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The Names à plein volume…

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Chroniques

Dear Leader

Radar (Ep)

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Après la sortie récente de « The Alarmist », Dear Leader a remis au goût du jour son EP « Radar », sorti peu de temps avant son quatrième opus et téléchargeable uniquement sur iTunes Music Store. Une aubaine donc pour les fans du combo de Boston. Pour rappel, Dear Leader est le projet solo d’Aaron Perrino, ancien leader de The Sheila Divine, formation qu’il a quittée en 2002. Véritable homme à tout faire, Perrino s’est entouré de trois complices pour construire cet univers sonore lyrique et emphatique, soutenu par des textes particulièrement engagés. Dans un style plutôt rock, mais alternatif, assez proche de The Autumns.

Rien de très folichon donc sur cet EP. Quatre plages dont trois récupérées de leurs précédents elpees font l’objet de remises en forme. Allongées ou remixées. En l’occurrence « Radar », titre issu du dernier album, « The Alarmist ». « Billion Served » ensuite. La version originale relève d’« All I ever wanted was tonight », opus paru en 2004. « Vigorous Cravings », encore. Un extrait du premier essai, « The good times are killing me », édité en 2003. Sans oublier un inédit : « Fang ». Une chanson qui éveille quelque peu l’intérêt du disque.  

Même si les plages choisies sont les plus représentatives de leurs elpees, il n’en reste pas moins que cet EP est plus que dispensable. Sauf peut-être pour les inconditionnels qui considèreront peut être le caprice du quatuor comme un cadeau de Saint Nicolas… Pour les autres, il constituera un boîtier de plus à ranger dans la cédéthèque.

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Underworld

Oblivion With Bells

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En associant les mots  « Transpoting » et « Born Slippy », n’importe quel moteur de recherche vous proposera la même réponse : Underworld ! Nos cerveaux s’en souviennent aussi avec un brin de nostalgie. Cependant, se rappellent-ils des galettes ayant succédé à ce morceau mi-sauvage, mi-technologique et incisif à souhait ? Le film de Dany Boyle n’était qu’un tremplin. Il a permis au trio londonien de prendre son véritable envol. Et de prolonger son aventure. Un peu comme si cette étape n’était qu’un point de rencontre avant d’aller vivre de nouvelles découvertes. Armés de leurs samplers et machines à faire vibrer les basses, le combo semble constamment déterminé à défricher son terrain sonore, un terrain balisé tout au long des 6 albums de son parcours. Prêt à déboiser à la machette, la jungle musicale recouvrant nos régions civilisées.

Underworld surprend encore ici. Il affûte de manière plus oblique le tranchant de ses armes, dépeçant par la même une ligne electro rigide. Finie l’époque d’une techno jungle coupable d’avoir mis en transe la génération clubbers ? Peut-être ! Le temps de la réelle maturité dont « Oblivion With Bells » aurait fait tinter le battant serait-il arrivé ?  Rien n’est moins sûr. Car en se la jouant electro british pop et en posant un son plus recherché et empreint de davantage d’émotion, la galette recèle de véritables petites merveilles comme « Ring Road » ou « Boy, Boy, Boy ». En outre, parmi les onze morceaux de la galette, on rencontre des plages impressionnantes d’énergie susceptibles d’arracher en notre fors intérieur un cri sauvage et ravageur (« Crocodile », « Beautiful Burnout »…) Le constat pourrait s’arrêter là, si ces lascars d’Underworld ne venaient pas inoculer un esprit minimaliste, poussant parcimonieusement sur les touches de leurs consoles, déclinant un univers beaucoup moins baroque pour le transformer, sur la fin de l’elpee, en temple new génération (« Faxed Invitation », « Good Morning », « Best Mamgu Ever »).

En analysant les différentes réactions des rédactions qui couvrent la sortie d’« Oblivion With Bells », on ne peut que souligner l’avis partagé sur la qualité des compositions et l’âme qu’il véhicule. Il est pour ma part recommandé, à quiconque voudra voyager en toute confiance vers l’univers chargé et explosif qu’il contient. Destiné à faire bouger les corps sur le tempo, il ne se contente pas d’un beat puissant, mais charge d’émotions contemplatives, les 60 minutes qui le composent et que le groupe à conçu pour nous. Louable abnégation …

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New Model Army

High

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Du line up initial de New Model Army, il ne reste plus que Justin Sullivan, le chanteur/guitariste. Robert Heaton, le drummer, est décédé des suites d’un cancer en 2004 et l’excellent guitariste Dave Blomberg, présent dans le line up depuis 1993, a quitté le navire en 2005. Faut dire que depuis l’album « The love of hopeless cause » (paru en 1993, justement), le NMA s’est plutôt fait discret. Bénéficiant du concours de la violoniste Anna Esslemont et produit par Chris Rimsey (The Rolling Stones, Killing Joke, The Cult), « High » semble enfin sonner le réveil de la formation insulaire. Et pas seulement parce que la mise en forme est aussi soignée que sur ce fameux elpee, paru 14 ans auparavant. Les guitares sont incisives, torturées, offensives. La basse riche, parfois jazzyfiantes. Mais, franchement c’est le drumming de Michael Dean (c’est aussi le percussionniste) qui balise les 12 plages de ce disque, la voix de Justin abrasant littéralement, de son timbre rocailleux, les mélodies pour les rendre hymniques. Leur mélange de folk, de rock, de new wave gothique et de punk couve, menace, gronde, se charge d’intensité, de mystère et de passion avant de laisser les refrains exprimer toute leur colère et leur émotion. Parfois même de manière explosive. J’épinglerai cependant sur cette œuvre, le contagieux et envoûtant « Rivers », le vivifiant « Wired », le lancinant « Nothing dies easy », l’intimiste et percussif « Breathing » et le final sémillant « Bloodsports ». Un excellent come-back !

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Kon and Amir

Kon and Amir Present Off Track Volume One : The Bronx

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A New York, lorsqu’on évoque le Bronx, on pense tristement aux quartiers malfamés. Les fans de sport évoqueront davantage le stade mythique des New York Yankees et ses 54 000 places assises. Quant aux littéraires, ils se remémoreront les derniers moments de la vie d’Edgar Allan Poe, passés au très renommé ‘Poe Cottage’.

Lorsqu’on parle de musique, il serait impensable de contourner deux maîtres absolus du didjeing : Kon and Amir. Originaires de Brooklyn, ces amis de longue date ont réalisé, un peu à la manière de Robert De Niro, un « Bronx Tale ». « Kon and Amir Present Off Track Volume One : The Bronx ». Un double album de pur bonheur destiné à faire vibrer vos soirées nourries au jazz/funk.

Depuis 1997, ces deux Ricains prolifiques nous régalent de leurs compilations « On Track ». Six à ce jour ! Sans oublier les deux albums : « The Cleaning » et « The Kings of Diggin’ », concoctés en compagnie du Japonais DJ Muro. Pour la série « Off Track : The Bronx », Kon and Amir ont signé chez le label londonien BBE (Dimitri From Paris, DJ Vadim). Pour 5 compiles. A venir donc Brooklyn, Queens, etc.

Véritables bibles musicales, ces New-yorkais sont parvenus par le biais de cet opus à immortaliser des titres d’artistes injustement méconnus ou méprisés. Le soldat inconnu est maintenant réputé !

Mixé par Kon, le premier disque révèle des titres aux influences ‘soul’, disco et funk. Des morceaux typiques des 60’s et 70’s. Les 14 plages à pousser à fond dans une Mustang, vous feront vivre cette époque où les juke-boxes dictaient leurs lois et les dancefloors avaient fière allure. Si un titre est à épingler, c’est manifestement le « Darling I Love You » de Jorge Santana. Grâce aux  ‘Claps, Claps’ et à une basse rebondissante, vous produirez un déhanché comme jamais réalisé auparavant. De quoi épater la galerie !

Mixé par Amir, le second disque, est malheureusement le moins accessible à l’écoute. Les titres sont d’une qualité remarquable, mais le jazz a toujours suscité de vives interrogations. Pourtant, le « Destroy the Nihilist Pic Nic » du London Experimental Jazz Quartet possède toute les caractéristiques d’un grand titre. Il procure une incroyable sensation dès le claquement des notes d’un piano fusionné aux cris d’appel d’un saxophone libre comme l’air. Mais rien à faire, ce disque passe moins bien que le précédent. Pas trop difficile, dès lors, de reprocher à Amir de ne pas être parvenu à nous coller une grosse baffe comme Kon a su le faire.

Maintenant, il ne faut pas non plus en faire tout un plat. Sur 28 titres, plus de la moitié passent très bien la rampe. Et ce n’est pas parce que l’oreille est critique qu’il ne faut pas se montrer indulgent à l’égard d’Amir. Après tout, il lui reste encore quatre chances de nous épater. Vivement la suite !

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Kinski

Down Below It’s Chaos

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En pénétrant  “Down Below It’s Chaos”, on franchit d’abord un pallier qui mène à une antichambre où un riff métal nous accueille les cordes tendues (“Cry Baby”). Il sera notre hôte pour la soirée ; il nous en fait la promesse. En écartant ensuite deux rideaux noirs, épais et lourds, on se sent littéralement engloutis dans la pièce sombre qui s’ouvre à nous. Aspirés et englués telles des mouches sur un rouleau collant prévu à cet effet, nous nous retrouvons, malgré nous, spectateurs de l’évènement. Kinski à dépassé les limites ! Celles qu’il s’infligeait lors des précédents opus, semblerait-il. Même si parfois « Rhode Island Freakout » ou « Schedule For Using Pillows and Beanbags » sur l’album « Airs Above »  (2003) semblaient être les prémices de « Down Below It’s Chaos ». Pour ce dernier essai, Kinski a décidé de chausser des chaussures de béton, s’évitant tout envol mélodique pour ne garder que le brut de la pièce. Non contents de nous décoiffer d’entrée de jeu, Kinski frise la provocation en nous invitant à goûter une douceur truffée au poivre. En l’occurrence « Boys, Was A Mad », sorte d’opéra rock onirique où l’on vient toucher le très bas, le très noir du métal. Ingénieux comme pas deux, le combo ne se laisse jamais engluer dans le tunnel visqueux du genre. En proposant au sortir de chaque hystérie musicale, un temps de repos (« Dayroom At Narita Int'l », « Argentina Tuner »,…) afin de préparer nos sens vers d’autres frissons, d’autres émotions, plus fortes, elles encore (« Hild had to catch a train », « Punching goodbye out front »,…) Parfait pour se remettre en forme, l’elpee est certainement l’enfant caché d’une centrale électrique qui se serait fait engrosser par un seau de souffre. Mélange plus que détonant…

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Rodney Hunter

Hunterville

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L’Autrichien Rodney Hunter est probablement l’un des résidents les plus énigmatiques du label G-Stone. Bien sûr, il a vu sa réputation croître grâce aux succès retentissants de ses deux créateurs Kruder et Dorfmeister. Mais le Viennois a fait ses armes depuis déjà bien longtemps, dans le monde de la musique. D’abord bassiste pour Mordbuben AG, sa carrière explosera au début des 90’s au sein du combo de hip hop Moreau. Il y effectuera des rencontres décisives pour son avenir. Et côtoiera notamment Peter Kruder, DJ DSL et Sugar B, qui le forceront à créer en compagnie de Werner Geier, son propre label Uptight. S’enchaîneront un ‘Grammy’ et des remixes pour des artistes tels que Omar, Cornershop ou encore Gravediggaz.

L’‘Hunterstyle’ est né ; et c’est en 2004 qu’il rejoint l’écurie G-Stone pour un premier album intitulé tout simplement « Hunter Files ». Influencé par Quincy Jones, Herbie Hancock ou encore Kool and the Gang, Hunter présente avec un brin de mégalomanie sa ville : Hunterville.

Coproduit par Peter Kruder, son deuxième opus mêle funk, électro, hip hop, house et dub. Et manifestement, il s’annonce très chaud sur les dancefloors. Paire de Ray Ban oblige, c’est avec la chemise dégrafée de deux boutons et les pompes cirées que l’on se précipite sous les lumières chaudes des clubs. Après des « Hunterville » chuchotés, le tempo est donné par « Huntermatic ». Titre qui vous jette sur la piste pour y suer à grosses gouttes. Brûlantes. Jusqu’à « Glamour Girl ». Véritable revival 80’s sur une reprise de Gypsy Woman, ce titre vous incite à fredonner ce ‘Ladadi Ladada’ toujours à la mode. « No Stoppin » nous rappelle les grandes heures de Marvin Gaye et de son « Sexual Healing ». De quoi nous faire rêver lorsqu’on entend le ‘Wake up, Wake up’ susurré au creux de l’oreille.

Même si les voix un peu trop R’n B, apportées par huit invités de marque, faussent légèrement l’esprit du label G-Stone, cet opus risque de devenir un des disques les plus torrides de la saison. Vu le climat et le temps maussade, on en aura grand besoin !

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Dragons

Here are the roses

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Les bras en croix, il a le teint hagard et les membres engourdis, mais concentre la hargne du survivant. Avec une précision chirurgicale, Dragons a fait renaître le spectre des regrettés Joy Division. Ambiance sombre et énigmatique d’où s’élève une voix d’outre-tombe ; la batterie martèle au métronome sur des harmoniques anxieuses et des guitares crispées. L’attente d’un paroxysme annoncé tire l’album dans une urgence souvent jouissive. Malheureusement, le contenu laisse plus perplexe. « Here are the roses » toussote des mélodies avortées. A découvert, il respire plus souvent la copie pâle, affable et surannée. Car à l’opposé d’Interpol et Editors, Dragons perd en singularité autant qu’il excelle en reconstitution. Les plus sceptiques crieront au blasphème ou à l’imposture. Les autres laisseront une chance à ce son puissant et ces références admirables. Les coutures sont solides, la force ne manque pas, mais jamais les balbutiements du disciple n’égaleront la parole du maître. Et aussi fidèles et dévoués soient les deux protagonistes de Dragons, ils effleurent autant l’anachronisme que le génie imitateur. Un album dispensable pour qui n’a pas encore exploré avec zèle les discographies de Joy Division et New Order ; curieux et intéressant pour les insatiables du mouvement, qui y trouveront une explosion de miettes cold wave au goût amer. Non, Ian Curtis n’est pas ressuscité.

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Thierry Crommen

Versions originales

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Thierry est un musicien belge. Il jouit d’une solide réputation. Agé de 48 ans, c’est un spécialiste de l'harmonica. Non seulement il possède une technique irréprochable, mais il est également très créatif. Son talent et son discernement devraient, sans aucun doute, lui permettre un jour de devenir le digne successeur de Toots Thielemans. Il joue de cette musique à bouche depuis plus de trente ans. Se maîtres répondent aux noms de Toots, bien sûr, mais également de Stevie Wonder et du Français Jean-Jacques Milteau. Il possède l'âme et le cœur du musicien mais sa tête est aussi bien faite, puisque ce psychologue est diplômé de l'université de Liège. De 1988 à 96, il a apporté sa collaboration au chanteur français Michel Fugain. Il a aussi travaillé auprès de nombreux artistes belges, parmi lesquels figurent Fred and the Healers, Clouseau, Froidebise, Pierre Rapsat et Johan Verminnen. Il y a quelques années, il a monté un trio particulièrement apprécié dans l’univers du jazz, en compagnie du guitariste Chris De Pauw et du pianiste Erno. En 2005, le contrebassiste Achim Tang est venu enrichir le line up, qui est ainsi passé à un quartet. Instrumental, cet elpee brille par sa diversité. Les compos sont toujours mélodieuses et les instruments acoustiques sont au service de l'ensemble. Les quatre acteurs manifestent une cohésion irréprochable.

Le chanteur Sanseverino vocalise et joue de la guitare manouche sur "Démolissons les mots", une plage qu’il a écrite avec Thierry. Chris De Pauw signe "Volte-face", une belle occasion pour lui de siéger derrière le piano lors d’un montage instrumental assez complexe, théâtre de changements de rythmes et d'atmosphères multiples. Au passage, Tang se divertit à la basse sur le thème hispanisant créé par le piano. D'une manière uniforme, les mélodies sont riches et accrochent instantanément l'oreille. Le tendre et doux "La marche" en est la plus belle démonstration. "Gigue de Krommenc'h" est issu de la plume de Froidebise. Un morceau allègre qui nous entraîne dans une farandole guillerette bretonne. L’éclectisme de cet opus oscille également entre la légèreté manouche ("Boplubie") au climat oriental. Sur "Zayak", tout d’abord. Un titre hypnotique issu du répertoire de Karim Baggili, un chanteur jordano-yougoslave venu colorer l’expression sonore des cordes de son oud, un luth moyenâgeux! Pour "Hora Lautareasca", ensuite. Sur des accents slaves, Karim invite l'harmoniciste américain Bill Barrett à échanger des phrases à l’instrument chromatique et diatonique. Enfin, pour ne pas oublier son long parcours opéré auprès de Michel Fugain, il accorde une version colorée et très personnelle de "Je n'aurai pas le temps". Une fresque instrumentale de grande qualité!

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Animal Collective

Strawberry Jam

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Entres les projets solos de Panda Bear, la meute d’Animal Collective à repris le chemin des cuisines afin d’y préparer dans une marmite en cuivre une recette bien perso : la confiture de fraises ! En fins stratèges du son, le combo fait passer les titres, les univers déjantés, et les compos ‘patchworkées’ sous des airs de bricoleurs tâtonnants. Mais peu de gens tombent encore dans le panneau, assurés depuis belle lurette que tout ce foutoir sonore a un sens logique, voire même méthodique. Bruitistes dans l’âme, ils semblent avoir gratté le fond de la pop folk pour enfin passer à un travail beaucoup plus mature. Fini le temps du chaos issu de potaches venus s’éclater. Les voix ont pris un sens plus posé et les mélodies sont cousues avec plus de précision. Un revirement étonnant, vu la tendance naturelle à foutre le bordel. Une situation si souvent répétée sur les précédentes galettes. Mais « Strawberry Jam » garde cet air enfantin, cette envie de soleil et d’énergie qui est un peu le fond de commerce de cette bande de potes de Baltimore. Apostrophées par des sons sortis d’on ne sait trop où, les neuf pistes se tartinent avec générosité et facilité sur le pain un peu desséché de nos vies. « Strawberry Jam » recèle, à l’instar des précédents opus, quelques petites perles à enfiler les unes derrière les autres, comme pour confectionner un collier. « Peacebone » et son intro décoiffant et hypnotique, « Unsolved Mysteries » accompagné au banjo et orgue de barbarie désarticulés, « Chores » et sa transmission d’énergie, « Fireworks » et sa chorale d’allumés… Chacune des pistes recèle sa spécialité, son cachet et ses ingrédients. Le tout mélangé et cuit à feu doux, procure bonheur, réconfort, et même pas de caries… A déguster sans la moindre modération, il va de soi …

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Abdominal

Escape From The Pigeon Hole

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‘Welcome to Toronto Brother !’, telle est l’invitation lancée par Mc Abdominal pour voyager au milieu d’une scène hip hop canadienne en plein mouvement (Ghislain Poirier, Sixtoo, Cadence Weapon). Sorti sur le label Antidote (Prince Paul, Madlib, Steinski,…) et servi par des productions d’Ugly Duckling, de Jurassic 5 et de Dj Format, « Escape from The Pigeon Hole » tire son épingle du jeu de façon plus qu’honorable. Caractérisé par ses breaks entraînants et ses samples colorés, cet album s’éloigne des productions américaines industrielles. Exit les ‘b…chs’ et les ‘ni…z’ à chaque strophe. Lorgnant vers le son de San Francisco, « Escape from The Pigeon Hole » est un album classique sans grosse surprise. Et c’est bien là que se situe le plus gros bémol. Malgré les scratches précis et rafraîchissants de Dj Dopey (champion DMC 2003), l’impression générale reste mitigée. Le manque de variété autant dans les beats que dans le flow (très peu de featurings présents) se traduit par un album fort rectiligne. On aurait préféré quelques interludes distrayants ou encore des productions s’éloignant de la Bay Area afin de donner un peu plus de consistance à l’ensemble.

Côté positif, la capacité pulmonaire de Mc Abdominal reste cependant impressionnante et se pose parfaitement sur les beats de ses compagnons de jeu. Les bonnes idées sont de mise sur la première partie de l’album et elles s’enchaînent sans la moindre faute : des productions léchées aux sonorités jazzy et funky, up ou down tempo. Classique sans jamais se prendre la tête,  « Escape from The Pigeon Hole » vous réjouira donc si vous êtes à la recherche d’une alternative hip hop loin des poncifs de la west coast. La parfaite B.O. d’un après-midi ensoleillé…


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