Jasper Steverlinck inspiré par Roy Orbison ?

Jasper Steverlinck vient de sortir un nouveau single. Il en parle : ‘« Nashville Tears » est l'une de ces chansons qui m'est venue à moi, instinctivement. Elle a coulé d'un seul jet, comme si la chanson s'était écrite toute seule. Elle évoque un moment très…

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Glass Beams signe chez Ninja Tune

Glass Beams, groupe énigmatique établi à Melbourne, s'inspire de son héritage indien, infusant son psychédélisme serpentin d'instrumentations cosmiques et de polyrythmies du monde. Son premier album, « Mirage », enregistré en home studio, est une fusion…

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Chroniques

Thot

The huffed hue

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Thot, dieu égyptien de l'écriture et de la science. Patronyme adéquat pour un projet radicalement expérimental, affilié à l'electro-garage. Même si elle a pu compter sur de précieuses complicités, cette réalisation belge est essentiellement portée par un seul homme, Greg Fray. Le bonhomme lance des idées intéressantes et ne manque pas d'audace dans les aventures sonores et le développement réussi d'ambiances post-rock parfois envoûtantes. Mais le tout est fort handicapé par un chant systématiquement exaspérant. On ne peut que souhaiter à Thot de maintenir le cap d'une voie musicale intéressante, tout en concédant à l'esthétique quelque partage du pouvoir. A surveiller.



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Pitbull

El Mariel

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Originaire de Miami, cet emcee aux racines cubaines avait écoulé 600 000 exemplaires de son premier opus « M.I.A.M.I. ». Rappé en espagnol et en anglais, ce disque risque fort d’en faire autant. Une œuvre dont le patronyme a été emprunté au bateau qui amena des milliers de réfugiés cubains sur les côtes américaines, en 1980. Le même navire qui embarqua Tony Montana jusqu’aux USA lors du sanglant « Scarface » de Brian De Palma. « El Mariel » porte à son bord les productions musicales chères à Lil Jon, le roi du crunk, les inévitables Neptunes, le revenant Wyclef Jean et même le Jamaïcain Don « Vendetta » Bennet (Sean Paul, Sizzla, etc.). Pitbull possède un flow tout terrain capable de surfer -et à merveille- sur les rythmiques très électros qui composent ce disque, habile recyclage des sonorités d’Afrika Bambaata en beaucoup plus dansant. L’essentiel d’ « El Mariel » a été taillé pour les pistes de danse ou les clubs de fitness ; et il faut avouer que la mission est largement accomplie. Ce disque recèle une sacrée fournée de tubes, et même si la médiocrité des paroles (biatches, gangsters) révèle la vacuité grandissante du rap U.S., on ne peut que s’incliner face à cette machine de guerre alliant reggaeton, hip hop et crunk.

 

 

 

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Les Tisserands

Les Tisserands

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Les Cathares, religieux aux principes élevés et à la spiritualité radicale, prospérèrent pendant les onzième et douzième siècles, notamment dans le sud de la France, et furent persécutés et anéantis lors d'une croisade orchestrée par l'église catholique associée au pouvoir. Comme leurs idées étaient en vogue parmi les marchands d'étoffe, ils reçurent le sobriquet de 'tisserands'. C'est à eux que ce CD rend hommage. Des musiciens issus de trois formations (Amorroma, Traces, Zefiro Torna) se sont associés à ce projet. Les textes sont de quelques troubadours d'époque. La musique, regroupant une majorité de créations originales, respecte scrupuleusement les musiques anciennes et traditionnelles, qu'elle célèbre aux sons d'instruments acoustiques (flûtes, cornemuse, harpe celtique, bouzouki, vielle, luth, etc.). Elle puise sa variété dans l'étendue géographique de son inspiration. A peine ose-t-elle très rarement une concession à la modernité via une légère coloration jazz. Souvent dépouillée et mélancolique, cette oeuvre bien documentée fait place à quelques bourrées à la vocation plus festive. Si vous êtes adepte de ce genre d'approche musicale, le résultat est ici hautement digne d'intérêt.

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Maria Rita

Segundo

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Fille d’Elis Regina (chanteuse phare du mouvement tropicalia) et de César Camargo Mariano (arrangeur pianiste du même mouvement), Maria Rita a toujours baigné dans l’univers de la musique. Comme son titre l’indique, « Segundo » constitue le deuxième album de Maria. Un disque paru en 2005, au Brésil. Lenine (autre pointure de la pop « made in Brazil ») a coproduit cette collection de chansons partagées entre joie et tristesse. Jouée totalement en acoustique par un efficace trio jazz (piano, contrebasse, batterie), la musique de Maria Rita est ancrée dans la pop occidentale mais puise largement dans le jazz et les rythmes brésiliens comme la bossa et la samba. Maria possède ce trait commun à beaucoup de chanteuses brésiliennes : une belle voix un peu voilée et fragile, déchirée entre allégresse et mélancolie. Beau disque sans artifice, « Segundo » privilégie les mélodies suspendues à la formule piano/voix. Risquant de passer inaperçu au milieu de la furie discographique, cette œuvre discrète mérite pourtant qu’on y prête une oreille attentive…

 

 

 

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Johnossi

Johnossi

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Si Johnossi était le nom d’un animal, ce serait celui d’un diptère ailé crachant des plumes. Suspendus aux écailles douillettes de leurs amplis, John Engelbert et Ossi voltigent. Et le duo suédois adhère sans mal aux cordes acoustiques, délivrant leur premier numéro éponyme et cupidonesque sur une piste pop rock friande de bons sentiments. Les mains se touchent, les cœurs chavirent et les flèches fusent. Sous la coquille d’une instrumentation épurée (guitare-batterie), habitent des figures mélodiques maquillées de poudre batelée qui laissent un sourire béat. La critique scandinave s’y est abonnée et Soundtrack of Our Lives l’a supporté. En à peine 3 mois de formation, le contrat était signé (V2 Records), la bulle était gonflée et l’envolée comblée de bonne volonté. Parti d’un paysage tamisé, l’opus remplit toutes les fonctions de la perle pop, efficace et légère, ornée de petits trophées (« Man must Dance », « Family Values ») propices à l’invasion médiatique. Saluant au passage les Velvet Underground, Jack Johnson et Jeff Buckley, l’équipe gagnante de Stockholm gravit les échelons du rock romantique et prend la pause dandy pour se caser dans la gueule grande ouverte d’une discothèque affamée.

 



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Take That

Beautiful World

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Après nous avoir imposé le retour des All Saints, il y a quelques semaines, la Grande Bretagne frappe encore plus fort en nous livrant Take That. La résurrection ! On ne les attendait pas mais ils reviennent quand même. Super ! Après avoir vendu des millions de disques et fait hurler tout autant de jeunes écolières durant les années 90, les Brittons ont accusé le coup lors du départ inattendu de Robbie Williams en 1995. Un an plus tard, le groupe prenait une retraite anticipée. Cette séparation a été un tel drame pour les petites Anglaises qu’une ligne téléphonique de soutien moral avait été mise en place pour aider celles-ci à faire leur deuil (si, si !). On imagine donc facilement ces fillettes, aujourd’hui jeunes femmes, rugir de plaisir à l’annonce de la reformation du quatuor. Pour preuve, le carton du single « Patience », doublé par ce nouvel essai, classés pour l’instant en tête des charts britanniques.

Le problème posé par ce genre de formations au chroniqueur mélomane, est qu’il est difficile de ne pas tomber dans le cliché de la review ‘express’ du type ‘C’est un boys band, on s’en fout du disque, c’est de la merde’. Et on aurait pu penser que ces 13 nouveaux titres nous auraient permis de changer la donne. Hum. Bon, les gars… Ce ne sera pas pour cette fois. Sans être formellement une horreur sans nom, parce qu’il faut bien admettre avoir entendu pire que cette plaque, « Beautiful World » est néanmoins d’une monotonie à se couper les oreilles au couteau à beurre. Les titres se suivent et se ressemblent véritablement. On pense notamment à « Reach Out », « Patience » ou « Mancunian Way », tous fondus dans le même moule. Et lorsque les quatre complices tentent de s’extraire du tableau ‘ballade à la James Blunt’ (« I’d Wait For Life »), c’est pour mieux s’aventurer aux bordures des toiles déjà esquissées par Keane (« Ain’t No Sense In Love »), Doves (« Hold On ») ou même Scissor Sisters (« Shine »). Ils finissent alors par résonner comme des productions potentielles de Stock Aitken & Waterman, si ceux-ci n’avaient pas jeté l’éponge. Même armé de toute la volonté du monde, il est difficile d’adhérer au charme désuet de ce recueil mièvre et assommant. « Back For Good » ? On peut se permettre d’en douter…

 

 

 

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Franck Monnet

Malidor

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Pour concocter son quatrième album, Franck Monnet fait fort. Non content de nous montrer une fois encore l’étendue de son talent, il nous offre un disque plus incisif que jamais. Mais si « Malidor » offre un côté plus rock que les disques précédents, il ne perd rien en beauté. La voix tendrement suave de Franck Monnet, conjuguée à sa plume désormais reconnue, nous livre quelques bijoux musicaux. Citons, entre autres, « Barcelone » pour son punch qui entraînerait le plus chauvin des Madrilènes ; « 18 ans », propice à nous replonger dans cette sensation presque oubliée de liberté acnéique ou encore cette perle de « Malidor », titre phare incontestable de l’album. Pays imaginaire, « Malidor » a de quoi séduire tout le monde. Fête qui semble perpétuelle, on y trouve de tout : des femmes qui ont du poil aux pattes ou boudent des gringalets, barbes à papa, chansons, caresses, hippopotames, farces, aphrodisiaques… Franck Monnet dit y avoir rendez-vous après la mort et on aimerait l’y rejoindre. Mais pour l’instant, inutile d’aller si loin : la complicité évidente manifestée entre Franck Monnet, François Lasserre (guitariste) et Franck M’bouéké (batteur) font de ce disque un échantillon de paradis, où l’on ‘trouve le sommeil, mais pas avant l’aurore’ (« Bonn’aise »).

 

 

 

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Various Artists

Tour de Chauffe

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‘Tour de chauffe’ est un dispositif d’accompagnement aux pratiques amateurs mené avec le soutien financier de LMCU par trois structures culturelles de la métropole lilloise : le Centre Musical les Araces de Faches Thumenil, la Maison de la Musique-le Nautilys de Comines, la Maison Folie-Ferme d’en haut de Villeneuve d’Ascq.

Cette opération a permis à 18 groupes de la métropole de bénéficier, durant l’année 2006, d’une résidence de travail scénique, d’un enregistrement professionnel de 2 titres, d’une aide à la structuration administrative et à la communication, et de formations diverses et variées (législation du spectacle, MAO, mise en scène, master-class, chant…) Un festival dans les trois lieux et un double cd compilatif concluent cette année de travail. Une compile sur laquelle nous allons nous pencher…

Le premier disque nous entraîne à la découverte de 10 formations. Depuis Automaticq, version electro-pop de Noir Désir à Deinzen, responsable d’une formule electro-pop-jazz lorgnant tour à tour vers Perry Blake ou Thom Yorke, en passant par The Clercks, combo parisien vivant à Manchester dont le post punk (à moins que ce ne soit la cold wave) juvénile puise manifestement ses influences chez Joy Division, Blondie, Bis et Elastica, Day One A Porno et ses atmosphères ténébreuses, sombres, réminiscentes d’And Also The Trees et Sad Lovers & Giants, le post rock singulier de L’Objet, mêlant habilement cold et no wave (imaginez une rencontre hypothétique entre Cure, Sonic Youth et Slint), le hip hop teinté de Philly sound cher à Mic Familia, le post hip hop de MasKgaz, l’electro opératique de Maymun, susceptible de virer au minimalisme sous des accents dub ou empruntés à la chanson française, Valentine’s Day, sorte de Hooverphonic en moins trip hop et le jazz/prog de Six Reine (ou les prouesses vocales de Gentle Giant transposées chez Meredith Monk).

La deuxième plaque épingle 8 artistes ou groupes. Elle s’ouvre par Rodrigue, disciple de la chanson française, évoluant dans un registre plus proche de Cali que de Thomas Fersen, et s’achève par la world fusion de Borka. Un disque qui se révèle globalement plus intéressant. Mon premier coup de cœur va ainsi à Kinski Palace, dont la musique cinématique, à la croisée des chemins d’Enio Morricone, de CharlElie Couture, Calexico et Bashung est hantée par le baryton de Venko. Yukiko The Witch ensuite. Un duo responsable de 18 albums autoproduits à ce jour et pourtant qui végète toujours dans la zone crépusculaire de l’underground. Des artistes complets, puisqu’ils partagent leur passion musicale avec la peinture, la lutherie et la sculpture. Leur pop/rock mélodique semi-acoustique, mélodieuse (pour ne pas dire contagieuse) me rappelle même les meilleurs moments de Travis. Et la troisième bonne surprise nous vient de The Neverending. Parce que sa vision hardcore évolue dans un registre mélodique, cosmique, proche d’Isis. Le reste de l’elpee épingle encore le déglincore de Tronckh, qui se réclame autant de Primus de Cypress Hill que de Faith No More, le rap teinté d’exotisme de Fiensou et enfin nous invite à voyager à travers le riche patrimoine kabyle sous la houlette de Trad’Am…

 

 

 

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Faithless

To All New Arrivals

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Lorsque Faithless a publié en 1995 « Salva Mea » (avec, déjà, Dido au micro), on aurait pu penser qu’il s’agissait d’une énième formation dance à deux balles. Le genre ‘One Hit Wonder’ que tout le monde aurait oublié deux ans plus tard et dont le plus gros carton à l’époque, « Insomnia », ne passerait en boucle que dans la sono des kermesses d’Outsiplou-Les-Bains. Tout faux. Enchaînant tubes sur tubes, Maxi Jazz, Sister Bliss et l’homme de l’ombre, Rollo Armstrong, font taire les mauvaises langues pour ensuite époustoufler les masses lors d’une première tournée européenne grandiose, qui passera notamment par l’AB en 1997. Faithless devient par la suite, et très rapidement, le groupe incontournable des grands festivals. Pas mal comme parcours. Mais l’effet ‘conte de fée’ commencerait-il à s’estomper ? Ayant terminé sa course dans les charts anglais bien loin derrière ses prédécesseurs, « To All New Arrivals » est, à ce jour, l’essai le moins fructueux du trio.

Mauvais choix de single porte-drapeau (le très moyen « Bombs ») ? Manque de titres potentiellement radiophoniques ? Pourtant, ce nouvel essai présente une formation fidèle à elle-même. Lassitude, peut-être ? Il est vrai que la formule n’a que très peu évoluée depuis « Outrospective ». En effet, rien de bien neuf sous le ciel anglais. « To All New Arrivals » marie donc, comme de coutume, quelques titres pop ou électro merveilleusement bien produits (« Emergency », « Nate’s Tune ») aux inévitables morceaux trip-hop (« The Man In You »). Si l’œuvre propose un Maxi Jazz beaucoup trop en retrait, on ne peut que saluer la liste d’invités prestigieux : l’inévitable Dido, Cat Power (l’apaisant « A Kind Of Peace ») mais également Robert Smith (« Spiders, Crocodiles & Kryptonite », et son sample habilement remanié du « Lullaby » des Cure). En conclusion, le cinquième essai de Faithless n’étonnera pas grand monde, mais c’est toujours ça de pris. En attendant de les voir sur scène, là où ils brillent véritablement.

 

 

 

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Lister

Elektrisch vuur

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Ce trio hollandais guitare/basse/violon s'aventure sur un terrain en friche, seulement foulé très partiellement par les belges de DAAU.

La musique, essentiellement instrumentale, est d'inspiration traditionnelle. Alors que la plupart des formations officiant dans le genre adaptent des oeuvres existantes, Lister propose 10 créations originales sur les douze plages que comporte l'album. Et s'éloigne très souvent de ses racines par son approche très moderne. Furtivement, on a l'impression d'entendre une production post-rock à la Anathema (première partie de « Rooibos », la cinquième plage), du rock atmosphérique acoustique à la Antimatter, voire l'une de ces oeuvres minimalistes chères à Wim Mertens ou Henry Krutzen. Guitare et violon se font tour à tour rythmiques (parfois de façon fort hypnotique), aventureux ou mélodiques, réservant quelques évolutions expérimentales que le King Crimson des seventies lui-même n'aurait pas reniées. Le propos est en fait rarement enjoué (Suite de Muntenië-gigue). Bien qu'irréprochable, ce CD n'intéressera donc qu'un public très ciblé, lequel se sera reconnu dans cette chronique.

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