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New Oriental Spécial

Écrit par Léti
&

Quand les portes du Liban nocturne s'ouvrent à notre ouïe de clubber en quête de nouveaux sons, Claude Challe nous accueille pour assouvir nos désirs d'une musique vraiment inspirée. Après avoir exploré les routes hindoues avec "Nirvana Lounge", Claude Challe revient avec "New Oriental", en collaboration avec"The REG Project", alias Ralph, Elie et Guy. Les puristes de l'électro et de la house n'aimeront probablement pas ce projet, car sans doute le trouveront-ils "facile" ou banal. Les autres, rêveurs ou aimant s'évader par la musique y trouveront leur compte, et surtout de l'énergie, s'ils l'avaient perdue. Car cet album est vraiment enclin à la gaieté, grâce au rythme endiablé des basses qui ne donnent même pas la migraine ! La mélodie procurée par des violons orientaux rappelle, de temps en temps, Moum Khalife ou plus près de nous les raïs de Rashi Tahar. Mais si l'ensemble paraît effectivement simpliste ou juste bon pour danser, il va au-delà de la première perception. Car en l'écoutant plus attentivement, "New Oriental" fait preuve d'une grande inspiration. L'album commence doucement par le magnifique "Lost Love", au cours duquel l'arpège du clavier suffit à donner une touche nostalgique. Un violon, une flûte, et une mandoline, aux tonalités presque tristes, le rejoignent, amenant à une impression aquatique. Pourtant ils ne sont que les prémices de morceaux beaucoup plus rythmés et très orientaux : un vrai délice libanais. En revanche, basé sur le clavier aux accents latinos, "Casa del sol" est en rupture totale avec le reste. Pourtant, le morceau n'est pas dénué d'intérêt. Mais le paroxysme de l'endiablement oriental est atteint sur "Batwannis Beek", où les voix envoûtantes et furtives de chanteurs orientaux complètent le morceau d'une profondeur sensuelle. Les enchaînements permettent de donner une homogénéité à l'album qui se conclut par un morceau plus éléctro et plus doux, comme les deux premiers qui introduisaient cette fête libanaise. La boucle est ainsi bouclée, et Claude Challe réussit un album à la jaquette accrocheuse : une photo aérienne de Beyrouth par Yann Arthus-Bertrand : rien que ça !

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