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Zara Larsson 25-02-2024
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Chroniques

The Spores

Imagine The Future

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Il est de ces disques assez difficiles à cerner. « Imagine The Future », premier essai de The Spores, en fait partie. Forte de ses collaborations au sein de Mondo Generator, Queens Of The Stone Age (« Songs For The Deaf ») ou avec Mark Lanegan (« Bubblegum ») ainsi que de ses prestations en première partie de la tournée européenne des Eagles of Death Metal, Molly McGuire tente aujourd’hui de s’avancer sur le devant de la scène. Bon courage… Parce qu’il y a du boulot. Sur « Imagine The Future », la jeune femme s’époumone sur treize titres complètement inégaux, entre inditeronica et un rock gothique faiblard. Sa voix nonchalante arrache toute vie au recueil qui, du coup, paraît interminable. Du répétitif « Moon Shine Down » aux décalés « Daffodil » et « Love My Mind », The Spores s’égare dans des bribes d’idées collées les unes aux autres sans la moindre uniformité ou cohérence. On imagine bien le futur, mais The Spores n’en fait pas partie.

 



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The Good, The Bad & The Queen

The Good, The Bad and The Queen

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La scène se passe dans un vieux cabaret en pleine prohibition. 3ème acte (après Gorillaz et Blur) pour Damon Albarn, chef de file d’un réseau clandestin de trafic d’harmoniques. Agissant en toute impunité, le gangster frontman aux allures de beau parleur distille son cru sur les touches poussiéreuses d’un piano délaissé. Entouré de la perle du haut banditisme représenté par Paul Simonon (ancien bassiste des Clash), Simon Tong (ancien guitariste de The Verve et présent sur le dernier album de Gorillaz) et Tony Allen (pionnier de l’afrobeat et ancien batteur de Fela Kuti), le chanteur épouse un nouveau registre. Partant dans des délires de début de siècle, les malfrats mettent leurs habits du dimanche pour élaborer une alternative sous des faux airs de ballades romantiques. Des voix d’outre-tombe retentissent sur les ventricules échauffées par le miaulement des machines, absorbées dans des escapades irréversibles (« Herculean », « The Bunting Song ») et des premiers rendez-vous adolescents (« 80’s Life »). Sur ce projet qui visait avant tout une carrière solo pour Albarn, le combo se distingue et secrète aussi bien des tubes (« History Song », « Kingdom of Doom ») que des performances dignes du grand vagabondage (« Three Changes », sur lequel excelle l’afrobeat d’Allen). L’hymne final porté par leur titre éponyme touche l’authenticité ‘sylphidique’ et clôture une histoire qui coagule sans falsification.

 

 



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The Strays

Le Futur Noir

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Après avoir parcouru le territoire américain de long en large, les poches vides et juste de quoi alimenter les scènes locales, les quatre acolytes repartent en croisade. Tirant parti de leurs fonds de placard balayés d’influences (The Replacements, The Clash, Oasis, Nirvana) aussi diverses que leurs origines (deux Américains, un Grec et un Anglais), ces égarés du droit chemin quittent la bande d’arrêt d’urgence pour faire le plein de compos inflammables. Leur prototype de la chaîne phonographique s’apparente alors à un pur produit punk (jaquette suggestive, francisation du titre et textes militants), malgré une forte odeur de rock californien. L’idée est bonne, la volonté ne manque pas (apparition du batteur Jorma Vik du groupe punk The Bronx) mais la touche personnelle se fait discrète. Le combo ne dépasse pas le stade de la carburation binaire et s’électrocute dans des circuits primaires où le courant ne passe pas. Et c’est un brin dommage.

 

 

 

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Maserati

Inventions for the new Season

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Troisième elpee pour ce quatuor américain. Mais le premier à nous parvenir. Et on le regrette bien, tellement il s'avère d'emblée intéressant. De nombreuses références viennent à l'esprit à l'écoute de cet opus instrumental célébrant surtout la six cordes. Quelques sonorités de guitare à la U2, une approche parfois héritière de la cold wave chère à Cure, l'une ou l'autre séquence très floydienne, un peu de Mogwai, etc. Même les jeunes belges de Pillow pourraient leur être apparentés. Ceci dit le post-rock néo-psychédélique de Maserati a les pieds solidement plantés dans deux influences majeures et complémentaires. A gauche l'école allemande Kraut Rock des seventies, Ash Ra Temple en tête. On retrouve les longues introductions en crescendo, les boucles répétitives et planantes, les sons en suspension et un peu de la mélancolie mystique des Teutons. A droite, Simple Minds dans ce qu'il eut de plus audacieux et intéressant. C'est-à-dire la période des expérimentations originales, qui s'acheva par le mémorable « The new gold Dream ». La première plage, « Inventions », est la parfaite illustration de cette synthèse : l'introduction s'inscrit dans la veine kraut alors que l'ombre des Minds plane dès que la rythmique s'impose. Maserati a toutefois le gros mérite de mixer ses ingrédients sans grumeaux et d'honorer ses aînés en modernisant les cadres. Le propos lumineux, suffisamment personnel et parfois très énergique du band ne souffre aucune longueur et s'avère d'une redoutable efficacité à scotcher par hypnose l'auditeur à son casque. Ce CD est une véritable et belle réussite, à conseiller sans réserve aucune.



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Jimmy & The Sleepers

Jimmy & The Sleepers

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Ce groupe de rockin' blues canadien nous vient d'Edmonton, dans l'Alberta. Il a régulièrement accompagné des bluesmen américains, lorsqu’ils tournent dans le grand Nord : Lazy Lester, Jimmy Burns, Larry Garner, etc. Le guitariste Jim Guilboche en est le leader. Dans le milieu du blues, il affiche déjà un sérieux pedigree. Il est soutenu par l’harmoniciste David Cantera, le drummer Grant Stovell, le bassiste Chris Brzezicki et le chanteur/showman Guy "Big Guy Slim" Gagne.

La musique des Sleepers est rugueuse, immédiate. Dès les premiers accords du "Snakes" de James Harman, elle éclate suivant un canevas proche de Billy Boy Arnold. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement son impact direct, sans artifice, sans fioritures. Son blues transpire le vécu. Signé Little Milton, "The blues seem to follow me" en est une belle illustration. Les notes sont dispensées sur le fil du rasoir. Ou plus exactement sur le fil de ses cordes. Jim entraîne l'harmonica gouailleur de Crawdad dans son trip. Ces deux musiciens sont de parfaits compères. Ils aiment partager la même scène. Ces Canadiens ont le don pour ficeler du west coast jump. Ils le démontrent tout au long de la cover d'un des meilleurs titres du seigneur, George Harmonica Smith, "Oopin doopin doopin". La voix de Big Guy Slim est percutante, alors que David s’éclate sur l'instrument chromatique. Pour interpréter son "Not gettin' up", Jim a invité son ami Big Dave McLean au vocaux. Etabli à Winnipeg, Dave est un des plus grands bluesmen canadiens. La reprise du "Gotta move" d'Elmore James est un nouveau sommet de l’elpee. Une version sans concession, sans doute bien plus proche d’un Hound Dog Taylor. La slide libère une sonorité terne, implacable. Le timbre de Guy est haut et puissant. Le choix du répertoire est royal. "Come on" d'Earl King écrase tout sur son passage. Pour la circonstance, Mr Guiboche grimpe dans le rouge. Quel tempérament ! Quelle chaleur ! Il remet aussitôt le couvert lors d’une adaptation hyper-speedée du "I feel so bad" d'Eddie Taylor. Lorsque les Sleepers en reviennent au répertoire d'Elmore James, c’est d’une manière bien plus classique. Et "Make a little love" en est la plus belle illustration. Ils ralentissent enfin le tempo pour attaquer un bon vieux slow blues signé Muddy Waters : "Standing around crying". Un de ses meilleurs, assurément. La rencontre entre la slide et l'harmo est un véritable bonheur. Il serait injuste de ne pas souligner la solidité de la section rythmique. Elle assure sans la moindre faille. Le traitement en shuffle et à la texane de "Sugar coated love" doit réveiller tous les swamps louisianais. Et ce n'est pas fini, car Jimmy nous réserve encore son "Cricket boogie", un instrumental très rock'n'roll. Si cet album ne révolutionnera pas le blues, il mérite que vous y prêtiez une oreille attentive ; car dans le style, il est tout bonnement excellent.

 

 

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Goddess Shiva

Goddess Shiva

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Avant de fonder Sinner, combo teuton ayant vécu son heure de gloire au cœur des années 80, Matt Sinner sévissait sous le patronyme de Shiva, un tandem partagé en compagnie du guitariste Armin Sabol. Après deux tentatives studios infructueuses, le groupe décide de mettre fin à ses activités. Plus motivé que jamais, Matt donne alors son nom au groupe Sinner, avant de lui préférer celui de Primal Fear, tandis qu’Armin se lance dans une carrière de producteur.

Début 2006, les deux compères se retrouvent et concrétisent enfin un projet qui aurait dû éclore plus de 25 ans auparavant. Shiva –rebaptisé Goddess Shiva pour des raisons de marketing– entre enfin en studio. Rejoints par Martin Shmidt, ex batteur de Leave’s Eyes et d’Atrocity, Sinner et Sabol enregistrent une trentaine de titres pour en retenir douze. Le trio pratique un heavy métal certes classique et sans réelle innovation, mais non dépourvu de bonnes mélodies et de riffs entêtants. Le combo lorgne dans la même direction que Whitesnake ou Thin Lizzy. Superbe rock mid-tempo, « Down on Luck » constitue, sans aucun doute, un hommage à Phil Lynnott, défunt leader du groupe irlandais (et surtout responsable du hit « The Boys are Back In Town »). Même si les vocaux souffrent parfois d’un manque de présence, l’ensemble demeure relativement homogène ; et par rapport à d’autres poids lourds allemands, l’opus se laisse écouter sans lassitude. Sauf quand Goddess Shiva décide de se la jouer ‘blues’, un style qui ne colle vraiment pas à la peau de la divinité hindoue aux 1008 noms ! 

 

 

 



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Larsson

This Is

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‘La ville de Leuven est fière de son passé, de son patrimoine et il y a tant de choses à voir qu'une seule visite n'y suffit pas’. L’office de tourisme ne tarit pas d’éloges à son égard et tire des plans sur la comète aux visiteurs alléchés de bonnes vieilles habitudes. Au programme : des riffs rébarbatifs, des compositions ternes, et une voix plastifiée pour la modique somme d’un mal de crâne. On prend ses cliques et ses claques pour un naufrage en toute beauté. Sur votre droite, vous apercevrez l’usine à covers spécialisée dans les Strokes, The Hives ou Queens of The Stone Age, qui côtoierait presque la contrefaçon. Admirez maintenant, sur votre gauche, quelques lettres éparses noyées dans une soupe sans caractère : [B], [D], [K], [M] et [b], à l’image d’ados en mal d’inspiration. Comme les cinq doigts de la main, le groupe est inséparable de la récupération (« One » un réarrangement du tube « Hate To Say I Told You So» des Hives) qui va jusqu’au titre de leur album « This is » recyclé sur celui des Strokes « Is This it ? ». Aucune prise de risque donc, cet album (si on peut l’appeler ainsi) est vivement déconseillé aux fins gourmets et plomberait sans pitié toute sorte d’ambiances.

 

 

 

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Fractional

Aliwen

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Cannibale vorace de sadisme numérique, Pierre Remy aka Fractional persécute, exécute et crache ses cuts. Ce marquis cultive un jardin à l’abri du soleil dans lequel les jeunes pousses emprisonnées sécrètent leur sève empoisonnée et cependant si juteuse. Le professeur Remy ouvre la trappe de l’électronica gothique emmurée de jungle galopante et de breaks à la Aphex Twin, pour une visite dans les dessous de l’organique. Amputations stylisées et suffocations érotiques enduisent le tout premier cadavre exquis de ce jeune anthropophage. Tapissé de résonances indus et gothiques, l’opus exploite la dislocation sonore rythmée de beats atomisés et peuplée de nappes vaporeuses. Singulièrement doté d’une vive curiosité pour les musiques ‘ethniques’ et classiques dont il s’inspire (la contrebasse de « Ka Hura »), Fractional compose ses couleurs propres, des peintures électroniques, avant de les dompter. L’apport visuel (des projections complètent ses performances scéniques) restitue en images cet univers décomposé et renforce le travail soigné de ses œuvres aux noms insensés. Une toile foisonnante de textures hétéroclites retournées à la moissonneuse batteuse dans une épinglante dextérité.

 



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CuteezLaxa

Gravity keeps us Down

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Si vous ouvrez un dictionnaire médical aux pages consacrées à la lettre ‘C’, vous découvrirez que cutis laxa est une maladie qui affecte les tissus de la peau. Si, par contre, vous vous branchez sur les radios libres bruxelloises qui diffusent du métal (si, si, ça existe encore !), vous avez de fortes chances, en zappant fébrilement, de tomber sur la diffusion d’un titre du premier album de CuteezLaxa. Des enfants du pays, qui ont fait leurs premiers pas dans le monde de la zique, en septembre 2000. Cinq membres, articulés autour d’une voix parfois mélodieuse, souvent rageuse, de deux guitares tranchantes, d’une basse ronronnante et d’une batterie aux sonorités typiquement néo métal. Il serait un peu réducteur de qualifier le groupe d’Emo, une étiquette qu’on aurait trop vite tendance à coller au combo, même s’il a bénéficié de la haute technologie des studios Hautregard (Channel Zero, Lofofora…) pour accoucher de son premier enfant. Un nouveau né dont les parrains ne sont autres que Mario Guccio et Roland De Greef (Machiavel), coupables du mixage et de la production de ce « Gravity keeps us Down » qui laisse entrevoir un bel avenir à ces héritiers de Faith no More, System of a Down et Therapy ?. Les dix compos, qui mélangent lourdeur et subtilité, dénoncent la difficulté à se construire et à s’épanouir dans une société gangrenée, et dans laquelle certains médias sont à la fois les porte-parole et les détracteurs. Des textes engagés, souvent naïfs, mais non dépourvus d’un certain bon sens. Inutile de préciser que cette galette sent davantage le gel coiffant hyper méga strong que la vieille veste à patches et le cuir clouté.

 

 

 

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Owen

At Home with Owen

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La qualité avant la quantité. Composé de 8 titres seulement, comme l’était son prédécesseur, « I Do Perceive. », le quatrième et nouvel essai de Mike Kinsella, alias Owen, confirme un talent incroyable. Diamétralement opposé à ses expériences au sein de Joan Of Arc ou American Football (et d’autres encore), le projet solo de Kinsella revendique simplicité et tendresse. « At Home With Owen », recueil enchanteur d’aubades lénifiantes, reprend exactement là où s’arrêtait « I Do Perceive. » et perpétue la tradition. Le point de départ de cette pérégrination romanesque, « Bad News », ouvre les portes d’un jardin secret accueillant l’union onirique entre fragilité lyrique et profondeur eurythmique. Au cours de la promenade, « The Sad Waltzes Of Pietro Craspi » ou « Bags Of Bones » rapprocheront les amoureux et réconforteront les solitaires tandis que « Femme Fatale », reprise du classique de Lou Reed, ou « A Bird In Hand » inviteront l’ensemble des visiteurs à s'abandonner au panorama, à la fois brumeux et fascinant. « One Of These Days » clôture la marche et invite à se blottir devant un feu de cheminée apaisant, à l’intérieur, at home with… quiconque vous est cher. Un nouveau carton plein pour Owen.

 



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