme généreusement au fil de ce « Hlllyh »! Pourtant le titre le plus intéressant de cette œuvre est également le plus paradoxal : « Kingdom Come ». Un véritable hymne à la techno de Detroit d’une durée de onze minutes. Un titre dansant, transcendant, époustouflant même, qui devrait faire un malheur sur les dancefloors. Sans oublier le titre maître. Une petite bombe. Elle est à prendre comme elle vient : en pleine tronche !

Personnellement, j’estime que The Mae-Shi est une des premières révélations de l’année 2008. Un disque d’excellent facture, chargé d’intensité et propice au défoulement. D’ailleurs, pour l’instant, il me rend complètement marteau et est occupé de me chambouler le cerveau (NDLR : ça rime !).

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Dome La Muerte and The Diggers

Dome La Muerte and The Diggers

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Dome La Muerte est italien. De Pise, très exactement. Un chanteur/compositeur/guitariste qui s’est forgé une solide réputation au sein du légendaire CCM, une formation qui avait bénéficié du concours de Jello Biafra à la production. Il porte d’ailleurs plusieurs casquettes, puisqu’il a également fondé Hush et sévit comme guitariste chez No Moving. Sans oublier son implication dans la composition de bande sonore pour le théâtre et le cinéma. Son nouveau projet répond donc au patronyme de Dome La Muerte and The Diggers. Il a choisi d’appeler son band les Diggers, en hommage au mouvement anticapitaliste, né vers 1966-68 du côté de San Francisco (NDR : un mouvement lui-même inspiré par une philosophie apparue à la fin du XIXème siècle). Bref, on comprend mieux pourquoi il est dans la manche d’Eric Reed Boucher alias Jello Biafra. L’ex Dead Kennedys n’a cependant pas collaboré à l’enregistrement de cet opus, mais bien le boss des Fuzztones, Rudi Protudi. Il joue de l’harmonica sur un titre et apporte ses backing vocaux à deux autres, dont la cover des Yardbirds, « Heart full of soul ». Parmi les autres guests, figurent la pianiste Maria Severine (Not Moving), dont les accords aux ivoires roulent tout au long du titre d’ouverture, « Get ready », et puis Mikefuecos (Los Fuecos) responsable des percus sur la ballade mid tempo hantée de chœurs hululés « You shine on me », une compo qui aurait pu figurer au répertoire des Stones, fin des sixties/début des seventies s’il n’y avait l’impétuosité des guitares. Car la majorité de l’opus trempe dans un garage/r&b/punk malsain et incendiaire. Une référence ? Le J. Geils Band. Encore qu’en finale, la reprise du célèbre « Cold turkey » de Plastic Ono Band, emprunte un tempo nettement plus ‘stoogien’. Bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que cet elpee déménage…

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