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Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Le 7ème art soviétique inspire Bodega…

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Chroniques

Tokyo Police Club

A Lesson In Crime

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Avant toute chose, réjouissons-nous de la mise en place d’un réseau de distribution cohérent pour l’excellent label canadien ‘Paper Bag Records’. Si votre oreille est passée à côté de projets aussi excitants que Controller.Controller, Memphis ou Uncut, récurez-vous les tympans avec une feuille d’érable et procurez-vous quelques albums d’artistes signés sur ce label.

Nouveau venu dans la famille Paper Bag, Tokyo Police Club est à rapprocher des Strokes. L’amalgame est inévitable. David Monks emprunte la même tessiture rappeuse que Julian Casablancas. Si bien que si Tokyo Police Club assurait la première partie des concerts des Strokes, le public pourrait participer au grand jeu du ‘qui chante quoi’. Chanteurs amovibles pour rock’n’roll interchangeable en quelque sorte. Sauf que... les Strokes ont laissé entrevoir leurs guitares dès 2001. A l’époque, les riffs de Nick Valensi chassaient les beats comme les Américains avaient chassé les communistes. C’était un bouleversement idéologique. D’une façon ou l’autre, les Strokes ont changé les mentalités. En 2007, les quatre Tokyo Police Club délivrent huit chansons d’excellente facture, certes. Mais les Canadiens se posent ici en suiveurs. Voici donc les lieutenants attitrés des New-Yorkais. Ceux-ci devront néanmoins faire attention à ne pas se laisser surprendre par les brûlots (« Cheer It On », « Nature of the Experiment », « Be Good ») de Tokyo Police Club. Au moindre faux pas de Casablancas et sa bande, ce sera les mains en l’air et derrière les barreaux ! Qu’on se le dise...

 

 

 



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Kristin Hersh

Learn to sing like a star

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En 20 ans de carrière, Kritin Hersh a commis la bagatelle de 16 albums. Que ce soit en compagnie des Throwing Muses, de 50 Foot Wave ou sous son propre patronyme. Et il faut bien reconnaître qu’après deux décennies, sa musique n’a toujours pas pris une ride. « Learn to sing like a star » constitue son septième opus solo. Elle a néanmoins reçu le concours de son fidèle drummer David Narcizo (toujours présent depuis l’époque des Muses. Ici, il joue même un peu de piano), du talentueux violoncelliste Martin McCarrick (ce n’est pas non plus la première fois qu’il apporte sa collaboration) et de son épouse, la violoniste Kimberlee. Ce trio apporte souvent une dimension dramatique, parfois symphonique aux compos. Kristin se chargeant des vocaux (toujours aussi fragiles, mystiques et gémissants), de la production et, surtout, du reste de l’instrumentation, dont les parties de guitares acoustique et électrique qu’elle parvient à agréger avec une habileté presque magique.

Le résultat est impressionnant. Quatorze titres figurent sur ce « Learn to sing like a star » dont trois brefs interludes instrumentaux (le presque classique « Piano 1 », le folk blues méditatif « Christian Hearse » - cherchez le jeu de mots ! - et le post-rock impulsé par « Piano 2 »). Quatre valses ensuite. Enfin, quatre titres imprimés sur ce type de tempo. Tout d’abord, le nerveux et grandiose « In shock » (premier single de l'album), le dépouillé « Ice », glissant allègrement d'une romance sombre à un bonheur fugace, le punkysant « Sugarbaby », à la fois amer et spectral ainsi que le ténébreux et émouvant « Winter », parcouru de cloches tubulaires. On ainsi encore droit à un élégant et mélancolique « Never endings », l’ondoyant et harmonieux « Day glo », quoique parfois enclin à des accès de furie, le contagieux « Under the gun » (pour quand une telle compo chez Courtney Love ?), l’audacieux et insolite « Peggy Lee », la berceuse baroque mais tellement belle « Vertigo » (post folk punk lettré ?), un « Wild vanilla », manifestement influencé par Violent Femmes (Kristin les considère comme une référence majeure), mais aussi légèrement teinté de psychédélisme.

En final, on retrouve une ballade brumeuse, dont la construction hypnotique peut évoquer Yo La Tengo. Pour les textes, ne m’en demandez pas davantage, ils sont toujours aussi cryptiques. Je vous laisse donc le soin – si vous connaissez bien la langue de Shakespeare – de les décoder. N’empêche, ce « Learn to sing like a star » constitue un des premiers musts de l’année.

 

 

 



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The Double

Loose in the Air

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Des hélices d’hélicoptère enveloppent les cordes martelées qui se dissipent sous le timbre adoucissant de David Greenhill, bassiste frontman à la névrose explicite. L’ouverture exacerbée d’un opus paranoïaque. Produit par Steve Revitte (Liars, Beastie Boys, Yeah Yeah Yeahs) avec qui le groupe s’est isolé pendant 12 jours au Tarquin Studios à Bridgeport (Connecticut), l’échantillon cyclothymique mord les tympans et prescrit l’imbroglio phonique. Le troisième au compteur. Un clavier lunatique et des guitares ‘menstruées’ s’affrontent en dents de scie dans un combat arbitré par une batterie tamisée. Le quartet new-yorkais s’enfonce progressivement dans un registre alternatif (le tube « Idiocy ») à la limite du noise, surtout quand il s’agit de faire foisonner les larsens (notamment sur le morceau au titre évocateur « What Sound It Makes The Thunder »). Mais un moment d’accalmie suggéré par un piano complaisant prend alors la pose pour un réarrangement d’un « In The Fog » cicatrisant, écrit et enregistré lors d’un passage chez le regretté John Peel en 2005. Amadouant les esprits harponnés (le final cérémonieux « Busty Beasty »), ces enfants du Velvet capturent le spontané, découpent les tonalités et envoient valser la banalité.

 

 

 



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Alamo Race Track

Black Cat John Brown

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Le premier album d'Alamo Race Track nous avait laissés sous le choc. Et c'est peu dire... En 2003, « Birds at home » s'apparentait au plus beau frontal de l'année : bang, en pleine gueule ! Comme un bus sorti à toute blinde d'une rue fantôme, les chansons de Ralph Mulder et de ses Hollandais volants nous arrachaient les tympans à grandes embardées de pop raffinée. A l'époque, les journalistes voyaient rouge et blanc, préférant reluquer les photos coquettes des Strokes ou investiguer sur la disparition de la seringue favorite de Pete Doherty que de choyer le disque d'Alamo Race Track à sa juste valeur. Bref, le public est passé à côté du truc... Pas grave : aujourd'hui, c'est le tour de « Black Cat John Brown », cours de rattrapage obligatoire pour tous les absents de la première session.

Alamo Race Track n'est pas groupe à camper sur ses positions. Aussi, « Black Cat John Brown » constitue-t-il une belle avancée artistique pour la formation amstellodamoise. D'emblée, le titre éponyme nous laisse bouche bée... « Black Cat John Brown » : transe sixties décapante, à déguster en roulant, entre les champignons et le space cake. Défoncé, l'auditeur s'exécute ensuite sur « Don't Beat This Dog », hymne rock dansant, étrange orgies entre TV On the Radio et les Dandy Warhols. Alamo Race Track entretient d'évidentes références (une aisance mélodique proche des Kinks, une bonne reverb' corrompue à la Chuck Berry, un timbre de voix groovy déjà entendu du côté d'Evil Superstars, dEUS, Zita Swoon ou Pavement). Impossible donc de pointer la moindre faute de goût chez ces Hollandais ! Ecouter une énième fois le tube « The Nothern Territory », respirer à fond les pistons et s'en faire une raison : Alamo Race Track vient encore de signer un disque sublime. Et, comme on dit dans ces cas-là : jamais deux sans trois !

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Biyouna

Blonde dans la casbah

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Ce disque s’ouvre par un morceau raï savamment rythmé et plutôt traditionnel (« Taali »). Musicalement, le deuxième titre (il donne le nom à l´album) s´inscrit dans la même lignée. Mais pour la circonstance, il est chanté dans la langue de Molière. Avec un accent à la Enrico Macias. D’ailleurs il est difficile d’en identifier le timbre. Qui pourrait être aussi bien féminin que masculin. Bourré d´humour, ce texte vient se greffer parfaitement aux rythmes orientaux. La chanson « Demain, tu te maries » vous dit-elle quelque chose ? Absolument ! Ce tube des sixties (chanté à l´époque par Patricia Carli) est ici revisité par Biyouna de manière plus que surprenante. La suite de l´opus voyage entre Orient et Occident, tant au niveau des paroles que des mélodies. On y rencontre même des touches de ska (« J’aime les coyotes ») et de reggae (« Merci pour tout »). Trois invités se joignent à l´artiste : Didier Wampas sur le délirant « Merci pour tout », Malia pour le jazzyfiant « Bismilah », et Christophe lors du touchant « La Man », morceau clôturant brillamment « Une blonde dans la casbah ». Mais qui est Biyouna ? Qui est cette personne capable de réunir sur un même disque des artistes issus d´univers musicaux si différents ? Biyouna est une véritable star en Algérie. Aussi connue pour ses talents de comédienne que de chanteuse (elle a sorti son premier album en 2001), cette femme baigne, depuis sa naissance, dans le monde artistique. Tout au long de ce deuxième opus, elle parvient en tout cas à imposer un style coloré et atypique, qui n´appartient qu´à elle. Une liberté qu´on apprécie et recommande !

 

 

 



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Sinclair

Morphologique

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En cinq albums, Sinclair est parvenu à développer et imposer un style qui lui est propre : une pop française extrêmement dynamique saupoudrée d´une voix très funky. Ce style a été immortalisé sur quelques tubes (« Ensemble », « Si c´est bon comme ça ») et la création de plusieurs bandes originales (« Mon idole », « Ma vie en l´air »). L´artiste sort aujourd´hui « Morphologique ». Sur cet opus, peu de surprises et beaucoup de déceptions. L´excès d´énergie du chanteur français fatigue rapidement ! Les mélodies généralement constituées d´un mélange de rock, d´électro et de funk sont pourtant bien balancées et les refrains accrocheurs. Mais le chant beaucoup trop R’n’B et criard ainsi que la mauvaise articulation rendent rapidement l´œuvre irritante. Sans parler de certains textes insipides voire ridicules (‘Tes yeux pleurent tellement que ça sent la piscine’ sur « Linda ») ! Bizarrement, les morceaux les plus réussis sont ceux s´éloignant le plus du Sinclair habituel, dégageant même une atmosphère plus sombre (« A qui je parle », « Honni soit », « Pas grand-chose »). Et lorsque le chanteur emprunte des voies purement électroniques, comme sur le titre « Perdu dans la nuit », sa musique se montre davantage alléchante.

J’exprimerai donc un sentiment plutôt mitigé à l’égard de cd, tout en reconnaissant que l´artiste français peut nous proposer beaucoup mieux…

 

 

 



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Mira Calix

Eyes Set Against the Sun

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L’ancienne Djette résidente des clubs londoniens (sponsorisés par Warp) se peaufine dans une complexité sonore éprouvante qu’offre son troisième album « Eyes Set Against the Sun ». Boucles bruitistes, breaks minimalistes et nappes orchestrales, synthétiques ou instrumentales matérialisent une humeur dénudée, cyclique et fusionnelle. Mira Calix (aka Chantal Passamonte), dame de cœur, pique dans le ressenti et dévoile son être sous des compositions sensibles parcourues de chœurs et de cordes (l’archet de Ciaran Mc Cabe). Une musique de phase, contemporaine et expérimentale où l’alliance de l’école classique (Streetwise Opera, Britten-Pears Orchestra, Woodbridge School Junior Chair) et de tonalités électroniques se projette dans une dimension bipolaire. L’apprentie surdouée, élevée à l’electro de Ninja Tune et Warp (Strictly Kev et ses mentors Derrick May, Aphex Twin, Boards of Canada), module les tonalités dans une sphère de performance symbolique pour en libérer des compositions parfaitement abouties.

 

 



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Tokyo Sex Destruction

Singles

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Cette compile réunit des singles mis en ligne par le groupe sur des plates-formes légales de vente. 15 morceaux parmi lesquels figurent deux covers. Tout d’abord « People in me », un des deux hits de Music Machine, formation californienne météorique, dont la notoriété n’a jamais dépassé l’année 1967. Et puis le « Get on your knees » de Los Canarios, un combo issu des Canaries qui a sévi entre 1967 et 1974. Ce quatuor espagnol pratique une musique garage largement contaminée par le funk. Pour vous donnez une petite idée, imaginez un Lenny Kravitz qui aurait décidé d’en revenir à des influences plus respectables : c'est-à-dire Jimi Hendrix, Sly & The Family Stone et le MC5. Pas pour rien que les quatre musiciens ont décidé de choisir pour pseudo nom de famille, celui du manager de la formation mythique de Detroit : Sinclair. Pour l’une ou l’autre compo, JC., R.R., R.J. et S.F. ont quand même reçu le concours d’un drummer/percussionniste et surtout d’un saxophoniste/trompettiste, histoire de donner une coloration latino-jazzyfiante à leur expression sonore (« When the shadows cross the river »). Deux plages (« Old man » et « Another day ») empruntent curieusement le sens mélodique complexe de Make Up, alors que « Your best friend is dead » trahit des réminiscences hardcore. Plus étonnant, « Summer days » s’abandonne dans une sorte de bossa nova lounge. T.S.D. s’autorise même une version acoustique de ce fameux « Old man ». Quant à la voix de J.C., son amplitude lui permet d’emprunter une multitude d’inflexions. Elles oscillent ainsi de Hugh Cornwell à Bryan Ferry, mais sans jamais en égaler le timbre. Mais ce type de vocaux correspond parfaitement à la musique de cette formation ; les chœurs falsetto des trois autres musiciens apportant un petit côté kitsch aux mélodies…

 

 



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Bo Ramsey

Stranger blues

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Robert Franklin "Bo" Ramsey est né dans l'Iowa. En 1951, sur les rives du Mississippi. Il y a plus de trente années que ce passionné de blues parcourt les routes. Tout d’abord au sein du Mother Blues Band, ensuite flanqué des Sliders. Depuis près de deux décennies, il se produit en duo en compagnie du chanteur folk, Greg Brown. A la guitare. Il a également mis en forme plusieurs albums de son compare, mais aussi d’une multitude d’autres artistes ; et en particulier de Teddy Morgan, Lucinda Williams et Dave Zollo. Bo compte déjà neuf albums à son actif, dont "Down to Bastrop" en 91, "Bo Ramsey and the Backsliders Live" en 95 et "In the weeds" en 97. Bo est avant tout chanteur, guitariste et compositeur. Et ce nouvel opus brise un long silence discographique. Cependant, il n’y met pas en évidence ses propres chansons, mais rend hommage à de nombreux bluesmen qui l'ont marqué. Il réussit ainsi à se réapproprier ces reprises, en les intégrant parfaitement dans son propre style.

Le titre maître est une compo signée Elmore James. Mais elle aurait pu relever du répertoire de Ramsey, tant il l’a intégrée. Un roots rock très laidback, décontracté, feutré, paresseux, presque réservé. Nous ne sommes pas très loin de l’atmosphère générée par Tony Joe White au cœur des bayous, une atmosphère alimentée, pour la circonstance, par la guitare électrique réverbérée de Miss Pieta Brown. Le traitement est ensuite appliqué au "Hate to see you go" de Little Walter. Imprimé sur un rythme soutenu, ce morceau n'est pas sans rappeler les débuts de John Lee Hooker. Mais le plus intéressant procède du travail personnel opéré sur "Sitting on top of the word". Le tempo est inexorablement lent. Le climat dépouillé à l'extrême. Le désespoir plane tout au long de cette complainte lugubre. Hypnotique, la voix est volontairement grave. La guitare acoustique à 12 cordes de Greg Brown et le piano électrique de David Zollo traduisent leurs interventions en moment d'une délicatesse infinie. Retour au rythme pour trois compos. Tout d’abord l'irrésistible "Jump, baby, jump" de la regrettée Jessie Mae Hemphill, un boogie aux accents légers. Ensuite le "Crazy mixed up world" de Dixon, un fragment balayé par les cordes discrètes et efficaces de Pieta. Et enfin le "No place to go" de Howlin' Wolf, plongé dans une véritable ambiance de transe. La voix nasillarde et graveleuse de Ramsey se prête le mieux au sein d’un milieu déjanté, nonchalant. A l’instar de "Little Geneva", parfumé d’une slide radieuse. La reprise du "You got me dizzy" de Jimmy Reed est plus classique, presque banale, s’il n’y avait les cordes de Bo qui glissent sur le fil du rasoir. "I wanna get funky" est un autre grand moment de l’elpee. Bo, chante, que dis-je, susurre cette chanson. Il bénéficie, en outre de la complicité du timbre suave de Pieta. Le rythme paresseux est balisé par l'orgue B3 de Ricky Peterson. Une merveilleuse partie de cordes, mais dispensées parcimonieusement, sublime l’ensemble. Epatant ! Issu de la plume de Sonny Boy Williamson, "Unseeing eye" campe un Chicago shuffle implacable. La section rythmique assure et Joe Price revient dans le parcours armé de sa slide. Ce superbe album épingle un superbe instrumental country impliquant Greg Brown au banjo : "Freight train", et s’achève par l'éclatant "Where the sun never goes down".

 

 

 

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Various Artists

Ruf Records Anthology

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Thomas Ruf est né le douze décembre mil neuf cent soixante-cinq (12.12.1965). Il est le boss du label qui porte son nom. Son chiffre fétiche est le 12. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles il a sous-titré cette luxueuse collection : "12 years of where blues crosses over". Une compile qu’il a voulu plus originale que toutes celles de ses éventuels concurrents. En fait, cet opus constitue une rétrospective de douze années riches en productions maison.

 

En 2006, le "Full circle" de Walter Trout avait récolté un immense succès commercial. Son plus grand à ce jour. "Workin' overtime" en a été extrait. Une plage au cours de laquelle il partage un duo en compagnie du Canadien Jeff Healy, célèbre guitariste atteint de cécité. La délicate Sue Foley figure également sur ce recueil. Pour un titre très saignant. En l’occurrence la plage éponyme de son excellent elpee "New used car". En 2005, la redoutable et imposante Candye Kane s’était illustrée par son excitant "White Trash girl". La présence de cette compo n’est donc pas étonnante. La même année, le Ruf Blues Caravan réunissait plusieurs jeunes artistes dont Ian Parker, un Britannique particulièrement doué. Sa voix est pure. Sa guitare menaçante. Mais surtout il impressionne par son "It hurts a man". Commis en 2003, le "White crosses" du Texan Omar Dykes nous permet de revivre de biens agréables instants. Un morceau finalement bien léger concédé par le géant dont le bon quintal lui donne souvent une puissance démesurée. On n’entend plus guère Larry Garner aujourd’hui. En 2002, la voix frêle mais bien timbrée de ce sympathique personnage colorait une chanson qui porte son nom. L’année suivante, Thomas faisait une découverte importante : Ana Popovic. Depuis, sa carrière a pris une toute autre dimension. La guitariste slave est même prête à rebondir outre-Atlantique, puisqu'elle vient de signer chez Delta Groove, label établi à L.A. réputé pour son dynamisme. Sa très belle ballade "Love fever" est ici incluse. En 2000, l’Albion avait révélé le jeune Aynsley Lister. Il a déjà bien roulé sa bosse depuis. Chantre remarquable, Kevin Coyne nous a malheureusement quittés. En 2004. Un hommage lui est en quelque sorte rendu sur cette plaque. L’écurie possède également ses fers de lance. Tout d’abord Canned Heat, les rois de la boogie music. "See these tears" date de 1999. Il met en exergue le talent de Robert Lucas et du regretté Henry Vestine. Le funk débridé et participatif de Bernard Allison n’a pas été oublié. Il remonte déjà à 1995. Et Luther Allison clôture la partie audio de cette anthologie par "Put your money where your mouth is". En 1989, Ruf était l'agent européen de cette star. Cinq ans plus tard, il monte son label pour son héros. C'est l'Histoire!

Le DVD s'ouvre et se referme par le merveilleux Luther Allison. Il chante "Bad love", extrait d'un vidéoclip tourné en 1994. L’émotion est alors à son comble. Et c’est bien compréhensible. Chez Ruf, on ne s’est véritablement intéressé au DVD qu’au cours des trois dernières années. En 2006, le line up de Blues Caravan (toujours d’actualité) réunissait Ian Parker, Aynsley Lister et Miss Lyytinen, dont la fraîcheur illumine les cœurs. Souriant, Sue Foley caresse les cordes de sa Telecaster multicolore tout au long d’"Absolution". Et elle est habile sur son instrument, la mignonne! Bob Brozman manifeste une dextérité folle et quasi inhumaine. Un exercice de style d’un bon quart d'heure. Bernard Allison reprend le succès éternel de son père, "Bad love". Flanqué de ses Howlers, Omar nous entraîne au cœur des bayous de la Louisiane. Il nous y réserve un de ses meilleurs titres : "Monkey land". 2005 est manifestement l’année des décibels. Robin Trower, Ana Popovic et Ian Parker se fendent chacun d’un blues rock bien électrique. Ce dernier se distingue inévitablement dans la spécialité qui est la sienne : la longue ballade lente aux accents dramatiques, et nous concède un excellent "Awake at night". L’univers californien des Imperial Crowns s’embrase. Dément, brûlant, torride même, "Lil' death" est attisé par la slide aux accents métalliques et démoniaques. De plus anciennes images ont également été sélectionnées. Et en particulier celles consacrées à Aynsley Lister, réputé pour sa slide puissante. A Walter Trout, ensuite. Le vendeur le plus performant du label est bien évidemment soutenu par ses Free Radicals. Et enfin au coup de cœur maison, le sympathique duo teuton, Friend'n Fellow. Si cette collection est finalement bien agréable à regarder aussi bien qu’à écouter, nos vœux, pour la suite de l'histoire, vont inévitablement à Thomas Ruf!

 

 

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