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Pour son troisième opus personnel, Kid Andersen est épaulé par de nombreux amis. Et tout d’abord par la section rythmique de Charlie Musselwhite : le bassiste Randy Bermudes (passé depuis chez les Fabulous Thunderbirds) et le drummer June Core. Les potes du Terry Hanck Band sont également de la partie. Dont Hanck en personne au saxophone. Butch Cousins se réserve les percussions et Bob Welsh (NDR : très souvent partenaire de Mark Hummel) les claviers. L’harmoniciste Jimmy Dewrance a débauché deux de ses musiciens : Hans Bosse et Kedar Roy. Du bien beau monde! Kid signe la majeure partie du répertoire de cette œuvre caractérisée par son homogénéité et l’excellence de sa solution sonore. 

L’elpee démarre par le titre maître. Un divertissement instrumental qui laisse la part belle à sa guitare, dont la tonalité est toujours hantée par l’esprit de Peter Green. Son boss, Charlie Musselwhite, est venu souffler dans son harmo dans un style écorché qui lui est si personnel! Bien blues, “Dig the pain” est imprimé sur un tempo soutenu. Une plage que n’aurait pas renié Howlin’ Wolf. Le travail opéré par la section rythmique est remarquable. Kid est idéalement placé pour dispenser son jeu complexe. Mais si son inspiration majeure oscille d’Hubert Sumlin à Green, il prend le soin de préserver son toucher magique, qui en fait toute son originalité. Son attaque n’est pourtant pas très orthodoxe, mais elle s’avère tellement efficace. Le tempo s’élève pour “Rocket fuel”, un tempo qu’apprécie Billy Boy Arnold. Les changements de rythme sont rondement exécutés par le bassiste et le percussionniste. Une paire de choc ! Le style d’Andersen est clairement rock et véritablement inventif. La voix de Chris n’est guère puissante. Mais son timbre nasillard et indolent s’adapte parfaitement à musique. “Jezebel” nous plonge au sein de son monde aventureux. Il élabore des sonorités, imagine des artifices, les développe à l’extrême. Auprès de ses comparses qui s’expriment dans une liberté contrôlée, il sert de fil rouge. Dewrance en profite pour pousser de petits cris plaintifs à l’harmonica. Andersen avoue modestement des influences majeures. Mais en prendre connaissance, c’est un peu comme parcourir une Bible au sein de laquelle figurent, en lettres majuscules, les grands noms du blues et de la rock music. Surf fiévreux adapté d’un thème western notoire, “Twist of the century” palpite au son du saxophone cracheur de Hanck! Le retour à un blues bien poussiéreux nous rapproche du Delta. Le chant flemmard est talonné par l’harmo de Rick Estrin (des Nightcats) et le piano de Welsh. Chanson légère et divertissante, “Soul city” est couvert d’accents R&B façon Stax! Autre musicien invité à souffler dans la musique à bouche, le Californien Andy Santana nous propose une longue épopée intitulé “The nightmare”. La voix de Kid semble de plus en plus fatiguée. Elle est même très proche, ici, de celle d’un J.J Cale. Les différentes parties musicales de cette plage sont construites suivant le processus adopté par un jam band. Andersen est totalement imprégné par son blues lors de sa reprise du “Serve me right to suffer” de Jimmy Dawkins. Il est vrai que le jeu d’écorché vif de Dawkins lui colle bien à la peau. Lorsqu’il est en forme, Dawkins est sans aucun doute l’un des plus grands guitaristes du Chicago blues. Kid ne trahit jamais de baisse de régime. A chaque décollage, il nous communique le frisson. Slow blues, “A better day” est issu de sa plume. Impérial, il s’y révèle plus Dawkins que nature. Seul Welsh le soutient aux ivoires. L’album s’achève de manière très classique, par la cover du “Take it slow” de Jimmy Reed. Dewrance a empoigné l’harmo. Bob Welsh est passé à l’orgue. Un opus de grande classe !

Informations supplémentaires

  • Band Name: Chris Andersen
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Blue Mood
  • Date: 2007-12-31
  • Rating: 4
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