The Libertines. Un nom plein de sous-entendus. Qui rime avec cyprine, mais pas avec déprime. C'est que la musique de ces quatre lascars de Liverpool suinte le sexe, la drogue et le rock'n'roll. Pour du vrai, cette fois. " La réponse anglaise aux Strokes ", titrait le NME il y a quelques semaines, comme si ces quatre furibards avaient des points communs avec l'attitude BCBG (lisez CBGB) des collégiens new-yorkais, gosses de riches et belles gueules. Car Barât et Pete Doherty, les deux guitaristes-chanteurs, pourraient aussi bien reléguer les deux frères Gallagher au rang d'enfants de chœur, les excès en tous genres étant - déjà - devenus leur marque de fabrique. " Cool as fuck ", diront certains. De fait, les Libertines ont non seulement la classe, mais aussi les chansons. " Up The Bracket " énervé, malgré son aspect parfois brouillon, est une sacrée claque, dans la gueule de tous les prétendants rock'n'roll 2002. Premiers de leur promotion, les Libertines bousculent leurs copains de classe de podium, sans manières ni politesse. Tout au long de ce " Up the Bracket " énervé, ils arpentent les sommets, laissant quelques miettes aux concurrents (The Music en tête), le regard fier et la moue revancharde. Pas cons, en plus, puisqu'on sait les jeunots fans de bonne musique british, de Jam aux Clash (Mick Jones à la prod !) en passant par les Smiths. On aurait pu craindre le pire : un énième groupe de rock micheton, au chanteur à rouflaquettes balançant des hymnes gras du bide pour ados attardés. Eh ben non : The Libertines en jette, comme leurs chansons, décharges furieuses de larsens et de stupre. " Up The Bracket ", peut-être l'album rock de l'année. " Cool as fuck ", c'est clair.