En dix années d’existence, Piano Magic a enregistré la bagatelle de sept albums studio (on passera donc sous silence les éventuelles compiles) ; « Part-Monster » constituant le septième. Un disque qui fête le retour de la collaboratrice ponctuelle/habituelle (biffez la mention inutile) et membre de Klima, Angèle David-Guillou, dont la voix me rappelle parfois celle d’Anneli Drecker. Le solennel « Soldier song » évolue ainsi dans un registre fort proche de Bel Canto, même si les samples, sont ici remplacés par de véritables cordes acoustiques. Elle ne chante pas sur tous les morceaux, mais son timbre troublant apporte, à chacune de ses interventions, une sensibilité davantage mélancolique. Et on imagine la dose d’émotion libérée sur cet opus, lorsqu’on sait que celle de Glen Johnson est à la fois fragile et torturée. Glen est également le leader de la formation et surtout le compositeur. Souvent autobiographiques, ses lyrics n’hésitent pas à vilipender le système social et politique en Grande-Bretagne. Et au vu de son vécu, il en a des choses à raconter. Au sein du line up de Piano Magic, on recense pour l’instant trois Français et deux Britanniques. Une formule à géométrie variable qui n’influe guère sur le style du groupe, résolument focalisé vers le début des eighties. L’ombre de Sad Lovers & Giants plane ainsi sur le très atmosphérique « The king cannot be found » ; mais surtout sur le fantastique « The last engineer », une plage sculptée dans les cordes de guitare chatoyantes, éthérées, effervescentes et envoûtantes. Celle de Luna hante les contagieux « Incurable (reprise) » ainsi que le pastoral et mystérieux titre maître, même si cette chanson qui clôt l’opus privilégie les tonalités acoustiques. De Durutti Columnn, tout au long de l’instrumental épique « Great escapes ». Et même de My Blooddy Valentine lorsque « Saints preserve us » nous immerge dans sa noisy nébuleuse. Une impression qui n’est pas surprenante, lorsqu’on sait que c’est Guy Fixsen (Laika, Pixies, Moonshake, Breeders, Stereolab, Lush, Slowdive, Chapterhouse, Moose et surtout la bande à Kevin Shields pour l’album incontournable « Loveless ») qui en assure la production. Dans un registre différent, embué de trompettes aériennes, « England’s always better (as you’re pulling away) » campe un requiem douloureux et intimiste que n’aurait pas désavoué Nick Cave. La voix de Simon Rivers, le chanteur de The Bitter Spring, invité pour la circonstance, se révélant aussi profonde et abrasive que celle du crooner australien.
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