Formation de british blues, le Climax (Chicago) Blues Band s'était mis en évidence dans les derniers moments du British Blues Boom. A la fin des 60s, très exactement. Au cours des seventies, Climax a acquis une popularité certaine aux Etats-Unis. Le band n'a jamais cessé ses activités, même si Pete Haycock, un guitariste fort talentueux, a quitté le navire depuis bien longtemps. Du groupe originel, il ne reste d'ailleurs plus que le seul Colin Cooper. Chanteur, saxophoniste et harmoniciste, il affiche déjà 64 ans au compteur. Son timbre grave, éraillé et immédiatement reconnaissable avait fait le succès de "Couldn't get it right". 35 ans plus tard, outre Colin, le line up du combo implique le guitariste Lester Hunt, le claviériste George Glover et pour section rythmique, Roy Adams aux drums et Neil Simpson à la basse. L'elpee est sous-titré "The Songs of Willie Dixon". Pas la peine, donc, de vous faire un dessin.
"Big blues" s'ouvre sur les accents bien connus de "Little Red rooster". Exécuté sur un tempo quelque peu accéléré, Colin y joue de l'harmonica. Mené à la manière d'un boogie, "Spoonful" figurait déjà sur "Tightly knit", leur quatrième album. Et "Seventh son" sur "A lot of bottle", leur 3ème. Mais la version est ici beaucoup plus laidback. Slow blues classique, "Third degree" est interprété de manière tout à fait convaincante. Imprimé sur un tempo assez élevé "I'm ready" libère une bonne dose de swing. Un fragment adapté à la voix grave du leader qui double ici au saxophone. Le traitement funky administré à "Wang dang doodle" est judicieux. Renforcée par les claviers, la section rythmique est un support idéal pour le sax de Colin, qui se démène dans une jam improvisée mais de bonne facture. Le swing est encore bien présent tout au long de "My babe". Nonobstant son traitement classique, "I'm your hoochie coochie man" évolue sur un tempo plus rapide que celui pratiqué par Muddy Waters. "You can't judge a book by looking at the cover" s'égare dans un funk sans grand intérêt. Le Climax Blues Band n'adapte pas "Big boss man", le célèbre hit de Jimmy Reed, de manière conventionnelle. Si la cover est bien rythmée, c'est le saxophone de Cooper qui est mis en exergue. "I love the life I live" ne manque pas de potentiel. Son approche est R&B. Faut dire qu'avec le sax dans le décor ! Mais Colin y souffle en solo dans son harmonica. Cet album n'est pas suffisamment percutant à mon goût, mais il reste d'honnête facture et l'interprétation ne manque pas d'efficacité. Il s'achève cependant dans la quiétude et la fraîcheur par "That's my baby".