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Chroniques

James Deano

Le Fils du Commissaire

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Bon sang dis ! Deano, le « Branleur de Service » (titre de son maxi sorti en 2003) décide d’en finir avec l’onanisme égoïste, pour se répandre sur 17 tracks.  Le « Fils du Commissaire » s’affuble fièrement de la moustache paternelle, mais déballe un esprit d’autodérision qui lui sied à merveille. Deano est apparu dans le hip hop vers 1996, laissant de côté les accords de Metallica qu’il jouait en boucle sur sa gratte. Bien décidé à dérider la scène parfois trop austère du hip hop, il se crée un personnage atypique pour le milieu. Champion du calembour, il envahit de son charisme toutes les scènes où il se produit (en première partie de Starflam, par exemple). Armé d’un humour détonnant, il se délecte de ses propres effets de scène, et c’est en grand enfant qu’il soulève les foules, tant en Belgique qu’en France. La France d’ailleurs, où il commence à avoir, là aussi, son petit succès. Utilisateur pertinent de l’autobiographie, Deano est tellement convaincant dans ses textes qu’on arrive à croire toutes les histoires qu’il raconte. Elles sonnent toujours juste et sentent le vécu. A l’instar des tranches de vies qu’il présente, on se retrouve auditeur de notre propre vie, avec nos colères, nos bons moments et le comportement de nos potes parfois lourdauds, mais souvent attachants.

Grâce à ce premier elpee, James D se fait tailler un costume blanc hypra classe. La qualité des coutures y encercle le bon goût, la fraîcheur mais aussi la maturité. Malheureusement, difficile de garder immaculé ce genre de vêtement. Il faut avouer quelques petites tâches apparues au revers. Si des morceaux excellemment drôles comme « El Playboy », « Le Fils du Commissaire », « Les Gens sont Stressés » ou « Ma Vie de Célibataire » s’intercalent dans l’hilarité générale entre des petits bijoux tels que « Chercheur d’Univers » (au riffs puissants), « Riz Sauce Rien », « Les Femmes » et « Loin de la Vérité », il y a malgré tout, deux belles saloperies à éviter impérativement si l’on veut savourer sans aigreur l’excellente galette : « Sans Exception » et « Les Blancs ne Savent pas Danser ». Le premier s’autorise un featuring vomitif, en la personne de Diam’s. Single destiné à la promo, le second est trop commercial pour être honnête, et ne reflète absolument pas l’esprit de l’elpee. Ces deux morceaux puent l’esprit mercantile à plein nez. Mais dans le fond, pourquoi Deano n’en profiterait-il pas un peu lui aussi, pour remplir ses poches au passage ? Hormis donc, les deux horreurs précitées, cet album –pas tout à fait– hip hop, mérite plein d’encouragements et j’avoue pour ma part, lui consentir le respect !

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Bugz in the Attic

Back To Mine

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Bugz in the Attic est un collectif londonien réunissant quelques Dj’s, des producteurs et musiciens qui ne cessent d’accroître leur cote de popularité. Et pour cause, leur compiles font un tabac outre-Manche. Et en particulier leur douzième. Intitulée « Fabric Live 12 » elle était parue en 2003. Depuis, la bande à encore commis « Got the Bug : Bugz in the Attic Remixes Collection » en 2004 et « Life : Styles » en 2005. Ces Britanniques semblent surtout doués dans l’art du remix, puisqu’à ce jour, ils n’ont concocté qu’un seul véritable album : « Back in the Doghouse », en 2006. Aujourd’hui, ce collectif nous propose sa dernière compilation dansante et énergique : « Back to mine ».

Mixée par Thy Lord and Scott 1200, la compilation embrasse des influences typiquement eighties, oscillant du punk funk au hip-hop en passant par l’électro ‘classique’. Et même si les années 80 sont considérées aujourd’hui comme la décennie la plus ringarde du XXème siècle, il est pratiquement impossible de ne pas avoir un petit pincement au cœur en écoutant ce « Back to Mine » terriblement accrocheur et dont les morceaux sont impeccablement enregistrés. Bien sûr, le choix pertinent des compos fait l’originalité de ce disque aussi scintillant qu’une boule à facettes suspendue au dessus d’un John Travolta (NDR : encore qu’il a pris un sacré coup de vieux, il faut l’avouer). La mode Old School est donc parvenue à ressusciter, en l’espace de 19 titres, cette période controversée. Il y a bien quelques morceaux plus faibles ; mais ils sont largement compensés par l’une ou l’autre petite perle vivifiante signées Maximum Joy, J Dilla ou encore Rammelzee vs. K-Rob. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Bugz in the Attic prouve une fois de plus que les Britanniques ont toujours le rythme dans la peau. Désormais, il est entré dans la cour des plus grands DJ’s dont ils n’ont rien à envier. Un opus destiné aux oreilles et au corps ! Vous en aurez besoin pour danser ! Et question rythme, ça balance plutôt bien !

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Bachi Da Pietra

Non Io

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Wallace Records est un label particulier, voguant entre le dark, la noise et l’expérimental. Se choper un de leurs albums équivaut à jouer à la roulette russe. Le pire comme l’étrange sont susceptibles de vous tomber sur le crâne. Et l’on se retrouve après écoute, soit fracassé, soit miraculeusement sain et sauf… Mais pour combien de temps encore ? Nul ne le sait.

Pour Bachi de Pietra, on ne s’en sort pas si mal. C’est presque tout englué et les oreilles suintantes que l’on s’enfile « Non Io ». Un disque sombre comme ce n’est pas possible. Hantées par l’esprit ‘Cimetière un 24 décembre’, les dix plages viennent se coller aux éléments qu’elles rencontrent ; et ce au rythme de croisière n’excédant pas les 10 bpm. Telle une sangsue, le groupe dévore, avale, engloutit sous l’acide ses accords et tout élément susceptible de perturber leur lente et longue ascension. Concrètement leur musique oscille entre le pop/rock glauque et le psyché/dark sous influence. Cette bonne dose d’ambiance malsaine ne vous poussera cependant pas à vous péter la cafetière avec la seule balle insérée dans le barillet ; mais elle vous fera plutôt l’effet d’un poison qui vous envahit et vous tue à petit feu. Charmant !

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Chris Zalez

Texas Cantina

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Que devient Mike Morgan? Peu de nouvelles de ce redoutable gratteur. Il a bien filé un coup de main à l'excellent Randy McAllister, mais de Crawl il n'en est plus guère question. L’aventure avait débuté au cœur des années 80, en compagnie de l'imparable Darrell Nulish, au chant. Ce dernier sera cependant remplacé par un autre héros : le chanteur/harmoniciste de Kansas City, Lee McBee. L'aventure du Crawl enfantera une bonne dizaine d'albums et sera ponctué par un superbe elpee live, paru en 2004 : "Live in Dallas". Sur ce disque, Morgan avait reçu le concours d’un autre chanteur/guitariste : Chris Zalez. Chris est également né à Dallas. Il y vit d’ailleurs toujours. Il avait rejoint le Crawl en 2000, comme second guitariste. Il y militera quatre années. Au retour d'une tournée européenne, il fonde ses Stingers. Un ensemble responsable de deux opus : "Hotel Texas" et ce "Texas Cantina" ; autant de manifestations de son attachement au Texas. Cet elpee était paru à l’origine en août 2005. Sur le catalogue californien, Pacific Blues Recordings. Depuis fin 2006, Zalez a pris la tête des Tejas Brothers, une formation responsable d’une musique qui mêle le blues, la country, le rock'n'roll et le tex mex. Un combo impliquant l'accordéoniste Dave Perez, le bassiste John Garza et le batteur Danny Cochran. Depuis on n’a plus de nouvelles, sinon que Chris a accompagné quelques musiciens pour se produire au célèbre Moulin Blues Festival, à Ospel (NDR : c’est aux Pays-Bas). En mai de l’an dernier.

Mais revenons à ce "Texas Cantina". Il a été enregistré le 30 juin 2003. Aux studios Fort Horton, à Austin. Par le maître des lieux : Billy Horton. Il est épaulé par Jon Bradley à la basse acoustique, Philip Law à la batterie et un certain Christian Dozzler au ivoires (souvenez-vous, ce longiligne pianiste avait sévi au sein du Mojo Blues Band autrichien).

Dès les premiers soubresauts d’"I love you honey", le rythme est soutenu. Et on se rend compte du rôle important que jouait Chris sur le fameux "Live in Dallas". Sa voix est nasillarde et plutôt aiguë. Vivace et virevoltante sa guitare se lâche dès que le piano tout en boogie de Dozzler se retire. Le swing des Stingers manifeste beaucoup de légèreté tout au long de "Knockin' blues", une plage aux accents West Coast. Le chant expressif et les cordes vibrantes rivalisent de talent devant le saxophone baryton de Jeremy Fuller. Excellent! "Justine" est un rock'n'roll dont l’impact est direct. Dozzler se déchaîne sur ses touches d'ivoire. Pas de fioritures, mais du concret. Tout le monde se balance de la tête aux pieds. "Never let you go" est un titre funky interprété par le trio de base. La guitare occupe tout l'espace, empruntant au passage quelque inspiration à Albert Collins et Stevie Ray Vaughan, tout en préservant son originalité et sa personnalité. Shuffle à la texane, "Sugar mama" coule de source et déborde d'énergie. La section rythmique porte son leader. Dozzler se démène. A cet instant, Zalez se retrouve plongé dans la chaude ambiance du Crawl. Signée Albert Collins, "All about my girl" est une plage instrumentale. Le niveau reste élevé. Issu de la plume de Christine Kittrell, "Sittin' & drinkin" campe un blues lent sévèrement contaminé par le Chicago southside. Les acteurs prennent beaucoup de plaisir tout au long de cette compo chargé de feeling. Autre cover, le "I'm in love" de Little Milton est un rock'n'roll direct conduit à la manière de Little Richard. Armé de sa slide, Chris chante le "Give me a break" de Chuck Willis. Il y est convaincant. Bénéficiant du concours décisif du piano sautillant, ce morceau rappelle également le Crawl. Impossible de passer sous silence le blues lent "All my love". Un titre abordé comme seul un Texan peut le faire. Saturée d’émotion, la guitare est insatiable. Dès que le leader s'éloigne du micro, elle se libère et autorise même Chad Pope, invité comme guitariste à le rejoindre. Il se retire sur "Something right for me". C'est le cas de le dire : un pur rockabilly, rehaussé par le soutien du spécialiste Billy Horton, à la basse acoustique. Un très bon album! 

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Rykarda Parasol

Our hearts first meet

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Rykarda Parasol est californienne. De San Francisco, très exactement. Avant d’enregistrer ce premier elpee, elle avait sorti un Ep, en 2003 (« Here She Comes »). Ce qui impressionne d’abord c’est la voix de Rykarda. Dont le timbre ou les inflexions peuvent évoquer tour à tour Polley Jean Harvey, Johnette Napolitano, Patti Smith, Siouxsie Sioux et Marlene Dietrich. Cette amplitude lui permet de libérer tantôt son amertume, tantôt sa sensualité. Mais aussi de les étouffer. Et puis les lyrics. Poétiques, romantiques, sombres, de mauvaise augure, morbides, trahissant la solitude ou la compassion et même la vengeance. Musicalement, Parasol puise ses influences chez une multitude d’artistes. Et elle les affiche même clairement sur son site MySpace. Mais après avoir écouté cet opus, P.J. Harvey, Nick Cave, 16th Horsepower et Siouxsie & The Banshees me semblent quand même les plus évidentes. Sa musique est donc manifestement gothique. Ce qui ne l’empêche pas de proposer, tout au long de « Our hearts first meet », 15 plages au profil distinct. Depuis le rampant et spectral « Hannah Leah » au minimaliste « James, don’t go back » (NDR : sa voix, son piano et un violoncelle), en passant par le superbe et très électrique « Night on red river », l’indolent et confident « Weeding time » (Cowboy Junkies, Mazzy Star ?), le post punk tribal « Arrival, a rival », le bouleversant « En route », sorte de prière mid tempo, qu’elle avait écrite lors des obsèques d’un de ses amis, un morceau tapissé de claviers ‘manzarekiens’ ainsi que d’un piano sonore, virevoltant et énigmatique. Sans oublier le boogie lancinant « Lonesome place », caractérisé par la présence d’un bottleneck, le feutré « Texas midnight radio » (ces drums jazzyfiants) et la valse « Weeding », dont la steel apporte des accents country. Non seulement cet album est remarquable, mais cette artiste est à suivre de très près.

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The Mae-Shi

Hlllyh

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Si Robert Plant avait voulu se recaser au sein d’un groupe contemporain, c’est certainement pour The Mae-Shi qu’il aurait opté. Car s’il existe bien un point commun entre le vocaliste du chanteur mythique de Led Zeppelin et Erza, c’est bien leur capacité à monter dans les aigus. Depuis sa fondation, c'est-à-dire en 2002, la formation américaine écume les concerts. Elle est également responsable de nombreux Ep’s. Après avoir signé sur le label Moshi Moshi en 2007, le quatuor enregistre donc ce premier elpee.

Quoique fondamentalement rock, la musique de ce combo américain n’hésite pas à puiser dans le punk, la noise et même l’électro pour se forger son propre style. En poussant un peu le bouchon, on pourrait imaginer une forme de Led Zep sous acide. Sur des titres comme « The Melody » ou encore « Run to your grave » (NDR : le magazine Pitchfork la considère comme la chanson pop ‘parfaite’), l’électro vintage rappelle ce vieux clavier Casio sur lequel vous ne cessiez de jouer, tout gamin. Et contrairement à ce que vous pouvez penser, le résultat est loin d’être ringard. Ces sons primaires libèrent une fraîcheur insoupçonnée tout au long de ces deux petits bijoux sculptés dans la pop. Et il faut croire que The Mae-Shi est occupé de donner une nouvelle vie aux bidouillages électroniques. Pourtant, d’autres compos affichent un profil beaucoup plus violent. Plus punk. A l’instar de « Party Politics », véritable tourbillon frénétique qui vous scotche sur place par sa puissance. Mais sans oublier d’y insérer une touche d’humour. Car de l’humour, la formation n’en manque pas et en consomme généreusement au fil de ce « Hlllyh »! Pourtant le titre le plus intéressant de cette œuvre est également le plus paradoxal : « Kingdom Come ». Un véritable hymne à la techno de Detroit d’une durée de onze minutes. Un titre dansant, transcendant, époustouflant même, qui devrait faire un malheur sur les dancefloors. Sans oublier le titre maître. Une petite bombe. Elle est à prendre comme elle vient : en pleine tronche !

Personnellement, j’estime que The Mae-Shi est une des premières révélations de l’année 2008. Un disque d’excellent facture, chargé d’intensité et propice au défoulement. D’ailleurs, pour l’instant, il me rend complètement marteau et est occupé de me chambouler le cerveau (NDLR : ça rime !).

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Dome La Muerte and The Diggers

Dome La Muerte and The Diggers

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Dome La Muerte est italien. De Pise, très exactement. Un chanteur/compositeur/guitariste qui s’est forgé une solide réputation au sein du légendaire CCM, une formation qui avait bénéficié du concours de Jello Biafra à la production. Il porte d’ailleurs plusieurs casquettes, puisqu’il a également fondé Hush et sévit comme guitariste chez No Moving. Sans oublier son implication dans la composition de bande sonore pour le théâtre et le cinéma. Son nouveau projet répond donc au patronyme de Dome La Muerte and The Diggers. Il a choisi d’appeler son band les Diggers, en hommage au mouvement anticapitaliste, né vers 1966-68 du côté de San Francisco (NDR : un mouvement lui-même inspiré par une philosophie apparue à la fin du XIXème siècle). Bref, on comprend mieux pourquoi il est dans la manche d’Eric Reed Boucher alias Jello Biafra. L’ex Dead Kennedys n’a cependant pas collaboré à l’enregistrement de cet opus, mais bien le boss des Fuzztones, Rudi Protudi. Il joue de l’harmonica sur un titre et apporte ses backing vocaux à deux autres, dont la cover des Yardbirds, « Heart full of soul ». Parmi les autres guests, figurent la pianiste Maria Severine (Not Moving), dont les accords aux ivoires roulent tout au long du titre d’ouverture, « Get ready », et puis Mikefuecos (Los Fuecos) responsable des percus sur la ballade mid tempo hantée de chœurs hululés « You shine on me », une compo qui aurait pu figurer au répertoire des Stones, fin des sixties/début des seventies s’il n’y avait l’impétuosité des guitares. Car la majorité de l’opus trempe dans un garage/r&b/punk malsain et incendiaire. Une référence ? Le J. Geils Band. Encore qu’en finale, la reprise du célèbre « Cold turkey » de Plastic Ono Band, emprunte un tempo nettement plus ‘stoogien’. Bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que cet elpee déménage…

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Geoff Jardine

Once was a big man

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Geoff est né au Canada. Chanteur, drummer et parfois compositeur, il drive son propre blues band. « Once was a big man » constitue son premier opus. Il a monté son groupe à Halifax. Tout d’abord en compagnie de son ami et bassiste Paul McNeill responsable de l’écriture d’une bonne partie du répertoire, et du gratteur Bruce Timmins.

Rien de tel qu'un boogie rock pour propulser cet opus. "Boogie through the years" démontre la solidité du line up. Geoff dirige la manœuvre derrière ses fûts. Sa voix est rugueuse. Bruce Timmins se réserve les cordes, Roger Howse la slide, Gerry Carruthers le piano et Phil Potvin l'harmonica. Mais c'est la slide gémissante de Howse qui tire ici son épingle du jeu. Jardine possède un jeu percussif, plein de groove. Il chante "It's about my time", une plage signée Nick Gravenites (Electric Flag, Big Brother, etc.) Très rythmique elle lorgne vers le funk. Les compositions sont riches et séduisantes. A l’instar de "Lonely lonely lonely". Emaillée d’accès d'harmo et de piano, elle est ponctuée par l'envolée finale de Timmins. Blues lent, "High steppin' woman" est hanté par la voix très particulière de Geoff, passé à l’orgue pour la circonstance. Bruce confirme qu'il a bien assimilé les ficelles du bon gratteur de blues. "Rough dried woman " (NDR : une compo qui figurait au répertoire de Big Mac flanqué de Hubert Sumlin) est une plage imprimée sur un tempo élevé. Geoff se concentre sur les vocaux. Il cède ses baguettes à son jeune frère A.J, un musicien qui a milité pendant 23 longues années au sein du band de Dutch Mason. De brillants échanges de cordes fleurissent entre Bruce et Roger Howse. La reprise du "Ready to ride" de John Mayall (NDR : elle figurait sur l'album "Blues from Laurel Canyon, voici près de quarante ans déjà) est impeccable. Il est vrai que le vieux John constitue une des influences majeures pour Mr Jardine. Bruce se réserve un solo comme le Clapton des jeunes années. A moins que ce ne soit Mick Taylor (NDR : il figurait sur l'original. Jardine persévère dans le même style tout au long du "Something inside of me" d'Elmore James. Un blues lent et subtil balayé par l'orgue de Carruthers. On croirait entendre John Mayall et ses Bluesbreakers, au beau milieu de cette glorieuse période qui a marqué le cœur des sixties. Et je vous le confesse, la sonorité est parfaitement restituée. Bien sûr la voix est plus fatiguée, mais manifestement boostée par le british blues, la guitare s'envole vers des nouveaux sommets. Et j’avoue apprécier tout particulièrement cette compo… Je vous invite d’ailleurs de réécouter "Have you heard", un extrait de l'album "Bluesbreakers" impliquant Clapton! Très rythmé, "Gotta past people" change de registre, un morceau enrichi par le violon surprenant et offensif de Dave MacIsaac. "Pay the price" est un autre blues lent. Traversé par l’harmonica plaintif de Potvin, il nous replonge dans une atmosphère spécifique à ce type de compo. Interprété à la Mayall, "Santa Cruz" aurait pu relever du répertoire de Slim Harpo. Cet opus de toute bonne facture, s’achève par une gentille ballade intitulée "Once was a big man". Geoff a longtemps souffert de sérieux problèmes d’éthylisme. Il semble avoir remonté la pente. Et apparemment, c'est la musique qui l'a guéri. A ce titre, je lui tire mon chapeau !

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The Dø

A Mouthful

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On ne les présente déjà plus. The Dø, premier phénomène incontournable de 2008, nous offre un ouvrage d’introduction à la hauteur du buzz qui l’entoure. « A Mouthful » est un condensé exemplaire de pop à la fois euphorisante et délassante. Juste assez gentillet pour ne pas paraître trop candide et juste assez candide pour ne pas paraître trop niais. Le duo franco-finlandais joue habilement la carte de la diversité, valsant de rythmiques simples à des sonorités légèrement plus audacieuses.

La voix haut perchée d’Olivia Merilahti, qu’elle se fasse délicate (les jolis « When Was I Last Home ? », « Song For Lovers », « Searching Gold »), hargneuse (« The Bridge Is Broken », « In My Box ») ou joueuse (le M.I.A.-esque « Queen Dot Kong »), sert merveilleusement bien les compositions du couple. «  A Mouthful » est donc une œuvre si enivrante que l’on en pardonne le manque de cohérence. Quant à se lancer dans un immense bordel organisé, autant s'arranger pour que ce soit bandant…

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Arca

On ne distinguait plus les têtes

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Le poète portugais Fernando Pessoa n’a presque rien publié de son vivant. Il rangeait ses écrits dans un coffre qu’il conservait jalousement. Et ceux-ci n’ont d’ailleurs été découverts qu’après sa mort. Ce type de coffre se dit ‘arca’ en portugais. A l’instar du coffre de Pessoa, ce disque risque de rester le secret de quelques mélomanes qui seront bien inspirés d’ouvrir la boîte de Pandore.

Projet initié en 2000 par le prolifique compositeur français Sylvain Chauveau et son ingénieur du son Joan Cambon, Arca propose tout au long de ce troisième album une expérience sonore digne d’intérêt, naviguant sur des eaux plutôt calmes. De paysages engourdis, voire neurasthéniques, émerge la voix de Sylvain Chauveau, douce et posée (le très beau « Sunday Negative »). Une tension bienvenue finit, au terme du voyage, par nous arracher à notre torpeur, le temps d’un « 1957 » hypnotique et furieux et d’un « Nyodene » d’apocalypse.

Chaque piste de ce court album (5 plages) se déploie ici comme un long et lent travelling sur un paysage, qu’on imagine volontiers d’hiver. Chauveau et Cambon ont d’ailleurs travaillé ensemble sur plusieurs films et confessent volontiers leur amour du Septième Art. Ainsi, la neige fige les gestes et les cœurs sur un titre tel que « Laced by the Night », pourtant tapissé d’une couche électronique évoquant le crépitement d’un feu dans la nuit.

Ce projet, le plus ‘rock’ de Sylvain Chauveau, ravira tant les amateurs de Talk Talk et de Sigur Ros que ceux du compositeur Arvo Pärt, adepte lui aussi d’une ligne claire, minimale, ponctuée de silences et de bienveillantes sonorités électroniques.

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