Benny Sings est un artiste batave, dont le dernier elpee, « Music », paru en 2021, avait reçu le concours de Mac DeMarco,Tom Misch et PJ Morton, entre autres. Il nous revient avec un nouveau single, « The only one », pour lequel il a bénéficié de la…

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Bien que française, Jeanne Added chante aussi bien en anglais qu’en français. Cette auteure-compositrice-interprète sort un premier Ep en 2011, son premier album, « Be Sensational », en 2015, et un second elpee, « Radiate », qu’elle interprète dans la langue…

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Chroniques

Roméo Elvis

Tout peut arriver

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Alors que son dernier et excellent opus, « Chocolat », avait été abordé sous un angle plus pop, « Tout peut arriver » en revient à un format hip hop.

Près de deux ans après avoir été accusé d’agression sexuelle (cette plainte lui coûtera d’ailleurs son contrat chez Lacoste et un featuring avec Damso), ce troisième LP semble lui servir de thérapie, puisque qu’il aborde particulièrement des thématiques liées à la remise en question. En n’oubliant pas d’y apporter ce soupçon d’autodérision qui lui est propre !

Mais pas que, puisque parmi les seize titres de ce long playing, certains sont ouvertement autobiographiques (« Maquette »). Et puis d’autres adressent un pied de nez ses détracteurs qui le pensaient définitivement hors de course à cause de cette histoire (« Flanchin »). Le second degré n’a pas été négligé, à l’instar de « Radio Culture Bruxelles » au cours duquel il caricature, sur fond humoristique, la puissance fragile des médias.

Fer de lance de la nouvelle scène hip-hop, le frangin d’Angèle, conçoit ce disque de manière plus homogène et introspective que son précédent opus ; son énorme succès et ses nombreuses collaborations lui ayant laissé, finalement, comme un goût de trop peu. L’unique invitée sera d’ailleurs ici sa grand-mère, mamie Pilou, sous la forme de l’enregistrement d’une conversation téléphonique avec son petit-fils (« Skit Mamy »).

Soutenu par ses fidèles comparses Vynk, PH Trigano, Dee Eye, Myd, JeanJass, Florent Jeunieaux, Todiefor, Seezy, Vladimir Cauchemar, Jonathan, Martey ou encore BBL, Roméo produit sur la majorité des titres de ce « TPA ».

Grâce à son flow hypnotique et ses textes caustiques dispensés d’un baryton puissant sur un ton nonchalant, le Bruxellois de souche s’amuse en dévoilant ci et là des pans de vie et des états d’âme que seuls les vrais fans apprécieront, mais qui lui permettent de revenir aux fondamentaux.

Opérant une courbe à 180°, ce nouveau format personnel et intimiste est un pamphlet ambitieux d’autocritiques, moins formaté radio et donc davantage éloigné pour le néophyte, déstabilisant ceux qui l’on découvert sous un autre jour en écoutant « Chocolat ».

Les autres y verront le reflet d’un égo surdimensionné et une forme de narcissisme qui semble bien lui coller à la peau.

La question essentielle est de savoir si au travers cet ouvrage musical, sa note personnelle reflète quelque chose de plus juste… Mais au fond, tout peut arriver, n’est-ce pas ?

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Redcar

Je te vois enfin (single)

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C’est le grand retour de Christine & The Queens ou plus exactement de Redcar.

Tout en épatant la planète musique toute entière et au-delà, Héloïse Letissier qui avait déjà choisi le pseudo Chris en 2018 continue sa mue. Dans sa recherche artistique et d’identité elle opère une nouvelle transformation.

Sur Instagram on peut lire ‘Redcar ne vient pas pour se venger, douces dames de ce monde, Redcar vient apaiser de sa main flottante. (...) Redcar mon enfant, ce que tu as perdu, tu le retrouveras, dans des atours encore plus brillants. Marche, Redcar, marche. Montre-leur ta vision, Redcar’

« Je te vois », un extrait du premier opus de Redcar, « Les adorables étoiles » (en précommande on line, vinyle, cd, ici), dont la sortie publique est prévue en septembre, nous plonge dans un revival des années 80. Il a été mixé par Mike Dean, collaborateur de Kanye West, Lana Del Rey et Jay Z.

De la musique électronique pêchue qui invite à danser et de la réverb’ sur les chœurs et la voix. Une chanson dense tant au niveau musical que du texte.

Un texte qui reste un mystère poétique et spirituel. Chacun y trouvera son sens.

Un choix assumé. Elle explique dans une interview à Clique : ‘J'aime les auteurs de textes rugueux, il faut venir vers le texte. Quand on pense à Alain Bashung, ses textes sont une matière poétique qui se travaille, qui se mâche et qui se réfléchit. Mais nous sommes aujourd'hui dans des civilisations d'immédiateté où tout ce qui n'est pas immédiat est vécu comme une provocation’.

Methode chanson

 

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Khruangbin & Leon Bridges

Texas Moon

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Deux années après avoir ouvert la voie à leur collaboration, Khruangbin est de retour en compagnie de Leon Bridges. Pour la circonstance, les Texans ont également embarqué Austin Jenkins dans l’aventure, un guitariste, chanteur, compositeur, producteur qui a régulièrement apporté son concours à White Denim. 

Alors que « Texas Sun », le premier elpee de Khruangbin & Leon Bridges, se distinguait par ses plages ensoleillées, voire enjouées, « Texas moon » nous propose la face cachée de son astre sonore. Un Ep qui se révèle bien plus mélancolique et paisible. Quatre pistes sur les cinq baignent ainsi au sein de ce climat. Seul « B-Sides » élève légèrement le tempo.  

Mais malgré ce changement d’atmosphère, le style de Khruangbin est toujours aussi facilement identifiable, à cause de cette basse caoutchouteuse et de cette ligne de guitare funk/psyché. Sans oublier la voix soul de Leon Bridges qui colle toujours bien à la musique, qu’elle soit bien ou mal lunée…

On regrettera cependant que le fruit de cette nouvelle coopération se soit limitée à un Ep et pas un véritable elpee. 22 minutes, c’est un peu court pour s’imprégner de l’ambiance ! 

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Gael Faure

La mémoire de l’eau (Single)

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Gael Faure est un auteur-compositeur-interprète français né le 7 juillet 1987 à Valence.

Après avoir été demi-finaliste de la Nouvelle Star en 2005, signé chez Sony, il a préféré suivre sa propre voie, sans pression commerciale, souhaitant son autonomie artistique. Il publie ainsi aujourd’hui sa production sur le label indépendant Zamora

« La mémoire de l’eau » mêle joliment sonorités électroniques et acoustiques. 

Des nappes électro reproduisent le clapotis de la source, les gouttes, puis l’eau qui ruisselle, au rythme de la basse et la batterie.

Sa voix, douce, puissante, agréable, nous raconte l’histoire profonde du cycle perpétuel de l’eau. Message incitant à une prise de conscience subtile et nécessaire de son importance.

L’eau passant par l’homme, la nature, tous les animaux, font que quand on la boit, c’est une partie du monde que l’on avale et une partie de nous que l’on transmet ensuite à nouveau.

Le texte a été écrit par Barbara Carlotti et Gael Faure.

Moins poétique que la chanson, le clip, consacré à la natation synchronisée, est à découvrir ici

Méthode Chanson

 

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Keeley Forsyth

Debris

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Keeley Forsyth est surtout connue pour son rôle dans les séries de la télévision anglaise, ‘The Biz ‘ et ‘Guardians of the Galaxy’. Mais c’est également une artiste multidisciplinaire, exerçant ainsi ses talents aussi bien dans l’univers de la danse que de la musique.

Cette Mancunienne a publié son premier elpee, « Debris », en 2020, une œuvre qui navigue entre folk et avant-gardisme. Mais sa carrière musicale n’a débuté qu’en 2017, à l’âge de 40 ans. Suite à une paralysie de la langue (rien que ça !), elle se lance dans l’aventure en compagnie de Matthew Bourne, actif dans l’univers du jazz expérimental. Elle se sert de ce challenge comme une thérapie. 

Dans ces conditions, il n’est pas trop difficile d’imaginer les compositions habitées, chargées d’intensité et peu pudiques que l’Anglaise est capable d’élaborer pour exorciser ses traumas. Une belle expérience immersive à travers les tourments d’une artiste particulièrement douée…

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Quiet confusion

Magella

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Un cocktail de blues, de rock et de psychédélisme des seventies, c’est ce que nous propose Quiet Confusion sur « Magella ». Après avoir gravé un album en duo et deux en trio, c’est sous un nouveau line up (deux nouveaux membres) qu’il nous livre son troisième, mais toujours en formule trio.

Formé à Vérone en 2009, Quiet Confusion reste fidèle à son style tout au long de ce quatrième opus. On retrouve, en effet, des influences blues et rock très classiques, notamment sur « Long Waves » et « Wastin Time », mais également des incursions dans le psychédélisme, à l’instar de « Sweet Noise ». On a même droit à un voyage dans le delta blues tout au long de « Behind the Sun ».

Découpé en 8 morceaux, cet LP se distingue par un très bon usage des dynamiques et du concept de power trio. Les compos sont plus animées et énergiques que sur le précédent disque ; ce qui est probablement dû à l’arrivée des deux nouveaux membres qui apportent un autre groove, mais convaincant.

On y rencontre de très bon riffs de guitare, bien mis en exergue, soutenus par des rythmes de batterie plus lourds, plus présents, mais très peu d’overdubs ; ce qui laisse davantage de place à la basse (elle porte à elle seule le morceau « JJ ») et permet de différencier le groupe transalpin de la majeure partie des formations de rock. D’autant plus que toutes différentes, les conclusions des plages sont subtilement travaillées et recherchées, et sans utiliser le fade à outrance, comme c’est parfois le cas chez certains artistes.

« Magella » démontre toute l’importance que le groupe accorde au live, même si parfois, vu les petites imperfections, on a l’impression de vivre une ‘jam session’. Ce qui explique peut-être pourquoi les mélodies et la voix semblent un peu noyées dans l’ensemble. Ou alors, c’est un problème dans le mixage. Comme précisé ci-dessus, la voix n’est pas centrale. Certaines pistes sont même exclusivement instrumentales. Mais le résultat évoque davantage une maquette qu’un véritable album.

On reprochera encore à ce disque un tracklisting mal équilibré. Il s’ouvre ainsi par le solide tiercé gagnant « Long Wave » - « Plastic Man » - « Lady in Blue », avant de s’essouffler. Il y a bien « Behind the Sun », qui se signale par un recours au double tracking, dans le solo de guitare. Mais on reste sur sa faim, pour la suite. Pénultième titre, « Droppers », malgré d’ingénieux effets de pédales, souffre ainsi de redondance, alors que « JJ », qui clôt l’opus, pourtant d’excellente facture, tombe un peu à plat…

Il y a cependant de très bons moments dans ce nouvel opus de Quiet Confusion que nous vous conseillons d’aller écouter à sa sortie le 15 juillet.

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King Hannah

I’m not sorry, I was just being me

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Premier album pour King Hannah, un duo établi à Liverpool réunissant Hannah Merrick et Craig Whittle. Galloise, elle chante et joue parfois de la sèche. Multi-instrumentiste, Il se réserve la plupart des parties de guitare et parfois la basse. Lors des sessions, la paire a reçu le concours d‘un préposé au synthé, d’un drummer et de quelques invités.

« I’m not sorry, I was just being me » baigne au sein d’un climat particulièrement sombre, un peu comme si le groupe évoluait au croisement de chemins tracés par Portishead, PJ Harvey et Mazzy Star. La voix d’Hannah est lancinante, nonchalante, langoureuse, sulfureuse, mais bien timbrée. Electrique, éraillée, la guitare communique des sentiments d’angoisse, de torpeur et de mystère. La section rythmique est parfois d’une intensité folle, le drumming se révélant même, suivant les circonstances spasmodique ou implacable.

Pour alléger quelque peu l’ambiance, le disque recèle l’un ou l’autre interlude et une ballade americana (« Ants crawling on an apple stork »), mais on ne sort pas indemne après avoir écouté un tel album. Soit on le déteste pour cette atmosphère cafardeuse, soit on l’adore pour la présence de morceaux tout bonnement remarquables. Et en particulier « A well-made woman » amorcé par un intro labyrinthique, « All being fine » et les incursions avant-blues de Whittle à la six cordes, le vaporeux « Go-Kart Kid (Hell No !) » dont l’intensité électrique s’enflamme à mi-parcours, l’instrumental « Berenson » réminiscent du Red House Painters, le titre maître, abordé dans l’esprit ‘west coast’ de l’album « If I only could remember my name » de David Crosby, le semi-crazyhorsien semi-floydien « The moods that I get in » ainsi que la plage finale, « It’s me and you kid » ; imprimée sur un mid tempo, elle est abrasée de cordes de guitare filandreuses et torturées…

Un must !

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Kee Avil

Crease

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Vicky Mettle, alias Kee Avil, n’est clairement pas l’artiste la plus notoire du mythique label montréalais Constellation. Elle appartient à cette catégorie d’artistes expérimentaux qui gravitent autour de locomotives telles que Gospeed You ! Black Emperor ou A Silver Mount Zion. Pourtant, la jeune guitariste et productrice est parvenue à se forger un nom au sein de la scène locale, notamment grâce à un premier Ep paru en 2018. Ce qui lui a permis de jouer en compagnie de Land of Kush et d’assurer les premières parties de Pere Ubu, Marc Ribot ou encore Suuns.

« Crease » constitue son premier album. L’univers de Kee Avil se distingue par son originalité, car tout en se révélant expérimental, il s’avère accessible. Un challenge plutôt difficile à accomplir, il faut le reconnaître. Le spectre d‘influences de la Canadienne est plutôt large. Du moins sur cet opus. Parmi les plus marquantes, on citera Fiona Apple, Juana Molina, Gastr Del Sol et même Björk. Enfin, c’est ce que l’artiste a déclaré.

Elle chante ou plus exactement chuchote, en se servant d’une gratte électro-acoustique. Son jeu de guitare est atypique, intuitif, tout en nuance et délicatesse. Minimaliste, sa musique est subtilement teintée d’électronique. Mais manifestement, le climat qui règne tout au long de cet elpee n’est clairement pas propice à la joie. De ses compos, il émane même une forme de mal-être ; un peu comme chez Jenny Hval.

En outre, plusieurs écoutes de cet LP sont nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner. Et même si l’atmosphère qui y règne est manifestement sombre, sa singularité mérite une attention particulière...

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Imarhan

Aboogi

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D’origine touareg, Imarhan est un une formation algérienne qui, à l’instar de Tinarriwen, puise son inspiration dans la musique traditionnelle berbère, le rock et le blues, un style baptisé par les médias de blues du désert.

« Aboogi » constitue son troisième elpee. Son titre fait référence aux premières structures semi-permanentes construites par leurs ancêtres, lors de l’implantation de colonies et de villages, mais c’est également celui que les musicos ont choisi pour leur studio qu’ils ont construit à Tamanrasset, au sud de l’Algérie.

Lors des sessions, le groupe a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord la chanteuse soudanaise Sulafa Elyas sur « Taghadart », qui se charge des couplets. Puis Geoff Rhys (Super Fury Animals) qui chante en gallois sur « Adar newlan », une plage au cours de laquelle s’invite une guitare flamenco, et enfin, Abdamah Ag Alhousseyni de Tinariwen et le poète Mohamed Ag Itale, mieux connu sous le pseudo Japonais, sur « Tindjatan ». Sans oublier la communauté locale pour assurer les chœurs et les percus. Et notamment tout au long de « Assossam », une compo qui dépeint les frustrations du peuple touareg face à l’omnipotence du pouvoir central.

Si « Temet » s’autorise quelques accords de gratte psychédéliques, on retrouve ici chez Imarhan ce groove irrésistiblement communicatif et lancinant, même si le disque recèle l’une ou l’autre plage plus mélancolique voire contemplative…

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Parquet Courts

Sympathy for life

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« Sympathy for life » (un clin d’œil adressé aux Stones ?), le sixième long playing de Parquet Courts, a été enregistré dans les Catskill Mountains, sis au nord de l’Etat de New York, sous la houlette de John Parish et de Rodaidh McDonald (The XX, Hot Chip, David Byrne).

Au cours des mois précédant les sessions, les leaders du band, Austin Brown et Andrew Savage, se sont intéressés à la musique de danse, et tout particulièrement la techno, la house et le funk. Une recherche qui inévitablement a influé sur les compos du nouvel opus, mais dans l’esprit du « Screamadelica » de Primal Scream et du label DFA (Black Dice, Hot Chip, LCD Soundsystem, Liquid Liquid). Et dans ce contexte, les deux comparses sont passés par la case drogue acide…

L’opus recèle quand même des morceaux plus conventionnels. A l’instar de « Just shadows », dont le tempo lorgne vers Pavement, du garage punk corrosif « Homo sapien », réminiscent du « Fun house » des Stooges ou du venimeux « Black widow spider ».

Evoquant la mort de George Floyd et la montée du mouvement ‘Black live matter’, « Marathon of anger » est sculpté dans l’électro/funk alors que le chanteur emprunte les inflexions vocales de feu Andy Gill, le chanteur de Gang of Four.

« Plant life » constitue certainement la plage la plus curieuse. Imprimée sur un rythme latino, elle laisse la voix de Brown s’égarer, mais aussi s’infiltrer de l’orgue manzarekien alors que le climat rappelle plutôt « Oye com oba » de Santana, sans la guitare. Un orgue vintage qui rogne carrément « Zoom out », autre piste funk. Tout comme « Sympathy for life », mais l’orgue est ici remplacé par le piano électrique. Ou encore « Trullo », un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Tom Tom Club, voire de Talking Heads.

Deux titres s‘écartent quand même du climat général ; tout d’abord le krautrock « Application / Apparatus » et puis en final, « Pulcinella », une ballade bluesy de 7 bonnes minutes…

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