L'occasion était trop belle et les instants à immortaliser trop abondants. Aussi, Randy Chortkoff n'a pas hésité à sortir 2 volumes de cette « All Star Blues Revue ». Curieusement (NDLR : lucrativement ?), ces deux œuvres sont vendues séparément, alors qu’on y retrouve les même participants.
Les jeunes Insomniacs ouvrent le feu par du west coast jump explosif. Dodson est très offensif tout au long de ce "Stick around", pendant que Shakeri se réserve des interventions très incisives et swinguantes au piano! Flanqué de son Steve Edmonson Band, Jackie Payne propose le meilleur de son R&B, un style largement cuivré et bien funky dispensé sur la plage éponyme de son denier album, "Overnight sensation". Démonstratif, Edmonson évolue dans un registre proche d'Albert King. Jason Ricci & New Blood affrontent "I'm a new man", un titre tout aussi funky, mais dans un style privilégié par les jam bands. Les deux solistes se distinguent par des interventions brillantes aux cordes ; et en particulier Ricci, un musicien aussi original que passionné. Les Mannish Boys montent sur les planches pour soutenir Kid Ramos, lors de son interprétation de l'instrumental "Johnny Cochino". Bobby Jones chante "Mary Jane" en empruntant un rythme cher à Jimmy Reed. C'est le boss, Randy Chortkoff, qui souffle dans l'harmonica. Il introduit des échanges sans fin, entre les cordes de Ramos, Fletcher et Goldwasser ! Les Insomniacs nous proposent une nouvelle vision de leur large potentiel sur le "Broke and lonely" de Johnny Guitar Watson. Los Fabulocos sont réputés pour leurs rythmes latino. Ils entretiennent un véritable climat de fête. Jesus Cuevas se partage chant et accordéon sur "If you know". La baritone guitare de Kid Ramos concède des accents hispaniques sur "Burnin' the chicken" ; mais ses riffs peuvent aussi s’y révéler meurtriers. Mike Zito sort également le grand jeu. Le tempo est lent, volontairement dramatique. Il dialogue constamment avec ses cordes tout au long de "Slow it down", dans un style me rappelant Tinsley Ellis au sommet de son art. Excellent ! A l’instar du premier chapitre, Philip Walker nous restitue manifestement les instants les plus intimement blues. Et en particulier sur le nerveux "Lay you down", une compo au cours de laquelle il allie classe, brio, sensibilité et chaleur. Un grand bonhomme ! Lors de l’édition 2009 des Blues Music Awards, Delta Groove a encore enregistré une volée de nominés. Parmi lesquels le ‘meilleur premier album’ a été décerné au "2 man wrecking crew de "Cedric Burnside & Lightnin' Malcolm. Figurait également sur la liste des prétendants, les Mannish Boys, Dick Innes, Kid Ramos, Jason Ricci et Jackie Payne. Impressionnant, même si la récompense suprême ne leur pas été attribuée.

Nederlands
Français 
