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Le guitariste et chanteur nantais Tilmann dévoile le clip d’animation de « Desert Moon », troisième extrait de l’Ep Chrysalis. Les paroles de « Desert Moon » ayant été imaginées à vélo, le long des paysages d'Ardèche, le parti pris du clip est de représenter…

Le camarade X de DEMAGO

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Chroniques

Kingdom of Sorrow

Kingdom of Sorrow

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Le projet Kingdom of Sorrow est né à l’issue de la tournée accordée, outre-Manche, par Crowbar et Hatebreed, en 2005. La collaboration entre le vocaliste Jamey Jasta et le riff-master Kirk Windstein amorcée, il ne restait plus qu’à la concrétiser. Quelques mois plus tard, les deux compères s’enferment dans un studio de la Nouvelle-Orléans et donnent naissance à l’éponyme « Kingdom of Sorrow », mélange malsain de sludge pachydermique et de metal core halluciné. Si bien que la plaque pourrait séduire ceux qui jugent la musique de Hatebreed trop métronomique, et convaincre les autres, incommodés par celle de Crowbar. Certaines parties de chant on été confiées à Windstein, parfaitement à l’aise dans son nouveau rôle. Une symbiose malsaine à souhait ! Car Kingdom of Sorrow n’est ni plus ni moins qu’un savant mélange des ingrédients qui alimentent la musique des deux combos. Jasta hurle, éructe mais s’évertue néanmoins à élargir sa palette vocale. Les parties de chant sont mélodiques, mais écrasantes. L’atmosphère alterne entre plans ténébreux et hardcore. La production est néanmoins soignée. Ce qui n’est pas toujours le cas dans l’univers poisseux du sludge. En outre, le batteur Derek Kerswill dévoile un jeu technique et diablement puissant. Les amateurs de High on Fire, de Shadows Fall, et même de Pantera, devraient  trouver leur bonheur en savourant les douze fragments de cette nouvelle douceur.

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Les Savy Fav

Inches

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Le succès critique de leur dernier recueil aidant, Les Savy Fav et leur label ressortent les vieilleries du placard. « Inches », initialement publié en 2004, se refait une jeunesse quatre ans plus tard. La réédition de cette collection de singles et B-Sides ne s’adresse cependant qu’aux personnes ayant découvert Les Savy Fav au travers de « Let’s Stay Friends ». En effet, les dix-huit morceaux originels de cette compilation sont aussi intacts, bruts et féroces qu’à leur accouchement.

Extraits de neuf singles au total, parus un à un sous la coupe de neuf labels différents, « Inches » est probablement le disque qui définit les barbus new-yorkais de la manière la plus fidèle, voire la plus complète, et donne tout son sens au terme ‘Art-Punk’. De « Meet Me In the Dollar Bin » à « Rodeo » en passant par les puissants « Hold On To Your Genre », « Yawn, Yawn, Yawn » et « Knowing How The World Works », les extraits de « Inches » n’ont rien perdu en efficacité et donneront une bonne raison à tous les novices de courir se procurer l’excellent et tout frais « Let’s Stay Friends ».

 

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Richard Leo Johnson & Gregg Bendian

Who know Charlie Shoe ?

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Richard Leo Johnson est guitariste. Américain, ce virtuose du manche est constamment à la recherche de nouvelles expériences. Pour enregistrer cet album, il s’est acheté 5 guitares via eBay, à des prix n’excédant jamais les 100$. Pour lui, l’important, c’était qu’elles sonnent très différemment de tout ce qu’on peut trouver sur le marché officiel. Histoire d’en extraire les tonalités les plus originales possibles.

Leader du Mahavishnu Project (NDR : un groupe inévitablement influencé par le Mahavishnu Orchestra), Gregg Bendian est drummer et percussionniste. A ses débuts, il était vibraphoniste ! Egalement un artiste réputé. Né en 1963, il a notamment joué en compagnie de Nels Cline, Pat Metheny, Derek Bailey, Peter Brötzmann, Gary Lucas ou encore Cecil Taylor. Dans le domaine de l’expérimentation, il est aussi allumé, puisque pour concocter cet opus, il a eu recours à des percussions particulièrement et exclusivement insolites. Dont un balai, des brosses, des boîtes de conserve, des casseroles, des cruches à eau, des marches d’escalier, une planche à laver, des pots de fleurs, des tubes en métal, et j’en passe. Sans oublier les bruitages : cloches d’église, aboiements de chiens, chants d’oiseaux, etc.

Mais finalement, le résultat de tout ce bric à brac est souvent très réussi. Les 21 titres instrumentaux de cet opus sont relativement courts et naviguent quelque part entre folk, jazz, blues, roots, classique, expérimental, prog, latino et psychédélisme. Psychédélisme dans l’esprit de Syd Barrett. A cause du recours au bottleneck. Des titres minimalistes, mélodiques aventureux au cours desquels Richard privilégie la technique en picking. Parfois dans l’esprit de Django Reinhardt, surtout quand l’expression sonore vire au jazz ou au classique. Le dernier morceau de l’opus, « Forgotten lullaby » implique quand même du vibraphone. Que se réserve inévitablement Gregg, en jouant sur les oscillations sonores. Etonnant !

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Elvis’ Ghettoblaster

Love is a schizophrenic hungry monster

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Elvis Ghettoblaster est une formation dont la naissance remonte déjà à presque dix ans. Et pourtant, le quartet vient seulement d’enregistrer son deuxième album. Faut dire que la plupart des musiciens du groupe participe à d’autres projets. Et très souvent dans des styles diamétralement différents. Mais penchons-nous sur ce « Love is a schizophrenic hungry monster ». Si à l’origine leur musique était essentiellement influencée par le Velvet Underground, Pavement et le Jon Spencer Blues Explosion, aujourd’hui la palette de références s’est considérablement élargie.

Mixé par Christine Verschorren (Ghinzu, Moondog Jr, Montevideo, etc.) et Niek Meul (Das Pop), l’elpee creuse même aujourd’hui dans la techno et l’électrofunk. Mais pas seulement. La fureur des Pixies hante le vindicatif et furieux « Doll » (même si les vocaux sont aussi torturés que ceux de Marilyn Manson) et le contagieux « Love bites » est balayé par des chœurs réminiscents des Stones (NDR : pensez aux albums « Their satanic majesties request » ainsi qu’à « Beggars Banquet » et en particulier au célèbre « Sympathy for the devil »). Des chœurs que l’on retrouve sur « Fears », morceau davantage marqué par l’électro des eighties (Tubeway Army ?) ; encore que les riffs semblent parfois calqués sur le classique « I was made for loving you » de Kiss. Une électro dansante, mais encore plus frénétique sur « Die ugly girls die », abordée dans l’esprit de Suicide. Légèrement house (ces percus !), « Backseat » lorgne manifestement vers Ian Brown et surtout Happy Mondays, alors que des accords de guitares sculptés dans le funk (presque) blanc balisent la structure de « Bells ». Cosignée Fabrice Detry (Austin Lace), « Dino » est une ancienne chanson. Plus pop, elle est émaillée d’accès de guitare reggae (NDR : la griffe d’Enzo !), tout en se signalant par des vocalises à la Kaiser Chiefs. Empruntant un tempo cha-cha-cha (ces percus latino !), « Marieke » bénéficie d’orchestrations ‘tamlamotownesques’. Une expérience que n’aurait pas dénigrée un certain Devendra Banhart. Punk pop, « Radio days » marche (in)volontairement sur les traces des Buzzcoks, à moins que ce ne soit de P.I.L. (NDR : à cause des vocaux chevrotants, ‘lydonesques’), tandis que paradoxalement assez pêchu, « Linda Lee at french party » bénéficie d’une jolie mélodie. « Stoner » n’a rien de stoner. C’est même plutôt une compo franchement noisy. Digne du Jesus & Mary Chain. Deux titres ne sont pas chantés par Gregory. Tout d’abord le contagieux « Rochus parkus ». Le timbre sinusoïdal de John John colle parfaitement à cette excellente chanson, rappelant curieusement Original Mirrors. Et puis la ballade mid tempo « Champagne & Wine ». C’est Julien, le drummer, qui s’y colle. Son timbre semble hanté par Ray Davies des Kinks, mais surtout il s’y révèle un redoutable crooner. On comprend mieux ainsi pourquoi la plupart des compos de « Love is a schizophrenic hungry monster » traite des tourments de l’amour et des relations qui tournent au vinaigre. Mieux vaut le champagne et le vin. Côté bémol, on regrettera la production un peu trop brouillonne des titres les plus enlevés. Ce qui n’empêche pas cet opus de se révéler une excellente surprise…

En concert :

- 17 mai : Nuits Botanique (Brussels) + Coming Soon
- 20 juin : Coliseum (Charleroi) + Mud Flow + Yel
- 21 juin : Fête de la Musique à Liège + Superlux + The Tellers
- 26 juin : d:qliq (Luxembourg)
- 27 juin : Bear Rock Festival (Andenne)
- 17 juillet : Dour Festival
- 3 octobre : Manufactur Rock (Hannut)

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Autechre

Quaristice

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Depuis 1992, Autechre s’est imposé comme le nouveau concepteur temporel en matière de sonorités complexes. Thom Yorke considère d’ailleurs l’œuvre du duo de Sheffield comme maîtresse. Après neuf albums, « Quaristice » constitue sans doute l’opus le moins significatif de leur travail, par rapport aux excellents « Confield » et « Draft 7.30 ». Moins distordu et moins ténébreux que leurs précédents essais, « Quaristice » est à consommer morceau après morceau, et non dans son ensemble. Sean Booth et Rob Brown insistent bien sur le fait que les vingt titres sont autant de leçons à expérimenter. Mais si la technique semble ici primer, il n’en reste pas moins que leur nouvel essai est également le plus accessible. Et pour cause, ils ont travaillé à l’aide de leur matos utilisé en ‘live’, délaissant ainsi leur premier outil de travail, l’ordinateur.

« Altibzz », « Simmm » ou encore « Bnc Castl » sont les nouvelles recettes d’un Autechre métamorphosé. Des morceaux courts, très courts, aux beats bien moins présents et parfois même absents par rapport aux autres œuvres du duo le plus discret de la péninsule. Ce qui risque peut-être de décevoir les fans de la première heure…

N’empêche, « Quaristice » démontre une nouvelle fois tout le savoir faire et la largeur d’esprit des deux coqueluches du label anglais Warp. Pour la toute première fois, Autechre semble vouloir sortir de l’obscurantisme et du chaos au sein duquel il semblait se complaire, jusqu’à ce jour. On est souvent étonné du résultat, parfois même on se montre sceptique devant cette nouvelle orientation. En fait, tout dépendra de voir, comment la paire va maintenant transposer cette métamorphose en ‘live’. Alors, Autechre incarnerait-il le véritable symbole de la sonorité temporelle ? La question reste posée…

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White Rabbits

Fort Nightly

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« Fort Nightly » est un album qui nous vient de loin. Et nous le remercierons chaleureusement de s’être donné tout ce mal pour arriver jusqu’à nous. Oui, très chaleureusement même ! Greg Roberts (guitare et voix), Steve Patterson (piano et voix), Alex Even (guitare et voix), Adam Russell (basse), Matt ‘The Duck’ Clark (drums) et enfin Jamie Levinson (drums aussi) sont les six membres de White Rabbits et les heureux papas de ce disque qui d’Amérique tout droit nous échoit. « Fort Nightly » est la première œuvre de ce groupe issu du Midwest, mais fermement décidé à conquérir New York. Et c’est l’Amérique toute entière qui semble déjà avoir succombé à leur musique (les six amis sont déjà passés au Late Show de David Letterman).

Les présentations étant faites, venons-en à cet album, parvenu à mes oreilles, tout frétillant et plein de malice. Vous me croirez si vous le voulez, mais il s’agit là de leur premier elpee. Surprenant, n’est-ce pas ? D’autant qu’il n’est pas habituel de rencontrer un disque bénéficiant d’une unité d’atmosphère. Tous les morceaux sont dans le ton. Ils forment un univers fantastique et délirant, un univers empreint de l’exotisme inévitablement véhiculé par l’originalité de ce grand cacique qu’est « Fort Nightly ». Pour dire, rares sont ceux qui ont réussi à construire une œuvre où chaque morceau a sa place et participe au tout, en préservant cette singularité permettant aussi à chaque chanson d’exister indépendamment de l’ensemble. L’un des derniers albums qui m’avait pareillement marqué devait être « Black Market Music » de Placebo. On se montrera indulgent devant mes envolées lyriques mais j’écoute les morceaux de Greg, Steve et leur bande tout en écrivant.

« Kid on my shoulders », la première plage, livre une musique rythmée, festive et très colorée. Elle donne envie de bouger et la suite, je le crains, ne calme pas cette ardeur. Le morceau se termine par d’étranges chœurs donnant de l’envergure à une musique pourtant déjà finement ciselée. Ces chœurs reviendront, pour notre plus grand plaisir, et sauront insuffler une dimension métaphysique dans le mystérieux et lumineux « March of the Camels ». Cet opus dégage une énergie sans cesse renouvelée et une richesse dans l’écriture musicale sans jamais verser dans la confusion. Greg et ses amis jouent avec suffisamment d’aisance pour que la maîtrise dont ils font preuve ne se remarque pas. On ne sent pas de retenue dans le jeu de White Rabbits et le festival, auquel on assiste, paraît toujours naturel. Par exemple, « I Used to Complain, Now I Don’t » nous emmène sur une plage de sable fin entourée de cocotiers pour une fiesta digne d’Ibiza sans verser dans le chaos de fin de soirée. A croire que le monde merveilleux de nos amis new-yorkais ne connaît pas les gueules de bois les lendemains de veille.

Je manque de place pour communiquer tout l’enthousiasme que j’éprouve en parlant de ce groupe. Frustration ! L’unité musicale mentionnée plus haut n’a pas empêché les artistes de varier les styles et l’on ne s’ennuie jamais à écouter les pistes s’enchaîner. Je ne peux conclure sans avoir glissé un mot sur « While We Go Dancing » : sans doute le morceau le plus abouti et le plus équilibré de l’album. Une future référence dans le genre ? Arrêtons-nous là avant que ces p’tits gars n’attrapent la grosse tête ou pire, se reposent sur leurs lauriers ! Je ne serais pas impartial sans vous livrer au moins un aspect négatif. Ils ont produit treize morceaux (pour ceux qui se seront offert le CD avec les deux plages bonus), 45 minutes d’éclatement. Franchement ça passe trop vite. Bref, cet album mérite une bonne place dans toute compactothèque. Et j’ai l’impression qu’il n’est pas près d’être détrôné dans la mienne.

 

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Tom Shaka

Deep cut

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De son véritable nom Scicca, Tom Shaka est originaire du Connecticut. Agé de 55 ans, il s’est établi en Europe au cours des seventies. Il vit d’ailleurs aujourd’hui du côté de Hambourg, en Allemagne. Chanteur au timbre affûté, il se concentre essentiellement sur le blues acoustique, qu’il interprète le plus souvent en solitaire. Ses débuts discographiques remontent à 1994 ; mais ce sont les elpees "Hot ‘N spicey", un ‘live’ concocté en compagnie de Louisiana Red, et "Hit from the heart", un essai opéré en solo dès 1989 (NDR : ces disques paraîtront sur le label allemand Crosscut) qui forgeront sa carte de visite. Chez Acoustic, il avait déjà commis, "Blues blood" en 2000. En compagnie de son frère Bill. Pour la circonstance, ils avaient reçu le concours de Honeyboy Edwards et de Louisiana Red. Deux ans plus tard, il embraie par "Bless my soul", toujours en solitaire. Acoustic s’est également chargé d’une compile. Intitulée "The very best of Tom Shaka", elle réunit des extraits d’œuvres parues au cours de deux décennies ; c'est-à-dire entre 1978 et 98!

« Deep cut » marque son retour après plus de cinq ans d’absence. La solitude ne semble toujours pas le perturber pour proposer ces seize plages dont quatorze sont issues de sa plume. Tom apprécie le blues d’avant guerre. Celui de Robert Johnson, mais aussi de Charley Patton. Et il le démontre tout au long de "Gone but not forgotten" et "Rotten from the top on down". Pourtant son influence la plus palpable demeure manifestement celle de John Lee Hooker. A l’instar de "Things are changing'", le titre d’ouverture. Tom est une force de la nature. Sa stature est imposante. Sa voix puissante. Il n’a d’ailleurs pas besoin de forcer ses cordes vocales. Ce qui lui permet d’afficher une autorité naturelle. En outre, c’est un excellent guitariste. Sa voix chaude semble très proche de nous. Cette présence est manifeste tout au long de "Louisiana Gell". Elle en est même impressionnante. Il gratte ses six cordes et souffle au même moment dans son harmonica, posé sur un rack. La Louisiane est une source d’inspiration récurrente. "Swamp stomp" en est un bien bel exemple. Une certaine gravité dans la voix, il chante sur "Katrina, Katrina", les méfaits commis par le douloureux ouragan, à la cité de la Nouvelle Orléans. L'ombre de Hooker mais aussi celle de Howlin' Wolf le rattrapent sur "Mama Nature’s arms". Une plage imprimée sur un tempo boogie que n’aurait pas renié le maître! Le dialogue chant/guitare institué par John Lee Hooker ou Lightnin' Hopkins est reproduit sur "Questionnaire blues". Lors de "Danelectro man", il nous parle d’une des ses guitares préférées. Un blues lent, très classique, au cours duquel il y joue de la slide, comme un certain Muddy Waters. Shaka démontre son talent de guitariste sur deux plages instrumentales. En picking sur "Piedmont rag". Et en inoculant des vertus hispanisantes sur "Kiss of fire". "Big mouth blues" le révèle fin gratteur et talentueux harmoniciste ; et même en 'whoopin', dans l’esprit de Sonny Terry, sur "Rise up children". Artiste attachant susceptible de nous émouvoir par sa simplicité, Tom entame la fin de son parcours par "Memphis women blues" avant de nous entraîner dans son "Shaka's shack"…

 

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Joanne Robertson

The Lighter

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Joanne Robertson serait comme qui dirait née avec de la musique plein les oreilles. Originaire de Blackpool en Angleterre, elle débute sa carrière musicale en s'attaquant au piano. Elle n’est alors pas plus haute que trois pommes. Ensuite ce sera la guitare de son père qu'elle empruntera. Et puis, c'est dans le sable et les dunes de la station balnéaire de ce petit coin d'Angleterre qu'elle ira puiser son inspiration. Elle fréquente les bars ‘punk’ et ‘métal’ de la région ; mais les années d'insouciance prennent brutalement fin. La drogue venant noircir sa vie en piégeant ses amis, la jeune mélomane s'exile à Paris avant de revenir à l'Ecole d'Art de Glasgow. Elle y montera un groupe dénommé I Love Lucy qui durera un temps. Cette bande lui permettra de voyager en Amérique et de rencontrer des groupes noise. Elle décrochera finalement un master à l'UCL Slade School of Fine Art, l'école d'art de la ‘University College of London’.

« The Lighter » est le premier album solo de l'artiste. Il y a de la maturité dans la voix de Joanne et des accents très british. La voix... autant dire que tout l'album est bâti sur elle, pour elle. Le premier morceau, « Gardener », démarre tout en charme. La jeune anglaise chante vraiment bien. La musique est sobre : une guitare sèche pour accompagnement. L'univers au sein duquel Joanne nous plonge est un univers d'une douceur rare. On le croirait construit autour d'un feu de camp, sur une plage anglaise, un soir, alors que la mer se retire et le soleil est déjà sous la ligne d'horizon.

Ensuite, vient le tour de la seconde plage de l'album. Jolie, me dis-je. Mais l'atmosphère est bigrement proche de celle véhiculée dans la première chanson, pour ne pas dire identique. Le troisième morceau, sans être mauvais –loin de là– me laisse un sentiment de monotonie. Et par la suite, ce sentiment ne fera que s'accentuer ! L'ensemble du disque est répétitif. Si parfois on ressent de l'âpreté dans les accords qui rythment le chant –sous doute des réminiscences de la tournée des bars de Blackpool– il n'y a quasiment jamais un accord plus haut que l'autre, un accent un peu moins lascif qu'un autre. Ce qui est regrettable. Pris séparément, la plupart des plages de ce premier opus se laisse écouter : elles ont une indéniable qualité. Pour ma part, mon endurance fait peut-être défaut, mais j'ai eu quelques difficultés à suivre “The Lighter” d'un bout à l'autre. J'ai fini par faire autre chose, relayant le cd en bruit de fond avant de le couper pour me concentrer sur mon occupation du moment. Bref, j'aimerais être plus enthousiaste car on sent l'expérience dans la voix habitée de Joanne Robertson. Il y a des morceaux que j'apprécie comme “Gardener” ou “Lit”. Cependant, l'ensemble reste fade et ne décolle jamais. Dommage !

 

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Jason Ricci

Rocket Number 9

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La machine Delta/Electro Groove est parfaitement huilée. Ce nouvel opus est habillé d’une superbe pochette. Dominée assez nettement par la couleur rouge flamboyante, elle s’ouvre sur un assemblage assez psychédélique. Et croyez-moi, la nouvelle musique de New Blood brûle de mille feux ! Elle est même incandescente voire incendiaire. Pourtant, si le blues est bien présent, l’expression sonore embrasse une multitude d’autres horizons, oscillant du rock au punk sauvage, en passant par la country et le jazz (NDR : s’autorisant même la liberté de création d’un John Coltrane ou d’un Charlie Parker). Nonobstant la complexité de sa musique, New Blood s’attaque à un public large. Pour y parvenir, les musiciens ont intérêt à se révéler de redoutables techniciens. Et c’est tout à fait le cas. Que ce soit le chanteur/harmoniciste Jason, le guitariste Shawn Starsky, le bassiste Todd Edmunds ou le drummer Ron Sutton. La production a été confiée au Britannique John Porter, réputé pour avoir mis en forme des œuvres de BB King, Buddy Guy, Morrissey ou encore des Smiths.

L’elpee s’ouvre par une plage cruciale intitulée "The rocker". Et il faut oser ! Une compo puissante, nerveuse, agressive, libérant une énergie très punk. La palette de sonorités dispensée inouïe. C’est le gratteur Shawn qui se met le premier en évidence. Les changements de rythme sont impressionnants. Le tempo cataclysmique laisse ainsi parfois la place au silence presque complet. Les références aux drogues sont claires. Jason chante en manifestant beaucoup de fougue et de colère jusqu’à ce qu’il laisse enfin éclater l’harmonica, serré rageusement entre ses doigts. Ballade R&B, "I’m a new man" rappelle les Rolling Stones d’une certaine époque. L’importance accordée au rythme est prépondérante ; mais ce sont à nouveau les éclairs des solistes, essaimés alternativement par Shawn et Jason, qui illuminent l’espace sonore. Ricci signe “Loving eyes”. Et il est particulièrement fier de cette longue épopée atmosphérique, née d’un croisement hypothétique entre Junior Kimbrough et des Byrds (NDR : c’est ce qu’il déclare !). Encore qu’au fil des écoutes, on se demande si elle ne s’inscrit pas davantage au cœur d’une démarche tardive des Doors. Sans la voix de Morrison bien entendu. Le New Blood se mue alors en jam band susceptible de donner libre cours à son imagination. A l’infini. Jason est capable de débiter un nombre impressionnant de notes, en utilisant cette fameuse technique de l’overblowing, à laquelle il a recours régulièrement ; et cette technique lui permet d’étendre l’échelle de son instrument sur trois octaves. Recherchée, sa musique laisse la porte ouverte aux invités. A l’instar de "Dodecamedron", une page instrumentale aux accents délibérément jazz, confiée au saxophoniste californien Michael Peloquin. Son intervention flirte magistralement avec celle de l’harmonica, pendant que Buck Weed se consacre à la basse acoustique. La musique balise la ligne mélodique du jazzyfiant "Mr Satan". Un hommage éclatant à l'un de ses maîtres : Adam Gussow, le partenaire de Sterling ‘Satan’ McGhee! (NDR : le duo Satan & Adam pardi!) Bien jolie ballade, "Deliver is" embrasse sa part de douceur et de mélodie. Les échanges entre harmo et cordes sont clairs et parfaits. Blues lent presque classique, "The way I hurt myself" adopte un profil texas blues à la Stevie Ray Vaughan (NDR : si vous voyez ce que je veux dire). Jason chante passionnément ce morceau imprégné par le feeling de Starsky. Ricci est également susceptible de laisser éclater ses émotions. A l’instar d’un Charlie Musselwihte, lorsqu’il est atteint par un sentiment de désespoir. Remake d'un titre composé par Ricci, en 1996, pour son album "Down at the Juke", "Snowflakes and horses" a conservé l’influence très palpable de David ‘Malon’ Kimbrough. Il est vrai qu’à l’époque, il a vécu à Holly Springs. La musique est coriace. Sans la moindre concession, le tempo écrase tout sur son passage. Instrumentaux, "The blow zone layer", "The eternal is" ainsi que "Sonja", un morceau empreint de douceur orientale, focalisent notre attention sur la virtuosité des différents musiciens. De très bonne facture, cet opus s’achève par une réécriture d'un titre de Sun Ra, un chantre du free jazz. L’approche est semblable à celle d’un Zappa. Le vocal agressif affronte la douceur et la légèreté de l’instrumentation. Une fresque musicale étrange, récréative et tellement différente. Le blues de demain?  

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The Magnetic Fields

Distortion

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The Magnetic Fields ne lâche pas le morceau. Neuf ans après l’indispensable « 69 Love Songs » et quatre après le beaucoup moins légendaire « I », Stephin Merritt et sa bande reviennent, flanqué d’un nouvel essai hanté par l’amour du leader pour les mélodies brutes. Les premières notes de « Three-Way », plage d’ouverture de ce nouveau recueil, donnent parfaitement le ton. « Distortion » lorgne en effet de la plus délicieuse des manières vers un côté shoegaze à la Jesus & Mary Chain. Sans atteindre le brio de ces derniers, The Magnetic Fields apporte sa touche personnelle à un genre trop effacé, la formation n’ayant rien modifié à la formule gagnante née de la rencontre entre les vocalises paritaires d’un Stephen Merrill sépulcral et celle d’une Shirley Simms rayonnante. L’œuvre recèle de potentiels grands classiques comme l’estival « California Girls » où Simms étale toute son animosité envers les jeunes Californiennes ou « The Nun Litany » contant les fantasmes surprenants et indubitablement peu catholiques d’une nonne. La formation aurait cependant pu se passer de quelques frivolités telles que la fausse comptine de Nöel, « Mr. Mistletoe », et le caricatural « Zombie Boy ». Mais, dans l’ensemble, cette « Distortion » énergisante ne manquera pas de ravir les fans de la première heure.

 

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