De son véritable nom James Galvo Parker, Galvo a milité au sein de A Dark Horse, un groupe de folk alternatif dublinois qui impliquait également Hugh Rodgers et Niall Wood. Ce chanteur et auteur-compositeur publiera son premier album, "The HeARTist", cet…

logo_musiczine

Ex-Girl Band, Gilla Band sortira son nouvel album, "Most Normal", le 7 octobre 2022. Il s'agit du troisième opus du groupe, autoproduit, enregistré et mixé par Daniel Fox aux Sonic Studios, son lieu de répétition. Pour son premier elpee sous le patronyme de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Chroniques

Left Lane Cruiser

Bring yo' ass to the table

Écrit par

Ce duo nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Mais en écoutant attentivement leur album, on finit par détecter les références de leur musique. Car manifestement, elle balayée par le souffle des collines du Nord Mississippi. A cause des sonorités dispensées. Déjantées. Réminiscentes de leurs lointains parents de chez Fat Possum! Joe Evans, alias Freddy J IV, chante et joue de la slide. Brenn Beck siège derrière sa batterie rudimentaire et sa panoplie de percussions. Difficile quand même de définir leur style. Sans trop prendre de risque on pourrait le décrire comme du heavy/boogie/punk/blues. Enumération à écrire dans l'ordre ou le désordre. Au choix. Une solution sonore manifestement primaire, sale, sans guère de production. En prise directe. Et pour cause, les prises de son en studio se sont déroulées comme si la formation affrontait son public, au sein d’un vieux juke joint enfumé. Brenn, le drummer, n’hésite jamais à en rajouter, une couche. Et même plusieurs. Il est d’ailleurs surnommé ‘Sausage paw’. Un véritable déménageur !

Frénétique et parfaitement intégrée dans le Sud profond, la musique de LLC puise donc bien des sources dans le Delta du Mississippi. Dès les premiers accords de "Wash it", la slide s'enfonce dans nos oreilles. Bien en profondeur. Elle n’en sortira plus qu’en fin de parcours. Et si d'aventure, elle s’autorise une pause, Brenn prend immédiatement le relais, histoire de nous asséner de violents coups percussifs. Un véritable enfer ! Pas le temps de reprendre son souffle et on embraie sur la plage suivante : "Set me down". Brenn doit avoir des bras en acier. La slide s'éclate. Et la pause de brève durée sert de tremplin aux deux possédés, déterminés à aller aux bout de leurs forces. Boogie ravagé, "Pork n' beans" aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Mais un ZZ Top, passé en enfer. Tout brûle en ce lieu maudit ; mais cette slide est tellement dense, qu’elle vous envoûte, vous pénètre, vous met à nu. "Big Momma" adopte un schéma semblable. Un boogie rageur, proche de la démesure. Les douze chapitres de cette aventure défilent en un éclair et sans jamais susciter le moindre ennui. Une homogénéité dans l’intensité et l’agressivité. La musique ne souffre pourtant pas d’une quelconque uniformité. La fureur constitue le dénominateur commun. Et reconnaissons qu’une plage comme "KFD" nous la ramène dans des limites plus sensibles. Brenn souffle dans un harmonica aux tonalités fantomatique. Le doigt d'acier fait vibrer les cordes, durant de brefs instants. Freddy y révèle un potentiel inattendu, empreint de délicatesse tout en surfant sur les différentes modulations de l'espace sonore. "Justify" émarge presque au punk. Enfin, surtout le chant. Le rythme épousant plutôt un Bo Didley beat. "Busket" et "Amerika" affrontent du garage punk. Le combat terminé, le tandem nous abandonne blêmes et livides. Et impossible de reprendre sa respiration. La paire impressionne lorsqu’elle se met à table. Elle avait démontré cet art culinaire, en avalant le plat de "porc et haricots". Et le confirme tout au long de "Amy's in the kitchen", une plage au cours de laquelle les riffs de la slide nous dévorent. En finale, "Heavy" reflète parfaitement son titre. Un opus à conseiller vivement aux fans des Black Keys ou encore North Mississippi All Stars. Remuez-vous, la musique continue!

Rating

The Kill Devil Hills

The drought

Écrit par

Fondé en 2003, The Kill Devil Hills compte à ce jour deux albums à son actif. Une formation australienne dont le line up est passé d’un trio à un sextet, tout comme leur musique a viré du country/folk à une formule fondamentalement plus rock. Un rock ténébreux, teinté de blues, parfois de gospel, mais qui ne renie jamais ses racines. Et pour cause, le combo a toujours recours à des instruments aussi spécifiques que la mandoline, le banjo, la sèche, la slide et surtout le violon. C’est d’ailleurs le violon qui charpente la plupart des mélodies, tantôt en les berçant d’accents introspectifs, tantôt en les dynamisant d’énergie frénétique. L’instrumentation basique apporte davantage d’intensité aux compos ; et en particulier la guitare électrique.

Manifestement TKDH est une formation australienne. Qui puise essentiellement son inspiration chez les artistes australiens. Des noms ? Hugo Race, Beast of Bourbon, Triffids, Nick Cave & The Bad Seeds ou encore Crime and the City Solution… Vous me direz que la plupart de ces gens ont plus ou moins trempé dans le même milieu. Et vous n’avez pas tout à fait tort. D’autant plus que la seule compo qui s’écarte de la ligne de conduite, “New country”, émarge au psychobilly. Celui des Cramps, bien sûr. Or, Kid Congo Powers, l’ex-drummer de la bande à Lux Interior/Poison Ivy, n’a jamais caché son admiration pour toute cette mouvance, et est souvent venu apporter son concours en ‘live’ voire en studio, pour l’un ou l’autre de ces musiciens. Vous ne serez enfin pas étonnés de savoir que le vocaliste principal, Lachlan Gurr, emprunte régulièrement les inflexions de Cave, et même le timbre. D’excellente facture, « The drought » trahit malheureusement encore trop de références évidentes à ses maîtres pour ne pas être soumis au feu de la critique. Dommage, car ce groupe possède suffisamment de talent pour tracer sa propre voie, sans pour autant renier ses racines. Ce sera sans doute son prochain challenge !

 

Rating

The Jon Butler Trio

Grand National

Écrit par

« Grand National », dans la lignée des précédents albums, respire toujours le soleil et la mer australs. La voix de Jon Butler est chaleureuse, les arrangements folks et allégés, le ton souriant. L’album ne s’effiloche pas dans la dentelle ni dans de superflues sinuosités. Il s’inscrit sans ciller dans les chemins défrichés par Ben Harper et Jack Jonson, surtout dans son très pop « Better than », single et titre d’ouverture de « Grand National ». Mais comment lui reprocher de n’avoir choisi cachet plus irréductible, lorsque la formule se révèle fraîche et radieuse ? Les mélodies évoluent avec aisance et nonchalance, acheminant l’enivrement tout au long du reggae chaloupé de « Good excuse », les riffs blues de « Daniella », les guitares slide de « Funky tonight » et le groove irrésistible de « Used to get high ». On ne peut que se laisser gagner par l’addiction d’un message battant la mesure avec autant de franchise. Dommage pour le rock suranné de « Devil Running » et « Fire in the sky », ainsi que les ballades dispensables « Caroline », « Losing you » et « Nowhere man ». Pour le reste, Grand National installe un décor funky que ne refusera aucun matin ensoleillé.

Rating

Hercules and Love Affair

Hercules and Love Affair

Écrit par

Au cours des trois dernières années, DFA (Death From Above) est incontestablement devenu un des labels les plus prolifiques. Sans doute que le travail apporté par James Murphy explique cette situation. Producteur et ingénieur du son infatigable, recruteur de génie, le Newyorkais réussit à jongler magnifiquement entre son groupe, LCD Soundsystem et son label DFA, une écurie cofondée en compagnie de son ami de longue date, Tim Goldsworthy. Un personnage qui ne vous dit peut-être pas grand-chose ; et pourtant, c’est bien lui qui a découvert Hercules and Love Affair.

Projet d’Andrew Butler, DJ et producteur de la Grande Pomme, l’homme a bénéficié du concours d’une orchestration issue de la scène underground newyorkaise ; et, cerise sur le gâteau, de la participation d’Antony, mais pour la circonstance, sans ses Johnsons. Il prête sa voix à cinq titres. Un registre que l’on ne lui connaissait pas, mais au sein duquel il se transforme, d’une façon magistrale, en un crooner androgyne. Disco. A la voix tendre et suave. Ce premier opus est éponyme. Une œuvre qui ne manque pas d’élégance. Ni de rythmes funk et disco. Dispensés à la manière d’un Bronsky Beat, ils sont ici propulsés dans le nouveau millénaire. Les voix féminines de Nomi et de Kim Ann Foxman sont imprégnées de sensualité. A l’instar des ‘Traîtresses de l’Ile du Désir,’ elles roucoulent de plaisir tout au long de « You Belong » ou encore d’« Athene », une plage dont les beats disco étourdissants, épicés de sonorités de cloches sont dynamisés par des accès de basse orgasmiques. Un univers sonore qui a bien failli faire chavirer Hercule lors de l’accomplissement de ses douze travaux. Mais il a résisté. Non sans mal ; jusqu’à ce que, Antony vienne entonner « Blind », tube herculéen déjà classé historiquement. Tracée par un Tyler Pope (!!!, LCD) bien inspiré, la ligne de basse est pure. Typiquement disco et enrichi de cuivres, le tempo serait susceptible de faire danser un mort sur un dancefloor couvert de paillettes. Ce dancefloor… Un endroit de repos éternel : mais également le vestige d’une Grèce Antique, revisitée par un producteur des temps modernes, pour célébrer une histoire d’amour et une réconciliation avec les années 80 !

A mon humble avis, « Hercules and Love Affair » risque fort de devenir le disque majeur d’une année 2008 explosive. Une énorme boule à facettes qui n’est pas prête de se décrocher et devrait continuer à tourner jusqu'à rayure du disque. Un grand moment de néo-disco que ce petit malin de Butler a reconstitué intelligemment. Mais aussi et surtout, un choix encore une fois judicieux du très très grand label DFA. Messieurs Murphy et Goldsworthy : chapeaux bas !

Pour voir la vidéo de « You belong » : http://fr.youtube.com/watch?v=T5spXHUCmWc

 

Rating

Steve Guyger

Radio blues

Écrit par

Steve Guyger nous vient de Philadelphie. Harmoniciste depuis la fin des années 60, il a découvert le blues à l’initiative de Paul Butterfield. A partir de cet instant, il s'empresse d'aller écouter les grands bluesmen de Chicago. Il y a maintenant plus de trente ans qu'il a monté son groupe : les Excellos. Il a eu le bonheur de jouer longtemps (de 1980 à 94) au sein du backing band de Jimmy Rogers. Son premier album est paru en 1997 : "Last train to Dover". Sur Blues Leaf. Il a ensuite embrayé par "Live at Dinosaur". En 98. Un disque pour lequel il avait reçu le concours de Steve Freund et Dave Maxwell. Puis par "Past life blues", l'année suivante. Un elpee paru chez Severn. Il avait également concocté "Knockin' on the devil's door". En 1996. En compagnie de son ami Paul Osher, un ancien musicien du Muddy Waters Band. Une expérience en duo qu’il renouvèlera en 2000, pour "Living legends". Son dernier elpee, il l’avait également concocté en tandem : "Down home old school country blues". Paru en 2006, il épinglait pour partenaire Richard Ray Farrell.

Pour concocter ce nouvel opus, il a reçu le concours du Texan Johnny Moeller (NDR ; un remarquable guitariste qui milite aujourd’hui chez les Fabulous Thunderbirds), du claviériste Bill Heid, du drummer Robb Stupka (un ex-Darrell Nulish Band) et de son ami et bassiste Steve Gomes. Rick Estrin, le chanteur/harmoniciste de Little Charlie and the Nightcats s’est chargé des notes consignées dans le booklet.

Johnny Moeller introduit "Lookie here" par un puissant riff sur ses cordes. Steve chante d'une voix assurée, assez proche de Charlie Musselwhite. Claire et précise, sa première intervention à l’harmo déchire l'espace sonore. Plus léger, "You're so fine" est imprimé sur un tempo assez rapide. Les musicos manifestent énormément de cohésion. Le solo de Guyger est très créatif. Très expérimenté, il sait et fait ce qu'il veut. Pour la circonstance, il chante à travers son micro astatique. Préposé aux cordes, Moeller est un plaisir permanent. Blues alangui destiné aux soirées enivrées, "Cool in the evening" s’étire en toute décontraction. Réputé pour sa technique à l'orgue Hammond, Bill Heid joue ici du piano à la manière des seigneurs de Chicago. Plage allègre, proche de la bonne humeur entretenue par le zydeco, "Little Rita" recrée les rythmes dansants des bayous de la Louisiane. Heid siège enfin derrière son orgue, pour fluidifier "I can see by your eyes", une jolie ballade bercée par le rythme nonchalant des swamps. Guyger maîtrise aussi parfaitement l'harmonica chromatique. A l’instar de "Blues won't let me be", un blues lent, superbement chanté, au cours duquel le souffle libère une tristesse infinie. Des rythmes syncopés et exotiques contaminent "School is over". Stupka les alimente de ses fûts. Les tonalités des cordes de Moeller semblent hantées par Otis Rush. Le même Stupka excelle sur "Oh Red", une plage au cours de laquelle Steve est manifestement inspiré par Sonny Boy Williamson II. Boogie blues, "Won't you come on out tonight" déménage. La section rythmique réalise un travail remarquable. Il est vrai que Gomes et Stupka ont longtemps joué ensemble derrière Darrell Nulish. Caractérisé par un rythme participatif, élaboré par Steve et Robb, "Hey little baby" lorgne manifestement vers Billy Boy Arnold. L’elpee recèle l’une ou l’autre reprise. On en retiendra une excellente version du "I'm shakin" de Rudy Toombs (NDR : célèbre pour avoir écrit "One scotch, one bourbon, one beer") et, sans surprise, "Let me hang around" de Muddy Waters, une immersion dans le Southside, au cours de laquelle Moeller se révèle à la fois explosif, insatiable et intenable. Et on n’oubliera pas les performances instrumentales opérées par Guyger sur les courtes plages instrumentales, telles qu’"Afghan rumble" ou en finale, la cover du "Honeydripper" de Joe Liggins. Un excellent album!

Rating

Charlotte’s Shadow

Eternal sleep (Ep)

Écrit par

Trio espagnol, Charlotte’s Shadow est manifestement hanté par la musique gothique du début des eighties. La cold wave aussi. Des influences qui oscillent de Cure à Bauhaus, en passant par Indochine (époque « l’Aventurier ») et Sisters of Mercy. La voix de J.Catala campe même un hybride entre Peter Murphy et Andrew Eldritch. Sur cet Ep 4 titres, la version radio de « Hush », morceau qui termine la plaque, une voix féminine vient déclamer quelques lyrics, à la manière d’Anne Clark. Bref, si leur solution sonore tient plus ou moins bien la route, elle manque singulièrement d’originalité ; et dans ces conditions sera inévitablement traitée de revivaliste…

Rating

Nick Cave

Dig, Lazarus, Dig ! ! !

Écrit par

Visiblement inspiré par l’épisode « Grinderman », Nick Cave n’avait pas concocté d’album aussi intéressant que ce « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! », depuis bien longtemps. Il faut bien dire qu’à partir de « The Boatman’s Call », les œuvres du bon Nick étaient devenues souvent dispensables et ennuyeuses. « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » est gorgé de longues plages narratives plongées dans un rock crépusculaire, rehaussé des fantastiques trouvailles sonores de Warren Ellis et des paroles toujours soignées de Nick Cave. Les chansons rappellent souvent les albums des années quatre-vingt des Bad Seeds : de la country hantée de « Your funeral, My trial » aux cauchemars industriels de « From Her to Eternity », en passant par la mélancolie de « Tender Prey » et le rock de « Henry’s Dream ». Tout n’est pas franchement réussi, comme en témoigne l’épuisant « We Call Upon the Author », mais quelques titres renouent avec le meilleur des Bad Seeds. On citera les magnifiques « Hold on to Yourself » et « Jesus of the Moon », l’hypnotique « Night Of the Lotus Eaters », le très pop « More News From Nowhere » (qui rappelle « Oh ! Deanna ») ou encore l’innovant « Midnight Man ». Une moitié d’album formidable, une autre plus dispensable, mais « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » témoigne d’une belle renaissance artistique.

 

Rating

Eddie Bo

In the Pocket with Eddie Bo

Écrit par

Probablement intrigués par la grande qualité de ses chansons, les acharnés des compilations de ‘rare funk’ y ont sûrement déjà croisé le nom d’Eddie Bo. Figure méconnue du funk de la Nouvelle Orléans, Eddie Bo a pourtant largement contribué à l’éclosion stylistique du genre. Le sort et les pratiques de plusieurs producteurs véreux ont jusqu’à ce jour, conjugué leurs efforts pour qu’Eddie Bo soit confiné dans un rôle d’auteur confidentiel. Le label espagnol Vampisoul tente de réparer cette injustice en proposant un éventail de ses 45 tours (NDR : et ils sont nombreux !), mais également des artistes qu’il a produit entre 1955 et l’aube des années 80.

Fortement influencé par Ray Charles à ses débuts, Eddie Bo ne se contentait pas d’inventer des grooves futuristes (écoutez « I Found a Little Girl » pour vous en convaincre), mais il composait aussi de superbes morceaux, portés par un style vocal original. De la pure ‘feel good music’, au groove implacable, qui peut mettre le feu à n’importe quel dancefloor. Quelques uns des 28 titres repris ici ont déjà été publiés sur les compilations « Saturday Night Fish Fry » et « New Orleans Funk », que le label Soul Jazz a consacré au funk de Crescent City. Les autres plages sont moins courantes mais tout aussi excellentes. On regrettera seulement le son quelquefois un peu limite, les bandes masters des chansons ayant été perdues (ainsi que les biens du pauvre Eddie) lors de l’ouragan Katrina. Un léger bémol qui ne doit pas empêcher les ‘funk heads’ de se ruer sur ces quelques pépites musicales.

 

Rating

Rick Slick

Legends Volume Two

Écrit par

Légende du hip hop old school, le New-yorkais d’origine anglaise Slick Rick disposait de tous les atouts pour devenir une star. De nombreux ennuis avec la justice américaine ont fichu en l’air une carrière qui s’annonçait prometteuse. Slick Rick se distinguait par son flow ultra décontracté et les histoires souvent méchantes et drôles qu’il débitait sur des beats old school. On peut même dire qu’il a largement inspiré des gens comme Jay-Z et Snoop Dog, pour n’en citer que quelques uns.

Compilé par le dj J-Love, ce disque réunit tous les classiques de Slick Rick, ainsi que quelques inédits et des collaborations, opérées notamment en compagnie de Ghostface Killah et Morcheeba. La plupart de ces titres (enregistrés entre 1985 et les années 2000) sont des tueries qui n’ont pas pris une ride ; mais on regrettera le peu de soin (sonore et informatif) accordé à cette sortie. La moitié des titres n’est pas mentionnée au sein du track listing ; en outre, certains morceaux sont quasi-inaudibles tant ils semblent avoir été repiqués sur une cassette audio miteuse. Comme si cette situation ne suffisait pas, J-Love interrompt de nombreux titres par des interjections comme ‘J-Love on the side !’ ou encore ‘My Nigger J-Love !’ : inutile et très vite énervant. C’est vraiment dommage, car Slick Rick mérite beaucoup mieux que ce ‘best of’ mal fagoté.

 

Rating

Mike Morgan

Stronger every day

Écrit par

Mike Morgan est un musicien que j’apprécie tout particulièrement. Et le Texan nous revient flanqué de son Crawl! C’est à Dallas qu’il avait fondé ce groupe. En 1986. En compagnie de Darrell Nulish. Ce dernier sera cependant remplacé en 1989, par le chanteur de Kansas City, Lee McBee. Premier album, "Raw and ready" paraîtra quelque temps plus tard. En 1990. "Live in Dallas", le dernier elpee, remontait déjà à 2004.

« Stronger every day » constitue le dixième opus du collectif. La section rythmique est constituée du drummer Brian Ferguson et du bassiste Drew Allain. Deux invités se partagent les vocaux : Lee McBee et Randy McAllister. Et leur présence n’est guère étonnante, puisqu’ils sont des amis de longue date. Cet opus recèle un seul instrumental : "Okie Dokie stomp", un morceau nous rappelant le regretté Clarence Gatemouth Brown! L’interprétation de Mike est talentueuse, rapide et concise. Pour le reste de la plaque, Mike a écrit ses compositions sur mesure en fonction des chanteurs en présence. Et tout d’abord pour lui-même ; et même s'il souffre de la comparaison avec Randy et Lee, son chant s'adapte fort bien à son style. Il travaille ses cordes vocales sur quatre titres. Tout d’abord en ouverture. Un shuffle auquel il nous a habitués depuis ses débuts : "All night". "You're the one", ensuite. Le tempo est rapide. Lee McBee est probablement préposé à l'harmonica. "The birthday song" est une autre plage rocker de toute bonne facture. La rythmique qui lui colle à la peau imprime le tempo. La guitare démarre au quart de tour. Ballade acoustique au départ sans grand intérêt, "How much more time" prend de l’ampleur en fin de parcours. Notamment lorsque Mike dispense un énorme solo tout en mélodie et en sensibilité, un exercice de style qui monte en puissance progressivement. Son ami texan et chanteur de gospel, Joe Wayne Reynolds, en assure les chœurs. Randy McAllister chante sur cinq plages. Mike lui a réservé essentiellement des ballades soul. Elles correspondant parfaitement à son profil. Randy jouit d’une voix taillée pour chanter la soul. Stefano Intelisano se charge de l’orgue pour "Where's the love", pendant que Mr Morgan affiche beaucoup de créativité et de subtilité sur les cordes. "Stronger every day" est une plage qui allie beauté, simplicité et pureté. R&B, "When I get back home" est une ballade lente comme les aimait Otis Redding. L'orgue Hammond de Mike Hanna est un tremplin idéal à la performance vocale torride de la chanteuse noire de gospel, Benita Arterberry Burns. "97 times" est plus rapide. La voix soul blue se détache nettement. Les soli de Mike brillent de mille feux. Mais c'est bien en compagnie de Lee McBee, son vieux complice, que Mike Morgan se montre sous son meilleur jour. C’est également le moment au cours duquel les compos affichent leur face la plus blues. De sa voix inimitable et si chaleureuse, Lee chante "Sweet angel", un de ces blues lumineux sortis tout droit du pays des swamps. "I cried for my baby" constitue le texas blues lent attendu et espéré. Taquiné par les courtes phrases assassines de son pote Mike, et sur fond d'orgue Hammond, Lee se fait shouter de charme. Cet opus d’excellente facture s’achève par un autre shuffle made in crawl : "Time".

 

Rating