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Earth Recordings sort une édition limitée de 4LP/8CD consacrée à Bert Jansch enrichi d’un livre de 40 pages. L’anthologie recèle 147 titres rares et inédits - des spots en direct, des sessions et des concerts complets diffusés à l'origine par la BBC.…

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Chroniques

Fuck Buttons

Street Horrrsing

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Il ne faut que quelques secondes d’écoute pour émettre un avis favorable vis-à-vis de cet elpee de Fuck Buttons. Et pourtant leur musique n’est pas facile à assimiler. Difficile, dès lors d’expliquer, pourquoi on y accroche aussi rapidement. Peut-être parce que le duo originaire de Bristol possède ce petit je ne sais quoi pour séduire instantanément. Et « Street Horrrsing », premier opus d’Andrew Hung et de Benjamin John Power, libère un florilège de sonorités expérimentales susceptible d’émerveiller. 50 minutes alliant puissance et intensité rappelant les travaux d’Autechre ou encore de Black Dice. Même le concept de la pochette est fort proche. Deux grandes références musicales qui semblent avoir fortement marqué les deux Britons.

Leur premier opus a été enregistré au sein des studios londoniens de Tim Cedar (Part Chimp) ; il a en outre reçu le précieux concours de John Cummings, un des guitaristes de Mogwai, à la production. Mais Fuck Buttons ne s’est pas contenté de tirer la quintessence de tout cet environnement. Il a fait fonctionner sa matière grise. Langoureux, visionnaire et apaisant, « Sweet Love For Planet Earth » est une invitation à la méditation. « Bright Tomorrow » plane sur des beats deep techno novateurs tout en créant de vives sensations. Agité de rythmes tribaux, « Colours Move » nous plonge dans un univers inexploré. Manifestement, Fuck Buttons possède un gros bagage technique en matière d’innovation technologique. Mais ce potentiel est auréolé d’une certaine forme de mysticisme. Et la somme de toutes ces énergies permet d’apprécier les six longues plages, sans jamais susciter la lassitude. Enfin, cette intensité est tellement contagieuse, qu’on finit par en réclamer davantage. Le duo est probablement à l’aube d’une grande carrière. Une chose est sûre, il est à suivre de très près.  

 

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Ronnie Earl

Hope radio

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Ronnie Horvath est aujourd’hui âgé de 58 ans. Il vit aujourd’hui à New York, mais a réalisé l'essentiel de son parcours musical à Boston. Il avait monté un groupe en compagnie de Sugar Ray Norcia, les Bluetones. Il a vécu son heure de gloire, lorsqu’il a remplacé Duke Robillard au sein du big band, le Roomful of Blues. Il a ensuite entamé une carrière de leader, en dirigeant ses Broadcasters. Depuis, il a aligné un nombre important d'albums. Ronnie est un guitariste respecté, vénéré même. Un esthète qui allie une profonde sensibilité et une technique irréprochable. Sa musique semble parfois presque trop parfaite et manquer de chaleur. A cause de sa recherche constante de la perfection. Ronnie ne chante pas. Il se consacre donc exclusivement à son instrument. Ce nouvel album a été concocté ‘live’, au sein des studios Wellspring Sound. A Acton, dans le Massachussetts. En avril 2007. C’est un opus instrumental. Lors des sessions, il a reçu le concours de Dave Limina au piano et à l'orgue Hammond B3, de Jim Mouradian à la basse et de Lorne Entress à la batterie. Son vieil ami Michael ‘Mudcat’ Ward intervient circonstanciellement à la basse et au piano. Tout au long de cet elpee, Ronnie étale sa connaissance et sa profonde compréhension des musiques qu'il aime : le blues d'Otis Rush, de Magic Sam et de T-Bone Walker ainsi que le jazz de Kenny Burrell et de Wes Montgomery. En outre, il reprend ici certains thèmes qu'il avait déjà abordés dans le passé.

Ronnie ouvre son concert privé en faisant la part belle au rythme et aux percussions. "Eddie 's gospel groove" nous entraîne au cœur d’un voyage proche des sphères musicales de Carlos Santana. Les interventions de Lumina à l'orgue Hammond sont superbes. "Bobby's bop" pénètre dans l’univers du jazz. Lumina se met alors dans la peau de Jimmy McGriff, tandis que Ronnie produit son flux ininterrompu de notes lumineuses. L’œuvre aligne alors une (trop) longue suite de blues lents. Des plages fort intéressantes, il faut le reconnaître, mais dont le registre rythmique souffre d’une trop grande uniformité. Ce n'est pas la première fois qu'il nous réserve son "Blues for the West side", un hommage aux gratteurs de Chicago qui ont immortalisé ce style : Magic Sam, Otis Rush, Buddy Guy, Luther Allison ou encore Luther Johnson. La transition vers la compo suivante, "I am with you", s’opère tout naturellement. Mais qu'est-ce qu'il joue divinement, ce Ronnie ? Il met son cœur et son âme au service de sa musique. "Katrina blues" ouvre une parenthèse. Earl y joue seul de la guitare acoustique. Le climat est empreint d’une grande tristesse. Guère étonnant lorsqu’on sait que les lyrics évoquent la tornade dévastatrice qui a défiguré la vieille cité de la Nouvelle Orléans. Une bonne dose de vivacité irradie "Wolf dance". La trame rythmique de base est aussi solide que celle du géant Howlin' Wolf. Ronnie se prend pour Hubert Sumlin. Il ne manque pas de panache. Lumina le seconde au piano. "Kay my dear" replonge aussitôt dans le blues bien lent. Un style très classique, institué par BB King. Bien mis en exergue, l’orgue Hammond contribue à une écoute confortable. "Blues for the homeless" adopte un même tempo. Une ancienne composition au cours de laquelle Lumina joue passionnément du B3. "Beautiful child" baigne dans la douceur et la mélancolie. Une plage très atmosphérique, magnifiée par ce véritable esthète des cordes. Plus explosif, "Blues for Otis Rush" constitue sans doute le meilleur blues de cet opus. A l’instar d’Otis, qu’il apprécie tout particulièrement, Ronnie y injecte toute sa passion et sa fougue. Ce "Hope radio" s’achève par "New gospel tune", un gospel instrumental caractérisé par ses échanges de piano et guitare. 

 

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D’Angelo

Yoda-The Monarch Of Neo-Soul

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Depuis l’an 2000 et l’album « Voodoo », on a plus de nouvelles de celui qui avait toutes les cartes en main pour devenir un personnage de la trempe de Prince ou Marvin Gaye. En fait, D’Angelo a séjourné derrière les barreaux à plusieurs reprises ; des détentions largement dues à sa consommation de drogues. C’est vraiment dommage, surtout quand on écoute cette curieuse compilation d’inédits, de reprises et d’extraits de concerts à la qualité sonore souvent discutable.

Après une parfaitement inutile intro qui rappelle (sur plus de dix minutes) les plus hauts faits d’armes du bonhomme, on entre enfin dans le vif du sujet. L’elpee s’ouvre par le très beau « Really Love », un inédit enregistré en compagnie de Questlove, l’essentiel batteur des Roots. Une ballade jazzy imparable portée par une rythmique énorme et la mélancolie chronique de D’Angelo. L’elpee recèle également des titres peu connus comme « Your Love Is So Cold », des versions live de morceaux anciens (comme le très bon « Devil’s Pie ») et des reprises soul (Roy Ayers, Al Green, Prince, Ohio Players), opérées en studio et en concert. La musique est de très bonne facture. Dommage que le son soit souvent très mauvais. L’opus s’achève par la longue impro jazzy de « Go Back 2 That thing », au cours de laquelle notre homme démontre ses ‘skills’ aux claviers et à la voix. Cet opus s’adresse donc essentiellement aux fans. Pour les autres, on les aiguillera vers « Brown Sugar » et « Voodoo », bien plus indiqués pour entrer dans l’univers du bonhomme, en attendant un hypothétique retour…

 

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Chaka Demus & Pliers

Back Off The Wall

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Au début des années nonante, Chaka Demus (le emcee) et Pliers (le chanteur romantique) avaient connu le succès international grâce à des titres comme « Tease Me » et « Murder She Wrote ». Il faut dire que les mains expertes de Sly & Robbie se chargeaient de la musique et ont permis au duo de sortir de l’underground jamaïcain pour toucher le grand public.

Presque vingt ans plus tard, la paire sort d’une semi retraite (NDR : 10 ans d’absence en fait) et concrétisent ce come-back par la confection de ce « Back Off The Wall », enregistré entre Londres et Kingston. Pas de surprises à attendre : Chake et Pliers proposent ce qu’ils font de mieux : des ballades romantiques et des morceaux plus calibrés pour les dancefloors.

Le disque s’ouvre par une belle reprise des Paragons qui laisse la part belle au flow de Chaka. L’élégant « Treat her Right » continue sur le même thème « Smooth » avant que l’auditeur soit convié à danser sur « Riding In The Front » et « Bounce It ». Ce dernier titre est d’ailleurs proposé en trois versions différentes, mais pas vraiment convaincantes. « Happy Say Yea » s’aventure aussi du côté ragga mais le mix musical mollasson nous empêche d’adhérer à la chanson. « Turn Me » revient aux thématiques ‘lover’ chères à Pliers, pour un morceau lorgnant carrément vers les productions internationales de Shaggy. Le sympathique « So Proud » recycle une vieille rythmique dancehall et apporte un peu de variété à l’album, tout comme l’innovant « Afromantic Girl », un électro funk ultra efficace auquel on décernera le prix du meilleur titre de l’album. Le grand Toots et ses Maytals sont à l’honneur sur « It’s you It’s You », un grand classique du ska enrichi de surprenants banjos. La suite de l’album se disperse entre quelques titres ragga dispensables et le plus grave « Man A Lion ». En conclusion cet elpee un peu inégal et moyen est heureusement sauvé par cinq plages de très haut niveau.

 

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Vinicio Capossela

Nel Niente Sotto Il Sole

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Fils d’Italiens immigrés en Allemagne, Vinicio Capossela s’est construit une carrière atypique au sein de sa péninsule natale. Depuis le début des années nonante, il a sorti plusieurs albums et un roman. Il est ainsi progressivement devenu un artiste populaire et très respecté auprès de ses pairs, grand écart pas toujours facile à réaliser. Double cd/dvd « Nel Niente Sotto Il Sole » est un témoignage de la tournée accomplie à la suite de la sortie de son dernier album, l’ambitieux « Ovunque Proteggi ». Une tournée qui l’a amené aux quatre coins de l’Italie, mais aussi à l’étranger. Vinicio Capossela puise énormément dans le folklore méditerranéen (et mondial), la variété italienne des années 50/60 (Carsone, Celentano), mais sa musique évoque surtout Tom Waits (période « Rain Dogs » et « Bone Machine ») ainsi que Captain Beefheart. L’homme ne se contente pas de copier ses illustres modèles ; il injecte une solide dose de personnalité dans les cavalcades démoniaques qui constituent le menu principal de ce témoignage live. Musicalement très riche, la formation qui accompagne Capossela fait parler la poudre. On est très loin des nombreux rockers italiens qui s’appliquent à singer platement leurs modèles américains et anglais. Pour pleinement apprécier la musique, la compréhension de l’italien reste tout de même essentielle, tant le soin accordé aux textes est important.

Le pendant visuel du disque aide à mieux comprendre les performances scéniques de notre homme. Elles sont éminemment visuelles et tiennent du spectacle total : ombres chinoises, déguisements empruntés au folklore sarde, scénographie soignée. Le dvd n’est pas une captation classique d’un seul concert mais plutôt un grand mélange entrecoupé de paysages mystérieux de Sardaigne et de scènes jouées dénotant une grande obsession pour la mort et les thèmes bibliques. Bref, une excellente introduction au riche univers du bonhomme.

 

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Billy Bragg

Mr Love & Justice

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Quand on parle de Billy Bragg, on pense immédiatement à son militantisme de gauche dont il a soutenu la cause au cours des années 80. Il a cependant rompu avec le parti travailliste vers 1995, le jugeant devenu trop modéré (NDR et à quitté Barking pour Dorset !) En outre, au fil du temps son inspiration s’est diversifiée ; et aujourd’hui, il en revient même, comme à ses débuts, à parler d’amour, de foi ou même de sujets plus poétiques (la plage, les océans, les falaises) ou encore totalement futiles (la rhubarbe !) Ce qui ne l’empêche pas d’encore émettre son avis sur l’un ou l’autre sujet brûlant de l’actualité (NDR : le titre final « Farm boy » évoque le départ des soldats en Irak qui abandonnent leurs femmes et leurs enfants en Angleterre…) Mais dans l’ensemble on doit admettre que la musique de BB est devenue plus pop. Particulièrement sur ce dernier opus. Un disque pour lequel Robert Wyatt est venu apporter son concours aux chœurs lors du morceau d’entrée, « I keep faith ». En général les plages sont assez fruitées, allègres et parfois même amusantes. Depuis « I almost killed you », réminiscence du folklore irlandais au superbe « The Johnny carcinogenic show », en passant par le beatlenesque « M for me », le countryfiant et entraînant (Johnny Cash) « The beach is free », le dylanesque (celui du Band avec son clavier rogné) « Sing their souls back home », la valse « You make me brave (enrichie d’un banjo ou d’une mandoline), le crazyhorsien « Something happened » (même le tempo tribal rappelle Neil Young) et le titre maître, une ballade abordée à la manière d’Elvis Costello. Douze compos en tout, ma foi, fort agréables à écouter, mais qui risquent fort de décevoir les puristes. En particulier ceux qui avaient vu en lui un symbole éternel de l’anticapitalisme, après avoir été celui de l’anti-thatchérisme.

 

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Various Artists

The Biggest Ragga Dancehall Anthems 2007

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Fidèle au rendez-vous annuel, le label Greensleeves compile des singles qui ont marqué l’année 2007 sur les dancefloors jamaïcains. Dix-huit titres et huit clips très, hum, ‘couleur locale’. Pour mieux comprendre de quoi on parle, jetez donc un coup d’œil sur l’hilarant « Hoola Hoop » de Macka Diamond et le postérieur de dimensions surréalistes de la chanteuse Barbee dans le clip « Give It Up ».

Musicalement, la compilation commence calmement par Busy Signal et Bugle. Ils partagent une même propension pour le rythme lent et des influences musicales lorgnant du côté des USA. Le jeune QQ balance son « Tek It To Them » dansant et sans prétention. Mr. Vegas se fend d’un très efficace « Tek Weh Yuhself », tandis que les toujours innovants Ward 21 proposent l’excellent et minimaliste « Bubble Like Soup ». Sans aucun doute le meilleur titre de la sélection. On est moins convaincu par le beat banal accompagnant le texte incisif de Beenie Man sur « Product Of The Ghetto ». On passera notre tour sur l’imagerie gangster de Cham et les habituelles paroles classées X de Vybz Kartel, scandées à force de vocodeur. Buju Banton se fait menaçant sur le sinistre « Crazy Talk », un morceau rappelant ses débuts. La toujours efficace Macka Diamond joue du « Hoola Hoop » et on vous renvoie au clip pour comprendre de quoi il en retourne. Le « Back It Up » de Bennie Man se penche (si l’on peut dire) sur un sujet qui passionne les emcees jamaïcains : les postérieurs féminins bien fournis. Pas vraiment un grand cru donc ! D’ailleurs, à l’une ou l’autre exception près, la qualité musicale de l’ensemble est un peu faible. Et c’est regrettable.

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Tommy Tate

I’m So Satisfied : The Complete Ko Ko Recordings and more

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Malgré une carrière entamée au milieu des années soixante, Tommy Tate n’a jamais vraiment connu le succès. Ce qui n’a pas empêché ce chanteur/compositeur talentueux de devenir une figure culte au sein des cercles de fanatiques de ‘soul music’, ses disques ayant été maintes fois piratés par des producteurs peu scrupuleux. « I’m So Satisfied » reprend la totalité des enregistrements de Tommy réalisés en faveur du label Ko Ko, ainsi que trois titres pour Stax.

Fondée par le producteur véreux Johnny Baylor, l’écurie Ko Ko avait été créée quasi exclusivement pour le chanteur Luther Ingram. Ko Ko était distribué par le légendaire label Stax et la plupart des titres étaient enregistrés dans les studios aussi légendaires Muscle Shoals, en compagnie des musiciens du cru. Vingt titres enregistrés entre 1971 et 1977, bien représentatifs de la soul telle qu’elle se pratiquait dans le sud des Etats-Unis et surtout à Memphis. L’accent est placé sur le son très direct, les ballades mid tempo richement orchestrées, la recherche mélodique et une voix très en avant, rappelant la ferveur du gospel. Hormis quelques rares incursions dans le funk et le disco, c’est le menu musical qui est proposé ici. Ce sont évidemment les morceaux qui font la différence, et ceux composés par Tommy Tate sont de toute grande qualité. Après quelques écoutes et à quelques rares exceptions, ces quelques titres se révèlent essentiels ; c’est la raison pour laquelle cet album vous est vivement conseillé…

 

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Radio Massacre International

Rain falls in grey

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Radio Massacre International compte 25 albums à son actif en 15 années d’existence. Un trio qui privilégiait, à l’origine, les expérimentations électroniques. Depuis, la formation a intégré davantage d’instrumentation basique, dans sa solution sonore semi cosmique, semi psychédélique. De la guitare, de la basse et des drums. Ne parlons pas de claviers, car RMI utilise tout ce qui lui tombe sous la main : mellotron, moog, Fender Rhodes, Hammond, synthés, et la liste est loin d’être exhaustive. Pour enregistrer « Rain falls in grey », le combo a reçu le concours de Martin Archer (saxophones, clarinette, flûte) et de Cyndee Lee Rule (violon). Un disque qui rend hommage à Syd Barrett, décédé, peu de temps avant leur entrée en studio. Un musicien auquel les musiciens vouent un véritable culte. Le titre de l’opus est d’ailleurs extrait d’une de ses chansons, « Baby Lemonade ». Musicalement, leur musique oscille à la croisée des chemins du Floyd (of course), de Hawkwind, de Tangerine Dream, d’Ash Ra Temple et de Gong. C’est d’ailleurs Daevid Allen qui s’est chargé de dessiner la superbe pochette de leur elpee. RMI est également capable de se produire dans des marathons ‘live’ de plus de deux heures et demie. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que sur les sept fragments de ce disque, quatre sont particulièrement longs. Bienvenue chez les (néo)babacools!

 

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Maurizio Pugno

That's what I found out!

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Sur la pochette de cet elpee, on peut lire ‘Featuring Sugar Ray Norcia’. Et pour l’illustrer, notre bon Ray pose auprès du modeste Maurizio. Quoi de plus naturel, car pour allécher le consommateur, il fallait mettre en place une stratégie. Or cet illustre Américain jouit d’une solide réputation. Que ce soit à la tête de ses propres Bluetones (NDR : au sein desquels militait Ronnie Earl, lors des débuts, en 1977), des Broadcasters du même Earl ou du Roomful of Blues. Maurizio est guitariste. Un Italien qui s’est révélé au sein du groupe local, Rico Blues Combo. Il y a côtoyé le chanteur/harmoniciste Rico Migliarini (NDR : ce dernier a commis quatre albums, dont le dernier "House of blues rags", a bénéficié de la participation de Sugar Ray). Il a également apporté son concours à la confection de deux albums ‘live’ du réputé Tad Robinson ; deux disques qui paraîtront bientôt.

Balisé sur un thème très jazz et swing, "Opening act" permet aux musiciens de prendre la température ambiante. Pugno est bien un guitariste versatile. Très à l'aise dans le registre, il échange des chorus avec l'organiste Alberto Marsico. Un concitoyen notoire qui impressionne sur instrument. Gio Rossi est impérial derrière ses caisses. De classe internationale, ce drummer a longtemps côtoyé Egidio Ingala et Enrico Crivallero. Sugar Ray entre en scène. Il chante d’une voix chaude et puissante "That crazy girl of mine", une plage qui swingue et jumpe. Maurizio a assimilé l'essentiel des grands gratteurs du style : Junior Watson, Kid Ramos, Alex Schultz et Hollywood Fats. Norcia chante son "Bite the dust", un slow blues ravageur. Pugno tire de ses cordes des sons originaux. Saccadée, son attaque des cordes rappelle le meilleur de Jimmie Vaughan. Norcia joue de l'harmonica acoustique sur "Keep on sailin", une chanson intimiste parcourue par le piano de Marsico. L’Italien marque puissamment le rythme tout au long du shuffle "It must be you". Ce qui permet à Sugar Ray de tirer son épingle du jeu à l’harmo. "That's what I found out" libère encore une bonne dose de swing, une plage au cours de laquelle Alberto nous réserve un remarquable solo sur l'orgue. A sein de cet écrin sonore, "A mind to give it up" constitue un autre petit bijou. Du Memphis R&B au son Stax. La section de cuivres est au complet, et surtout très présente. Le son dispensé par Pugno est saturé, dans le style du grand Albert King. La reprise d’"I love you baby" campe un shuffle louisianais explosif. Sugar emprunte les intonations de Lester. Il est soutenu par le Rico Blues Combo au grand complet. Rico Migliarini souffle dans les aigus comme Lester mais aussi Jimmy Reed. Maurizio est une nouvelle fois hanté par l’esprit de Jimmie Vaughan. Blues lent propice au corps à corps, "Take it all back baby" nous entraîne dans une ambiance fin de soirée, très T-Bone Walker. Les arrangements de cuivres rappellent les big bands de jazz. Rock'n'roll à la texane, "Louise" lorgne manifestement vers les T-Birds originels ! Remuant et d’excellente facture, "Five long legs" est davantage qu’un simple hommage. Il est même triple ! Et il est rendu à la fois au R&B des sixties, à Slim Harpo ainsi qu’à John Lee Hooker. La section de cuivres refait surface pour une version swing du "I love the life I live" de Willie Dixon. Marsico brille au piano électrique. L’elpee recèle également l’un ou l’autre instrumental intéressant. Et je pense tout particulièrement à "When my father met Charlie's uncle", une plage imprimée sur un rythme jazz manouche. Les images de Charlie Christian et de Grant Green semblent traverser constamment l’esprit de Maurizio. "Black angel" nous invite à assister à un grand spectacle auquel participeront de nombreuses et voluptueuses stripteaseuses. Et c’est l'harmo chromatique Norcia qui sonorise ce show ! L’elpee s’achève par "The preacher", une plage au cours de laquelle Alberto excelle… Un album de toute bonne facture !

 

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